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samedi 31 mai 2014

Les Prêtresses dans l'Antiquité




La Sexualité Sacrée.

Pour ce qui concerne les pratiques sexuelles sacrées, revenons à Merlin Stone, Quand Dieu était femme : "... ils avaient lieu dans les temples, et nous avons une multitude de témoignages dans la religion de la divinité féminine au cours des premières périodes historiques, comme l'attestent bien des allusions dans la littérature classique, chez Hérodote, Strabo et Lucien. Elles doivent être considérées comme une sorte de magie symbolique primitive destinée à favoriser la fertilité aussi bien parmi le bétail et la végétation que chez les êtres humains. Les coutumes sexuelles sacrées de la religion de la Déesse constituent un autre liens manifestent qui existaient entre les cultes de l'Ancêtre Divine tels qu'ils se pratiquaient à Sumer, à Babylone, à Carthage, à Chypre, en Anatolie, en Grèce, en Sicile et même au pays de Canaan. Les femmes qui faisaient l'amour dans les temples étaient appelées dans leur propre langue les "femmes sacrées", "les pures". Leur mot akkadien de gadishtu signifie littéralement "femmes sanctifiées" ou " saintes femmes". Pourtant, même dans les études sérieuses écrites ces deux derniers siècles, les coutumes sexuelles sont presque toujours décrites comme une forme de "prostitution", les femmes sacrées étant appelées "les prostituées du temple" ou "prostituées rituelles". L'usage du terme "prostituée", pour traduire gadishtu, non seulement nie la sainteté de ce qui était tenu pour sacré".


"En Mésopotamie, le roi était invité à partager la couche de la Déesse ; de même les sanctuaires palestiniens étaient pourvus de "couches d'amour" pour les prêtresses et leurs amants, ceux-ci jouant le même rôles que les souverains babyloniens quand se déroulaient les rites du mariage sacré." E.O. JAMES

"Il est très clair à présent ,le Culte de la Déesse Mère dans ces nombreuses formes, phases et manifestations, est la Mère procréatrice de la vie, personnification de la fécondité et se détache nettement comme figure centrale.Par elle s'exprime en tant que valeur abstraite, le mystère de la naissance et de la génération ; tout d'abord, le mystère ne concerna que le monde humain et animal avec lequel l'homme paléolithique, dans sa lutte pour l'existence, avait surtout à faire ; puis, lorsque la cueillette et la chasse eurent fait place à l'agriculture, le mystère se transféra au domaine végétal où la Terre-Mère figurait le sein maternel qui contient les semence des récoltes à venir et d'où elles sortiront quand leur saison sera venue. Avec la connaissance de l'élevage et de domestication des animaux, le rôle du mâle dans le processus de la génération apparut plus clairement et fut considéré comme vital lorsque furent connus les faits physiologiques concernant la paternité. A ce moment, on assigna à la Déesse-Mère un partenaire mâle qui était son fils ou son amant, son frère ou son époux. Toutefois, bien qu'il est été le procréateur, il occupa vis-à-vis de la Déesse une position subordonnée, n'étant en réalité dans le culte une figure secondaire." E.O JAMES , Le Culte de la Déesse-Mère.

Les prêtres eunuques.
"Le thème de la castration apparaît dans de nombreux textes anciens. De nombreuses références sont faites à la présence d'eunuques dans l'antique Sumer, Babylone, Canaan et plus particulièrement en Anatolie. Il est possible que, dans certaines régions, l'un des rites substitutifs à la mise à mort du roi ait été la castration. Dans plusieurs légendes, la castration précède la morte du jeune prince consort ; dans certain cas, comme pour Osiris et Athis, castration et mort sont liées. Mais nous trouvons bien d'autres mythes où la castration est lieu : en Grèce, l'histoire de Kronos qui inspiré par sa mère Gaia, castra son père Uranus (Ouranos) ; dans la mythologie hittite l'histoire de Kumarbi, qui castra le dieu Anu lorsqu'il voulut prendre le pouvoir. Les légendes grecques comme les légendes hittites sont d'origine indo-européenne. La castration est peut-être la version indo-européenne du rite de régicide.

Stylianos Alexiou écrit : " Les prêtres et les musiciens portant de longs vêtements féminins forment une caste particulière. On a supposé qu'il y avait des communauté de prêtres eunuques à la cour crétoise, peut-être à cause de l'influence syrienne. Plus tard, les eunuques, prêtres de Cybèle et d'Attis, ont formé, en Asie Mineure, une caste semblable."

On a fait un certain nombre de suggestions pour tenter d'expliquer comment ces hommes pouvaient accepter ainsi de se castrer eux-mêmes, coutume qui semble incompréhensible de nos jours. Il est tout à fait probable qu'au fur et à mesure que les hommes ont eu plus de pouvoir, ils ont remplacé peu à peu les Prêtresse même dans la religion de la Déesse. A l'origine , ils ont acquis ce droit en s'identifiant au fils/amant castré au point de l'imiter ; ou bien ils ont peut-être essayé de ressembler aux prêtresses qui détenaient le pouvoir, en se débarrassant de leurs attributs masculins par la castration et en portant des vêtements féminin." 


(Merlin STONE Quand Dieu était femme).

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