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samedi 19 décembre 2015

ETRE FEMME AUJOURD’HUI



 Etre femme dans les décennies précédentes signifiait s’engager sur des rails préétablis qui pouvaient s’avérer oppressants, mais qui avaient le mérite de situer la destinée de chacune. Actuellement, les croisements et choix de vie sont multiples et surtout, ils mettent la plupart des femmes dans des attentes quasi impossibles, les soumettant à des pressions diverses et constantes. Le corps de la femme, loin de se libérer, reste enfermé dans des standards éloignés de sa réalité psychophysiologique, standards qui s’avèrent mouvants en fonction des desiderata des publicitaires, des créateurs de mode, des magazines… et cela dès le plus jeune âge. Le paraître féminin est toujours d’actualité, toujours déterminant dans le sentiment d’être et d’existence de la femme. Pas étonnant dès lors d’observer cliniquement le nombre de plus en plus élevé de troubles alimentaires sous différentes formes (anorexie, boulimie, cycles chroniques avec vomissements), parfois même avant la puberté chez de jeunes « Lolitas » en mal d’être avec leur corps souvent non sexué. Être femme aujourd’hui, naître femme aujourd’hui : est-ce là une tâche enfin aisée, pouvant se réaliser sans de nombreuses difficultés, cela d’autant plus dans un domaine évolutif, mouvant, où les concepts ne sont jamais immuables


De nombreuses femmes aujourd’hui se sentent tiraillées, soumises à de multiples pressions quant au comportement sexuel adéquat à adopter : que ce soit en termes de multi-orgasmes, de sodomie, de sadomasochisme, d’échangisme, de visionnement de films pornographiques, de fantasmes sexuels divers… il est de bon ton de tout apprécier, de tout accepter pour ne plus entrer dans le moule méprisant de la femme frigide et coincée qui ne savoure pas le sexe. 

Est-il toujours aussi difficile, paradoxalement, pour une femme de dire « non » quant à son vécu corporel et sexuel ? Attention, notre propos n’est absolument pas de juger moralement si telle pratique sexuelle, sous quelque forme que ce soit, est acceptable ou non, à partir du moment où elle est vécue entre deux adultes consentants et en pleine possession de leur libre arbitre. Néanmoins, socio-culturellement et psychologiquement parlant, notre sentiment est qu’un certain nombre de femmes (nombre difficilement quantifiable, il est vrai !) vivent leur sexualité sous le registre de l’obligation, voire de la performance et non plus sous le registre de l’interdit. Il est consternant d’observer que l’éducation sexuelle de pas mal d’adolescents masculins s’effectue, de nos jours, par l’intermédiaire de films pornographiques qui, très souvent, véhiculent des messages dégradants sur l’image et le comportement sexuel de la femme (bien éloignés d’un respect mutuel). Films qui, de plus, les perturbent quant à leur propre image masculine, avec des interrogations fréquentes que nous retrouvons plus tard en consultation sur la taille du pénis, sur la longueur de la période réfractaire, sur la durée du rapport sexuel… comme si les ébats pornographiques devenaient la norme idéale à suivre !

La sexualité et le corps de la femme apparaissent obéir à une logique de performance, où bien souvent la rencontre amoureuse et sexuelle est soumise à des schémas de fonctionnement inscrits socio-culturellement en décalage avec le rythme et le désir de la personne.


Une sexualité « ouverte, libérée », tant pour les hommes que les femmes, doit s’affranchir dans notre société des interdits et tabous rigides d’antan, tout en étant attentifs à ne pas mettre notre sexualité sous une nouvelle emprise socioculturelle, médiatique, créant des normes de comportements à suivre qui peuvent se révéler tout aussi oppressantes…

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