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mercredi 24 septembre 2014

l’IMAGE du FEMININ


L’Art a toujours consacré une grande part à l’image du féminin. Que cela soit par l'image des déesses de la Grèce Antique ou celle de saintes chrétiennes tout semble l'apparenter à la multiplicité. La femme et l'image ont ceci en commun: elles fascinent mais aussi suscitent la méfiance et les censures les plus radicales. Au travers des figures féminines clefs de l'histoire, nous proposons une relecture post-féministe de l'image d'un féminin de l’art qui vacille inlassablement entre le sacré et le profane comme le fit l'Image en occident.

Depuis l'Antiquité, toute imitation est objet de débat. Tout reflet qu'il soit naturel ou artificiel est associé à un leurre. L'image est spéculaire, elle suscite la méfiance dans la tradition philosophique. Cet héritage restera prégnant pendant des siècles. Les peuples auront autant de plaisir à détruire les images qu'à les contempler.

L'image est tiraillée entre deux versants : eikon et eidôlon, qui provoquent passion et répulsion chez ses contemporains. Que ce soit dans la culture gréco-romaine ou judéo-chrétienne, l'image du féminin nous offre de multiples facettes. Ces deux civilisations sont le berceau de notre histoire européenne. Elles y ont ancré quelques grands noms d'effigies du féminin. Ces figures seront à jamais porteuses d'une Image d'un féminin pluriel qui inspire désir, crainte et respect.

Qu'elles soient mystérieuses, mystiques ou pécheresses, leur beauté aura été autant admirée que condamnée. La beauté, ayant été conjointement signe du divin et miroir du diable, a toujours hanté la philosophie, l'art et la littérature ainsi que d'autres sciences humaines. Le concept de Beauté est pris dans la dyade sacré-profane. Cette étude n'est pas le postulat d'une Histoire de la Beauté de l'Antiquité à nos jours mais plutôt une relecture de l'évolution de sa représentation à travers les siècles. Les artistes transgenres réinterrogent ce devenir-féminin et la possibilité de défaire le genre. Tout s'opère comme si les artistes voulaient en finir avec cette immémoriale guerre des sexes. Nous ne sommes plus seulement en présence d'un clivage des genres masculin / féminin mais bien dans une multiplicité des possibles.


 Extrait de l’Essai : Relecture des multiples facettes du féminin sacré et profane par Marilyn RENERIC-CHAUVIN École Doctorale Montaigne Humanités

Fêtez la fin de votre cycle !


Article de Delphine Lhuillier est ethnologue de formation. Responsable éditoriale de generation-tao.com, elle a participé à la création du Centre Tao Paris et est également formatrice en Wutao®. Elle est initiatrice du Festival du Féminin®, né en 2012, qui a désormais acquis une dimension internationale.



La ménopause, on la craint. C'est la fin d'un cycle, celui des menstruations. Les règles nous quittent progressivement après 35-40 ans de bons et loyaux services. Parfois avant l'âge de 50 ans, parfois plus tard. Delphine Lhuillier, auteur de "Feminin sans tabou" nous apprend à accueillir cette période de notre vie.
L’étymologie du mot ménopause signifie "arrêt des mois", autrement dit, l’arrêt des menstrues. Le nombre de follicules contenus dans les ovaires est limité (environ sept cent mille). Ces follicules sécrètent la plus grande partie des hormones féminines et contiennent les ovules fécondables. Au fur et à mesure qu’ils disparaissent, la production d’hormones féminines diminue avant de cesser complètement. On admet qu’est ménopausée toute femme non réglée depuis un an, mais c’est impropre, puisque certaines maladies peuvent stopper les règles jusqu’à deux ans. 
En définitive, la ménopause pourrait être considérée comme le pendant de la puberté : la fin et le début d’un cycle. Celui des menstrues. 
Les règles nous accompagnent pendant trente-cinq à quarante ans de notre vie, puis elles nous quittent. À tout jamais. Elles s’arrêtent tout comme elles ont commencé. Progressivement. Comme si la nature nous donnait le temps de nous habituer et de nous déshabituer. Parfois avant l’âge de 50 ans, parfois plus tard. 
Une période de transition 
Le temps de transition de la préménopause est injuste. Eh oui ! Pour certaines, pas de grands bouleversements, le passage se vit en douceur. Pour d’autres, un vaste cataclysme hormonal se prépare : bouffées de chaleur intempestives, suées, fatigue, etc. pendant deux à trois ans. Entre gêne sociale et désagréments à gérer dans le couple sous l’influence de la préménopause, la ménopause est parfois accueillie avec soulagement ! 
À quoi seraient dues ces différences ?
Les médecins avancent des composantes génétiques. Autrement dit, si votre mère a vécu une préménopause facile, réjouissez-vous, il y a de grandes chances pour que ce soit pareil pour vous. Dans le cas contraire, eh bien oui, vous pouvez vous attendre à vivre quelques moments difficiles.
Heureusement, il existe des remèdes naturels et des compléments alimentaires pour apaiser tous ces désagréments : les phytoestrogènes en phytothérapie, Féminabiane® en micronutrition, etc. Il semblerait également qu’une pratique corporelle régulière qui sollicite intelligemment notre chaîne musculaire "booste notre système hormonal et allège les symptômes". Ah, mais j’oubliais, la préménopause n’est pas une maladie ! Juste un processus naturel. Nous l’oublions parfois. 
Ménopause, la fin de tout ? 
Après la préménopause vient le moment où le cycle s’arrête définitivement. Les femmes pourraient se sentir soulagées à cette idée. Certaines, oui, parce que leurs règles étaient douloureuses, parce que l’arrivée de la ménopause a stoppé la progression d’un fibrome hémorragique. Elles se sentent rassurées. Mais pour beaucoup, ménopause rime avec fin de la séduction, de la sensualité, de la sexualité : "Ma vie de femme, c’était avant. Si je ne suis plus capable de procréer, alors je ne suis plus vraiment une femme." Quelle tristesse ! 
En fait, toutes ces remises en question sont profondément liées à un contexte sociétal. Christine Northrup, dans son ouvrage La sagesse de la ménopause, paru en 2003, avait révolutionné les mentalités. N’oublions pas que dans certaines cultures primordiales, la ménopause était perçue d’une tout autre manière. Elle était au même titre que la puberté considérée comme une initiation profonde, une transformation du corps et de l’âme qui octroyait à la femme un nouveau pouvoir, de nouvelles énergies, un nouveau savoir. On écoutait les aînées. On les respectait. 
"Plonger dans son processus de renaissance"
Elles avaient aussi pour rôle d’éduquer les jeunes générations. Mona Hébert, homéopathe, naturopathe et herboriste qui se consacre à la santé des femmes, nous explique: "La période de la ménopause permet à la femme de plonger dans son processus de renaissance et d’accoucher d’elle-même ; d’entrer un moment dans cette grotte au fond d’elle pour faire le point sur son passé et se dépouiller de tout ce qui voile ou fait de l’ombre à sa vérité. Ainsi mise à nue, elle est prête à reprendre sont autonomie dans chacune des facettes de sa vie et de ses riches possibilités." 
Elle ajoute, dans son ouvrage La médecine des femmes (éd. Le Souffle d’Or) : "L’étape de la procréation révolue, le cycle se transforme et libère en nous des énergies créatrices qui ouvrent la porte à une nouvelle forme de fécondité. Ainsi, chaque femme peut renaître et entrer dans son propre pouvoir."  
Célébrons notre ménopause ! 
Nous avons donc chacune le pouvoir, et je dirais le devoir, de changer notre regard sur la ménopause pour lui accorder toute la force qu’elle représente. Imanou Risselard, cocréatrice du Wutao® et de la trans-analyse, nous témoigne son envie de célébrer sa ménopause pour acter une transformation pleine de promesses : 
"Je m’approche de la porte où le temps s’inverse. Je me prépare à mettre mes pas là où des milliards de femmes avant moi les ont posés dans ceux de tant d’autres. Et je me prépare à fêter ce jour au grand jour avec mes amis, femmes et hommes. Oui, je vis les marques du temps comme autant de joyaux et de surprises, la promesse de déployer encore et encore mon essence vitale. Oui, vieillir me semble une bien belle option que m’offre mon corps à vivre pleinement." 
Alors oui, préparons ce moment. D’autant que la nature nous en donne le temps. Les signes de la préménopause nous montrent le chemin pour trouver une date, un lieu, un acte, un symbole, un rituel, une danse, un chant et les personnes avec qui nous souhaitons célébrer notre transformation. 
Et comme il n’est jamais trop tard pour acter le changement, je vous invite, Mesdames, vous qui lirez ces lignes, si vous avez déjà franchi ce cap, à le ritualiser. En sororité, ou entourée d’amis proches (vous pouvez avoir envie que des hommes soient présents). Et pensez aussi à vos amies, faites-leur savoir. Aidez-les à s’organiser. Accompagnez ce passage.
Réinventons notre présent.

Extrait du livre "Féminin sans tabou" de Delphine Lhuillier. Editions Eyrolles 2014. 

lundi 22 septembre 2014

La première femme ou le don de Dieu


Les ambitions de ce livre sont de comparer les récits de la création de la « moitié » de l’Humanité et de ses répercussions dans le monde contemporain. Cet ouvrage est né du souci d’élucider les représentations originelles des femmes. A Mécôné, se réglait la querelle des hommes et des dieux. Prométhée, fils de Japet, partagea un bœuf en deux et proposa une part à Zeus. Les parts étaient inégales et Zeus s’en rendit compte. Le Cronide refusa de partager le feu infatigable avec les hommes. Mais Prométhée le rusé leur déroba, ce qui déclencha le courroux de Zeus. Il créa en place du feu un mal destiné à se venger des hommes. Avec l’aide d’Athéna et d’Héphaïstos, ils façonnèrent un piège qui fut une merveille pour les yeux. Tout paré de dentelles et bijoux incroyables, ce mal si beau, émerveillant même les immortels, était un piège profond et sans issue destiné aux humains. Zeus commande « […] à l’illustre Héphaïstos de tremper d’eau un peu de terre sans tarder, d’y mettre la voix et les forces d’un être humain et d’en former, à l’image des déesses immortelles, un beau corps aimable de vierge; Athéné lui apprendra ses travaux, le métier qui tisse mille couleurs ; Aphrodite d’or sur son front répandra la grâce, le douloureux désir, les soucis qui brisent les membres, tandis qu’un esprit impudent, un cœur artificieux seront, sur l’ordre de Zeus, mis en elle par Hermès, le Messager, tueur d’Argos. »

« Car c’est de celle-là qu’est sortie la race, l’engeance maudite des femmes, terrible fléau installé au milieu des hommes mortels. »

Zeus leur a fourni un mal qui causera la chute de l’Homme. Celui qui choisit le mariage, «[…] s’il tombe sur une espèce de folle, alors, sa vie durant, il porte[ra] en sa poitrine un chagrin qui ne quitte plus son âme ni son cœur, et son mal est sans remède. »

Zeus l’a puni par un lien terrible que la ruse ne pourra défaire. Les Heures la parent de fleurs dans les cheveux, les Grâces de colliers, Athéna de sa ceinture et sa parure, et Hermès implante en son cœur mensonges et mots trompeurs comme le voulut Zeus. Il lui donna la parole et la nomma Pandora (celle qui a tous les dons). Tous les habitants de l’Olympe lui firent des présents et donnèrent le malheur aux hommes. Zeus lui confia une jarre qu’elle ouvrit sur son ordre. Tous les maux s’en échappèrent, seule l’elpis, qui signifie l’attente, resta auprès de Pandora. Pour Jean-Pierre Vernant, Pandora est un être double. C’est un « beau mal », un cadeau divin qui fixe le statut de mortel et celui de dieu. Pandora, « […] par son ambivalence - malheur des hommes, amour des hommes -, elle exprime un trait essentiel de la condition humaine, ce qui la distingue fondamentalement de la vie divine : une forme d’existence où il ne peut y avoir de bien sans mal, où tout positif a son revers de négatif. »

Epiméthée le frère de Prométhée, épousa Pandora. Il ouvrit ainsi deux choix aux hommes; celui de rester célibataires ou celui de se marier. Le ventre féminin est celui qui crée et celui qui détruit car il fait croître mais aussi affaiblit.

Extrait de l’Essai : Relecture des multiples facettes du féminin sacré et profane par Marilyn RENERIC-CHAUVIN École Doctorale Montaigne Humanités


Des filles aux Mères



Les Pères de l’Eglise s’accordent sur la supériorité de l’âme et des hommes sur les animaux.

Mais tous ne concèdent pas la participation de la femme au modèle divin. Il est difficile de voir la femme comme « théomorphe ». Dans le Talmud ce n’est que dans l’union harmonieuse de l’homme et de la femme que se réalise l’image de Dieu bien que la supériorité d’Adam soit incontestable pour les docteurs de l’Eglise. Philon d’Alexandrie, dans De Opificio Mundi, voit dans la femme absente du paradis originel la raison de l’éloignement de l’homme du divin. Paul, dans la première Epître aux Corinthiens, pèse de toute son autorité sur l’exégèse des Pères. Cor 11, 7-8 « « L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image et la gloire de Dieu; mais la femme est la gloire de l’homme. […] Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. […] Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni esclave ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. » »

Gal., 3, 27-8. En Christ disparaissent les différences sexuelles. Quelques Mères de l’Eglise se disaient femmes par nature et non par la pensée, car pour ressembler au Christ il fallait « devenir mâle » et surpasser sa condition de femme. Même si certains tentent de défendre le féminin, comme Basile de Césarée, la faiblesse de la femme reste la faute originelle. Sa force d’âme égale celle de l’homme. La femme aurait été créée pour que l’homme ne reste pas seul, non pas dans une optique de reproduction mais dans une préscience de la chute. Eve reçut son nom de Mère de l’humanité lorsqu’elle fut chassée du paradis. En Orient, Eve n’a pas sa place au royaume des anges car elle a une dimension sexuelle. « En Occident, par une rhétorique habile, Augustin a restitué sa cohésion à l’ensemble des deux récits bibliques; au nom du mariage, il a rendu Eve au jardin d’Eden, mais à condition d’y être simplement l’auxiliaire de son mari. Auxiliaire sur le chemin du péché comme sur celui de la rédemption : le féminin, à travers Marie et l’Eglise, aux côtés du Christ nouvel Adam, prenait désormais sa part à l’instauration de l’ordre du salut. »

La femme créée par Dieu à partir de l’homme provoque sa perte et plus tard elle lui permet au contraire de racheter les péchés de l’humanité en étant enfantée par un ange sans jamais avoir connu l’homme, afin qu’elle offre la vie de son enfant. La femme est une création de Dieu à partir de l’homme. Elle rétablit l’équilibre en faisant chuter l’humanité et la rachète par le sacrifice de son fils.


 Extrait de l’Essai : Relecture des multiples facettes du féminin sacré et profane par Marilyn RENERIC-CHAUVIN École Doctorale Montaigne Humanités

Dieu créa l’Homme à son image et l’Artiste créa l’Image de la Femme




Beaucoup d’encre a été versée au sujet des femmes et de leurs représentations.

Leurs images aux deux sens du terme furent les créations d’artistes mais aussi d’érudits et de politiciens. Le féminin relu sous l’angle du masculin fait apparaître un « panthéon » composé de multiples « types » du féminin. On y retrouve les déesses, les mystiques, les sorcières, les hystériques, mais aussi les filles, les amantes et les mères. Racontée par les hommes, la figure du féminin se fait plurielle. Un pluriel mis du côté du païen. Ces nombreux « genres » de l’Eternel féminin sont comme autant de fantasmes générés par leurs créateurs.

L’Homme est unique à l’image de Dieu, il se fait démiurge. Divine autant que dangereuse, la beauté est un poison. La femme est comme la peinture si l’on en croit Platon. Elle séduit par ses apparences et détourne l’homme des chemins de la vérité. Nous souhaitons revenir sur l’origine des différentes facettes de l’image du féminin dans les arts plastiques avec une mise en abîme des grands courants de pensées théologiques qui sont restés un héritage prégnant pour l’Art. Ceci nous permettra de poser les bases de ses relations ambivalentes avec les concepts de sacré et de profane. Nous avons fait le choix d’une partie quelque peu historique afin de comprendre ce qui a forgé l’image si tenace d’un Eternel Féminin pour mieux expliciter, par la suite, ce qui s’est joué dans l’art contemporain et comment les artistes en ont démonté les rouages. Que signifie faire de l’art pour un Dieu ou une Déesse?
Quel sens a-t-il lorsque Dieu n’est plus?


Extrait de l’Essai : Relecture des multiples facettes du féminin sacré et profane par Marilyn RENERIC-CHAUVIN École Doctorale Montaigne Humanités

mardi 16 septembre 2014

Les attirances au FEMININ



En général, la femme va être attirée par un homme qui a une certaine puissance. Cette puissance se manifeste soit par sa fortune, soit par le fait qu’il dirige des milliers de personnes, etc. Mais malheureusement, cela ne peut pas lui suffire d’avoir cet homme de puissance. En effet, si cet homme est puissant mais qu’il est très accroché par cette puissance, au point qu’il n’a plus aucune lignée spirituelle, qu’il n’a plus aucun sens des circulations d’énergie, alors cet homme va pouvoir peut être accrocher la puissance de cette femme par quelque chose de pire encore que sa puissance, un ancrage encore plus lourd que la puissance de la femme, mais ce n’est pas pour cela que cette femme va pouvoir remonter dans l’énergie et encore moins être branchée sur son père spirituel. On voit très souvent des femmes qui se marient à un homme très riche et très puissant et qui en fait, sont très malheureuses et cherchent plus ou moins un amant de cœur ou un guide spirituel.

La femme est l’intériorité animique d’un homme divisé en trois parties ; une partie inférieure, une partie extérieure et une partie supérieure.

Donc, quand cette femme-homme veut se reconstruire, quelque fois en allant chercher sa partie intérieure, elle va trouver un homme qui correspond à sa partie inférieure et va dialoguer avec lui pour essayer de retrouver son homme inférieur. Quelquefois, elle va dialoguer avec un homme extérieur, et va ainsi essayer de retrouver un homme extérieur. Quelquefois, très rarement, elle arrive à rencontrer un homme supérieur et là, elle pourrait éventuellement, si elle négocie bien, rapprocher sa quintessence inférieure et extérieure, faire une synthèse des deux et les ramener en direction de l’homme supérieur. A ce moment-là, cette femme peut envisager de recommencer à devenir un fils pour se rattacher au Père.

Mais pour réaliser cela, elle aura fortement besoin d’un modèle de centralisation, qui devra pouvoir résister à la considérable force d’extériorisation qualifiée de distraction, c'est-à-dire action vers la dispersion, force issue de toutes les forces de la forme et de la matérialisation de l’univers qui peuvent agir sur l’homme par l’intermédiaire de la femme, parce que la femme attire l’homme par toutes les ouvertures de son corps ; elle est "fabriquée" pour attirer l’énergie. Si un homme n’a pas maîtrisé son propre corps, il ne peut pas recentraliser une femme et il ne lui est en fait d’aucune utilité.

La femme, pour sa reconstruction, est terriblement dépendante de l’homme vers lequel elle se centralise. C’est la raison pour laquelle la femme peut se centraliser sur un homme de type inférieur : elle va vivre une vie assez matérielle. Elle peut se centraliser sur un homme de type extérieur : elle va vivre une vie assez extérieure, brillante, mais concernant seulement une partie de ses circuits. Ou alors, elle peut se recentraliser sur un homme de type spirituel, comme beaucoup de femmes recherchent ; mais il faudra encore que cet être spirituel, d’une part ne soit pas trop décollé pour pouvoir traiter le rapatriement de sa partie extérieure et de sa partie inférieure et d’autre part, qu’il puisse élever cette femme sur un autre niveau énergétique.

RECONSTRUIRE SON VEHICULE

Il faut comprendre que le corps physique a été créé par l’accouplement d’un homme et d’une femme dans une relative inconscience, pris par des forces instinctives et animales très violentes, rarement contrôlées et très éjaculatoires. A partir du moment où un individu veut reprendre la maîtrise sur son corps pour pouvoir l’amener à être en contact avec une dimension supérieure, il va être obligé de reconstruire son véhicule dans l’autre sens. C'est-à-dire qu’il va falloir qu’il trouve une sorte de mère qui va matricer son corps pour le remettre en conjonction avec le ciel, et une sorte de père plus énergétique et spirituel qui va ouvrir la porte de la conscience supérieure et refaire ce véhicule dans l’autre sens.

Un homme peut le faire sur son corps si sa dimension spirituelle l’aide et s’il se décide à maîtriser son véhicule physique complètement par le supérieur et l’intérieur. En quelques années, il peut refait de son corps physique une nouvelle matrice et, s’il poursuit longtemps ce processus, il va effectivement y avoir une mutation fondamentale dans ce véhicule puisque l’ensemble des cellules, sauf les cellules nerveuses du cerveau, se renouvelle en sept ans.

Donc, s’il continue pendant sept années dans une direction spirituelle, un homme va être complètement changé et il aura un véhicule susceptible d’être imprégné par une dimension supérieure ; Pour cela, il faudra qu’il oriente sa vie toujours dans cette direction au moins pendant sept ans. A ce moment-là, son corps de numération unitaire peut intégrer certaines configurations dans son système, et il va commencer à s’élever sur un plan de résonance unitaire. Cette communication va lui donner des informations de plus en plus précises.

Si un homme parvient à réaliser ce changement, il va représenter beaucoup d’intérêt pour une femme, puisque celle-ci recherche essentiellement un homme qui lui serve d’axe, de structure et de référence pour qu’elle puisse entrer en contact avec une dimension supérieure.

Ainsi, il pourra y avoir rapatriement de la dimension extérieure de la femme sur cet axe et filtrage de son système de numération impérieuse, afin qu’elle n’intègre que la partie de la puissance qui doit la traverser, elle, dans son élévation et qu’elle se débarrasse de toute la puissance qui l’empêche de s’élever. Cette négociation ne peut se faire que si cet homme a évidement une liaison supérieure, une très forte maîtrise dans la zone intermédiaire et une capacité de gérer les mondes de puissance pour éliminer l’excès de puissance de la femme et diriger vers elle strictement ce qui la concerne.

Ce qui est très rarement le cas dans toutes les relations humaines entre l’homme et la femme, parce que la plupart du temps, l’homme pénètre la femme et éjacule à l’intérieur d’elle.


Femmes, Réponses Essentielles. 

La femme et la matière



Dans le Dictionnaire culturel de langue française, la définition du terme femme dérive de la racine indo-européenne « dhê » qui signifie sucer, téter à laquelle se rattache fellarer, « sucer » et fécundus, fécond. La femme est donc définie comme étant cette femelle qui allaite, cet être humain capable de concevoir les enfants. Elle est essentiellement renvoyée à un corps capable d’engendrer. On retrouve cette même idée dans de nombreux textes, comme par exemple dans celui de J.

Milton qui dans Le paradis perdu écrit : « O pourquoi Dieu créateur sage qui peupla les plus hauts cieux d’esprits mâles, créa-t-il cette nouveauté sur la terre, ce beau défaut de la nature ?

Pourquoi n’a-t-il pas tout d’un coup rempli le monde d’hommes comme il a rempli le ciel d’anges sans femmes ?

Pourquoi n’a-t-il pas trouvé une autre voie de perpétuer l’espèce humaine ?

Ce malheur ni tous ceux qui suivront ne seraient pas arrivés (...) ».

Dans ce texte, la femme est un défaut de la nature, alors que l’homme est considéré en termes d’esprit. On retrouve une approche similaire dans le Talmud : « la femme est une glaise qui ne se donne qu’à l’homme capable de lui sculpter une forme ». Là encore, la matière fait référence à l’être féminin, et la forme à l’être masculin.

Ces écrits ne parlent pas de la laideur, mais ils marquent une distinction importante, la femme n’est qu’un corps-matière dont la fonction est de perpétuer l’espèce. Toutefois, si on considère que la matière a souvent symbolisé la laideur, n’y aurait-il pas un lien possible entre le féminin et la laideur ?

Plotin dans la Deuxième Ennéade, consigne que « la matière parce qu’elle n’a pas de forme, est le contraire de la beauté, la véritable laideur ». Il précise au § 16 que « la matière est pauvreté (pénia) non pas en richesse ou en force mais en sagesse, en vertu, en beauté, en forme, en figure (eidos) en qualité. Comment en de telles conditions ne serait-elle pas difforme ; absolument laide (panté aischron) ; comment ne serait-elle pas absolument mauvaise (panté kakon) ? ». Or si on considère avec Stanislas Breton que « le langage de la matière, indissociable de la forme qui en est le complément obligé, renvoie (…) à l’opposition du féminin et du masculin(…) », de ce fait, cette opposition entre matière et forme, beauté et laideur, masculin et féminin ne peut être insignifiante. D’ailleurs Aristote le confirme, la laideur est associée à la matière, et la matière à l’être féminin, alors que la forme, condition de possibilité de la beauté est associée à l’être masculin. Il écrit dans la Physique : « le sujet du désir c’est la matière comme une femelle désire un mâle et le laid le beau, sauf qu’elle n’est pas laide en-soi mais par accident » .

Ce texte relie la matière, la femelle ou femme et la laideur. Même si cette dernière est pensée en termes d’accident, une association est faite entre le féminin et la laideur, alors qu’inversement le mâle ou l’homme est pensé en termes de beauté.

Plus explicitement Aristote écrit dans Générations des animaux : « La cause qui donne le mouvement initial étant de sa nature meilleure et plus divine que la matière, puisque c’est dans cette cause que se trouvent l’essence de l’être et de son espèce, il vaut mieux aussi que le meilleur soit séparé du moins bon. Voilà comment, partout où la séparation est possible, le mâle est séparé de la femelle car le principe du mouvement, qui est le mâle dans tous les êtres qui naissent, est meilleur et plus divin ; la femelle n'est que le principe qui représente la matière ».

Si la matière est déterminée comme étant inférieure à la forme, il spécifie même qu’il y a monstruosité quand « l’être produit est une femelle », monstruosité car la femme est un être déformé, « mutilé ».

Déformation et mutilation ne sont pas entendues en termes de laideur physique mais en termes de laideur constitutive de l’être. De plus, l’être est également inférieur partout où le principe féminin l’emporte sur la génération notamment quand un enfant de sexe masculin ressemble plus à sa mère qu’à son père. En ce sens, mutilation, déformation, monstruosité sont pour Aristote une prédominance du facteur matériel sur le facteur formel. Or si la matière est assimilée à l’informe, à la mutilation, à la déformation donc à l’être même de la laideur et la forme à ce qui structure et ordonne, donc à l’être même de la beauté, le féminin ne peut pas ne pas être associé à la laideur, et le masculin à la beauté. Ainsi donc si « c’est de l’homme, selon Aristote, que vient la forme, c'est-à-dire les caractéristiques essentielles de l’individu, le corps féminin, la matière, offre toujours de la résistance, et lorsque celle-ci est importante l’être vivant présente des malformations, voire des difformités qui en font un monstre.

Le monstre est celui que l’on montre du doigt parce qu’il est un mélange de ce qu’il aurait dû être et des éléments qui n’appartiennent pas à son concept. Dans cette perspective la femme apparaît comme responsable, comme la source de toute monstruosité. Or, la monstruosité c’est le désordre, c'est-à-dire le non-respect de l’ordre biologique naturel ». Ne serait-ce pas dire alors que matière, monstruosité, désordre traduisent la laideur ontologique de la femme, non seulement en tant qu’être, mais aussi dans les êtres auxquels elle donne naissance quand ils lui ressemblent ?

On pourra d’ailleurs lire cette même approche chez Saint Thomas, pour qui la femme est un mâle déficient, un homme raté. « Considérée comme causée par la natura particularis (c.-à-d. l’action du sperme mâle), une femme est un être déficient et dont la naissance a été provoquée sans le vouloir (…) ». La femme est pensée dans cette perspective non seulement en termes de défaut d’être, mais en termes d’accident. Il poursuit son analyse en précisant que, « la puissance active du sperme cherche toujours à produire quelque chose de totalement semblable à lui-même, qui soit mâle. Ainsi donc, si une femme en résulte, cela est dû à une faiblesse du sperme ou parce que la matière (fournie par le parent féminin) ne convient pas (…) ».

Dans cette première approche la différenciation de l’être féminin et masculin n’est pas séparable de la distinction de l’un pensé avant tout en terme de corps, et de l’autre en terme d’esprit. D’autre part, l’un renvoie à un moindre être, à un être déficient donc à ce qui caractérise une laideur ontologique, et l’autre à un être structuré, supérieur donc à une beauté ontologique. Cette analyse semble se confirmer d’ailleurs si on considère la conception qui a été donnée de la femme du point de vue physiologique.

Extrait de L’Etre féminin ou le fondement ontologique de la laideur.

Par Claudine Sagaert