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lundi 2 novembre 2015

Le nouveau couple, serait-il un couple "psychanalysé" ?



Le poids des religions, les désirs familiaux, les pressions sociales ont eu, depuis des temps lointains, un impact important sur la façon dont nous nous mettons en couple. Le choix du partenaire, la construction de la relation à deux, la vie au quotidien, la conception d'enfant(s) et même, la séparation, sont les résultats d'influences diverses. Aujourd'hui, il me semble primordial de s'en rendre compte, afin que les futurs couples puissent évoluer dans un Monde de désir, d'égalité et de liberté. Cet écrit tente de placer les mots justes afin d'éveiller des discussions et d'ouvrir des portes vers un ailleurs plus serein. Il s'évertue à être “un galet jeté dans une marre”.




En désacralisant le “travail sur soi” et en favorisant l'émergence des “médecines du bien-être” dans notre société occidentale, Freud, Lacan, Dolto, Dumas et leurs contemporains, ont ouvert des portes restées longtemps fermées. Pourquoi ne pas se poser la question de leurs influences et apports, sur notre partage de la vie en couple ? Grâce à l'étude et à l'élaboration d'outils de réflexions concrets et exploitables, tels que la psychanalyse, la médecine chinoise et le chamanisme, ces personnalités ont acquis une renommée mondiale et bien des témoignages peuvent exprimer l'influence de leur travail sur l'existence humaine. Mon expérience m'a permis de constituer ce texte.


Il y a peu, je me suis séparée de l'homme pour qui j'ai tout quitté un an auparavant. Quand je me suis engagée avec lui, une personne importante m'a dit ces quelques mots : « Le fait que tu aies suivi une analyse et pas lui, va un jour, poser des problèmes de communications entre vous ». Cette phrase a résonné en moi et s'est inscrite dans mon patrimoine émotionnel. Quand je suis partie vivre avec cet homme, qui n'avait ni suivi d'analyse ni effectué un quelconque travail sur lui, j'étais amoureuse et décidée, je me sentais légère et puissante, tout en étant sûre de nous deux ; nous allions être les plus beaux et les plus forts. Incomparable désir de vivre et d'aimer... 


La deuxième phase de la relation devint plus complexe : faire connaissance et s'accepter. J'espérais que nous allions trouver le juste équilibre. Celui qui nous porterait tous deux vers un bien-être aussi bien individuel que respectif. Je sollicitais mon énergie personnelle, remuais ciel et terre, afin de communiquer et tenter de trouver des compromis pour que nos visions de la vie puissent s'accorder et nous permettre de nous aimer patiemment et gentiment.


La troisième phase fût critique : les compromis. Faire des sacrifices je le conçois, mais pas humain...(!) Je désirais que chacun de nous accède à l'épanouissement, sans que l'un de nous eut à mettre sa vie en veille. Les discussions devinrent des disputes, les disputes des crises...


Le temps s'est écoulé. Notre liaison a flétri, causée par le manque de communication, par l'accroissement de nos divergences d'opinions, par nos différences,... Un après-midi de printemps, je prononçais ces mots fatidiques : “ Je ne suis plus amoureuse” : un grand "Clap" de cinéma qui met fin à un film dont ont aurait aimé connaître la suite. Je suis partie de notre vie de couple, pleine de désillusion et de remords. Je me suis dit : “Plus jamais ça ! Plus jamais je ne veux aimer un homme qui n'a qu'une seule vision du monde, de la vie et de l'existence. Un "indécrottable", dirait une amie.” Cette phrase était loin d'être anodine et, à sa seule pensée, il m'a fallu me battre pour assumer mon départ : j'ai quitté mon couple car j'allais mal, alors maintenant, il faut que j'honore mes choix et que j'aille bien !

Quatre années auparavant, j'avais rencontré un analyste avec qui j'avais trouvé un bon équilibre de travail. Il m'a permis de déposer de lourds bagages dans son cabinet mais également d'en découvrir d'autres. Ce travail, car ç'en est un, m'a permis de prendre de l'assurance en mes capacités et désirs propres. Mes intuitions ont fait sens ; j'ai pris pleinement conscience de la subtilité des compétences et des rêves humains, de la profondeur de notre être et de ses possibilités, tout en réalisant la force du cocon familial et de la transmission éducative. J'admis pleinement que notre vie sur Terre pouvait-être vécue d'autant de façons qu'il y avait d'humains vivants, et même morts, et dans les "cieux", pour certain(e)s et, qu'il nous était tout à fait possible, voire impératif, de changer et de faire évoluer notre rapport à la vie au cours de notre existence. Une question de point de vue en quelque sorte, et de notre rapport aux choses. J'avais encore tant à apprendre de moi.


Il me semble que ce rapport aux choses de la vie résulte de notre vécu d'enfant, de l'éducation ou non-éducation, que les adultes ont pu et bien voulu nous apporter. Cette période de la vie qui apporte à l'individu les outils et méthodes qui lui permettra de considérer son individualité, le Monde et autrui, quand il deviendra un adulte/un Homme. Nous sommes des êtres facilement modelables, qui vivons selon des "penseurs bien pensants" et qui, mine de rien, aliènent bien souvent nos capacités individuelles et nos désirs profonds ; pour bien des raisons qui ne sont pas le sujet de cet écrit (ex : politique de marché et économique/pouvoir). Il arrive fort souvent qu'un être passe à côté de sa vie, de ses désirs et de ses amours car il n'a pas su être à son écoute et qu'il n'a pas appris à utiliser ses compétences, ni même à y croire.


Connaissez-vous beaucoup d'hommes (et de femmes) ayant suivi une analyse ? De par mon chemin de vie cela ne court pas les rues... Mais il y en a, c'est vrai. Sont-ils mieux que les autres ? Je ne pense pas, je l'avoue. Mais, ce qui me vient au cœur et à l'esprit, c'est l'apport positif que peut avoir sur un être et son partenaire, la réalisation d'un travail analytique (réussi) ; partager sa vie avec un être ayant conscience de l'influence que ses parents ont (eu) sur lui, un être sachant remettre en question le rapport qu'il entretient à sa fratrie ou à sa solitude, à son lieu de vie, à ses amis et à la vie en général, me semble de plus en plus... essentiel. Mais aussi, tabou. Dans beaucoup de tribus humaines, qu'elles soient citadines, primaires ou paysannes, etc., cela paraît représenter une difficulté et un danger, que de parler des rapports humains et des liens qui les relient entre eux. Ca chamboule, ça martèle, ça rend triste, ça rend fou, ça donne envie d'hurler, ça engendre des disputes et des innovations, ça déprime, ça chatouille, ça rend fort, ça permet de s'assumer, d'être mieux dans ses pieds, de faire pousser ses racines, de se sentir vivant, de se sentir moins dépendant d'autrui, de... 


C'est un peu effrayant de se confronter à soi-même, de plus, c'est si fatiguant... Tant de questions restent sans réponses, le Monde est si vaste et si petit à la fois... Mais, cela apporte de la Liberté aussi, rien que celle de penser ; de pouvoir "se" penser et d'apprendre à se connaître. En occident généralement, l'individu apprend à se connaître au travers des enseignements scolaires, religieux et familiaux : biologie, éducation sexuelle (s'il y a), sciences civiques, catéchisme, politesse, morale,... Alors, pourquoi ne pas s'écouter soi-même ? 


C'est vrai aussi qu'il ne suffit pas de le dire et de le penser, pour pouvoir entreprendre une telle démarche personnelle. Il me semble, qu'il faut trouver "la" bonne personne avec qui travailler sur soi, mais aussi, "la" bonne méthode. Il y a des milliers de façons d'aborder la vie et ses complexités... Sûrement autant de façons qu'il y a d'Hommes sur Terre. Chacun est si unique. Mais rappelons-nous ! Il n'y a pas que les psychiatres, les psychologues et les charlatans qui peuvent accueillir un individu pour qu'il explore et apprenne à assumer sa personnalité. Comme, il n'y a pas que les personnes malades et les personnes dépressives, qui peuvent entreprendre un travail sur soi. Trouver une personne qui corresponde à notre individualité et nos attentes, demande de l'empathie envers soi-même. Il faut sûrement commencer par s'intéresser à l'endroit où l'ont vit, prendre le temps pour donner du sens à ses pensées positives, et développer les moyens d'être à son écoute personnelle. Un peu comme pour vivre l'amour, ai-je envie de dire... Même si Freud crierait sûrement au "transfert"!


Aujourd'hui, je crois qu'un "travail sur soi réussi" permet d'envisager un partage de la vie à deux, de façon plus sereine car plus universelle, mais aussi plus adapté à des besoins propres et uniques. Image d'Épinal ou pas (?), d'un couple où les êtres ont appris à apprivoiser leurs colères et leurs frustrations, où ils se sentent désireux et aptes de voir leur existence et le Monde évoluer au cours du temps et des saisons, mais aussi des êtres ayant le souhait de ne pas transmettre à leur(s) enfant(s) et connaissances, angoisses et mépris. Des êtres qui peuvent témoigner que la vie peut changer, que nos existences également, et que la parole est un outil essentiel et salvateur. 


A chacun sa chacune, à chacune son chacun, à chacun ses lacunes. 
Je ne sais ce que la vie me réserve, ni ce que je réserve à la vie, mais il me semble que les questions relatives à ce sujet sont tout à fait contemporaines à nos statuts de femmes et d'hommes du XXIème siècle et plus que jamais d'actualité : 


Le couple analysé est-il le couple de demain ? 
L'homme de “tous nos idéaux” se doit-il d'avoir suivi une analyse ?
La femme, que nous désirons être, est-elle enfouie en nous, sous une montagne d'émotions analysables ?
L'analyse, ou tous les autres types de travail sur soi, serait-elle nécessaire à l'épanouissement des humains ?


En espèrant avoir su éveiller quelques remises en questions, Mesdames et Messieurs, je crois comprendre que cela vaut la peine d'être vécue.
Bon Amour, Bonne Vie et Belle Créativité,

Elodie Ambroggi. A mon cher oncle.

Pour illustrer ma pensée, je conseille de lire des auteurs tels que, Didier Dumas, Danièle Flaumenbaum, Françoise Dolto et tant d'autres, qui osent donner un sens moins stigmatisé et plus évolutif au Monde et à nos existences.



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