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jeudi 4 janvier 2018

Le côté sombre de la Déesse



C’est de l’espace sombre que nous émergeons – qu’il s’agisse de nos mères ou de la plus mystérieuse « mer » cosmique des âmes – et c’est à l’obscurité que nous retournons lorsque nous fermons les yeux au temps de la fin.



Au sein des cercles de la Déesse, l’idée  du « sombre » reste communément associée au mal, au négatif, au mauvais ou au désagréable. La Mère Sombre, bien que reconnue et acceptée, est souvent en même temps assimilée à la mort, à la destruction, au défi, aux épreuves et aux obstacles. Bien que ce concept de mère sombre, démoniaque et destructrice puisse aussi avoir une place dans les traditions de la Déesse (comme avec Kali ou Durga), je pense qu’il est limitant de façon inutile et que l’idée de l’ « Obscurité » en général a besoin d’être revue. Il n’y a pas que le rôle ou la place de la mort au sein de la roue de la vie ou que l’archétype de déesse que la déesse en tant que Mère Sombre et destructive puisse être honorée et reconnue, mais on peut explorer l’Obscurité comme lieu de soin et de repos.

Dans son article “Revisioning the Female Demon” (1998), Elinor Gadon (1) explique qu’il y a une tendance dans le mouvement de la Déesse contemporain à «ignorer son côté sombre », et elle remarque que «dans son entièreté elle est à la fois créative et destructrice…

Le mouvement de spiritualité féminine a besoin d’un miroir plus inclusif dans lequel reconnaître et retrouver les pouvoirs élémentaux féminins qui ont été scindés entre la pacifique, la bonne nourricière, et la maléfique, destructrice guerrière » (p.2).

Dans le livre Fire of the Goddess de Katalin Koda (2) dans le chapitre Reclaiming the Dark Mother l’auteur
dit :

« Les qualités féminines de l’obscurité, l’humidité, la naissance, et le sang, symbolisent la mère sombre et notre Initiée interne. On nous a appris à nier ces parties de nous et de nos corps ; honorer le féminin sacré vous invite à revendiquer des parties, non seulement comme parties de qui vous êtes, mais aussi comme aspects puissants de votre vie. Quand nous faisons face à notre ombre, nous sommes initiés à nos pouvoirs les plus profonds. Il se peut que ces parties nous effraient ; Ces aspects de nous-mêmes hurlants, sous-alimentés, réprimés qui demandent à être entendus, mais auxquels nous ne supportons pas de faire face. »

Et si le côté Sombre de la Déesse , n’était pas maléfique, furieux et destructeur ? Et si en fait la Déesse Elle-même se trouvait dans l’obscurité ? Judith Laura (3) écrit à propos de la matière noire «pourrions-nous appeler cette « force invisible » Déesse ? La matière noire pourrait être assimilée à l’utérus de la Mère, en gestation continuelle de particules, soleils, galaxies, qui s’écoulent d’elle dans un courant continuel… La matière noire peut aussi être représentée sous l’aspect de la Déesse de l’Ancienne [crone] – sombre et puissante » (Goddess Spirituality for the 21st Century, p. 181).



Une des tâches de la Théalogie a été de réévaluer le concept d’obscurité. Jacqueline DaCosta note « Cette obscurité… équivaut à l’obscurité du savoir inné, instinctif, où nous sommes au sein de l’utérus de la Déesse » (p. 115 (4)). Les observations de DaCosta sont cohérentes avec mes propres expériences et observations du monde. Dans l’obscurité, les choses germent et poussent. Le sombre est un lieu calme, contenant, sécurisant et accueillant – nous venons de l’obscurité et c’est là que nous retournons. L’utérus est l’endroit où j’ai nourri et fait grandir mes enfants, et il est sombre et sécure en mon expérience. En fait, l’obscurité n’est-elle pas l’utérus de toute la création ?

C’est de l’espace sombre que nous émergeons – qu’il s’agisse de l’utérus de nos mères ou de la plus mystérieuse « mer » cosmique des âmes – et c’est dans l’obscurité que nous retournons lorsque nous fermons les yeux pour la dernière fois. L’obscurité contient notre ADN. Notre lien au passé et au futur. A la naissance de l’univers, une partie de nous était là, dans cette explosion à partir de l’obscurité.

Dans le livre Meditation Secrets for Women (5), Camille Maurine écrit sur l’idée de descente, et de «descendre » dans ses propres lieux sombres : « Il y a des moments dans la vie d’une femme, où l’appel vers le bas est un voyage transformateur, une convocation dans les profondeurs de l’âme. Les gens ont tendance à penser la spiritualité comme élévatrice vers le ciel. Dans les enseignements traditionnels (masculins), l’illumination est souvent décrite comme un envol des centres bas du corps, de l’instinct et de la sexualité, vers les centres plus élevés dans la tête puis en dehors. Au contraire, la quête de la femme mène à un certain moment à sombrer de toute son âme en elle-même. Tout le monde craint cette descente.

Pourtant sombrer nous connecte à la terre, à notre sol personnel, à notre fondation. Il y a un secret dans l’ «ensombrissement »(5). » La Sombre Déesse n’a pas besoin d’être associée automatiquement ou traduite en « sombre », «souffrante », « négative » ou « côté sombre ». Je pense l’obscurité comme un cocon. Je pense à l’utérus. Je pense à la germination. Je pense à un lieu de repos, d’attente, d’immobilité et de transformation. Émergence. Profondeur. Richesse de la terre. Gloria Orenstein fait référence à
l’ensombrissement comme « un lien avec la terre et l’invisible qui va ré-établir notre sens d’interconnexion  avec toutes les choses, phénoménales (6) et spirituelles, qui composent la totalité de notre vie dans notre cosmos. Les arts écoféministes ne maintiennent pas que le savoir analytique, rationnel serait supérieur aux autres formes de connaissances.

Ils honorent l’intelligence de la Terre Gaïa et les souvenirs accumulés par ses plantes, pierres, sol et créatures. Par la communication non verbale avec les énergies de sites sacrés dans la nature, les artistes écoféministes obtiennent un savoir important sur l’esprit du lieu, qu’ils peuvent honorer au travers des rituels créatifs et des pièces environnementales. » (Reweaving the World, p. 280). Cela me parle en raison de mes expériences théapoétiques de la présence de la Déesse dans mon propre coin sacré dans les bois derrière ma maison, où je vais aux « rochers de la prêtresse » pour prier, réfléchir, méditer, ritualiser, penser et converser avec les esprits de ce lieu.

J’ai assisté à une présentation d’histoires de naissances à une conférence en 2011 durant laquelle la conférencière, Pam England, a utilisé la descente d’Inanna comme métaphore pour expliquer quelques concepts. Elle dit que le lieu « où vous avez été le plus blessé-e – le lieu où la chair vous a été arrachée des os et mâchée, devient le siège de votre médecine la plus puissante et l’endroit où vous pouvez attendre quelqu’un là où personne d’autre ne le peut. » C’est ce que je ressens comme ce qu’offre la Déesse Sombre. Elle est présente quand la chair est arrachée. Elle est là dans la guérison des blessures et La connaître, marcher avec Elle, Lui faire face mène à une médecine puissante.

« Pour chacune de nous en tant que femme, il y a un endroit profond en nous, où enfouit et grandissant s’élève notre véritable esprit. En ces lieux profonds, chacun est porteur d’une réserve incroyable de créativité et de puissance, d’émotions et de ressentis inexplorés et inédits. Le lieu de pouvoir de la femme en chacune de nous. Est sombre, est ancien, et est profond.»



Audre Lorde - Article initialement publié en anglais sur https://feminismandreligion.com
Retrouvez les articles et créations de Molly sur http://www.brigidsgrove.com/blog

NDT : 1 « Révision du démon féminin », Elinor Gadon http://www.belili.org/marija/bios/elinor_gadon.html



4 « To Explore Whether the Concept of ‘Dark’ as Expressed in Theology Can Be Reconciled in Any Way to the ‘Dark’ of Thealogy » http://fth.sagepub.com/content/12/1/103

5 « endarkenment » en anglais

6 phénoménales au sens philosophique : qui peut être l’objet d’expérience par les sens

par Molly, traduit par Siannan Partagé par Francesca-Françoise Salaün Blog : http://etredivinaufeminin.blogspot.fr/



La vie secrète de Marie-Madeleine




Marie-Madeleine est peut-être l’une des figures les plus controversées du Christianisme. Considérée par certains comme une femme aux mœurs légères et par d’autres comme une grande initiée, une prêtresse consacrée au plus-haut, sa personnalité et son rôle auprès de Jésus demeurent un mystère pour nombre de théologiens.

Quelle était l’orientation profonde de sa vie ? Quelle était la nature de sa relation avec Jésus ? Qui était réellement cette femme dont la tradition ésotérique a préservé la mémoire avec une grande précision ? C’est à toutes ces questions qu’Olivier Manitara, spécialiste des Esséniens, tente de répondre ici, en posant sur la vie de cette femme surprenante un nouveau regard.

Myriam, surnommée familièrement Miri par sa sœur Marthe, naquit à Antioche de Syrie vers l’an 4, d’un père syrien, Théophile, gouverneur local de la province, et d’Eucharie, une Judéenne de la lignée royale de David. Son père était un très riche marchand. Il faisait du commerce avec l’Orient et l’Égypte. Lazare, qui sera nommé plus tard du nom de saint Jean, était son frère. Ils étaient des êtres très pieux, très proches de la famille de Jésus et de la famille de saint Jean le Baptiste, très proches des Esséniens sans réellement faire partie de leurs communautés. Jésus adorait cette famille et lui rendait souvent visite.



Une femme atypique

Marie Madeleine était une femme hors du commun, dynamique, créative, d’une beauté magnétique, irrésistible, qui venait de sa beauté intérieure, de sa grandeur d’âme. Elle avait pour atouts une volonté farouche et, comme certaines femmes un peu particulières, une sorte de clairvoyance et un savoir inné, un savoir direct face à tous les mondes, mis à part le monde divin.

Et bien que cela n’ait rien à voir avec ce que l’on connaît aujourd’hui, Marie Madeleine était une féministe : elle militait pour les droits des femmes. Un exemple : Elle contribua à ce que les femmes obtiennent le droit d’entrer dans les synagogues.
 La situation sociale qu’elle occupait faisait d’elle une protégée de l’administration romaine, dont son père était issu.

Elle avait l’amour de la Lumière. Son impétuosité, la force de son amour lui valurent une image fougueuse, nimbée d’un charisme étonnant. Marie Madeleine est à l’image de la femme qui prend le monde dans son cœur. Elle représente la femme qui approche son cœur du cœur de la Mère du monde (L’âme de la Terre-Mère) et qui veut travailler avec Elle. Elle ne préfère pas les hommes aux fourmis. Elle se tient dans la beauté de son âme, reliée à l’âme de la Nature vivante.

Essénienne de cœur et d’esprit, elle était très libre, joyeuse, bouillonnante et en imposait beaucoup par sa présence. Mais elle n’était pas du tout paisible, sereine et voulait toujours en faire plus. Elle se considérait comme un être humain complètement ordinaire. Néanmoins, elle voulait transformer le monde. Elle travaillait le jour et la nuit et était toujours dans l’insatisfaction du travail réalisé, même à l’heure de sa mort.

On la nommait « la fille de la joie », car elle savait mettre de la joie partout, dans l’eau, dans la cendre, dans la terre, dans les repas... Elle savait également, par son amour, par sa concentration, par cette conscience supérieure qui émanait d’elle, par l’art du toucher, mettre de la force dans ses paroles, dans ses pensées, dans ses gestes, bénir les objets, les maisons, prendre soin de la terre, de la nature et de la vie. De ce fait et toujours dans cette aspiration de vivre avec les Anges et avec les vertus, elle put réaliser de très nombreuses expériences. Et grâce au maître Jésus, elle apprit à travailler dans l’alliance avec un monde supérieur, non pas dans des apparences trompeuses, mais jusque dans la réalité concrète.



Une ancienne prêtresse égyptienne

Dans une ancienne incarnation égyptienne, Marie Madeleine était prêtresse. Elle avait totalement personnifiée la Déesse Hathor et, à ce titre, avait été adorée et vénérée comme telle. À cette époque où les Pharaons Fils du Soleil gouvernaient (avant la chute de l’Egypte), les Esséniens travaillaient avec les Dieux. Ils parlaient avec les Dieux, vivaient avec eux, les appelaient afin de permettre à certains êtres préparés d’incarner des Divinités. Ces êtres étaient éduqués dans des temples, jusqu’à ce que le Principe même de la Divinité puisse vivre dans leur corps. Ils connaissaient ces secrets et n’y voyaient aucune difficulté. Ils savaient même que lorsqu’ils avaient attiré une Divinité dans un corps, ils pouvaient la faire vivre dans plusieurs corps.

Marie Madeleine représentait le côté féminin d’Isis car, dans son essence, elle était fille d’Isis – c’est-à-dire qu’elle faisait partie de ces femmes qui s’étaient incarnées pendant plusieurs siècles pour réactiver la mémoire d’Isis. Il faut savoir qu’Isis n’a pas été uniquement une femme dans une seule femme, mais qu’elle a été une femme dans plusieurs femmes.

Rares sont les femmes, à travers les siècles, qui ont compris qu’elles devaient enfanter Dieu sur la terre. Et c’est pourquoi les femmes telles que Marie Madeleine étaient considérées comme précieuses, d’une valeur inestimable. En effet, elles savaient mettre la Lumière au monde et lui donner un corps. Leurs pensées étaient habitées par les forces de la Lumière et elles étaient réellement en communication avec des êtres lumineux et purs, qui vivent en l’homme et autour de l’homme.

Par son ardeur, par sa détermination, Marie-Madeleine put retrouver peu à peu de nombreux secrets oubliés, dont la mémoire des anciens mystères d’Isis qui vivaient en elle. Elle avait toutefois conscience qu’existaient d’autres Mystères beaucoup plus hauts, dont certains lui seront révélés ultérieurement par Jésus.

L’expérience qui aura marqué toute sa vie, c’est sa rencontre avec Dieu à travers Jésus, qui, pour elle, était Dieu Lui-même. Elle a réellement vu en lui l’incarnation de ce monde dont elle portait la mémoire.

Marie Madeleine représente aujourd’hui la femme de Lumière qui a posé les fondements du christianisme. Elle nous a précédés sur ce chemin de l’amour pour Dieu. Et c’est en allant vers la Lumière, fécondée par Dieu et engendrant Dieu dans le monde, avec amour, avec bonté, que Marie Madeleine a démontré par son exemple le principe supérieur de toute initiation féminine. Elle l’a fait dans la plus grande humilité et simplicité. Sans elle, Jésus n’aurait jamais pu accomplir sa mission sur la Terre…

Pour en savoir plus :
Article complet dans le magazine Essentiel n°36 – janvier-février-mars 2018 Par Olivier Manitara


Voir les Articles de mon autre blog : http://channelconscience.unblog.fr/category/marie-madeleine/


vendredi 15 décembre 2017

Chamane et Prêtresse



La femme, qui acquiert la connaissance de son cycle et de ses composantes énergétiques, prend aussi conscience de la vie à un niveau situé au-delà du visible. Elle possède la clé intuitive lui permettant d'accéder aux énergies de la vie et de la mort, de même que la perception de la divinité qui réside en elle et dans la terre. Cela permet non seulement l'influence réciproque de la femme et des aspects visibles, ordinaires de sa vie, mais aussi celle de la femme et des volets invisibles, spirituels de son vécu. C'est grâce à cet état de conscience modifié menstruellement que la femme chamane et médecin, ainsi que plus tard, la prêtresse, mettront leurs facultés, leur savoir et leur rapport avec le divin au service du monde matériel et de sa communauté. Guérison, magie, prophétie, enseignement, inspiration et survie procèdent de leur aptitude à percevoir deux univers, à évoluer dans l'espace qui les séparent et à pratiquer la transposition réciproque des expériences vécues dans l'un et l'autre.

La suprématie masculine croissante au sein de la société et des sphères religieuses a conduit au déclin de la femme chamane et prêtresse, jusqu'à ce que finalement, les hommes occupent leurs positions et remplissent leurs fonctions. Le rôle de la prêtresse a été si profondément et totalement réprimé que les femmes ne jouent plus aucun rôle actif au sein de l'institution religieuse. Le statut moins formel de la femme avertie - la sage - ou de la sorcière peut perdurer dans la « clandestinité » devenant l'ultime lien avec les antiques religions matriarcales.




La sorcière du village était experte en magie de la nature, en l'art de guérir et en « communication », créant une interaction entre elle et son cycle menstruel, les saisons et son moi intuitif profond. Elle offrait son aide et ses conseils lors de la naissance et de la mort, était un facteur d'initiation et d'évolution individuelle à l'occasion des rites de passage, de même qu'elle présidait aux transes rituelles apportant à la communauté cohésion, inspiration et fécondité. Elle apportait l'équilibre de la conscience et des facultés féminines à une société et une institution religieuse dominées par l'homme.

Malheureusement, ces facultés féminines étaient évidemment une menace pour l'édifice social masculin, et, au Moyen Age, les persécutions dirigées contre les sorcières ont en fait anéanti la tradition de « femme éclairée ». En conséquence, en s'en prenant à elles, les persécuteurs reconnaissaient leur pouvoir ; mais la suppression effective du statut de la sorcellerie est victime de la négation de ces facultés féminines par la société. La sorcière devint alors un objet de désunion que les livres pour enfants et la fête d'Halloween (veille de la Toussaint) présentent sous les traits d'un personnage comique. Les premières sanctions prises à leur encontre, puis l'endoctrinement ultérieur mettant l'accent sur la peur et la honte ont dissuadé les femmes d'exprimer leurs aptitudes et leurs besoins de réactualiser la tradition. Les effets directs de leurs persécutions se traduisent encore aujourd'hui, au sein de la société, par le manque d'enseignements spirituels, d'archétypes ou de traditions reconnaissant le caractère de la femme et de ses facultés, ainsi que de conseils dans leur mode d'emploi.

Le refus de nous accorder la possibilité de vivre notre spiritualité de manière active nous oblige à accepter une institution religieuse dominée par l'homme. Afin d'en prendre conscience, nous devons rester « à l'extérieur » de la religion masculine et de celle pratiquée par la majorité de la communauté - attitude difficile à adopter en raison de notre éducation et pouvant induire une forte crainte due au manque de conseils en la matière. La répression de la spiritualité féminine est un phénomène relativement récent dans l'histoire de l'humanité, mais elle s'est opérée de manière si totale que la spiritualité féminine n'a laissé de traces que dans le folklore, l'archéologie, les mythes et les légendes occidentaux, ainsi que dans le besoin de notre ressenti.

La position sociale de la femme s'étant améliorée au cours du vingtième siècle, le besoin croissant d'une spiritualité féminine s'exprimant sous une forme reconnue s'est manifesté. Aussi sous notre pression, certaines églises chrétiennes ont accepté notre accession à la prêtrise mais, bien que cette admission nous reconnaisse en êtres doués d'une conscience spirituelle, elle nie notre caractère féminin. Ainsi, le terme « femme-prêtre », employé au lieu de « prêtresse», fait de nous un « prêtre honoraire », ignorant notre caractère et nos facultés.

Une femme ne peut être prêtre en raison de sa féminité, mais c'est cette féminité même, et la sexualité qui y est associée, qui l'unissent à la conscience du divin, aux rythmes biologiques et à l'univers. La prêtrise nous confère un rôle spirituel reconnu, mais rien de plus. La qualité d'être spirituel est inhérente à la nature et au corps de la femme.

L’aptitude que possède celle qui est tout à la fois une prêtresse, une sage, une chamane et une sorcière peut intervenir comme médiateur des puissances divines. Elle est l'héritage de toutes les femmes et provient de la conscience qu'elles ont d'elles-mêmes. Devenir prêtresse. C’est explorer son monde intérieur. L’image d'une femme tenant un calice n'a pas la même signification que celle d'un homme faisant la même chose, que ce fait soit reconnu sur les plans conscient ou subconscient, et c'est peut-être la raison pour laquelle les femmes vont « prendre la suite » à la tête de l'institution religieuse. Il est nécessaire de redonner vie aux deux images qui doivent être équilibrées, non antagonistes, chacune étant acceptée de plein droit. Les mythes de la femme et de l'homme ne sont pas identiques, mais ils ne sont pas indépendants l'un de l'autre ; ils sont la trame et la chaîne complexes d'une même étoffe aux coloris harmonieux et équilibrés.



Autrefois, le caractère lunaire des femmes était reconnu comme le lien les unissant à l'univers. Son corps était le médiateur qui lui permettait de constater intuitivement que la vie, dans sa diversité, est un tissu de relations réciproques infinies, mais aussi qu'il y a continuité et non plus rupture entre le divin, la création, le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Ces prises de conscience n'existent pas dans la société moderne et sont difficiles à comprendre à moins qu'elles ne soient vécues directement par l'intermédiaire du corps chez la femme et par l'intermédiaire de la femme chez l'homme. Il n'y a pas plus de place dans la société d'aujourd'hui pour les danses extatiques et l'expression de la spiritualité par la sexualité et le corps que pour la voix de la prophétie ou de l'oracle. Celle-ci est coupée des facultés que confère la féminité, ainsi que de l'inspiration et de l'empathie qui suscitent développement et compréhension, affranchissement de la peur, de la mort ainsi que l'unité esprit-corps-création et divin.

Les progrès de la femme au sein de l'« univers masculin » se sont réalisés sur le plan intellectuel au détriment de son intelligence et de sa créativité intuitive. Les archétypes et  traditions qui pourraient nous guider en répondant à nos besoins et aptitudes sont absents des nouveaux domaines d'activités professionnelles et d'expériences. D'où l'importance essentielle pour nous de remédier à cette carence et de vivre un développement et une reconnaissance au sein de la société dans le respect de notre être sous toutes ses formes.

mercredi 6 décembre 2017

Quelques Archétypes de la Femme Lunaire


Beaucoup de contes vous présentent comme des êtres à double facettes : nous considérant soit sous l'angle positif de la vierge pudique ou de la bonne mère, soit sous l'angle négatif de la maléfique et belle enchanteresse ou de l'horrible sorcière destructrice.


Dans certaines cultures, on pensait que le premier rapport sexuel d'une fille avait lieu avec le serpent, et qu'il était à l'origine de la menstruation, alors que dans d'autres, c'était la morsure du reptile qui provoquait le premier saignement. L’Eve présentée dans L'Eveil et l'Eve du jardin d'Eden se sont éveillées à leur féminité grâce à l'intervention du serpent. La  connaissance de la vie offerte par le fruit et héritage de la féminité, ne peut être accueillie qu'en acceptant également les énergies sexuelles et créatrices rythmiques du reptile.



Le Cheval
Beaucoup de cultures considéraient le cheval et plus précisément la jument, comme le symbole des forces de la fécondité, de l'énergie vitale, de la prophétie, de la magie et des profondeurs émotionnelles et instinctuelles. En particulier, une jument blanche représentait les facultés lunaires et ses fers en forme de croissant apportaient chance et protection. Elle symbolisait l'amour, la fécondité de la terre et la maternité. En un mot, elle détenait la souveraineté. En Irlande, le cheval était intégré aux rites élevant à la royauté. On pensait par ailleurs qu'au moment des moissons, l'âme du blé adoptait l'apparence d'un cheval.

Aujourd'hui à l'occasion des parades ou des manifestations annuelles, on peut encore rencontrer l'image du cheval sous la forme de la marotte d'osier. D'ordinaire c'est un costume, souvent de couleur noire, rouge ou blanche, fait pour une seule personne.

Pour les Celtes, le cheval avait une grande importance. Ainsi la déesse équine Epona était une divinité triple représentée montant une jument, ou accompagnée de juments et de poulains, tenant une corne d'abondance, un peigne, un miroir ou un gobelet. La déesse équine galloise Rhiannon possédait une troupe d'oiseaux dont le chant pouvait réveiller les morts ou endormir les vivants, renvoyant ainsi au côté obscur de la divinité en tant que déesse de la mort et de la renaissance.

Cet animal était associé aux lacs et à la mer autant qu'à la terre. La jument symbolisait la Mère Enceinte des eaux primordiales, source de toute vie. Même aujourd'hui, on fait allusion aux blanches crêtes écumeuses des vogues comme à des «chevaux blancs ». L’eau était associée à l'autre-monde celtique, et le légendaire parle de chevaux magiques qui mèneraient les héros par-delà les mers vers cette terre fabuleuse.

Les contes populaires rapportent que des chevaux magiques passaient les rives des lacs et des étendues d'eau, et que si on essayait de les monter, ils plongeaient le cavalier dans l'eau pour le noyer ou le dévorer. Dans certains contes, on pouvait identifier ces chevaux à leurs sabots et aux fers qui étaient retournés. Ces images reflètent les facettes occultes de la nouvelle lune, représentées par la mort et le transfert dans les profondeurs intérieures.

Les chevaux gardaient le pont entre les mondes visible et invisible, et ils étaient montés par les chamanes, capables d'évoluer entre les deux. On croyait aussi que c'était l'un des animaux en lesquels une sorcière pouvait se transformer. En résumé, le cheval symbolise le cycle lunaire complet. Il représente la dynamique biologique et l'évidente fécondité des phases lunaires visibles, mais il symbolise en même temps les facultés internes, occultes, de transformation et de mort propres à la nouvelle lune.



Le Lièvre
Les lièvres puis, plus tard les lapins, représentaient la fécondité, le dynamisme biologique de la croissance, du renouveau et du plaisir sexuel, de même qu'on les associait étroitement à la lune et à ses divinités. Le lièvre était notamment associé à la déesse Oestra, qui devait par la suite donner son nom à la fête de Pâques. On la représentait avec une tête de lièvre et les animaux qui l'accompagnaient pondaient les oeufs de la vie nouvelle pour annoncer la naissance du printemps - une image que nous retrouvons dans le « Jeannot lapin » pascal.

Norse, divinité lunaire scandinave et Freyja, déesse de l'amour et de la fécondité, étaient toutes deux assistées de lièvres, comme l'était Vénus, divinité romaine. On dit par ailleurs que les motifs visibles à la surface de la pleine lune tracent le portrait d'un lapin ou d'un lièvre, tandis que la tradition orientale montre que cet animal tire sa fécondité de la contemplation de l'astre nocturne. On l'associait aussi aux facultés féminines et lunaires que sont divination, transmutation, folie inspirée et sexualité. La reine celte Boudicca élevait un lièvre pour la divination : avant une bataille et afin de prédire son dénouement, elle le lâchait de sous son manteau et observait la voie qu'il suivait.

L’association du lièvre et de la sexualité est parvenue jusqu'à nous, trouvant à s'exprimer dans le concept d'employée de boîte de nuit habillée en lapin (bunny girls). Il est possible qu'en raison de ces connotations « indésirables » l'église médiévale ait regardé le lièvre comme un animal de mauvais augure. Dès lors, on associa les lièvres aux sorcières et on ne pouvait tuer celle qui en avait pris l'apparence qu'avec un crucifix d'argent ou, plus tard, avec une arme tirant des balles fabriquées dans ce même métal.



La Colombe
Beaucoup de divinités lunaires sont également assimilées à des oiseaux et à la colombe en particulier qui est depuis longtemps associée au féminin divin et à la lune. Elle symbolisait
Ishtar, Astarte, Inanna, Rhea, Déméter, Perséphone, Vénus, Aphrodite, Isis et, plus tard, le
Saint Graal. On la retrouve aussi dans l'iconographie de la Vierge Marie. Elle représentait la reine des cieux, de même que la féminité, la douceur, l'amour, la sexualité, la spiritualité, la sagesse et la paix.

Image de la clarté lunaire, elle apportait au monde sagesse et inspiration. Selon la tradition gnostique, Sophie ou la « Sagesse Sacrée » de Dieu, était représentée par une colombe dont on pensait qu'elle apportait sur la terre la lumière de la mère céleste. Au Moyen-Age, l'art chrétien s'en servait pour symboliser le Saint-Esprit, aussi les tableaux de l'Annonciation et du baptême du Christ la représentent-ils planant respectivement au-dessus des têtes de Marie et de Jésus.

On l'associait aussi à l'Arbre-lune puisqu'elle était posée sur une de ses branches. Une image analogue se retrouve dans les peintures la montrant sur la chevelure d'une divinité lunaire. La figure emblématique de la vie régénérée pour Ishtar et Athéna représentait la colombe tenant un rameau d'olivier dans son bec et l'offrant. Sacrées aux yeux des divinités, les tourterelles l'étaient également pour les Parques, car elles symbolisaient le rapport entre les oiseaux et les pouvoirs lunaires qu'étaient la prophétie et l'oracle. L’oracle antique de Dodona était un chêne habité par un groupe de colombes assistées de nombreuses prêtresses portant elles-mêmes le nom de « colombes ».

Il était prononcé par le chant des oiseaux, le son produit par leur bruissement dans les feuilles ou par leurs battements d'ailes en vol. Les tableaux représentant l'Annonciation montrent parfois une colombe tournant la tête vers l'oreille de Marie, comme si elle lui dévoilait son destin.

Cet oiseau symbolisait la facette de la lune qui dispensait vie et amour, la faculté que possède le caractère féminin de réconcilier dans l'harmonie l'âme et la conscience, l'humanité et la nature, la voix intérieure de la sagesse et l'intuition.

Extrait du livre : La Femme Lunaire de Miranda Gray



vendredi 10 novembre 2017

La fille, la mère et la vieille femme


Dans la plupart des sociétés, l'emploi du conte et de la fable, comme support d'une ligne de conduite et véhicule d'une compréhension claire des choses, est une très ancienne tradition. De nombreuses cultures tiennent leurs conteurs en haute estime parce qu'ils maîtrisent la puissance du mythe, c'est-à-dire qu'ils révèlent les vérités profondes à la conscience intuitive de l'auditeur tout en lui permettant de s'identifier aux rythmes et énergies de l'univers.

Jusqu'à une époque assez récente, et c'est encore le cas dans certaines régions du globe, seules les couches aisées de la société avaient accès à la lecture, à l'écriture et à l'enseignement. Au sein de nombreuses communautés marquées par la tradition orale, la connaissance, la sagesse et la culture se transmettent d'une tribu et d'une génération à l'autre sous la forme de récits leur apprenant l'organisation de l'univers, le caractère des énergies qui le parcourent, les dieux et divinités influençant l'existence de leurs membres, les rythmes de la terre et la place qu'y tient l'humanité. Les conteurs s'expriment par des images et des symboles pénétrant l'esprit de l'auditeur et demeurant dans son subconscient tout en s'intégrant à sa connaissance du quotidien.


Dans ces récits, le procédé fréquemment utilisé présente un archétype, c'est-à-dire des représentations universelles reflétant certaines vérités auxquelles réagissent les gens sur le plan intérieur. Même de nos jours, les médias spécialisés dans le conte les emploient dans les films, les livres et les pièces de théâtre pour adultes ou enfants. Ainsi, les films d'épouvante présentent-ils une femme liée à la mort par son activité sexuelle ou sous les traits d'une horrible sorcière ; les films d'aventures dépeignent la faible vierge qu'il faut secourir et qui tombe invariablement amoureuse de son sauveur ; quant au pilier de la vie familiale, il est représenté par la « bonne mère ». L'archétype va d'ailleurs souvent au-delà du rôle  qu'on lui donne à l'écran pour se prolonger dans le mythe habilement bâti autour de l'actrice, considérée comme « déesse de l'écran » ou « symbole sexuel ».

Dans les sociétés antiques, l'archétype était considéré comme un artifice pédagogique. Par identification à l'image, l'auditeur était soumis à un processus d'éveil intérieur, conscient ou subconscient, par lequel il pouvait stimuler et exprimer ses énergies.

L'un d'eux, le plus fréquemment apparu dans beaucoup de cultures, représente la puissance universelle personnifiée par la « Grande Divinité » dont l'image se subdivise en trois entités féminines distinctes marquant chacune une période du cycle vital de la femme :  la Fille - considérée en tant que femme non mariée -, la Mère et la Vieille Femme ou femme âgée.

La Fille correspond à la période de montée de l'énergie et du dynamisme, reflétée dans la lumière croissante de la lune ascendante et associée au blanc. La Mère Accomplie incarne la femme nourricière et féconde, homologue terrestre de la lumière radieuse émise par la pleine lune et associée au rouge. La Vieille Femme est dépeinte comme la gardienne de la sagesse, l'antichambre de la mort et la voie vers les puissances du monde intérieur, reflet de l'obscurité croissante de la lune descendante qui mène à la nouvelle lune, invisible et associée au bleu et au noir.

Le terme « Vieille Femme » était employé pour désigner la femme ménopausée. On pensait généralement, qu'à partir de ce moment, elle absorbait chaque mois son sang menstruel, la rendant ainsi accessible à la créativité, à la magie et à la connaissance. Beaucoup de sociétés la considéraient comme une « femme éclairée » ou une « enchanteresse » dont la faculté de prophétie et de communication avec les esprits était éminemment respectée. L'image moderne de la vieille femme a perdu son pouvoir : elles sont traitées avec un respect parcimonieux et presque considérées comme des parasites au regard des exigences actuelles.

La description du cycle biologique féminin est cependant incomplète si l'on omet une quatrième période, celle de la face invisible de la divinité dont la description est séparée du trio lumineux. Or, elle correspond à la Mère des Ténèbres ou à la mère redoutable, dépeinte comme la mort et l'âme du divin auquel tout retourne afin de renaître.

Dans la vie d'une femme, cette phase représente la libération de l'âme au moment de la mort.

On segmente ainsi votre vie pour la représenter sous différents aspects et archétypes appartenant au domaine du divin. Le cycle lunaire trouve également sa reconnaissance comme expression du féminin divin dans la terre et la femme. Dans la mythologie et le folklore, de nombreux personnages représentent la femme post-pubère sous différents aspects. La jeune et belle Vierge, c'est-à-dire la jeune femme non mariée, incarne la phase pré-ovulatoire, la lune en son croissant ascendant, les énergies vives du printemps, ainsi que celles du renouveau et de l'inspiration. La bonne Mère, ou la Reine, est la gardienne des énergies présidant à la fécondité, à la subsistance et à l'autorité ; elle représente la pleine lune ainsi que la plénitude énergétique de l'été. L'Enchanteresse personnifie la phase automnale caractérisant le déclin progressif des énergies et l'obscurité grandissante de la lune décroissante. Cette femme détient une puissance sexuelle considérable, un pouvoir magique, ainsi que la faculté d'ensorceler et de défier les hommes ; belle ou laide, les contes lui donne le pouvoir d'intégrer son corps et sa sexualité à sa magie ensorceleuse.

L'Enchanteresse incarne le retrait énergétique et la destruction, aussi est-elle considérée comme l'initiatrice du processus de mort nécessaire à toute renaissance. Enfin, l'horrible Vieille Sorcière, ou vieille femme laide représente la phase menstruelle du déclin énergétique et la beauté perdue de la terre en hiver. Elle incarne la nouvelle lune, porteuse des énergies de mutation, de gestation et d'obscurité intérieure.

Ces quatre images : Vierge, Mère, Enchanteresse et Vieille Sorcière, peuplent le folklore et le légendaire, trait d'union non seulement entre le cycle des saisons et celui de la lune, mais entre eux et le cycle féminin. Hélas, la perspective moderne qui s'attache à interpréter les mystères de la femme passe presque toujours sous silence la signification profonde du cycle menstruel en tant que vécu. Or initialement, les mythologies exprimaient non seulement les rythmes apparents et les énergies de la vie, mais aussi ceux, internes et invisibles, de la période entre puberté et ménopause. Ils étaient liés de manière si complexe à la compréhension profonde, presque innée, qu'ont les femmes des rythmes de la lune, de la terre et de la divinité présidant à la vie, que l'omission moderne - due en majeure partie à des tabous d'ordre culturel - aurait été inconcevable autrefois. En tant qu'archétypes, la Vierge, la Mère, l'Enchanteresse et la Vieille Sorcière proposaient une compréhension de l'authentique essence féminine et soulignaient la nécessité d'en prendre conscience.

Les fables liées aux anciennes religions, ainsi qu'aux soi-disant « contes pour enfants », dévoilent cette connaissance du caractère féminin et renferment un symbolisme et une sagesse antiques venus des sociétés de tradition orale.

Extrait du livre : "La Femme Lunaire" de Miranda Gray

samedi 4 novembre 2017

La Femme complète – ou la grâce d’être ménopausée

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Le rôle des lunes

Dans la vie de chaque femme, les Lunes jouent un rôle important, bien souvent plus important que ce dont on a conscience. Notre vie entière de femme est rythmée par cette danse de nos hormones changeantes qui mènent la ronde… Et nous mènent bien souvent par le bout du nez aussi.

Quelle femme n’a pas attendu désespérément ses règles ? Ou les a maudites ? Tampon, serviette jetable ou lavable, cup ou flux libre… Autant de possibles, autant de transmissions et des prises de conscience.



La relation de chaque femme à ses lunes est spéciale et spécifique.


Dans le sang de chaque femme réside son pouvoir magique.


Dans la nuit des temps, le sang des lunes servait aux sacrifices des prêtresses au service de la Grande Mère. Aujourd'hui, nous nourrissons nos plantes ou bien nous dessinons avec notre sang. Dans les anciens temps, la propriété fertilisante du sang menstruel était bien connue, et utilisée. Les recherches modernes ont démontré la richesse du sang menstruel en cellules souches et en éléments nutritifs.
Ce sang témoigne de notre vérité profonde : être source de vie.



Une femme est capable de donner la vie, de la faire grandir en elle, puis de la mettre au monde ; d’amener une âme de l’autre monde à ce monde ici-bas. Tel est le pouvoir des femmes. Et peu importe si nous usons de ce pouvoir ou pas, il réside en nous. Une femme est connectée à la source de toute vie. Et que ce passe-t-il quand nous perdons ce pouvoir de fertilité, quand nos lunes deviennent irrégulières, puis cessent ?


Il s’agit d’une phase de transition profonde, qui touche chacune de nous.




La ménopause dans notre culture
Dans notre société occidentale, perdre sa fertilité équivaut à perdre sa valeur de femme.

Au sein d'un environnement où l’attractivité d’une femme repose sur sa capacité à séduire les hommes, puis à enfanter, une femme ménopausée n’a plus aucun intérêt. Elle devient une « vieille peau », avec tous les symptômes qui peuvent accompagner cette phase : l’irritabilité (et il y a de quoi !), la perte de désir, les bouffées de chaleur, la sècheresse vaginale, les prises de poids importantes, l’ostéoporose, etc. Chez nous, en occident, cette période de disparition de notre fertilité est vécue comme un processus de deuil de notre valeur de femme. Et tous ces symptômes témoignent de cette perte de valeur. C’est comme un point de non-retour : ce qui n’a pas été vécu jusqu’à présent, il ne sera plus jamais possible de le vivre.


Le Renouvellement

Ailleurs, dans d'autres cultures, cette période n’a pas du tout la même signification. Au Japon, par exemple, elle est vécue comme un processus de transformation. Ménopause, en japonais, s’appelle « Konenki ». « Kon » signifie « renouvellement » ou « régénération », « nen » signifie « année » ou « années », et « ki » « saison » ou « énergie ». Ce qui pourrait se traduire comme « les années de la saison du renouvellement » ou « les années de l’énergie de régénération » ! Il n’est donc pas étonnant que les japonaises se plaignent très peu de symptômes de ménopause...



Les Pouvoirs shamaniques

Au sein des cultures indigènes, aux quatre coins de la planète, des Maori de Nouvelle Zélande jusqu’aux indiens iroquois, les femmes ménopausées changent de statut. De simples membres de la société, elles deviennent des guides de la communauté, des « Anciennes ».


Dans la plupart des cultures shamaniques traditionnelles, par exemple les Maya ou les Indiens Cree, une femme doit avoir traversé la frontière invisible de la ménopause pour avoir accès à ses dons de guérisseuse et de guide spirituel. Le sang menstruel a le pouvoir de créer la vie au sein de l’utérus. Si la femme atteint donc l’âge de retenir son sang créateur de vie, de le garder en elle, elle traverse ce seuil invisible et atteint le statut de « femme sage » ayant accès à sa magie intérieure. Prêtresse ou guérisseuse, elle devient un guide spirituel pour sa communauté.


D’un point de vue ethnologique, les Anciennes ont acquis ce statut car, le fait qu’à un certain âge les femmes cessent d’accoucher elles-mêmes et s’occupent des enfants de leurs enfants augmente les chances de survie de ceux-ci. Placer les grand-mères au centre de la communauté est donc un gage d'efficacité et de prospérité.


La femme complète selon Miranda Gray


Alors que la vie d’une femme menstruée est cyclique - de mois en mois, d’année en année - celle d'une femme ménopausée n’est plus soumise à ce cycle. Durant la période de fertilité, nous traversons successivement, pendant chaque cycle, les énergies des quatre archétypes. Notre cycle s’ouvre, au cours de la phase pré-ovulatoire, sur l’énergie dynamique et entreprenante de « la Jeune fille », sure de ses projets. Puis, pendant l’ovulation, nous entrons dans les énergies soutenantes et altruistes de « la Mère », au service de la vie et de la communauté. Si l’ovule n’a pas été fécondée, l’énergie se tourne vers intérieur, et nous devenons des « Enchanteresses » dotées d'une créativité sauvage, et sachant exactement ce que nous ne voulons pas. Enfin, pendant nos lunes, nous entrons dans l’archétype de « la Sorcière », en lien avec nous-mêmes, au contact de notre vérité profonde.

Être une femme complète veut dire sortir de cette ronde dictée par les hormones en intégrant en nous toutes ces énergies et leurs qualités spécifiques.

La pré-ménopause et la ménopause sont souvent vécues comme des périodes difficiles. Elles sont accompagnées d’irritabilité voire de dépression, et de nombre de symptômes invalidants qui témoignent, du point de vue du décodage biologique, de la perte de notre valeur de femme. La disparition de la libido et la sécheresse vaginale renvoient au fait que nous ne nous sentons plus désirables puisque nous ne sommes plus fertiles. Les bouffées de chaleur brûlent l’énergie des ovaires dont nous ne savons plus quoi faire. L’ostéoporose attaque à travers notre structure notre valeur intrinsèque. L’anxiété et la dépression surgissent lorsque, perdant le contact avec nous-mêmes, nous refusons de ressentir notre vérité profonde.

La pré-ménopause est associée tout particulièrement à la phase de « l’Enchanteresse », et nous permet de profondément expérimenter cet archétype. C’est le moment de ressentir ce que nous ne voulons plus, ce que nous souhaitons changer. C’est l'opportunité de nous permettre d’exprimer notre créativité sauvage, celle qui n’a pas peur de sortir des conventions. C’est le temps d’apprendre à chevaucher nos émotions, à les mettre à notre service et au service de nos relations, au lieu de nous laisser dominer par elles. C’est le moment d’expérimenter notre magie sexuelle, d’attirer, de séduire, de nous affirmer, de créer à partir de notre désir profond.

La ménopause est une transition qui, lorsque nous sortons de la ronde cyclique, nous appelle à faire un bilan.

Quel a été mon vécu ? Comment je me suis permise d’expérimenter les quatre archétypes du cycle ? Me suis-je autorisée à suivre mes projets, à me mettre au centre de ma vie, telle une « Jeune Fille » ? A quoi ai-je donné vie ? Qu’est-ce que j’ai mis au monde, telle une « Mère » ? Qu’ai-je fait de ma créativité et de mon désir ? Comment ai-je utilisé ma magie sexuelle, celle de « l’Enchanteresse » ? Etais-je en lien avec ma vérité profonde, telle une « Sorcière » ? Me suis-je permis de l’exprimer ?

Se poser toutes ces questions peut être douloureux. Pourtant, être vraie avec soi-même est le seul vrai moyen de s’épanouir.
Suite à ce bilan, d’autres questions s’imposent.


Qu’ai-je encore envie de vivre ? Qu’est-ce que je voudrais encore mettre au monde ? 

La bénédiction de la femme complète réside dans le fait que, libérée de la cyclicité, toutes les énergies des archétypes lui sont disponibles et accessibles, selon son souhait, ou selon ce qui a encore besoin d’être intégré. Ainsi une femme ménopausée peut rester plusieurs mois, ou même des années, dans un des archétypes, ou à l'inverse utiliser les quatre pendant la même journée. C’est d’une immense liberté !...




La transmission et la place dans notre lignée

Avec cette intégration se pose la question de la transmission.
Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’ai j’ai expérimenté ? Et qu’est-ce que je voudrais transmettre aux générations suivantes ? Embrasser le rôle de « L’Ancienne », celle qui a vécu, qui a mis au monde, qui a aimé et qui a haï, qui a échoué et qui a réussi, et qui a mis du sens sur sa vie, procure une immense satisfaction. Mettre son expérience intégrée au service des générations suivantes, qu’elles soient de notre chair ou pas, nous permet de nous rapprocher de notre sens profond, loin des clichés et des stéréotypes.



Dans nos ovaires, se trouvent environ 450.000 cellules souches. Au cours de la période de fertilité, environ 500 ovules parviennent à maturité, dont quelques-uns donnent, peut-être, un autre être humain. Or, tout le potentiel des autres est encore là, énergétiquement et biologiquement, en attente d’être utilisé.


Quelle grâce !...



Devenir une femme complète …
Quel challenge, et quelle bénédiction !
Par Christina Zelzner

Prochain stage www.psycho-bio-therapeute-grenoble.com/Les-3-Saisons-de-Venus

Christina Zelzner est Psychobiothérapeute.

Au cours de son chemin de vie, elle a rencontré le Féminin Sacré qui lui sert de fil conducteur. Elle accompagne hommes et femmes sur leur voie d’épanouissement sexuel et personnel. Ayant à l'origine une formation en psychologie et en décodage biologique, elle a ensuite élargie ses connaissances à l’art-thérapie puis aux constellations familiales. Son orientation progressive vers la sexualité s'est réalisée au travers de la Sexual Grounding Thérapie, du Tantra, du Tao et du chamanisme. 


Elle complète actuellement ce riche parcours par une formation en Somatic Experiencing spécifique au traitement des traumatismes.

Un site
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