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mercredi 15 juin 2016

Qu’est-ce l’alimentation vivante ?



Est-ce que le sujet sous-tendrait qu’il y a du mourant ou du mort dans nos assiettes ? Pourquoi ai-je choisi de m’y intéresser ? Que cette démarche nous apprend-elle sur nous-mêmes grâce à une autre façon de nous nourrir ou de nous intéresser au sujet ? 

Cette démarche peut aussi nous permettre de transformer notre façon de penser, de penser le monde ou de le redécouvrir autrement par soi-même !!

Nous mangeons pour le plaisir ou pour nous maintenir en santé. 



Mais nous constatons qu’il y a beaucoup de maladies liées à une hygiène alimentaire ne tenant pas compte du terrain, des goûts et de la diététique adaptés à la santé de chacun ou de chacune. Mais peut-être que ce ne sont pas les seuls facteurs ?

Comment donc à partir des choix que JE fais et des priorités que JE me donne pour ces choix, je peux rester en bonne santé ou la recouvrer grâce à mon alimentation. Et aussi nourrir de bonnes relations avec les autres, trouver des liens de convivialité et de bonne digestibilité des échanges que j’entretiens avec moi-même et autrui. 

Que l’autre ait ou non une même culture alimentaire, suis-je en mesure de respecter mes choix qu’ils soient alimentaires ou autres ?

S’intéresser aujourd’hui à une nourriture vivante, n’est-ce pas aussi s’intéresser à la VIE tout simplement et à L’ART DU VIVRE ENSEMBLE en acceptant la culture, les traditions et les différences des autres ? 

Je vais répondre à mes premières questions tout simplement en reprenant la culture alimentaire, celle que j’ai reçue, et les recherches que j’ai toujours eu à Cœur de faire pour des rencontres de qualité dans toutes les cultures humaines que ce soit. Ou peut-être plutôt j’ai développé ces qualités au fil de mes expériences de vie, tour à tour assistante sociale, secrétaire médico-sociale, je suis aussi formée aux cultures artistiques avec le textile, le fer, la pierre, le marbre, la terre d’argile, et l’animation de publics tous secteurs pour l’accompagnement à la créativité.


Il y a donc en filigrane la question du RESPECT, de l’ACCEPTATION et de ce que j’appelle l’OUVERTURE DU CŒUR pour le bien ou le mieux vivre ensemble. 

Mes premiers questionnements furent en direction des colorants, des conservateurs, des pesticides sur les légumes, antibiotiques dans certaines viandes, des agents blanchissants par exemple dans le sucre, et certains aliments – exhausteur de goûts… et aussi sur le lait qu’à partir de 8-9 ans je n’ai plus digéré et que pourtant j’ingurgitais par respect de la conscience maternelle qui croyait que c’était bon pour ses enfants…


J’ai commencé à changer de nourriture à partir du moment où j’ai senti que ma digestion n’était pas facile. Et c’est grâce aux choix que j’ai faits que ma santé et la digestibilité des aliments ont commencé à se rétablir.

Je me suis bien sûr documentée sur le sujet et j’ai aussi essayé de me faire mon opinion par le goût. Est-ce que ce que je mangeais était à mon goût ?

Il est vrai qu’ayant grandi grâce aux légumes du jardin de mon père, j’avais déjà appris à connaître et reconnaître les végétaux qui me faisaient du bien, je continue d’apprendre à les cuisiner puisqu’aujourd’hui je reconsidère les modes de cuisson. J’adopte des modes plus doux depuis que j’ai découvert les ateliers de cuisine crue. Ce n’est qu’en 2014 que je les ai découverts avec Chantal Roy, une chef cuisinière venant du Canada.


Et depuis je me forme à me nourrir avec des aliments riches avec un fort potentiel nutritif comme les graines germées.

C’est ainsi que mon parcours a commencé, et aujourd’hui, j’alimente ces expériences de nouvelles aventures en changeant très progressivement mon mode d’approche de la nourriture.

J’ai aussi compris qu’il est important de prendre du temps pour changer progressivement sa façon de se nourrir. Car n’oublions pas que la nourriture est avant tout plaisir, convivialité, échanges, partage et affectivité. Elle nous lie et relie à notre enfance et il est parfois difficile dans un premier temps de refuser des plats que nous concoctaient des proches ou des amis. C’est un parcours engageant mais tellement réconfortant quand les découvertes de mieux être dans sa vie se font au fil des expériences.

Alors maintenant à vous de jouer dans vos choix, qu’ils soient alimentaires ou culturels, dans vos goûts les plus simples ou les plus profonds, lesquels peuvent aussi impliquer des rythmes pour se nourrir ne reprenant pas toujours ceux appris.



Grandir à travers son alimentation, c’est aussi revisiter cette façon que chacun et chacune a appris dans son enfance et donc revoir son parcours de vie, son éducation alimentaire et aussi celle liée à ses pensées en matière d’hygiène et de santé alimentaire. Chacun a en effet des croyances et c’est à partir de celles-ci, revisitées avec des guides, des personnes qui sont passées par là que ce parcours va se préciser pour mieux vivre son quotidien et sa vie. 

Merci à toutes les épreuves traversées dans cette vie qui m’apprennent à revisiter et à chercher la bonne trajectoire à chaque instant. 


Bénédicte PARPILLON, artiste, formée aux outils de la psychanalyse, sculpteur, modelage de la terre d’argile et de mots, poésie Haïku et chercheuse en alimentation vivante, le cru, les plantes sauvages et les graines. Paru au Magazine RêvedeFemmes.net

vendredi 10 juin 2016

L'ALIMENTATION VIVANTE PEUT-ELLE RESTAURER LA SANTE DES FEMMES ?



D'une pierre, deux coups

Et si l'alimentation vivante ne nous permettait pas seulement de faire la paix avec notre corps, mais aussi avec notre planète ? 

Lorsque j'étais petite, je voulais devenir une super-héroïne. Avoir le courage de Lara Croft, le crochet de Buffy contre les vampires, l'agilité des Charlie's Angels, la beauté des princesses Disney, parler dix langues, et même lire dans les pensées. Mais, à l'âge de vingt-cinq ans, j'ai plutôt l'impression d'en avoir 100. Je réussis à cumuler acné tardive et premières rides, un exploit tout à fait déprimant. Avec ses maux variés et sa perpétuelle fatigue, mon corps m'est un fardeau dont je m'échappe la nuit avec soulagement. Au réveil, les retrouvailles avec mon habit de chair n'ont rien de chaleureuses. La brume devant mes yeux ne se lève qu'après deux tasses de café. La journée, j'ai du mal à me concentrer, je suis souvent de mauvaise humeur et stressée.



Un tableau bien noir ? Plutôt la réalité quotidienne de la majorité de mes contemporains. C'est peut-être ça, finalement, être adulte : un mal-être sous-jacent qu'on gére à grand renfort de stimulants, alcool, chocolat, séries télés et de résignation. Lorsque je décris mes bobos à une amie, elle m'assure qu'il n'y a rien de plus normal. Tout le monde en est là, elle la première. Il faut faire avec. Vraiment ? Personne ne m'a prévenue ! Je n'ai pas signé pour une existence pareille. Mon enfant intérieure, qui se rêve plutôt en Wonderwoman, me rend cette réalité particulièrement dure à accepter. 

Le jour de mon anniversaire, une prise de conscience soudaine : il n'y a aucune raison que ma forme s'améliore avec les années... bien au contraire. J'ai déjà tenté d'appliquer les conseils de "bon sens" des médecins et des magazines - boire davantage d'eau, faire du sport, dormir, pratiquer la pensée positive - sans résultats. Mue par l'energie de l'espoir, je décide alors de tenter le tout pour le tout : je vais adopter le régime crudivore, dont certains prétendent qu'il fait des miracles.

En plein hiver, en plein Paris, armée de toute ma détermination et d'un extracteur de jus, je me lance dans le cru, à corps perdu. Ou plutôt, à corps retrouvé. Car ce dernier m'indique très vite que j'ai fait le bon choix. Une sensation de bien-être s'insinue dans mes entrailles. Une sérénité nouvelle envahit mon esprit. Je supporte avec résignation la detox qui s'ensuit et les regards consternés devant mes orgies de fruits. Six mois plus tard, je vibre d'une énergie dont je n'ai jamais joui, même dans ma plus tendre enfance. 

C'était il y a deux ans. Depuis, nombre de mes proches ont à leur tour adopté ce mode de vie, séduits par mon éclat tout neuf. L'alimentation vivante n'est pas un simple régime mais une véritable philosophie, basée sur le respect des lois de la nature, auquel notre corps est soumis. C'est apprendre à discriminer entre ce qui est bénéfique et ce qui ne l'est pas. C'est décider de ne s'offrir que le meilleur, le vrai, le juste, par amour pour soi-même. C'est apprendre à respecter la vie. Il existe un parallisme évident entre la façon dont nous (mal)traitons notre corps, et pillons notre planète. A la racine du mal, l'irresponsabilité. 

Le corps des femmes, comme celui de Gaïa, est généreux, cyclique, nourrissier. Mais lorsqu'il est attaqué par la pollution générée par le mode de vie d'une civilisation décadente, il se dérègle, devient moins fertile et disharmonieux. Résilient par nature, il n'a de cesse de se réparer, grâce à la loi de l'homéostasie. Mais il ne peut cependant se régénèrer qu'à partir de ressources adaptées. Un fruit nourrit le sol comme les tissus humain, sans laisser de résidus importuns. A l'inverse, les aliments traités, cuits, transformés, inadaptés, vont salir le système sans le nourrir, tout comme leurs emballages défigurent le paysage durant des années.

Au bout de quelques temps, la Terre, les corps, engorgés par trop de déchets, sont incapables de continuer à fonctionner. Des symptômes appararaissent - terres infertiles, maladies - qu'on traite à coups de substances chimiques. Alors qu'il faudrait laisser le terrain en jachère, afin qu'il se régule de lui-même, l'homme joue à l'apprenti sorcier. Antibiotiques, médicaments. Pesticides, nitrates, chlore. On aseptise la surface en acidifiant les profondeurs, déreglant un eu plus le système. Mais celui-ci, en apparence, continue de fonctionner : il va pouvoir être exploité davantage, jusqu'à épuisement.



L'homme a cru la planète si vaste, qu'elle pourrait digérer infiniment ses déchets. Pas besoin de réguler ses modes de consommation, de nettoyer derrière soi, ni (surtout pas !) de se priver. Aussitôt jeté, aussitôt oublié. De même, inutile de prêter attention à ce qu'il avale, et pas question de se refuser de "se faire plaisir" : le corps saura bien éliminer. Aussitôt avalé, aussitôt oublié. Encouragé par un système de santé déresponsabilisant, chacun refuse de voir le lien entre son attitude et ses maux, préférant accuser la fatalité ou la génétique. 

Aliéné par un quotidien éreintant, l'individu a déposé sa responsabilité. On pare au plus pressé. On astique sa petite maison, avec des produits qui vont polluer les océans. On se tartine de lotions lissant la peau, mais empoisonnant l'intérieur. On mange des produits qui flattent notre palais, mais abiment notre corps. Compartimentant, oubliant que tout n'est qu'Un.

Ne s'identifiant plus à sa nature mais seulement à sa civilisation, l'être humain s'est coupé de sa planète mère. S'identifiant à son cerveau uniquement, il s'est coupé de son corps. Au point de perdre tout instinct, de confondre besoins naturels et artificiels. Dès son plus jeune âge, le bébé humain se voit servir des aliments cuits, pasteurisés, mélangés, l'empêchant d'emblée de développer son goût pour les choses vraies. Le privant de sa boussole intérieure, il devient un consommateur vulnérable prêt à avaler n'importe quel produit bien marketé. 

La peur du manque, le refus de la frustration, aveugle l'homme sur les conséquences à long terme de ses choix. Il lui faut une catastrophe environnementale ou la maladie, pour envisager de remettre son mode de vie en question. En vérité, il semble même que la menace imminente ne suffise pas. La civilisation humaine fume sur son lit de mort ses dernières cigarettes. Au nom d'un prétendu "plaisir", d'un hédonisme suicidaire. 

Le corps féminin et son système hormonal subtil est particulièrement victime de cette situation. Le syndrôme prémenstruel, est présenté comme une fatalité normale, la pose en ennemie de son corps dès sa pré-adolescence. La double injonction contraire de la société -"sois belle et mince" versus "allez craque, il n'y a pas de mal à se faire plaisir" la place dans une dissonnance permanente. Elle se lance alors dans des régimes qui l'affament et échouent, renforçant le sentiment que son corps est un traître à qui elle ne peut se fier.

L'alimentation crue et vivante réconcilie le corps et l'esprit. La conscience s'ancre à nouveau dans le corps, qui devient enfin un endroit où il fait bon habiter. De la detoxification de l'organisme naît la clarté d'esprit : le ventre, deuxième cerveau, est une réalité qui n'est plus à démontrer. De la concience d'être en harmonie avec son environnement nait la sérénité : abandonner viande et céréales au profit des fruits, c'est remplacer élevage et champs cultivés par des vergers. Planter des arbres pour se nourrir, c'est soigner la Terre plutôt que de la piller. D'une pierre, deux coups.

Lucie DE RIBIER a 27 ans. Elle écrit, réalise des vidéos, donne des conférences et des cours de cru-sine sur le thème de l'alimentation vivante. Contact : lderibier@gmail.com



Le Cosmos et l’Être



Le Cosmos et l’Être contiennent des éléments qui sont interconnectés selon leur essence, leur relation à l’ensemble des autres éléments et leurs relations les uns par rapport aux autres. Chaque élément de l’Être et du Cosmos serons exposés individuellement et ensemble.




Les os sont la charpente du corps. Ils forment la forme du Chaudron de la Vocation. Ils sont notre pilier. Pour les Celtes, et les peuples du Néolithique qui vivaient avant eux dans les Îles Britanniques, les os contenaient la Magie d’une personne. Ils étaient utilisés pour produire des outils magiques et étaient sculptés de divers symboles et d’Ogham afin d’amplifier leur effet. D’ailleurs, c’est sur la pierre qu’était écrit l’Ogham et c’était par les « cris » de la pierre que le roi était choisi. La pierre est la fondation d’une maison tout comme les os sont la fondation du corps. Ce n’est pas un hasard si les plus puissants lieux magiques d’Irlande furent ornés de pierres sculptées, comme à Brú. On accordait également aux météorites une importante position mystique ; elles étaient considérées comme les os des étoiles, des « pierres qui brûlent ».

La chair est la partie du corps connectée au squelette et qui donne à notre corps une forme. Cette forme, ou silhouette, est connue en Irlande comme le delb. La chair est ce qui nous permet de nous mouvoir et nous donne de la force. C’est la substance que nous consommons, brûlons et sacrifions (avec le sang) quand nous faisons des offrandes aux Dieux. La chair d’un taureau était offerte et mangée afin de faciliter les visions de Tarbh Feis. Parfois, le sang ou la chair d’un ennemi étaient ingérés durant les rituels qui suivaient une bataille (selon certains auteurs, mais ce n’est pas un fait avéré, bien que cela ne me surprendrait pas). La Terre est l’analogie cosmique de la chair. C’est la Terre qui supporte notre existence et c’est à Sa surface que nous travaillons.

La chair est le principal composant du Chaudron de la Vocation.

Les cheveux et la peau sont les « capteurs » de nos corps. La peau est l’organe sensoriel le plus étendu que nous possédions. Elle réagit au toucher, au  chaud, au froid, à la souffrance et au plaisir. La peau est la seule voie par laquelle nous prenons conscience de nous-mêmes, de nos limites et de notre environnement. Les cheveux, qui poussent sur la peau, sont une voie supplémentaire nous permettant de percevoir notre environnement sans rien toucher.

En effet, grâce à eux, nous pouvons percevoir le vent et l’électricité statique. Tout comme notre peau, notre chevelure reflète notre état de santé général. Quand nous nous sentons bien, nos cheveux sont brillants et soyeux. Quand nous sommes déprimés, ils sont ternes et plats. L’aspect de notre peau, comme l’aspect de nos cheveux, est un indicateur de notre condition physique. Un environnement sain se reflète dans une herbe bien verte, des plantes, des arbustes et des arbres vigoureux. Notre peau et nos cheveux fournissent la couverture du Chaudron de la Vocation.

Le sang est la rivière de vie du corps. C’est ce qui soutient la chair, comme la respiration. Il nous réchauffe et reflète notre état émotionnel. Le sang est l’un des trois feux du Chaudron de l’Échauffement. Sommes-nous chauds ou sanguins ? Notre sang ne fait qu’un tour ? Avons-nous les yeux injectés de sang ? Ou peut-être sommes-nous de sang bleu ? Ces expressions soulignent bien la nature jaillissante, structurante et réactive du sang. Tout comme le sang est la source de vie du Corps, la Mer est le Chaudron d’Abondance pour le Monde.

La Mer exprime ses humeurs et se tempère, comme le fait le sang. La Mer est dans un état de changement constant. C’est le Sang du Monde. Le souffle est le constant renouveau de l’esprit. Il permet une mise à plat des sentiments et des tensions. Notre respiration est également utile au processus d’oxygénation du sang. Elle est l’un des trois feux du Chaudron de l’Échauffement. Le souffle est ce qui affecte nos humeurs et nos perceptions. Dès notre naissance, notre premier acte conscient en ce monde est la respiration. Ce n’est pas une coïncidence si les termes qui désignent le souffle, l’âme et le nom ont tous la même racine en Irlandais (anail, anam, ainm). Le souffle et le vent sont des correspondances entre le corps et la nature. Les Celtes voyaient dans le vent le souffle des cieux.

Il était également utile aux marins pour prévoir le temps et prédire leurs prises. D’un autre côté, l’esprit jouissait d’une plus grande considération chez les Celtes. La sagesse était réputée couler des sources et des chaudrons. C’est une coïncidence surprenante que ce « flux de sagesse » d’une source de connaissance trouve des parallèles évidents dans les ondes alpha découvertes par la science moderne. Peut-être les Druides ont-ils découvert la nature ondulante de la pensée lors de leurs chirurgies du cerveau ? (Des exemples ont été découverts dans des tombes celtes.) La Lune est le phénomène naturel qui contrôle les vagues sur la terre et en mer. Elle est le symbole de la pensée et du cycle de la Nature Elle-même. L’esprit est l’un des trois feux du Chaudron de l’Échauffement.




Le visage était considéré comme une fenêtre donnant sur la personnalité d’un individu. Comment quelqu’un se tenait en public et comment il était perçu par les autres était essentiel. La réputation et les exploits personnels étaient vantés par les poètes et les bardes. La parole et l’honneur d’un homme (ou d’une femme) étaient aussi importants que sa vie elle-même. L’importance du visage et de l’apparence devait transparaître dans l’emphase des druides pour la satire et dans leur habileté à blesser ou tuer l’objet de leur mépris (en parole seulement).

C’est le soleil qui représente le visage du monde : il l’illumine pour que tous les êtres puissent voir et être vus. C’était suivant la course du Soleil ou contre lui que l’on annonçait les louanges et les insultes. Il était l’exemple-même du visage pour les Celtes. Le visage était l’ouverture du Chaudron de la Connaissance. Le cerveau sert de support aux pensées et aux souvenirs. Il est comme le papier des livres ou le silicone des ordinateurs : c’est le media qui contient notre esprit et nos pensées. Il est  l’ordonnanceur et l’architecte de nos facultés mentales. Être un « cerveau » implique de très fortes capacités de déduction.

C’est le signe de nos pouvoirs mentaux. Le cerveau est le « ragoût » contenu dans le Chaudron de la Connaissance, tout comme les Nuages et les Étoiles sont le ragoût cosmique des Dieux. Les Druides lisent les étoiles et les nuages pour obtenir la Sagesse des Dieux. L’astrologie druidique était encore appelée Neladoracht, littéralement « l’observation des nuages ».

La tête était vénérée chez les Celtes qui conservaient  la tête de leurs adversaires les plus importants comme trophées. On pensait pouvoir contrôler l’âme d’une personne si l’on possédait sa tête.

Effectivement, celle-ci était réputée contenir l’essence de la personnalité et du pouvoir d’un individu. C’est pourquoi elles étaient préservées dans de l’huile de cèdre et exposées en bonne place dans les salles de banquet et la maison (ainsi que sur les chars et les chevaux). La tête contrôlait l’Être, tout comme les Cieux règnent sur la Terre. Le Roi Sacré qui possède la Souveraineté de la Terre (comme le chef des Tuatha et l’époux de la Déesse). La tête était le récipient pour le Chaudron de la Sagesse.

Bien d’autres choses pourraient encore être ajoutées en ce qui concerne les éléments et la cosmologie celtes. D’une part, les Celtes utilisaient les quatre directions pour établir leur centre (tout comme le Soleil lui-même et les étoiles), puis ils ajoutaient d’autres dimensions à leur espace : un ici, un en haut et un autour (un extérieur et un en-dessous).

Ce monde et l’Autre-Monde se touchaient presque en tout lieu, mais, à certains moments et en certains endroits, les portes pouvaient s’ouvrir un petit peu plus grand. Mais il s’agit là d’innombrables autres histoires !

Pour plus d’information sur les voies des Druides et les mystères de l’Ogham, vous pouvez lire mes articles sur la divination oghamique dans le Journal of the Henge of Keltria http://www.keltria.org  ou visiter le site http://www.summerlands.com


mardi 7 juin 2016

Le Centre du Monde Celtique



Pour un Celte, la question « Où se trouve le Centre du Monde ? » connaît trois réponses possibles. En tant qu’individu, notre réponse pourrait être : « C’est là où je me tiens. » C’est une référence à « gorm a cli » ou le centre de l’Être, le « centre ou coeur ». En tant que membre d’une famille, notre réponse pourrait aussi être : « C’est le cleithe, le pilier central de ma maison. » En tant que membre d’un clan, nous aurions pu répondre qu’il s’agissait de Bíle, l’arbre sacré des Dieux.

Chacun de ces centres est connecté aux autres par la déesse Brighid. Elle était la Déesse du Feu : le feu de la tête et du coeur,le feu du foyer et de la terre, les feux des forgerons et des poètes. Elle contrôlait les serpents du cœur « assoiffé de feu » et des feis. Brighid était la « fille du feu » de Dagda. Elle était l’élément magique connectant les Trois Mondes. Si les éléments attachés à chacun de ces Trois Mondes était la Terre, la Mer et le Ciel (Terre, Eau et Air), alors Elle était le Feu qui les transforme tous les trois. C’est le Feu qui ouvre les voies de l’Autre-Monde aux Feis. C’est le Feu qui inspire les poètes.

C’est le feu qui réchauffe l’anam (l’âme), aussi bien que les Chaudrons de la Sagesse, de l’Échauffement et de la Connaissance. Pour un Celte, le Centre du Monde est l’interconnexion de l’individu, de la famille et du cosmos. Le feu les illuminait tous, il était au centre des rituels celtiques et druidiques.




Neuf éléments
« J’ai été fait des neuf éléments, des fruits au pied des arbres gisants, du merveilleux fruit du Paradis, des primevères de la colline, des pétales de buissons et d’arbres, des racines sous terre cachées, d’ortie et de genêt, de l’eau de la neuvième vague. Math lui-même m’a enchanté avant qu’immortel je ne sois fait, Gwydion m’a créé de sa baguette. D’Emrys et d’Euryon, Mabon et Modron, de cinq cinquantaines de mages comme Math lui-même j’ai été fait, par le maître en grande extase, et les plus sages druides j’ai été fait, avant le commencement du monde et je détiens la connaissance des étoiles du début des Temps. »

Taliesin, chef des bardes de Bretagne (vers 600 avant l’ère commune) tel que rapporté dans le Cad Goddeu. Traduit de l’original en anglais par Caitlin Matthews. Adapté en français par Adélaïde Foliot

Afin de définir l’individu, le premier centre, je dois vous présenter une liste des neufs éléments que j’ai extraite d’une étude des traditions celtiques. Tout comme le Hatha Yoga définit le corps humain en tant que « maison à une colonne et neuf portes », les Celtes définissaient le corps comme une  composition de neufs éléments ou « dúile ». Le neach (l’être vivant), ou duine (la personne), était composé de neuf dúile (éléments). A chacun de ces éléments correspondait un élément cosmique dans le Bith (cosmos). Cette interconnexion du dúile donne tout son sens à l’expression « en haut comme en bas ».

Lorsque les éléments de l’individu et du cosmos sont en harmonie les uns avec les autres, c’est le moment de travailler avec les plus puissantes magies. Un Esprit celte est centré sur la maison qu’est son corps ; son foyer l’est sur l’emplacement où le feu qui le réchauffe se consume. Sa vie est  contenue dans le clan ou tuath. La magie est partout et la Vie n’est réelle que dans les limites de sa Terre. Partout ailleurs, il est « autre ». Le tableau suivant tente de définir comment les portes et les fenêtres du corps peuvent être connectées à la Terre, le centre au cosmos.





Les correspondances  de Dúile

Ces éléments qui constituent l’individu peuvent être vus comme équivalents aux chakras, aux planètes, aux sens et aux couleurs, mais c’est une autre histoire. Durant la divination, nous utiliserons les neufs dúile et nous ferons référence aux Trois Chaudrons de l’Échauffement, de la Vocation et de la Connaissance plutôt qu’aux chakras.

Mais avant d’évoquer davantage les éléments et les Trois Chaudrons, voyons ce qu’un Ollamh peut nous dire concernant leurs Mystères lorsqu’il essaie d’harmoniser son propre Dúile au cosmos. Ce regard en « coulisses » est contenu dans une grande et ancienne invocation appelée « Le Mystère » et attribuée à Amergin, fils de Mile, Ollamh des Milesiens (vers 1000 avant l’ère commune). Cette traduction a été réalisée par R.A.S. Macalister pour le Livre des Invasions ou Leabhar Ghabala.



Pour plus d’information sur les voies des Druides et les mystères de l’Ogham, vous pouvez lire mes articles sur la divination oghamique dans le Journal of the Henge of Keltria http://www.keltria.org  ou visiter le site http://www.summerlands.com


Retrouver la Déesse du Territoire


Le paganisme breton se trouve juste sous la surface, sa culture a été protégée pendant des siècles par la langue bretonne, que seulement les bretons connaissent. Le Christianisme et le Paganisme se fusionnèrent et les anciens chemins furent cachés sous l’apparence du nouveau. Les autels romains de Mithra furent inclus dans les églises chrétiennes. Les statues des déesses gallo-romaines réapparurent en tant que Vierges.




Les anciennes divinités bretonnes vivent et on a découvert qu’en faisant des rituels à l’extérieur, les divinités qu’on invoquait d’habitude dans notre temple à Londres ne nous parlaient pas sur cette terre riche, ni dans la salinité du vent, ni à l’ombres des pierres érigées vers un ciel étoilé. Lors de nos premiers rituels dans le cercle de pierres qu’on a créé, on invoquait les quatre directions en utilisant les images de la tradition celtique – l’aigle à l’est, la jument blanche au sud, le saumon à l’ouest et le taureau noir au nord. Comme les noms des dieux qu’on utilisait en Angleterre et en Irlande ne semblaient comme « Dame » et « Seigneur ». Puis lors d’un rituel on était assis autour d’un feu et on a attendu.

On écoutait le vent dans les arbres, les cris des hiboux, les bruissements des animaux curieux entre les buissons, venus voir notre rituel de feu. À la lumière tremblante du feu et le sifflement des arbres, on écoutait attentivement, pour découvrir le schéma divin de ces sons. Des mots arrivaient et on y trouvait un sens.

On écoutait et dans le vent un son arriva.

On confronta nos notes. Oui, on avait entendu la même chose. On avait trouvé notre première divinité. L’intuition avait trouvé un nom et la pensée maintenant prenait sa place. On acheta des livres sur l’histoire celtique de Bretagne. On a découvert ainsi le travail de Christian-J. Guyonvarc’h, professeur en études celtiques à l’Université locale de Rennes, et les recherches des historiens bretons locaux, comme Gwenc’hlan Le Scouëzec. On a commencé à découvrir nos Déesses et nos Dieux. On a découvert Belisama et on a commencé à l’adorer.

La Déesse Dorée

La mer qui entoure la Bretagne de trois cotés porte avec elle les brumes, la pluie, le vent et le soleil. C’est une terre aux longues soirées dorées d’été, quand le coucher teint le ciel d’ambre, d’orange, d’abricot et de rose. C’est cette lumière dorée qui a attiré en Bretagne au dix-neuvième siècle des peintres comme Paul Gauguin pour peindre « Le Christ Jaune » et « Meules de foin en Bretagne ». On a découvert que c’est Belisama la déesse des étés dorés qui commence à Beltane. Dans les longues soirées dorées, les rayons du soleil transforment les cristaux de quartz de notre ferme et ils brillent d’une lumière dorée. On ressent la présence de Belisama dans le cercle et tout autour quand les journées d’été commencent à s’allonger. On la ressent comme de l’énergie, dorée et lumineuse, joyeuse et créative.

Il y a le rire et la force. On ne la ressent pas comme Vierge ni comme Mère, mais comme déesse amante qui prend comme amant ceux qu’elle veut et qui donne son amour à tout le monde.

Feu et eau
Au Solstice quand le soleil est au maximum de sa force, on entre dans le signe astrologique du Cancer. Le Solstice porte avec lui les énergies du feu et d’eau à la fois, l’eau des plaisantes pluies d’été.

Dans notre travail rituel avec Belisama elle vient à nous
comme une déesse solaire et de l’eau.

Nos étés bretons, ce sont les étés du soleil et des averses, donc cela a du sens chez nous. Pendant nos recherches, on a découvert qu’il y a un lien avec l ’eau. Le géographe romain Ptolémée enregistra le nom d’un fleuve au nord-ouest de l’Angleterre, appelé maintenant Ribble, Belisama. On a remarqué que notre vision de Belisama est tout à fait semblable à l’image de la carte des tarots des Étoiles. On la voit très souvent près des ruisseaux dans lesquels coule de l’eau fraiche. On la voit se promener sur les rives entre les joncs et les fleurs. On invoque Belisama quand nos initiés italiens viennent nous voir de Milan. Quand la déesse est invoquée, la pleine lune monte grande et dorée. On voit ici une autre image de Belisama. Est-elle la lune dorée d’été que l’on voit très souvent resplendir sur notre terre dorée ?




S’approcher de nos Dieux

Dans beaucoup de traditions païennes à mystères, l’invocation est le sacrement, le processus sacré à travers lequel celui qui invoque et l’invoqué créent une identification temporaire entre un être humain et le Divin. Lors de ce moment de fusion, on peut retrouver des visions, des signifiés, de l’inspiration, du pouvoir et, à travers une expérience extérieure, de la sagesse qui peut enrichir notre pratique spirituelle et nos vies quotidiennes.

La spiritualité païenne s’exprime par des symboles plutôt que par des mots pour transmettre un message spirituel. On n’est pas piégé comme certaines religions « du livre » par l’interprétation d’un groupe d’êtres humains dans un temps et un espace bien définis. À travers les symboles, les dieux nous parlent et on peut mieux les comprendre. On invoque Belisama et nos visions et notre compréhension d’elle évoluent. L’importance des symboles dans la spiritualité païenne nous démontre que les idées peuvent évoluer dans le temps – on peut faire des changements, la spontanéité et la créativité rituelles sont encouragées. Belisama est ven ue à nous dans notre cercle et notre temple.

On  sait très peu sur comment les gens la concevaient et l’adoraient dans l’Antiquité. Belisama est comme la lumière du soleil – elle change de jour en jour. On se contente de l’adorer comme elle choisit de se manifester et en elle on voit, on connait, on se rappelle de la beauté de l’été.

Bénédictions d’été

Que vos divinités viennent à vous quand vous honorez les marées des saisons. Que votre Été soit riche en prospérité et guérison. Que vous et votre chemin soyez bénis.


Retrouvez les articles de Vivianne Crowley et Valentina Voxifera sur https://voxiferaldiana.wordpress.com

samedi 4 juin 2016

Pour qui ? Pourquoi ? La vibration Féminine


 
Le féminin dans sa puissance et sa grandeur s’ouvre actuellement
Il y a de multiples manières de pouvoir vivre dans la sororité.

Ce terme se remanifeste dans notre dictionnaire français, Il est alors l'expression de la solidarité entre femmes. Il s'apparente à la fraternité. La sororité désigne les liens entre les femmes qui se sentent et se reconnaissent dans leur similitude et leur appartenance. C’est un état d'unité, entre plusieurs femmes, un sentiment qui dépasse ‘ je seule’, pour rassembler plusieurs « je » et créer un « nous ». ‘L’union fait la force…’.selon le proverbe et la devise belge, son œuvre agit plus intensément et puissamment. Cet ensemble porte à son fondement le respect et la considération de la personne humaine et divine et particulièrement du Féminin Sacré.



Un cercle de femmes est constitué uniquement de femmes qui ont envie de se rencontrer dans l’humilité, le respect et l’humanité.

Lorsqu’une femme décide de faire partie d'un cercle, sa place est égale à celle de toutes les autres femmes.

J’appelle ces rencontres ‘cercle de Femmes’ par sa définition première : Un cercle est une forme à la circonférence ininterrompue ; c'est un symbole de plénitude, d'intégrité. C’est un principe et une forme qui va à l'encontre de l'ordre social, de l'ordre hiérarchique supérieur/inférieur de l'attribution d'un possible de comparaison. Que la femme soit en chemin, novice, initiée, ces cercles lui sont ouverts.Toute femme est la bienvenue pour retrouver, rencontrer ou découvrir les profondeurs de son Féminin.

La Vibration du Féminin Sacré qui m’habite et m’accompagne, anime ces cercles et ces rencontres.

Plus qu'un cercle de paroles, les cercles que j’initie, nous invitent à la rencontre de nos profondeurs de femmes et à la découverte de nous-mêmes...Chaque fois différent, il demeure unique à vivre et mystérieux à se déployer. Ils réhabilitent ce droit au Féminin divin dans la matière.

Les cercles de sororité apportent :


- une initiation ou un approfondissement de la solidarité féminine, 
- des guérisons de blessures engendrées entre les femmes, 
- une réconciliation, une démarche de pardon entre les femmes, auprès des histoires entre elles, que celles-ci soit portées de génération en génération ou que celles-ci soit d’une échelle similaire.
- une œuvre d’amour pour le collectif du féminin puis du collectif de l’humanité
- l’honneur à la puissance du Féminin




Le cercle de sororité appelle à la paix des sœurs.

Réapprendre la confiance entre femmes, oser repartager son intime avec d’autres matrices en respect, certitude et joie de dévoiler son individualité féminine, est primordiale dans le chemin de la sororité.

Il est essentiel de se réconcilier avec notre féminité, avec notre corps de femme mais également de femmes à femmes avant d’œuvrer ensemble pour le collectif.


Le Féminin Sacré

C’est un choix de nous reconnaitre, de nous RE connaitre, porteuse, de ce féminin, de nous reconnaitre engagé, envers cette sacralisation de cette ouverture de conscience planétaire actuelle du féminin.

Car le Féminin est une énergie d’Union et non de comparaison ou de compétition…

A l’heure actuelle, il y a une nouvelle naissance du Féminin à laquelle, nous sommes en CO NAISSANCE de celle-ci.

Chaque être est à sa place, chaque être, homme ou femme a à enseigner, a à transmettre cette énergie dans sa structure, que nous soyons une petite femme, une grande femme, une femme avec de longs cheveux, une femme avec des cheveux courts, une femme avec des énergies de douceur, une femme avec des énergies de guerrière, une femme avec des énergies de tendresse, que nous soyons un homme, un homme guerrier, un homme protecteur, un homme de connaissance, etc. etc., chaque être porte et connait et transmet cette énergie de ce féminin quel que soit sa structure, quel que soit sa place, quel que soit sa forme énergétique.

Le féminin sacré n’a pas un type même, le féminin sacré n’est pas une manière d’être telle que… Il est diversifié, il est dans chaque structure homme et femme.

De magnifiques hommes sur cette Terre portent en eux un magnifique et merveilleux féminin et masculin sacré.

De grands hommes sont fort connectés à cette expression du féminin sacré à travers eux. Par exemple, Le Dalaï-lama. Observez cet être porteur de ce féminin, dans un corps d’homme.

Inutile d’œuvrer ce féminin dans un métier, dans une action, dans un évènement, dans une structure, il est partout et toujours avec nous, Nous sommes libres et responsables de l’émaner à chaque instant. Et, bien sûr, nous pouvons poursuivre au partage et à l’échange de nos énergies par des Co regroupement de différentes énergies féminines permettant l’union fessant la force

Que chaque être puisse retrouver la puissance du Féminin sacré, que chaque Yoni puisse retrouver la guérison du féminin sacré, que chaque Vajra puisse retrouver la guérison du féminin sacré, que chaque conscience puisse retrouver la guérison du féminin sacré,

L’énergie du féminin est une énergie d’amour et nous pouvons nous rappeler que le don de guérisseur que la plus belle guérison, que la seule guérison, que le pouvoir de guérison est l’amour…


Emma GRILLET
Tantrika et Channel




Cercle de femmes avec Emma GRILLET dans le jura


• Cercle de sororité : du 17(au soir) au 19 juin 2016
• Cercle de yoni niveau avancé : du 24(au soir) au 26 juin 2016
• Cercle de tantra et sexualité niveau 2 : du 12 (au soir) au 14 Aout 2016
• Cercle Fémin-naissance : 1er octobre 2016
• Cercle la Yoni : 3 et 4 décembre 2016

mercredi 1 juin 2016

Peau de faune, peau d’arbre, union charnelle de Beltane




  
Crédit photo : Fred Lefaune

Ce n’est pas du  tout le moment de fêter Beltane. Trop tôt. Je devrais attendre une semaine. Et pourtant non. J’ai entendu l’appel tôt ce matin, dès les premiers rayons de l’aube. Je l’ai senti là, dans le ventre, dans le frisson des poils de ma poitrine, dans la lumière râpeuse de mes cornes déployées. L’appel des fleurs, des feuilles ouvertes, de la terre nue. C’est le moment. Je dois y aller. Je dois le faire. Azalées et rhododendrons déploient leurs robes affriolantes et leurs tout fins pénis gorgés de pollen safrané. La terre est huileuse et fertile. L’Aubépine ouvre ses bouquets de fleurs roses et serrées. Le monde entier ouvre les cuisses et laisse se répandre ses parfums. Y a pas à dire, cette année, la nature est vachement en avance.

Je traverse le jardin, fourrure au vent. Un voisin me jette au passage un regard consterné. Il faut dire sous la brise, cela peut effarer. Je m’en tamponne les coquillages et j’avance, nez levé, vers mon chalet de bois. Rien ne paraît avoir changé depuis la semaine dernière. Tiens ? Si, tout de même. Toutes les fleurs sont fanées elles tirent la tronche dans leurs écrins de verre. Il faut laver tout ça. J’enlève la statue de crapaud qui trônait sur l’autel depuis Ostara. Je nettoie la planchette toute poudreuse de pollen.

Quelques fourmis s’enfuient. Je soupire. C’est toujours un moment spécial, transformer son autel. Puis je dépose, avec d’infinies précautions, une autre figurine d’argile, abstraite et biscornue. Qu’est-ce donc ? Un oeil ouvert ? Une fleur ? Peut-être bien. Un vagin où palpite un clitoris boutonneux ?

Possible également. Mais pas seulement. Il est Phallusaussi. C’est le Dieu-Déesse qui s’entrouvre. L’antre du Mâle Femelle. L’Hermaphrodite. C’est le Tout. La réunion terrestre, argileuse, des deux sexes. L’étrange célébration du végétal. Du végétal ? Mais… pourquoi ? Étrange comme l’humain croit avec une fermeté rigide que tout se divise dans le monde en mâles et en femelles. Toutefois, l’immense majorité des plantes à fleurs est au contraire hermaphrodite. La diécie fait figure d’exception. Tandis que la grande tribu verte effectuait sa propre évolution, elle a exploré un nombre incroyable de possibilités sexuelles. Et un pommier n’est ni mâle ni femelle. Il est les deux sans être l’un ou l’autre. Il est enfant du Dieu Déesse, c’est tout.

Je m’assieds confortablement. J’allume ma pipe pour la deuxième fois de l’année. Son tabac chargé de vanille, de réglisse, disperse le plaisir chaud de ses volutes bleutées. Je ne pense pas. Je ne parle pas.
Je pétune là, sans rien dire. Je suis juste présent. Ouvert. Je ne sais même pas ce qui va se produire pendant les minutes qui suivent.

L’eau s’est retirée de ma hutte avec un mois d’avance. Son appel est puissant. Charnel. Sensuel. La mousse a recouvert la terre, mêlée de vieilles bogues de châtaignes, de feuilles de pissenlit. L’ache des marais y tombe, plein, fort, envahisseur. Je casse une de ses tiges. J’aime son parfum de céleri. Il glisse en moi des larges ondes de désir vert, qui me retournent, rêveur, me déposent sur le sol. Je m’assieds.

Je m’allonge. Je regarde le plafond de ma hutte, branches emmêlées de noisetier. Je sens l’herbe me gratter le dos, des fourmis offusquées me piquer, la mousse me chatouiller. La terre est humide de matin, de fraîcheur, de verdeur. Un merle crie. J’appelle le faune. Viens à moi, faune. Il vient.

Nous sommes là, lovés dans le creux de la terre, à un mètre sous le niveau du sol, faune mâle et homme mâle, enivrés de caresses et de suantes fourrures. Donnons à la terre nue l’offrande poisseuse de nos plaisirs. Quand mai allume les feux du sabbat de Beltane, je ressens également un tout autre appel. Celui d’un de mes trois pommiers déjà âgés. C’est toujours le même qui me hèle. Année après année. Je viens à lui. Timide comme une jeune fille. Je colle ma fourrure à sa peau. Que c’est dur et ridé, une écorce.

Que c’est blessé, couvert de cicatrices, de rides et de cassures, la peau d’un arbre. Rien n’est lisse. Tout est écorchure, tout accroche. Sa peau est mousse, lichen, fourmis et poudres brunes. Mes poils s’accrochent à lui. Se mêlent à lui. Ma peau l’embrasse. Ma main le parcourt sur le tronc, remonte sur ses branches. Ma barbe le lèche. Mes lèvres le célèbrent. Union de l’animal et du végétal. Union sauvage de la peau et de l’écorce. Pareillement nues. Pareillement dépourvues de toute douceur.

Ecorce écorchée, peau poilue. Fourrure contre tronc. Baiser des lèvres à la naissance des branches. Quand le vent souffle, l’arbre danse. Aujourd’hui, non, il ne danse pas. Il est totalement immobile. Je sens un calme profond, profond, tellement profond. Le pommier est en train d’enlever de moi les lambeaux de mes peurs et de mes rancoeurs. Sa voix résonne en moi. On dirait celle d’une femme. Sa peau, pourtant, est celle d’un homme.






Dieu Déesse. Oui, forcément ! «Mange une pomme quand le stress te mange». J’y songerai. Merci à toi pour le conseil. Je vois déjà le pistil de ses fleurs se gonfler, promesse des pommes futures. Je le laisse à regret. Mais reviens à peine deux minutes plus tard pour prendre quelques photos. A quoi ressemble l’union d’un homme avec un arbre ?

Je me le demande. Je mitraille. Je découvre. Les images me surprennent. Je les trouve à la fois...étranges et belles. En voici une, comme la bouche d’un géant au coeur d’un paysage nordique.

Je termine ma célébration en réalisant une bouteille sorcière. Je collecte un échantillon de tout ce qui est en fleur pour l’instant dans le jardin. Et cela fait pas mal de plantes : pissenlit, lilas, azalée, rhododendron, pâquerette, aubépine, bourrache, clématite, pensée, robinier, tulipe, glycine, weigelia cercis, genêt, pommier, romarin, thym, renoncules,... Je rassemble le tout dans une bouteille sur laquelle je colle un sigil signifiant le nom de Beltane et ce qu’il représente pour moi : la floraison, l’union, la rencontre, l’expansion, l’amour. Puis, je couvre la bouteille d’une bougie pastel que j’allume afin d’exprimer dans la lumière toute la magie bénéfique, florissante et favorisant la rencontre que peuvent véhiculer ces fleurs. La première des coulures frappe le sigil lui-même, s’imprégnant donc de son pouvoir.

Ainsi, je clôture la fête, dans la contemplation méditative d’une bougie allumée

Retrouvez les écrits et photos de Fred Lefaune sur son blog http://sentierdesfaunes.canalblog.com