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lundi 15 septembre 2014

La mission du Prieuré de Sion



L’une des missions du Prieuré de Sion est de perpétuer le culte de la Déesse, en se fondant sur la conviction que les premiers dirigeants de l’Eglise chrétienne ont trompé leurs fidèles par des mensonges qui rabaissaient la femme en faveur de l’homme.

Selon le Prieuré, l’empereur Constantin et ses successeurs masculins ont substitué au paganisme matriarcal la chrétienté patriarcale. Leur doctrine diabolisait le Féminin sacré et visait à supprimer définitivement de la religion le culte de la Déesse.

Sans chercher à nier l’influence bénéfique qu’exerce l’Eglise catholique moderne sur le monde trouble d’aujourd’hui, on ne peut ignorer les multiples violences et les mensonges qui lui ont permis d’asseoir son autorité. La croisade brutale que mena le Vatican pour la "rééducation" des religions païennes et des cultes de la Déesse, et qui s’étendit sur trois siècles, utilisa des méthodes de persuasion aussi sophistiquées que terrifiantes.

L’inquisition catholique est à l’origine d’une publication que l’on peut à bon droit qualifier d’ouvrage le plus sanguinaire de l’histoire humaine. L’Encyclique Malleus Maleficarum. "Le Marteau des sorcières" était destiné à l’endoctrinement des chrétiens sur les dangers des "libres penseuses", en instruisant le clergé sur la manière d’identifier ces femmes, de les torturer et de les détruire. L’Eglise appelait sorcières toutes les femmes érudites et mystiques, les prêtresses, les bohémiennes, les amoureuses de la nature, les herboristes, ainsi que toutes celle "qui montraient un intérêt suspect pour le monde naturel". Les sages-femmes étaient également poursuivies et mises à mort pour l’utilisation hérétique de leurs connaissances à des fins de soulagement des douleurs de l’enfantement. Après tout, ces souffrances, arguait le Vatican, n’étaient que le juste châtiment d’Eve, qui en consommant le fruit de la connaissance du bien et du mal avait perpétré le péché originel. En trois cents ans de chasse aux sorcières, cinq millions de femmes furent ainsi brûlées sur le bûcher de l’Eglise.
"La doctrine avait eu le dernier mot ; Le monde actuel porte encore les stigmates de cette guerre sans merci. Autrefois célébrées comme un chaînon indispensable de l’éducation spirituelle, les femmes ont été définitivement bannies de tous les cultes du monde. On ne trouve pas plus de femmes rabbins que de femmes prêtres ou imams. L’acte jadis sacré du Hieros Gamos – l’union sexuelle entre l’homme et la femme, par laquelle chacun des deux accède à la plénitude spirituelle – ce "mariage saint" fut condamné comme une profanation. Les hommes, qui considéraient autrefois l’acte sexuel comme un moyen de communier avec Dieu, se sont mis à craindre leur désir comme étant l’œuvre du diable, associé à sa complice favorite, la femme.

C'est l'Eglise qui avait interdit cet enseignement. Par conséquent, les hommes étaient devenus dominants. Ce fut la cause des guerres et d'un "mode de vie déséquilibré", avec des sociétés haïssant la femme, et montrant du mépris pour la "Mère Terre". Le Saint Graal est lui-même un antique symbole de célébration de la féminité et de la puissance de tout ce qui est féminin. L'Eglise, en rendant Eve responsable du péché originel, a contribué à déconsidérer la femme. Mais le Graal exalte la femme, en particulier Marie Magdeleine, qui "possédait un secret tellement puissant qu'il aurait menacé les fondements même du Christianisme, s'il avait été révélé".

De même, le concept du "féminin sacré" présenté dans ce livre correspond aux idées qui sont si populaires en cette fin de l'ère chrétienne. Dans le roman, Sophie avait été séparée de son grand-père, parce qu'elle l'avait vu participer à un rituel sexuel appelé "Hieros Gamos". Il s'était uni sexuellement à une femme, entouré d'un groupe d'hommes et de femmes masqués et vêtus de blanc et de noir. Lorsqu'elle raconte à Langdon ce qui s'était passé, il lui explique qu'elle avait, sans le vouloir, "assisté à une cérémonie sacrée vieille de deux mille ans. Depuis l'époque d'Isis, les rituels sexuels ont été considérés comme les seuls moyens de permettre à l'être humain d'établir un pont entre la Terre et le Ciel. En s'unissant à une femme, l'homme pouvait participer à un moment unique, au cours du quel son mental était complètement déconnecté, ce qui lui permettait de voir Dieu". Langdon ajoutait alors que l'usage du sexe, comme moyen de communier avec Dieu, avait "mis l'Eglise hors circuit… C'est pour cela qu'elle s'était ensuite efforcée de diaboliser le sexe, et de rejeter l'acte sexuel comme quelque chose de dégoûtant, associé au péché. Les autres grandes religions ont agi de la même manière".

Langdon raconte ensuite ce qui s'était passé au cours de l'un de ses enseignements à l'Université de Harvard. Alors qu'il parlait de ce thème, l'un des étudiants lui avait posé cette question : "Voulez-vous dire qu'au lieu d'aller à l'église, nous devrions avoir davantage d'actes sexuels ?" La question était ironique, mais la réponse de Langdon illustre parfaitement la philosophie qui sous-tend tout ce roman, et qui prétend que le sexe est un moyen nous permettant de contacter Dieu : "La prochaine fois que vous vous retrouverez avec une femme, examinez votre cœur, et tâchez de voir si vous ne pouvez pas considérer l'acte sexuel comme un acte spirituel et mystique. Efforcez-vous de découvrir en vous cette étincelle de divinité, que l'homme ne peut faire jaillir que dans son union avec le féminin sacré".

Extrait de Da Vinci Code de l'Américain Dan Brown, publié en 2003.


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