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jeudi 11 août 2016

LA VIRGINITE FEMININE


Psy : La virginité féminine peut sembler dépassée dans notre société sexuellement libérée, pourquoi écrire un livre sur le sujet ?

Yvonne Knibiehler : La virginité féminine est en réalité un sujet très actuel. Si la défloration est devenue un événement physiologique insignifiant, elle reste un rite de passage. Perdre sa virginité, c’est quitter l’enfance, découvrir l’autre, l’autre sexe. C’est franchir ce seuil, qui ne va pas toujours de soi.

On entend aussi beaucoup parler actuellement, notamment chez les femmes de culture musulmane, de réparations d’hymen, de certificats de virginité. J’ai voulu mieux comprendre ces conduites. Celle aussi de l’américaine Paris Hilton qui, comptant les amants à la centaine, a déclaré qu’elle ferait réparer son hymen le jour où elle se marierait. La virginité féminine est également à la source de nombreux faits divers. Il y a eu le cas de cette étudiante américaine qui a mis la sienne aux enchères pour financer ses études. Ou encore le procès entre ce couple à Lille, dont le mariage a été rompu par l’époux lorsqu’il a découvert que sa femme n’était pas vierge. Loin d’être désuète, la virginité féminine tient encore une place symbolique considérable dans notre société.
Elle semble pourtant avoir perdu toute valeur…




Yvonne Knibiehler : Pourtant, la virginité consacrée, par exemple, n’a pas du tout disparu. Au contraire. Le nombre de femmes qui font vœu de célibat et de chasteté pour se consacrer à Dieu et aux autres ne cesse d’augmenter en Occident et en Amérique, notamment latine. De même, aux Etats-Unis, le mouvement No Sex - qui commence à prendre de l’ampleur en Europe -, rassemble des gens qui entendent s’affirmer en maîtrisant leur sexualité. Depuis les années 1970, nous avons traversé une période de sexualité triomphante où il fallait absolument faire l’amour le plus tôt possible, jouir le plus intensément possible. Mais il semble que nous soyons arrivés au seuil d’une période un peu différente.
Que symbolise la virginité ?

Yvonne Knibiehler : Dans la nature, tout être vivant est fait pour se reproduire et se reproduit à tout prix. Le culte de la virginité et de la chasteté est, je pense, une réaction d’humains qui ne veulent pas céder aveuglément aux forces de la nature. Il s’agit de se protéger contre cette puissance extraordinaire de la sexualité.

Pourquoi la virginité semble-t-elle être une problématique typiquement féminine ?

Yvonne Knibiehler : Les femmes ont toujours été plus préservées, et donc moins tentées. On a toujours trouvé peu de garçons vierges, et pour cause : rien ne les y poussait. Ils étaient même encouragés à affirmer leur force virile. Aujourd’hui, et c’est la nouveauté par rapport aux siècles passés, on n’essaie plus de préserver les filles, de les protéger. Les adolescentes sont d’ailleurs nombreuses à dire que leur virginité les encombre, qu’il leur tarde de s’en débarrasser. Au collège, au lycée, elles se demandent entre elles : « est-ce que tu l’as fait toi ? », « comment c’était ? »…

Vous expliquez que la virginité, a, pendant des siècles, assuré trois fonctions. Lesquelles ?


Yvonne Knibiehler : La virginité féminine a d’abord permis de garantir l’authenticité d’une filiation. Un homme épousait une fille vierge pour être sûr que leurs enfants seraient de son sang. C’était aussi un moyen de réserver l’initiation sexuelle de l’épouse à son mari. Un homme, en faisant découvrir à une vierge le plaisir d’amour, pouvait espérer obtenir sa fidélité en la rendant amoureuse grâce à la découverte d’Eros.

Enfin, avec la naissance du christianisme, la virginité s’est trouvée valorisée. Les Pères de l’Eglise l’ont proposée comme vertu suprême non seulement aux femmes, mais aussi aux hommes. Rester vierge, c’était refuser la domination de la sexualité, du corps, sur l’esprit. C’était une manière de se rapprocher de Dieu et d’accéder à la sainteté. Pour les jeunes filles chrétiennes, ce fut une véritable découverte : elles pouvaient désormais refuser le mariage et l’enfantement, leur unique vocation depuis des siècles, pour se vouer à Dieu et au développement de l’esprit. Cette promotion de la virginité, entre le Ier et le IVème siècle, a constitué la première forme d’émancipation féminine.
Que reste-t-il de ces trois fonctions aujourd’hui ?

Yvonne Knibiehler : Aujourd’hui, la pureté d’une lignée peut être assurée de différentes manières (empreintes génétiques, procréation assistée…). Plus besoin d’épouser une fille vierge. Avec les moyens de contraception, une femme peut aussi choisir qui sera le père de ses enfants. De même, lorsqu’un jeune homme et une jeune fille font l’amour, ils s’initient mutuellement. Et les premières expériences sexuelles, désormais sans risque de grossesse grâce aux moyens de contraception, ne visent pas toujours à faire durer l’amour. Reste la troisième fonction, qui conserve pour certains de la valeur. Notamment ceux qui veulent se consacrer à des tâches ou à des études importantes. Ils peuvent refuser la sexualité parce que celle-ci entrave le développement de leur esprit. Cela continue d’être une fonction essentielle de la virginité.

Pour les féministes, la virginité est une invention, un fantasme masculin. De quoi ?

Yvonne Knibiehler : L’idée du sang qui coule au moment de la défloration est un fantasme masculin, celui d’un homme qui s’empare d’une femme parce qu’il la fait saigner. Elle est à lui, son sang marque son corps. Pourtant, au 19ème siècle, le grand naturaliste Georges Cuvier – et les médecins se sont ralliés à ce discours - a démontré qu’on ne pouvait pas vérifier la virginité d’une femme au saignement de l’hymen. Celles qui ne saignent pas ne sont pas pour autant dépourvues de virginité. Le saignement gratifie les hommes, ils apprécient l’idée d’être le premier, le seul.

Longtemps, la virginité féminine a donc été un moyen d’assurer la domination masculine sur les femmes. Avec la libération sexuelle, les choses semblent avoir changé. Mais est-ce vraiment le cas ?

Yvonne Knibiehler : Il n’est pas certain que dans ce domaine, la domination masculine ait disparue. Dans de trop nombreux cas, on trouve des garçons qui vont presser les jeunes filles, même si celles-ci ne sont pas prêtes. Ils vont leur dire que si elles ne cèdent pas, ils iront voir ailleurs ; qu’elles ne risquent rien grâce à la contraception, et qu’au pire, elles se feront avorter. Malheureusement, nombre d’entre elles vont céder.

A DÉCOUVRIR


Ma virginité et moi

Simple état physique ou vrai trésor intime, la perte de sa virginité constitue une étape plus ou moins importante dans la vie sexuelle de chacun. Les psychonautes racontent...

A suivre : "Virginité : je me souviens". Un documentaire de Johanna Bedeau et Diphy Mariani, avec Yvonne Knibiehler, le 19 septembre, à 17h, sur France Culture.

A lire


La virginité féminine. Mythes, fantasmes, émancipation,d'Yvonne Knibiehler (Odile Jacob).

lundi 8 août 2016

Réenchanter sa sexualité

 

La place de la sexualité dans une démarche spirituelle s’inscrit dans un processus de réintégration et non d’élimination.

Si l’on observe la dynamique de connaissance de soi, qui est un des processus qui meut notre énergie et notre conscience sur le chemin d’une spiritualité vivante et incarnée, on se trouve rapidement face au choix de réintégrer le corps dans notre champ spirituel ou au contraire de l’éliminer au profit de l’Esprit.



Le fait que nous soyons incarnés au sein du mystère de la création m’invite à présupposer le corps comme espace sacré où s’exprime tout entier le mystère de l’univers. La sexualité dont le corps soutient une partie de l’expérience s’invite sur le chemin de la connaissance qui révèle l’être au profit de la personnalité.


La sexualité unit toute l’humanité au-delà des époques, des lieux, cultures et croyances. Nous en ferons tous plus ou moins l’expérience et même si l’on est engagé dans son élimination par choix et ascèse, cela ne fait que la placer au centre de nos préoccupations.

Se réveiller à notre être est aussi se réveiller à notre sexualité en y investissant notre conscience. Ce processus permet d’appréhender celle-ci, non plus comme un acte purement reproductif, mais comme une qualité de la conscience et de l’énergie à nous révéler la porte des étoiles. 


Pour ce faire il est bon dans un premier temps d’opérer un pas de recul « intérieur » pour nous voir tels que nous sommes, sans rien chercher à faire, ni à commenter ou réussir. 

Savoir d’où l’on part, s’interroger sans fard sur l’espace où se trouve notre sexualité dans le développement de notre être, comme : Je n’y ai jamais pensé ! Je ne veux pas trop m’y investir car j’ai des peurs ou des croyances ! Ce n’est pas agréable ! Je ne trouve pas l’échange que j’attends avec mon partenaire, ou bien au contraire, je suis tourné vers son espace sacré afin d’ouvrir mon être à plus vaste.

L’important, outre ce qui est sous-jacent aux questionnements de départ, est de se mettre en chemin depuis ce lieu où la présence de la sexualité est un processus de réintégration et non d’élimination. Une des qualités qui me semble essentielle à cette réintégration est d’oser un regard toujours neuf sur ce que nous en faisons. Déjouer les complaisances et faire œuvre de simplicité. Toute vérité spirituelle s’est toujours formulée simplement, voyons donc si notre sexualité s’exprime aussi avec simplicité.


Doit-on faire de multiples respirations, méditations, asanas, mantras, visualisations, jeûnes pour y trouver de la grandeur quand celle-ci s’éveille au corps et à la conscience ? Si toutes ces pratiques sont éminemment respectables, s’expriment-elles d’un espace de mon être qui a peur ou de celui qui ressent de la joie ?

L’ampleur et la souplesse de l’être s’imposent comme acte préparatoire à l’accueil d’une sexualité sacrée vivante, ouvrant sur une joie profonde et bienveillante de toutes les composantes de notre être.


Depuis que je travaille sur les peurs, les attentes qui s’expriment au travers de la sexualité, je suis forcé de constater que le chemin qui nous conduit à découvrir la porte des étoiles commence par un ré-enchantement de notre sexualité.

Donc, avant tout engagement dans un processus spirituel au travers de sa sexualité, il sera bon de bien connaître ou reconnaître ce qu’est notre sexualité. 

L’union du féminin et du masculin qui porte au voyage que nous avons choisi d’entreprendre, est une cocréation femme/homme. 


Savoir accueillir l’autre est primordial. Oser l’écoute des peurs, des fantasmes, des attentes de notre partenaire avec bienveillance, en libérant très vite les jugements sur ceux-ci qui sont, in fine, des jugements sur nous-mêmes. 

On ne peut pas revendiquer le sacré dans l’acte s’il n’y a pas œuvre d’écoute mutuelle dans la simple expression des désirs.


Pour accueillir le féminin, l’homme devra, entre autres, entreprendre une écoute à l’endroit où l’intensité de la sexualité s’exprime dans le relâchement, la lenteur, l’abandon. La femme devra quant à elle libérer les legs générationnels voire transgénérationnels sur son rapport à l’homme et à l’expression de sa féminité.

La question qui m’est alors fréquemment posée par les femmes est : Que puis-je faire si mon compagnon n’est pas dans cette recherche du développement de l’être ?

Il est bon alors d’emprunter la voie de l’Éros qui est désir, mouvement, et expression de la vie.


Honorer ses désirs de soi à soi sans rien juger « il n’y a pas de passage à l’acte ici », c’est aussi oser son féminin dans tous les aspects qu’il peut revêtir, comme un regard contemplatif de la vie. Être son féminin vivant, accueillir cette part de nous qui désire la connaissance de l’âme comme celle du corps.

Le désir de cet autre « contre soi » est semblable à ce qui s’exprime dans l’émotion à la vue d’un arbre, d’une fleur, d’une œuvre d’art, qui ne seront jamais nôtres mais nous pouvons tous goûter ce qu’ils révèlent de nous et en nous. 


Nul besoin de multiplier les partenaires ou les expériences sexuelles pour s’engager dans l’exploration d’une sexualité sacrée. Il se peut qu’un jour vous preniez simplement un homme ou une femme dans vos bras et que vous vous transportiez mutuellement au firmament du monde. Qu’un simple partage de quelques minutes dans un moment sans attente, juste l’un contre l’autre, vous propose un sentiment d’éternité. Cette union sans acte sexuel est là aussi l’expression de la sexualité sacrée.

Pour investiguer ce chemin, il est bon de travailler l’écoute, la sensorialité, la tactilité et la détente corporelle. Pour ma part je recommande le Tantrisme qui est une voie spirituelle qui ne rejette rien. Mais toutes les voies qui sont empreintes de non-dualité portent aussi à cette ouverture. 

N’abandonnez pas vos peurs, abandonnez-vous à vos peurs.
Première étape de l’élan spirituel de Rémy




Rémy,
vijnana@re-my.com
Fondateur de
www.tantrisme.org 

Accompagnateur de stage de tantra depuis 8 ans. Initié dans un ordre occidental depuis plus de vingt ans, je travaille à relier l’ésotérisme transmis par les écrits à la joie de l’expérience vivante.

La femme-bison propriétaire du tipi et des enfants


Les Indiens des Plaines sont les peuples indigènes qui occupaient les Grandes Plaines d’Amérique du Nord et vivaient essentiellement de la chasse au bison. Composés de diverses tribus, ils avaient en commun un certain mode de vie. Ils ont lutté contre l’invasion des Blancs au xixe siècle et demeurent dans l’imaginaire collectif, le stéréotype du « Peau-Rouge », véhiculé par les récits d’aventurier, les peintures de Paul Kane et les westerns. Les Grandes Plaines sont un immense territoire qui va des plaines canadiennes au Golfe du Mexique, entre le Mississippi et les Montagnes Rocheuses.



La place des femmes dans une société semi-patriarcale

Bien que relativement patriarcaux, les indiens des plaines avaient conservé de nombreux usages matriarcaux. Ils étaient en général soit patrilinéaires mais matrilocaux, soit matrilinéaires mais patrilocaux : Sioux, Lakota , Dakota, Cheyennes, Comanches, Arapahos, Blackfeet, Nez Percé… Les femmes ont une place importante dans la vie des tribus : elles préparent le bison et s’occupent des enfants. Une mère peut avoir suffisamment d’influence pour dissuader son fils de partir à la guerre. Les femmes les plus habiles étaient admises au sein de sociétés particulières, elles seules étaient autorisées à fabriquer des objets religieux; celles-ci avaient un statut important au sein de la tribu. Cependant, il  existe un très fort tabou sur les menstruations. Si le sang féminin est jugé sacré, les femmes en période de menstrues s’enferment cependant dans  un tipi prévu à cet effet.

« Une nation n’est pas conquise tant que le coeur de ses femmes n’est pas à terre » – proverbe Cheyenne

Les squaw vues par les européens

« Ces chefs, au nombre d’une douzaine, n’avaient point amené leurs femmes, malheureuses « squaws » qui ne s’élèvent guère au-dessus de la condition d’esclaves. » – Jules Verne, Le Pays des fourrures, 1873.

Selon les européens, les indiennes des plaines étaient considérées comme des esclaves ou des domestiques des hommes de la tribu. Le tipi et les accessoires appartenaient à la femme qui devait le fabriquer, le transporter et le mettre en place. Avant d’avoir des chiens et des chevaux pour tirer leurs travois, c’était les femmes qui portaient l’équipement et les tipis. Les hommes tuaient les bisons et laissaient le soin aux femmes de dépecer, découper et curer la viande, puis ramener-le tout au camp. Elles montaient et démontaient les tipis, s’occupaient de faire la cuisine et du tannage des cuirs et des peaux. Elles faisaient aussi la cueillette, la pêche.


Elles confectionnaient tous les vêtements, fabriquaient les objets d’utilisation courante, y compris leurs habitations traditionnelles. Les indiens des plaines sont polygames, leurs épouses vivaient toutes ensembles en parfaite harmonie entre elles et avec leur mari. La raison de leur polygamie serait dû au fait que les tribus étaient constamment engagées dans des guerres. Le taux de mortalité aurait été très impressionnant ce qui aurait eu pour conséquence de laisser un grand nombre de femmes pour très peu d’homme (3 femmes pour 1 homme). Les hommes pouvaient avoir une douzaine de femmes, mais cela dépendait essentiellement de leurs moyens. Chaque épouse avait sa place assignée dans le tipi familial. Si elles avaient des enfants elles dormaient avec.

Les captives blanches

Selon les européens, elle était très souvent mal traitée parmi les indiens des plaines. Elle subissait les outrages et les caprices de chaque guerrier jusqu’à ce quils rentrent au camp, ou elle devenait la propriété de celui qui lavait initialement kidnappée. Les femmes blanches étaient néanmoins très prisée par ces indiens, a cause de leur valeur d’échange envers les blancs. Dans de rares cas, elles ont simplement été intégrées dans la tribu, elles devenaient une épouse parmi les autres.

Vidéo : Cinéma : « Little Big Man » avec Dustin Hoffman. L’homosexualité chez les Cheyennes.




La famille Sioux, matrilinéaire mais patrilocale et polygyne

La société sioux est principalement patrilocale : la femme suit son mari dans sa famille et on l’appelle wicoha. Pourtant c’est elle qui dirige le nouveau foyer et y fait la loi. Il arrivait qu’un homme trop pauvre pour satisfaire les besoins domestiques aille vivre avec le clan de sa femme, on le nommait alors wicawoha« homme enseveli ». Par contre l’appartenance au clan est matrilinéaire. L’origine du bébé est en effet plus sûre concernant la mère que le père. « Il sort de la bonne souche ». Les hommes n’ont pas beaucoup plus de pouvoir que les femmes car ces dernières ont un rôle, certes dans le couple, mais aussi économique. Il a existé des femmes chefs.

Le mariage Sioux, parfois forcé

L’amour n’était pas forcément le but recherché dans un mariage sioux. Souvent, il s’agissait d’une coopération pour élever les enfants et une association d’ordre économique. Le choix du futur conjoint se faisait plus par les parents de la fille et les deux parents choisissaient ensemble et se consultaient. Les deux jeunes gens avaient en général la possibilité de refuser une union. On n’imposait pas le mariage dans la majorité des cas. Cela va de pair avec l’éducation très libre donnée aux enfants sioux : ils font à peu près tout ce qu’ils veulent. La grand-mère, les grands-parents donnaient leur avis car les Sioux ont un très grand respect pour les anciens, ils ont plus d’expérience de vie, ils ont vu bien plus de choses. Les parents avaient plusieurs moyens de faire pression sur leur fille pour qu’elle se plie à leur décision ; mais parfois cela tournait au drame…. A la mort !


Source : Extrait du magazine geo-hist-matriarcat

vendredi 5 août 2016

Huiles d’Onction et Sexualité Sacrée


Le Secret de MYRHA-Françoise Leskens

Baumes magiques et sexualité sacrée… Animés de la même Source, ne seraient-ils pas deux aspects d’un même phénomène ?

Oui, et c’est LE Secret le mieux préservé en ce Monde…

Toute femme sait d’instinct le lien entre les huiles et la sexualité sacrée, car en chaque corps de Femme, le Secret de la Grande Déesse est inscrit.


Parfums aussi, car comment approcher l’intimité sexuelle et sensuelle d’une femme, la nature onctueuse d’un onguent, sans leur signature vibratoire parfumée qui s’adresse directement à nos âmes mieux que n’importe quel mot ?


Le sillage parfumé de Marie-Madeleine nous conduirait-il au Secret ?
Femmes, si Marie-Madeleine nous fait autant résonner, n’est-ce pas parce qu’en chacune de nous vit le même Pouvoir que le sien ?


Christos signifie « Celui qui est Oint ». Oint par sa compagne, Il inaugure son sacerdoce par ces mots : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’Onction… Il m’a envoyé pour annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue. »

Le processus initiatique de son Aimé s’est vécu au Golgotha, le « Lieu du Crâne », mais Il dût tout d’abord vivre son agonie sur le Mont des Oliviers, à Gethsémané, « le pressoir à huile ». Une histoire d’Amour, d’Huiles précieuses, d’Onction et de Crâne… et de résurrection.




Mais aussi l’Audace visionnaire d’une femme capable de changer le cours de l’histoire en créant une réalité différente où s’ouvrent les Portes d’une Matière qui désormais n’enferme plus ni les corps ni les âmes.


Ainsi, le répétitif malheur du monde, de l’enfermement et de la mort ne serait plus fatalité ?

Par son audace créative, Celle qui a su aimer son Aimé de manière interdimensionnelle a manifesté la passerelle définitive entre le divin et l’humain. C’est CELA qui animait ses Baumes. C’est le Secret d’un Amour infini modifiant l’espace-temps…

Il y a plus de 2000 ans, le Pouvoir des Huiles est revenu à celles qui n’ont pas besoin d’être ointes car, de par leur Nature, elles possèdent le Pouvoir de l’Onction : les femmes ! Par l’acceptation d’un homme ayant vécu l’initiation féminine dans sa chair, la Déesse, et son illimité Pouvoir, est de retour !

La femme possèderait donc un inestimable Pouvoir en relation avec la Force de Vie elle-même, et qui plus est avec la capacité surnaturelle de transmettre guérison et immortalité ? La femme aurait, de manière innée, accès à une énergie phénoménale capable de modifier la Matière – dont celle des huiles – et donc d’influencer la nature de cet espace-temps ? Et, au vu de l’histoire, la femme serait-elle capable de transmettre ce fabuleux Pouvoir à l’homme qu’elle aime et qui sait l’aimer ?


Lorsqu’une femme aime de tout son Corps, de toute son Âme et de tout son Esprit, elle EST passerelle entre les Mondes.

Elle EST le calice sécrétant les Huiles et Élixirs surnaturels… Son corps en est le laboratoire alchimique où s’élaborent ces précieuses substances aux pouvoirs miraculeux. Elle est capable de déclencher et de vivre l’énergie libre de la Source par son corps aimant afin d’en informer ses Baumes capables de réveiller les morts…

Au centre de l’utérus pulse un passage interdimensionnel qui, relié à ceux du centre du cœur et du centre du crâne, libère des fréquences et des liquides qui opèrent des miracles. Lorsqu’elles sont activées, ces trois Portes des Étoiles infusent en ce monde-matière des fréquences d’Éveil rétablissant les énergies distordues en leur Vérité.

Grâce à ces Portes, les enfants s’incarnent par le corps des femmes. Et si la femme enfante les âmes à leurs corps d’humains, c’est aussi par ce biais qu’elle enfante les hommes à leurs corps divins. Par elle, les hommes se font Hommes.

Toute femme le sait d’instinct, que cela soit en cuisinant de bons repas, en élaborant ses parfums et préparations magiques, en faisant l’amour à son aimé, en accouchant… Elle joue, crée et réensemence le Merveilleux dans ce monde par une Magie innée, émanée de son propre corps. D’ailleurs, il n’est possible d’œuvrer une matière « extérieure » – et ici il s’agit de celle des Huiles et onguents – que si cette œuvre alchimique se vit aussi par le corps.

Lorsque se vit l’extase, par l’infinie Présence, les trois calices du corps féminin émettent des cascades synchrones d’énergie supraluminique informant la Matière de la Vérité de sa réalité divine, et en particulier les liquides produits par le centre de ces trois calices.

TOUTES les femmes ont cette qualité merveilleuse de déesses Sources ! Ceci a été oublié, ceci s’apprend et se redécouvre. Cette qualité magique et divine féminine a été verrouillée ; en sont responsables l’ignorance, les croyances et les blessures affectives.


Les liqueurs d’Immortalité que sont l’Amaroli, sécrétée par le point G féminin et l’Amrita pinéale ne sont pas des légendes ! D’où la présence du crâne avec les huiles…

Lorsque l’homme éveille sexuellement sa compagne et accepte de devenir accueil à l’initiation féminine, par les émissions de ses trois calices, elle active en lui les Codes de la Déesse. C’est cela la transmission de l’Onction !

L’Ère du Verse-Eau est celle de la Déesse répandant ses flux intimes magiques en nos corps et en la Matière du Monde.

Seul le Chevalier capable de se confronter à Kali, l’aspect destructeur de la Déesse, et de s’émerveiller de l’immense Puissance qui traverse la femme, peut l’éveiller au Pouvoir de l’énergie transdimensionnelle de ses Onctions et ainsi être sacré Roi, et Christ.

Ceci nous ramène avant tout à la relation à nous-mêmes et au vécu harmonieux de nos propres polarités mâles et femelles. Bienheureusement, le Pouvoir de l’Onction ne se vit pas uniquement par la relation sexuelle avec un partenaire. Vivre cette complétude intérieure, corporelle et autonome est aussi sexualité sacrée.



Puisse chaque femme vivre le Secret de l’Huile et de l’Amour transdimensionnel.
Puisse, Par Don, le Secret aux hommes se transmettre.
Que toute femme jouisse des fréquences libératrices de la Déesse,
Et c’est le bonheur et le devenir de cette humanité.
Au vécu du Secret je vous convie,
Femmes et Hommes qui liront ces mots.
Osons nous révéler…
Rêve de Femme devient réalité !


MYRHA-Françoise Leskens
Énergéticienne-Psychopraticienne FF2P
Biochimiste-Auteure
Huiles Consolatrices ADEVAYA :
www.onction-adevaya.com

3 parutions dont Le Livre de ŠhaMuRâ, le Šecret des dieux, Éditions OREAM, 2015.

Une lecture érotique de l’émouvant Cantique des cantiques



D’où vient donc cette si bien-nommée et tant célébrée dans ce texte sacré ?
De qui serait-elle née ? Celle qui se dit bien aimée.


Telle pourrait se poser la question à l’approche de cet étonnant poème biblique.


Cette âme n’étant ni rien ni d’autre que notre cher et intense désir venant des hauts du ciel. Cette origine : chef-d’œuvre de la matrice universelle. L’esprit, son amant, ne cessant de l’honorer à travers ce corps désiré, si aimable qu’il s’en trouve désirable.

Notre psyché cependant ne connaît d’autre miroir que le seul regard. Ce reflet tant attendu où peut-être pourrait-elle se voir. Au risque, ô désespoir, d’un possible mirage. Car si le plaisir est seul, le désir est deux. Le mythe d’Éros et de Psyché le confirme : l’amour ne peut se regarder, car c’est déjà le posséder. Le fameux péché originel, cette « chute » au jardin d’Eden que fut la possession mutuelle d’Adam et Ève. C’est là toute l’ambiguïté de la relation amoureuse.

Yad’o en hébreu signifie à la fois « connaissance » et « amour » . Il est alors possible de respirer la vérité. « Connaître » l’autre, c’est soulever les voiles de son âme, déshabillée du doute et de la culpabilité. La honte de cette nudité, serpent maudit de la sexualité, est désormais lavée des brumeuses contorsions de la moralité, insupportable réalité.

« Ce fulgurant éclair jaillissant du vivant » vient d’éclore de l’être-amant où l’être-aimé, enfin, s’est extrait de l’être-séparé. 

Bienheureux « Chant des chants », ce « tantra biblique » que les Écritures me pardonnent, véritable héros sauvé des eaux de l’oubli pour s’être glissé, codé, cheminant de l’Égypte jusqu’en Galilée, vers bien d’autres destinées. Courageux honneur à la splendeur de l’accouplement mystique des corps embaumés, fleurant l’encens et le myrte.

J’ai grappillé les rimes et les mots, puis tout secoué, et recasé les unes et les autres dans un texte nouveau-né ! Puis, comme des amants, couché la mélodie dans le couffin du destin divin.



Plain-Chant


Dès l’antienne, le chantre s’adresse à la Lune. La psalmodie entre en épousailles.

« Qui est celle qui monte du désert… ? » 
L’enfance est encore vierge. Mais ho ! Cette sacrée vipère de l’Éros, kundalini grimpante à l’arbre du désir.
« … Appuyée sur son bien-aimé »
Son soleil interne, son besoin de lumière, sa complétude à côté d’elle, cet être qui lui ressemble.
« Sous le pommier qui se réveille… »
Cette saveur, ces senteurs, cette gustave magie de faim et de soif en son cœur. Faim et soif de toi.
« … Là où ta mère t’a enfantée »
Là où la vie s’est manifestée. Cette envie d’y retourner, ce lieu béni pour qui veut s’y inviter.
« Lève-toi, ma bien-aimée, car voilà l’hiver passé »
Cette virginité, cette chasteté ne peuvent durer. Le printemps semant sa générosité au gré de sa fleur préférée.
« … et notre vigne est en fleurs »
Toute cette humidité, cette rosée au creux de sa corolle. Le papillon peut s’y poser, et goûter le nectar sacré.
« Ses traits sont des traits de feu »
Qu’aucun fleuve ne saurait éteindre, dès que l’amant vient pour l’étreindre.
« Ses seins sont des faons parmi les lys »
Et sous sa chevelure ondulante, bien avant que ne souffle la brise, j’aurai gravi les monts où paissent les brebis.
« Sois semblable à une gazelle sur les montagnes du soleil »
L’instant est immortel et la flamme éternelle. Ses flancs s’inondant de la chaleur de l’astre couchant.
« Qui offrirait ses richesses ici bas, pour acheter cet amour-là ? »
Mais il ne vaut rien, je vous le dis, puisque l’amour n’a pas de prix.
« Protégeons-nous des ravageurs »
Qui sont ces prédateurs ? Ne cherchez nullement dehors, car ces méchants sont au-dedans. Cœur grignoté, bonheur piégé, prisonnier de sa propriété.
« Je suis noire et belle »
Terre profonde, prête à l’en-semée. Terre promise, je suis ton Moïse qui attend, patient, que l’oranger fleurisse.
« Viens ! Entre dans mon jardin, enivre-toi de mon parfum »
Oui, boire à la coupe irradiée, là où le vin n’a jamais manqué.
Et le Roi s’invita dans la chambre haute.
« Alors, je te louerai sur les cordes du luth »
Cœurs en chœur : votre honneur !


Daniel Testard
Quily, avril 2016