Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Territoire au Féminin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Territoire au Féminin. Afficher tous les articles

mercredi 2 janvier 2019

Etre sorcière en 2019



C’est s’intéresser à tout ce qui nous entoure, avoir une conscience étendue qui nous permet de respecter tout type de vie. C’est respecter autant les animaux que les plantes ou les humains. Avant de pouvoir ouvrir sa conscience sur ce qui nous entoure, être une sorcière nécessite un travail sur soi. Un travail constant. Comme je le disais, cela nécessite d’aller guérir en nous les parts blessées. En nous guérissant nous même, nous nous octroyons la possibilité d’allers guider et soigner les autres.

Etre sorcière, c’est accepter d’être entre les mondes. C’est accepter d’être le médiateur. Il est pour cela primordial de réfléchir à chacun de nos actes ou actions, car être sorcière, c’est aussi accepter de  ne pas porter tort à autrui.

La magie est simple, et pourtant elle est exigeante. Tout a toujours un prix. Si nous effectuons un rituel alors que nous n’avons pas songé aux conséquences, nous subirons en retour l’énergie qui aura été amplifiée par le récepteur. C’est ce qu’on appelle communément le choc en retour. Ce choc en retour n’est pas un fantasme. Il est bien réel.

Je peux partager avec vous mon expérience dans le domaine.



J’ai été durant des années, victime d’actes de magie noire de la part de mon ex belle-mère. Etant forte, ce n’est qu’à l’usure que les effets se sont faits sentir. Quand j’ai décidé de changer de vie, de quitter mon ex mari, mon champs d’énergie était au plus bas. J’étais anorexique, et n’avais plus le gout de vivre. Jusqu’au moment où j’ai rencontré un merveilleux médium qui m’a guidée, aidée, et permis de prendre conscience de ma réelle puissance. Je me suis donc reliée à la Magie, et ai fait un rituel qui me permettait de renvoyer à son expéditeur ce que depuis des années je supportais.

J’ai donc commencé à aller de mieux en mieux. Par contre, celle qui était à l’origine de mes soucis de santé à eu le choc en retour décuplé. Elle a passé 15 jours à l’hôpital, entre la vie et la mort. Mes enfants retrouveront ensuite dans ses affaires des écrits dans lesquels elle me souhaitait ce qu’elle avait reçu en retour.

Depuis lors, je suis en paix avec elle. Je ne lui veux aucun mal. Au contraire. Grâce à ce qu’elle m’a fait, je suis devenue puissante. Elle m’a permis de prendre toute ma place. Pour cela j’ai beaucoup de gratitude.

Comme vous le voyez, il est important de sortir rapidement des sentiments les plus lourds, tels que la peur, la colère, l’envie, la jalousie.

Etre sorcière, c’est aussi faire taire son égo, c’est lâcher prise par rapport à tout ce qui nous titille, et contre lesquels nous ne pouvons rien. C’est aussi accepter le fait que l’argent est une énergie comme une autre, que nous pouvons l’utiliser, mais pas en faire une fin en soi.

Etre sorcière c’est pour ma part, devenir SAGE.
 
Cette sagesse est venue chez moi avec l’âge. Je n’ai aucun remord, je n’ai aucun regret.

Etre sorcière, c’est aussi et surtout accepter que l’on ne peut parler de ce que l’on est, avec tout le monde. Parfois même nos proches ne peuvent concevoir qui nous sommes et pensent que l’on est quelque part des « doux-dingues ».


Il y a un adage qui dit que nul n’est prophète en son pays, et c’est vrai. Etre sorcière c’est avoir la sagesse de savoir quand parler et quand se taire. C’est savoir que nous recevons des informations qui ne sont pas perceptibles par le commun des mortels. C’est accepter que l’on reçoit des dons qui nous permettront d’agir dans le visible, mais aussi dans l’invisible. Car être gardienne de l’entre deux mondes, c’est ça aussi… pouvoir agir sur ce qui est visible, mais aussi invisible. C’est guider tant les humains qui en font la demande, que les âmes qui viennent à nous.

Être Sorcière, c’est aussi accepter qu’on est une femme, que cette femme a droit a avoir une place de choix. Qu’elle ne doit plus être reléguée à un rôle annexe. Être cette femme, c’est accepter de se mettre en paix, tant avec soi même qu’avec les autres. C’est accepter de faire la paix. De voir notre coeur s’ouvrir, et d’en prendre soin avec amour et douceur. A l’heure actuelle, la femme et la sorcière sont intimement liées. Elles ont encore besoin l’une de l’autre. Mais plus tard, elles pourront reprendre leur chemin personnel. Sans qu’il n’y ait plus de danger.

Dans mon cabinet de soin, je rencontre aussi bien des femmes que des hommes.

Tous sont en souffrance, de la même manière. En effet, nous descendons tous, quel que soit notre sexe, d’une femme, qui descend d’une femme, qui descend elle-même d’une femme, et ainsi de suite jusqu’à l’aube des temps, sans interruption.

Il est donc de notre devoir à tous d’aller guérir ces femmes qui, dans nos lignées ont souffert de ces années sombres de persécution et de destruction. Cette guérison est primordiale car elle apaisera les cris de souffrances qui sont en nous, intégrés dans notre ADN. Ces cris de supplices de toutes ces femmes qui ont été persécutées simplement parce qu’elles étaient femmes et différentes.

Mais en soignant ces lésions profondes, nous pouvons aussi nous mettre ne paix avec ceux qui ont persécuté ces femmes. Ceux en qui la haine de la Femme était telle que tout sentiment d’humanité avait disparu.

Tous ces persécuteurs ont été les artisans de la destruction en surface de ce qui a de plus sacré en la femme.

J’aime dire en surface, car fort heureusement pour nous, l’humain est ainsi fait, il s’adapte pour survivre. Les femmes de savoir se sont donc enfoncées dans l’inconscient collectif, avec ce qu’il y a de plus sacré. La flamme Divine.

A l’heure actuelle, cette flamme remonte. Cependant les siècles d’obscurantisme et de pouvoir masculin, ont la vie dure. Partout dans le monde, des femmes se lèvent, elles osent affronter la vindicte masculine, mais aussi le pouvoir patriarcal et le pouvoir masculin en général.

Chaque jour, à travers le monde, des femmes meurent pour défendre cette volonté de se ré-approprier leur corps, leur féminité, mais aussi leur pouvoir.

Pour nous, mais aussi pour ces femmes, il est important de nous libérer de nos bagages de souffrance.

Y arriver seules, n’est vraiment pas aisé. Il est important, à l’heure actuelle de réveiller le sentiment de « sororité » qui va nous permettre nous les femmes, de ressentir l’appel des autre femmes et de nous relier à elles. Il est l’heure pour nous toutes de nous ouvrir et de nous relier. Des groupes de femmes sont occupés à éclore un peu partout dans le monde. Ces groupes permettront à l’humanité d’aller mieux. Ils permettront aux femmes de se sentir plus fortes et surtout en sécurité. C’est l’heure du réveil des « tentes rouge », des covens de sorcières, des groupes de parole pour les femmes, et j’en passe encore beaucoup d’autres.

Si j’en avais les moyens, j’aimerais lancer un appel à l’humanité toute entière. Leur rappelant à tous que sans une femme, ils ne seraient pas ici bas. A tous ces hommes, qui abusent de leur pouvoir d’homme, pour nier la femme dans ce qu’elle est de plus précieux, j’aimerais leur rappeler que sans une femme pour les porter, pour les mettre au monde, les nourrir, les aider à faire leurs premiers pas, ils ne seraient pas là.


Malgré les difficultés, j’ai foi en l’être humain. J’ai envie de croire qu’il peut s’améliorer. Occupons nous un peu plus de nous même au lieu de concentrer notre attention sur la violence extérieure. Tout ce qui est  autour de nous, est projection de notre peur, de nos égos. Apprenons à nous contrôler, à évincer nos pulsions. De cette manière, c’est le monde autour de nous qui se portera mieux.

Bien sûr, toutes les femmes ne sont pas bonnes, pas plus que tous les hommes mauvais. C’est juste que certains ne sont pas encore aptes à se relier à leur sacralité. Apprenons à ne pas jeter la pierre à l’autre. Faisons chacun notre examen de conscience qui nous permettra de cette manière, d’agir en premier lieu sur nous même.

En cette fin d’année, je voudrais vous souhaiter de vous mettre en paix avec le pouvoir féminin qui est en vous tous. Je vous souhaite d’honorer les sorcières, les magiciennes, les enchanteresses, les chamans, les guérisseuses, qui ont marqué vos lignées de leurs discrètes pierres blanches. A travers leurs existences, c’est votre magie qui est honorée. Elles ne sont plus pour la majorité d’entre elles que des ombres du passé à qui l’on  ne sait même plus donner de nom. Leurs identité à été niée mais leur force vitale est toujours bien présente.

Profitons de cette fin d’année pour reconnaitre leur combat, leur légitimité. Les reconnaitre nous permettra d’être enfin en paix.

Pardonner leurs malédictions de souffrance, nous permettra de  nous pardonner et de nous libérer.
Pardonner ceux qui les ont torturées nous aidera à nous pardonner également.

extrait de l’article de Nathalie Pevenage  Site web : www.lithosetangelique.be

Pour aller plus loin : Âme de sorcière – Ou la magie du féminin  d’Odile Chabrillac – Éditions Solar


Féministes avant l’heure, les sorcières ont laissé en héritage leurs savoirs et leurs pouvoirs, autant de clés au service d’une féminité libre et puissante.

Symbole subversif de la révolte féministe, la figure de la sorcière est aujourd’hui de retour, prête à questionner nos choix, notre rapport au monde, à la nature, au corps, à la rationalité, à la sexualité… Et ce qu’elle a à nous apprendre peut réellement changer nos vies. Loin du folklore et des clichés, les sorcières sont porteuses d’un savoir riche et multiple, qui dérange et bouscule l’ordre établi. Pourquoi les a-t-on massacrées au XVe siècle, pourquoi a-t-on cherché à les oublier ? Car elles ont osé, en leur temps, défier l’église, l’autorité (masculine en particulier) et l’idée même de propriété ; elles savaient dire  » oui  » lorsqu’elles avaient envie et  » non  » quand elles le pensaient.

Se réapproprier leur histoire, leurs savoirs, leurs pouvoirs, c’est autoriser chaque femme à retrouver sa puissance, en faisant d’elle une digne héritière des guérisseuses et des sages-femmes d’antan. C’est ouvrir de nouveaux possibles, dans tous les champs (politique, artistique, écologique, philosophique, humain surtout), c’est oser se revendiquer différente, puissante et néanmoins bienfaisante.

Cette lecture contemporaine de l’héritage des sorcières résonne avec acuité à l’heure du renouveau féministe.

– Une petite histoire des sorcières : ce que l’on sait aujourd’hui des sorcières, ce qu’elles représentaient, pourquoi elles ont été chassées…

– Les pouvoirs et les savoir-faire des sorcières, autant de champs d’exploration du féminin, du bien-être et de développement personnel :

la nature comme espace d’authenticité et de liberté
la liberté de parole, du corps, de la sexualité (nudité, polyamour, transgression des tabous…)
l’émancipation via la solidarité féminine
le travail manuel : cuisine, jardin secret, travail de la terre, du bois
les recettes médicinales et le secret des plantes pour soigner et guérir (phytothérapie, aromathérapie…)
les rituels : l’art du feu, musique, formules magiques, kundalini, tarot, des techniques pour charger un lieu, augmenter son taux vibratoire, booster son intuition…


Osho aimerait que les femmes prennent le pouvoir


Osho, pourquoi avez-vous toujours insisté sur le fait que les femmes sont meilleures que les hommes en matière de gouvernement, d'administration, et d'attention? Est-ce que vous expérimentez cela dans votre commune ou est-ce seulement une théorie ?


Je ne parle jamais en théorie.
Tout ce que je dis vient de mon expérience et, tant que je n'ai pas une vue pratique, je ne fais pas de déclaration théorique à ce sujet. La théorie vient plus tard, la réalité vient en premier.
Les femmes n'ont pas été au pouvoir depuis des millénaires. L'homme a toujours été au pouvoir et son pouvoir n'a fait que créer des guerres et des destructions. L'humanité n'a pas évolué, elle a été au service de la mort.
J'aimerais que les femmes prennent le pouvoir. Au début, il y aura des difficultés parce que tant de choses sont réprimées chez une femme que cela va exploser. Elle peut aller à l'autre extrême. C'est comme un homme qui jeûne depuis dix jours et vous placez ensuite de la nourriture délicieuse devant lui. Il est obligé de manger plus que nécessaire. Il peut tomber malade. Ce que le jeûne n'a pas été capable de faire, la nourriture délicieuse peut le faire - il peut même mourir.
Il y a une période intérimaire que nous devrons accepter à cause des millions d'années de pouvoir réprimé. Mais cela va s'atténuer; ça va prendre du temps mais ça va disparaître. Lorsque la femme est certaine de son pouvoir, elle n'agira pas pour se venger, elle ne détestera pas les hommes. Ce n'est que pour un peu de temps, jusqu'à ce que tout le passé soit effacé de la conscience de la femme.
La femme est une meilleure dirigeante pour la simple raison qu'elle a un cœur plus aimant, plus humain - elle est plus gentille et plus compatissante.
Ensuite, peu importe qui règne. Celui qui a le mérite, homme ou femme, règne. Et la qualité fondamentale du dirigeant réside dans le fait qu'il doit être le serviteur du peuple, que son pouvoir de gouverner n'est pas le pouvoir de torturer.
Donc, à la fin, ce sera un phénomène mixte. Dans tous les domaines - dans les bureaux, à la maison, au gouvernement, dans les champs - partout, l'homme et la femme ne doivent pas être considérés comme une espèce distincte.
Mais nous devons nous repentir pour le passé et compenser les femmes pour ce passé. Le passé leur a tant fait de mal - qui va effacer toute cette histoire de leur conscience ?


Au début, elles seront méfiantes. Elles peuvent agir avec toutes sortes de vengeances, mais cela va se régler bientôt. Vous ne pouvez pas vous venger des gens qui vous compensent pour ceux qui vous ont torturé. Nous ne les avons pas torturées; elles ne peuvent pas être antagonistes envers nous.
Cela prendra un peu de temps à régler, peut-être quelques années. Laissez les hommes et les femmes se mélanger à chaque étape de la vie. De la maternelle à l'université, ils devraient être mélangés et il devrait être clair qu'ils ne sont que des parties complémentaires les unes des autres. Mais ils ne doivent pas devenir similaires, ils doivent conserver leur individualité. Ils doivent chercher et trouver ce qui fait d’elles des femmes, ce qui fait d'eux des hommes, et en quoi ils sont différents - pas par conditionnement, mais par compréhension.
Nous devons créer un monde où personne n'est supérieur et personne n'est inférieur, et ce sera un monde beaucoup plus naturel.
Vous pouvez entrer dans n'importe quelle maison et voir immédiatement si une femme y habite ou non. Elle a un sens esthétique, elle a une certaine clarté à propos de la beauté. L'homme est grossier; il n'a aucun sens esthétique. Il peut continuer à vivre dans une maison sans se soucier de son apparence et il sera parfaitement heureux. Il lui manque juste cette sensibilité.
J'étais à l'université pour étudier - et je suis un homme paresseux. J'avais mon lit juste à côté de la porte pour pouvoir laisser mes chaussures devant la porte et sauter dans le lit. Je n’avais donc pas à me soucier du reste de la chambre. Je ne suis jamais entré dans l'autre partie de la chambre à cause de la poussière qui s'accumulait.
Dans ma classe il y avait deux filles. Une était très intéressée par moi. Elle venait tous les dimanches pour nettoyer ma chambre. Je lui ai dit: «Tu perds ton temps inutilement parce que je ne rentre jamais dans la chambre. Tu peux voir que mon lit est juste à côté de la porte. Je saute simplement dans le lit, je ferme la porte et je m'endors. Pourquoi devrais-je me soucier de toute la chambre et du nettoyage? Je ne peux pas faire de telles choses! "
Mais elle disait qu'elle pensait toute la semaine à ma chambre et qu'elle ne devrait pas ressembler à ça.
Je pouvais voir la différence quand elle venait nettoyer la chambre, fixer les tableaux sur les murs, nettoyer mes livres, les ranger au bon endroit. Je savais qu'il y avait une grande différence. C'était beau. Mais je lui ai dit: " Tu ne peux pas me forcer. J'apprécie ce que tu fais. Je l'aime bien ainsi mais je ne peux pas le faire. "
Pendant deux ans sans interruption, elle venait tous les dimanches pour faire le ménage. Et comme elle était la fille du percepteur de la ville, cela a provoqué un grand scandale à l’université, car elle avait beaucoup de domestiques chez elle. Le percepteur était le plus haut fonctionnaire du district. Elle espérait qu'un jour j'allais le faire moi-même, mais je lui ai dit que c'était trop tard. Et quand il fait nuit, qui se soucie de savoir si les livres sont époussetés ou non, que la chambre est propre ou non ?


La femme a le sens de la propreté, de la beauté, du bon agencement des choses. Au Japon, les femmes ont développé de nombreux arts. Arrangement floral… même boire du thé est une cérémonie qui est faite comme si vous étiez entrain de méditer.
La femme peut contribuer énormément à rendre la société humaine plus délicate, plus belle. Et si les femmes gouvernent la société partout dans le monde, je ne pense pas que nous ferons la guerre, car chaque fois qu’un homme part à la guerre, c’est la femme qui souffre. Soit une mère souffre du décès de son fils, soit une femme passera toute sa vie à attendre son mari qui ne reviendra jamais.
L'homme se bat; la femme souffre. Et chaque fois qu’il y a l'invasion d’un pays par un autre, c’est étrange… les soldats qui envahissent violent les femmes comme si le but réel n’était pas de conquérir le pays mais de violer les femmes.
La femme est la perdante. Soit le père meurt, soit le mari ou le fils… mais c'est toujours la femme qui souffre, puis elle est violée, violée brutalement. Ces soldats ne peuvent pas faire l'amour, ils ne peuvent que violer.
Donc, mon idée est que la femme garde son caractère unique. Nous ne voulons pas d'hommes de seconde main; c'est insultant.
L'homme doit également rester unique. Les hommes et les femmes devraient se fondre et se fondre l'un dans l'autre, non pas comme des êtres contradictoires mais comme des êtres complémentaires. Cela changera toutes les qualités qu'ils avaient séparément. La femme deviendra plus forte, l'homme deviendra plus sensible, et ainsi, ils fonctionneront ensemble comme une seule unité.
D'accord?
Osho, The Sword and the Lotus, Ch, 5 Q 2

Par Osho Traduit de l'anglais par Meditationfrance


Note de Meditation france: Les femmes au pouvoir, une tendance mondiale et irréversible ?
Si la carte politique du monde reste très majoritairement masculine, les politologues constatent qu'aujourd'hui les femmes sont devenues incontournables en politique et que nous sommes qu'au début d'une "puissante vague féminine". 

Plus de 100 femmes siègent à la nouvelle Chambre des représentants aux Etats-Unis, un record historique. Donald Trump, selon un sondage d’Axios publié le 5 novembre 2018, serait battu à plate couture par Michelle Obama si celle-ci optait pour une carrière politique. En France, Emmanuel Macron a respecté sa promesse : la parité au sein du gouvernement avec au total 17 femmes aux plus hautes fonctions depuis le dernier remaniement. Pour lutter contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes, le gouvernement français a dévoilé jeudi 22 novembre une nouvelle mesure : un « index », déployé à partir de 2019, qui évaluera les inégalités dans les entreprises et qui devront y remédier sous peine de pénalités financières. Au Mexique, le nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, a récemment promis que son futur gouvernement respecterait la parité. L’exécutif espagnol a pris les devants, en nommant près de deux tiers de ministres femmes. En Nouvelle-Zélande, pays pionnier pour le droit de vote des femmes (1863), continue de montrer l’exemple. Le 21 juin 2018, la Première ministre, Jacinda Arden, a donné naissance à une petite fille : avec le soutien de son compagnon, elle prouve ainsi que même une chef de gouvernement peut assumer pleinement famille et carrière.



dimanche 10 juin 2018

Harmoniser les énergies masculines et féminines



Dans la tradition tibétaine, l’énergie est envisagée selon deux points de vue différents. D’une part, la tradition bouddhiste et d’autre part la tradition pré-bouddhiste. Cette dernière, très ancrée dans la culture tibétaine, est une façon chamaniste de se relier aux énergies, c’est à dire celles de la nature comme les énergies de l’eau, des arbres, des montagnes... Le bouddhisme en parle de façon assez différente ; mais ces deux approches sont utilisées dans la tradition tibétaine.

Dans le bouddhisme, les pratiques liées à l’énergie relèvent principalement de la tradition tantrique. Elles sont d’abord apparues en Inde et s’y sont beaucoup développées. Puis cette tradition a été importée au Tibet au huitième siècle et transmise à des groupes restreints, donc peu connue du public. Aux onzième et douzième siècle, une seconde vague d’importation a donné une grande popularité à ces pratiques tantriques qui ont commencé à devenir publiques et connues de tous.

Dans ces pratiques tantriques, l’énergie est personnifiée sous forme de dieux et de déesses que j’appelle "déités" faute de trouver un terme précis. Bien qu’il s’agisse d’énergies, de principes et non de personnes, elles sont représentées de cette façon. À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit des mêmes dieux et déesses que dans le chamanisme. En fait, bien qu’extérieurement ce soit des formes divines dans les deux cas, l’idée en est très différente. Dans le bouddhisme, ces formes sont des représentations symboliques de l’énergie.





Je vais essayer de l’expliquer autrement.

La plupart des religions et des voies spirituelles utilisent le niveau énergétique alors que notre façon ordinaire de nous relier au monde, à la soit-disant réalité extérieure normale, se fait à un niveau plus matériel. Nous croyons et agissons avec ce que nous pouvons sentir, voir, toucher... mais nous n’allons pas au-delà consciemment. Or les gens ordinaires, dans la vie normale, sont tous en contact avec l’énergie, même s’ils ne le savent pas. Nous n’utilisons donc pas cette faculté. Nous vivons avec la soit-disant réalité que l’on peut voir et entendre. Je l’appelle la "soit-disant" réalité car nous croyons à une réalité, là, à l’extérieur, sans aller au-delà. Alors que les religions et les voies spirituelles essayent de dépasser ce niveau et d’aller vers quelque chose d’autre, c’est ce que nous appelons le niveau énergétique.

Nous souhaitons tous que notre vie normale soit harmonieuse, heureuse et positive et nos actions sont orientées vers ce but. Pour cela nous essayons d’éviter ce que nous n’aimons pas et d’obtenir ce que nous pensons être bon pour nous. Même si nous disons que nous avons quelque chose d’important à faire, un but spécial, une expérience à vivre... quoi que l’on fasse, nous tentons de changer les évènements extérieurs pour attirer ce que nous voulons et repousser ce qui nous est désagréable. Toutes nos actions sont orientées de façon à manipuler la soit-disant réalité que nous croyons extérieure, séparée et indépendante de nous-mêmes. On ne dépasse pas cette croyance et on agit en conséquence. C’est notre façon de vivre.

Le chamanisme croit à l’existence d’un arrière-plan beaucoup plus puissant, au-delà de notre monde normal et essaie de joindre ce niveau. Il est plutôt relié aux esprits de la nature et en cas de problèmes dans la vie courante, il tente d’intervenir avec ces puissances invisibles pour modifier ce problème. L’énergie est un autre type de réalité. La plupart des gens en Occident pratiquent la méditation dans l’espoir d’améliorer les conditions de leur existence. S’ils se tournent vers la méditation ou les pratiques avec l’énergie, c’est aussi en croyant à quelque miracle qui va transformer les situations désagréables et apporter l’harmonie dans leur vie, dans la même optique que ce que nous venons de développer. En fait ils ne savent pas réellement ce qu’est la méditation.

Dans la perspective bouddhiste, la méditation est envisagée de façon tout à fait différente. On sait qu’en faisant telle ou telle pratique, on va se développer intérieurement et se transformer. Il y a certaines causes inhérentes à nous-mêmes dans une situation extérieure que nous n’aimons pas. Ce sont ces causes intérieures qui ont besoin d’être changées, ce qui se fait à travers la méditation. Cela n’a rien de miraculeux, on sait comment intervient ce changement. On procède ainsi d’étape en étape en se développant et en allant vers une transformation. Mais bien souvent, vous vous asseyez pour méditer dans l’espoir de ceci ou cela, ce qui n’est pas une vision bouddhiste des pratiques. Dans le bouddhisme, on va progressivement d’étape en étape comme dans un apprentissage normal où on établit d’abord une base sur laquelle on construit pas à pas en apprenant progressivement de plus en plus. La méditation, qui est aussi un travail avec l’énergie, comprend plusieurs niveaux et beaucoup de méthodes différentes pour l’aborder.

Si on en revient au point de vue religieux, on peut différencier deux façons d’utiliser l’énergie au niveau chamaniste. L’une consiste à se relier à une énergie de la nature et à lui demander d’utiliser son pouvoir, sa force pour modifier en notre faveur une situation désagréable. Nous prions les divers esprits auxquels nous croyons pour qu’ils changent ce problème. L’autre façon consiste à contacter ces mêmes forces naturelles pour qu’elles viennent renforcer notre propre énergie intérieure et c’est nous-mêmes, avec notre propre énergie devenue très puissante qui traitons la situation. Ces deux voies chamanistes diffèrent de la façon ordinaire dont nous traitons habituellement les problèmes avec l’aspect matériel et extérieur des choses. Mais ces méthodes essaient toujours d’intervenir sur les évènements extérieurs de notre vie de façon à obtenir ce que nous désirons et à éviter ce qui nous est désagréable.

Le bouddhisme tantrique a une approche similaire. Il y a des pratiques dans lesquelles on invoque des énergies extérieures ou des déités afin qu’elles utilisent leur pouvoir pour changer notre situation. Et d’autres pratiques où on s’identifie avec la déité pour renforcer notre propre énergie et, ensemble, régler notre problème.

Par contre les types d’énergie manipulée dans le chamanisme et dans le bouddhisme sont très différents.

Dans le chamanisme, il y a cette idée de se relier aux énergies naturelles présentes dans toute la nature mais particulières à certains endroits comme des lacs, des montagnes... et ces énergies sont assimilées à des esprits avec lesquels on peut communiquer ; c’est-à-dire leur parler, ou leur demander d’accomplir quelque chose pour nous et ils nous donnent une réponse, c’est ce que nous entendons par communiquer en tant qu’être humain. On leur fait également des offrandes pour les satisfaire et, en échange, ils nous envoient des signes ou des messages ou certaines de nos conditions auront changé sans que l’on puisse expliquer logiquement comment.

Le deuxième niveau est plutôt réservé aux chamans. Il s’agit d’intégrer, de laisser entrer en soi cette énergie très puissante et de développer ainsi des capacités non accessibles aux humains ordinaires. Ou encore d’atteindre d’autres dimensions comme le monde des esprits par exemple.

Dans le bouddhisme, s’il y a une similarité dans les méthodes, les énergies sont comprises de façon totalement différentes. Il est aussi possible de s’adresser aux déités pour obtenir aide et protection ; et dans une autre voie de s’identifier soi-même à la déité en s’unifiant à l’énergie qu’elle représente. Mais ces déités sont des formes symbolisant l’unité de la vacuité et de la compassion. La vacuité et la compassion ne sont pas l’énergie de l’eau ou des rochers, c’est une autre dimension. On saute à un autre niveau complètement différent.
Il y a ce que j’ai appelé des "déités". Sans aller dans les détails, il y a d’abord une sorte de Bouddha primordial, le plus élevé, qui se manifeste sous la forme de cinq Bouddhas dont chacun d’eux donne naissance à son tour à des centaines et des centaines de déités différentes. Ces nombreuses déités sont toutes des émanations de ces cinq Bouddhas, eux-mêmes émanations du Bouddha primordial, représenté de couleur bleue.

Les cinq Bouddhas sont reliés principalement à nos énergies mentales. L’un est relié à l’aspect énergétique de la haine, un autre à celui du désir, un autre à celui de l’envie et de la jalousie... Il ne s’agit pas dans ce cas-là de la haine ordinaire, mais de la transcendance de la haine, de la haine transformée en une forme de sagesse. Donc, chacun des Bouddhas représente la transcendance d’une forme particulière d’émotion sous forme de sagesse.

Les cinq Bouddhas ne sont pas seulement reliés à nos énergies mentales mais aussi à celles de l’univers c’est à dire aux différents éléments comme la terre, l’eau, le feu... également sous leur aspect transformé ; non pas les énergies de la nature telles que nous les connaissons sous leur forme grossière mais ces énergies transcendées. Le chamanisme utilise ces énergies à leur niveau le plus naturel, le plus manifeste, alors que le bouddhisme va travailler sur la transcendance, sur l’aspect transformé de ces énergies, c’est à dire au-delà de la dualité, au niveau de l’union de la vacuité et de la compassion.

D’un point de vue pratique, il existe beaucoup de méthodes pour atteindre cette unité de l’énergie. Bien sûr il ne faut pas penser y arriver, comme cela, rapidement. Mais on peut faire des pratiques et s’en approcher progressivement.

Nous possédons en nous un certain type d’énergie que j’appelle "l’énergie corps/esprit", terminologie particulière que j’emploie mais que vous ne trouverez pas dans les écrits bouddhistes. Elle n’est ni tout à fait physique, ni tout à fait mentale mais relie ces deux niveaux. L’énergie corps/esprit se manifeste de deux façons : l’une, très subtile, c’est l’énergie des chakras, utilisée dans les pratiques tantriques, qui permet d’aller au-delà de la dualité, vers l’unité ; et l’autre, plus grossière. Nous allons travailler ici ce niveau moins subtil en essayant d’unifier en nous les énergies féminines et les énergies masculines.

[...]

Comment l’énergie se manifeste-t-elle en nous-mêmes ? D’une façon plus extérieure à travers les pensées et le conceptuel, ou plus intérieure par le ressenti et l’intuition. Elle est d’un côté plus active, de l’autre, plus paisible. Le bouddhisme tantrique n’emploie pas les termes énergies masculine et féminine mais parle d’énergie "père" et "mère", ce qui désigne plutôt le niveau de l’énergie des chakras. C’est similaire, néanmoins ils expriment quelque chose de différent. Les mots père et mère sous entendent l’arrivée d’une troisième personne : l’enfant. Sans enfant, il n’y a pas de père, ni de mère. Le but final de la pratique de l’énergie père-mère est une troisième énergie, alors que les termes masculin et féminin n’ont pas cette idée sous jacente (un peu comme homme-femme en regard de père-mère). Quand je fais les enseignements sur l’énergie, je parle de masculin et de féminin mais leurs qualificatifs d’activité et de passivité se retrouvent dans le bouddhisme et la tradition tibétaine.

La tradition chamanique se sert de déités ou des esprits de la nature pour se relier à l’énergie. Ils sont divisés en deux catégories : les uns plus féminins, les autres plus masculins, mais on ne parle pas de père ou de mère. Les esprits de la terre ou de l’eau sont féminins, ceux au-dessus de la terre, de l’air, de l’espace, sont masculins. Dans la tradition tantrique, c’est l’aspect maternel dont parlent les textes concernant les déités féminines comme Tara ou Prajnaparamita.

Elles représentent la Sagesse fondamentale d’où naquirent tous les bouddhas. Elles sont décrites comme des déités féminines, mais symbolisent, en fait, le côté maternel de l’énergie.

Quoi qu’il en soit de ces questions de terminologie, le fait est que nous possédons tous ces deux types d’énergie. Il y a un type d’énergie plus tourné vers l’intérieur, vers les sensations, plus calme ; un autre type d’énergie tourné vers l’extérieur, le conceptuel, le mouvement, plus actif. Quoi que nous fassions dans la vie courante, nous avons besoin de ces deux énergies et il est important qu’elles fonctionnent ensemble, de façon équilibrée, en se soutenant l’une l’autre. Si elles s’opposent, on a des problèmes. Quand je dis équilibré, ce n’est pas une égalisation mathématique, cinquante-cinquante entre les deux formes d’énergie. Tout dépend de la situation. Il y a des moments où nous avons plus besoin d’énergie masculine plus extérieure, plus active ; l’énergie féminine est encore présente, elle ne s’oppose pas à la première mais la soutient. L’expérience sera donc plus harmonieuse. Pour une action plus extérieure, il y aura des problèmes si l’énergie féminine prédomine. Et si les deux énergies sont à égalité, rien ne va fonctionner. Mais équilibre ne veut pas dire la même quantité dans toute situation ; suivant ce que nous faisons nous avons besoin des deux types d’énergie et elles doivent se soutenir l’une l’autre.

En fonction du contexte culturel, l’énergie va se manifester de différentes façons. Dans une civilisation trés rationnelle, le type d’énergie qui va vers l’extérieur est privilégié, alors que le type d’énergie allant vers l’intérieur ne fonctionne pas tellement bien et pose plus de difficuItés. Lorsque notre niveau énergétique est sain, c’est-à-dire qu’il y a équilibre entre énergie féminine et énergie masculine, celle dont on a besoin va s’activer d’elle-même en fonction des circonstances et de la situation. Bien sûr, chacun de nous a une spécificité énergétique : certains sont plus naturellement portés par leur énergie masculine, d’autres le contraire. Dans une société rationnelle comme celle-ci où l’énergie masculine est soutenue par la culture, trés conceptuelle et tournée vers l’extérieur, les personnes dont l’énergie féminine est dominante vont avoir des problèmes. L’attitude mentale, l’énergie, tous les aspects de la société s’orientent vers l’extérieur, vers l’action, vers le rationnel et, de ce fait détruisent l’autre face de l’énergie. Il y a donc déséquilibre.

Dans une société plus traditionnelle, la culture elle-même favorise l’équilibre des deux types d’énergie qui ne s’opposent pas l’une l’autre. Comme je le disais précédemment : dans ces cultures, si la situation demande plus d’énergie masculine, ou une énergie féminine plus forte, elles s’activent par elles-mêmes, de façon naturelle selon les besoins, sans effort de votre part. Tandis que si la culture ne soutient pas ou manque d’un type d’énergie, cela ne fonctionne pas bien.


Ici, en Occident, nous avons besoin de nous relier à l’énergie située dans la région du nombril qui nous ramènera vers l’intérieur et plus de sensations (feeling). Je pense que c’est ce dont les gens ont le plus besoin dans cette culture rationnelle et conceptuelle pour rééquilibrer les choses. Il en va différemment dans une société plus traditionnelle. Les gens n’ont pas réellement besoin de travailler dans ce sens car ils le font normalement, étant restés plus proches de l’état naturel. Ils travailleraient avec l’énergie d’une autre façon. Mais dans le cadre de la société dans laquelle nous vivons, il me semble que la première nécessité est d’utiliser le type d’énergie allant vers l’intérieur, que l’on peut contacter au niveau du nombril, pour nous relier à nous-mêmes, aux autres, aux situations.

On peut contacter l’énergie en se concentrant sur différents points du corps : au niveau du nombril, de la tête ou du coeur. Ou bien on peut s’aider de déités. Les déités féminines les plus courantes dans le bouddhisme sont Tara, Prajnaparamita ou Vajrayogini. D’autres seront un support pour le côté masculin. Ou bien encore, dans une optique chamaniste, on se reliera à des esprits de la nature plutôt féminins : ceux de la terre ou de l’eau. Cela dépend des personnes mais cette troisième possibilité peut amener des complications. C’est assez difficile de se relier aux esprits sans être soi-même bien équilibré et solide. La méthode bouddhiste et sa façon d’utiliser les déités est préférable.

L’énergie ne se contacte pas uniquement au niveau mental mais aussi par le ressenti. C’est ce que j’appelle l’énergie "corps/esprit". Par exemple, quand on se place au niveau de la tête, on contacte une énergie plus active, qui se dirige vers l’extérieur ; alors que celle correspondant à la zone de l’estomac et du nombril est plus intérieure, plus paisible et en rapport avec les sensations.

[...]

Extraits d’une conférence de Tarab Tulku donnée à Paris en mars 1998