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samedi 22 août 2015

La Phase Sorcière




Elle correspond à une période de retrait, de repli sur soi vous mettant à l'écoute de votre moi intérieur et de votre corps. Cette phase peut débuter avec les règles ou légèrement avant et s'achever à peu près au moment où cesse l'écoulement sanguin. Il n'existe pas de frontières absolues entre les différentes phases, le flux énergétique s'établissant librement de l'une à l'autre et c'est progressivement que vous prendrez conscience d'un changement lors de ce passage. La phase Sorcière est une période charnière qui restaure l'équilibre entre l'expression intérieure des facultés intuitives et celle de l'intellect. Les règles correspondent à un moment où les barrières entre conscient et subconscient sont abaissées élargissant votre champ de conscience et vous ouvrant à celle du corps. 

Malgré le repli sur soi qui la caractérise, cette phase n'est pas négative ; elle est souvent marquée par un sentiment d'accueil et d'intégration à toute chose, ainsi est-ce une occasion de permettre à votre moi intérieur de s'exprimer dans votre pensée. Les énergies créatrices n'ont plus un caractère inspiré, mais plutôt visionnaire par la faculté qu'elles confèrent de percevoir l'invisible trame des choses et d'en approfondir sa connaissance. La phase Sorcière correspond à une période de calme et de gestation qui précède votre irruption dans le monde, baignée par la lumière blanche du croissant de lune ascendante. 

Elle marque la transition entre la fin d'un cycle et le début de l'autre. Avec les règles, s'achève le processus de ralentissement qui caractérise la phase Enchanteresse. Votre corps dispose d'une moindre énergie physique, a besoin en général d'un sommeil accru et peut ressentir une lourdeur due au gonflement mammaire et abdominal. Le monde terre-à-terre prend moins d'importance, le souci des petits détails et des nécessités quotidiennes vous agace et vous irrite au point de ne plus y faire vraiment attention. De plus, la nécessité du repli sur soi correspond au besoin d'apprendre au contact de vos plans de conscience intérieurs. Ainsi, la vie relationnelle et le dialogue peuvent-ils vous paraître inutiles. Mondes intérieur et extérieur se confondent, puisque le calme et la rêverie persistent tandis que vous assumez les tâches quotidiennes ce qui vous donne l'impression d'évoluer simultanément dans deux univers. Les mécanismes psychologiques se ralentissent aussi et peuvent même s'interrompre totalement lorsqu'un certain stade est atteint dans la méditation ou la rêverie extatique. Cependant, les émotions remontent aisément à la surface et l'extrême sensibilité de l'empathie peut rendre insupportable le monde terre-à-terre. 

Par ailleurs, l'énergie sexuelle libérée au cours de cette phase peut atteindre une profondeur dans le vécu inconnue pendant le reste du cycle, aussi pouvez-vous éprouver le besoin d'exprimer et de voir exprimer par votre partenaire de profonds sentiments amoureux et romanesques. Les rapports sexuels peuvent être le langage exprimant l'amour ardent, quasi spirituel, qui unit deux personnes. Interaction avec les énergies de la femme sorcière Votre apparence est la meilleure manière et la plus simple de traduire extérieurement vos sentiments. La façon dont vous vous habillez reflète le langage créatif par lequel s'expriment votre moi intérieur et la réaction de votre corps ainsi que celle du monde qui vous entoure. Par le choix de vos vêtements, de votre coiffure, de votre maquillage, de vos bijoux, enfin par votre allure générale vous exprimez vos sentiments sous la forme d'une image colorée. Vous faites cela tous les jours mais, parce qu'il s'agit de gestes dépendant presque totalement du subconscient, vous ne les considérez pas comme appartenant à un langage créatif. En procédant au choix conscient de vos vêtements et de leurs coloris pour être en accord avec les phases de votre cycle, vous introduisez dans votre conscience journalière celle du lien existant entre vous, votre corps et votre cycle. 

A chaque phase, modifier votre apparence vestimentaire renforce en vous son caractère spécifique et exprime les changements imperceptibles survenus dans votre démarche, vos manies, vos gestes et votre attitude à l'égard d'autrui. Vous constaterez également qu'hommes et femmes réagiront différemment à votre aspect extérieur en captant ce langage au niveau subconscient. Pendant la phase Sorcière, vous pouvez vous sentir attirée par le port de vêtements vous apportant confort et réconfort. Il peut s'agir de « bons vieux » vêtements faciles à porter ou d'autres amples comme certaines jupes ou robes. Si, pendant cette période, vos seins et votre abdomen sont gonflés, choisissez des tenues qui acceptent vos rondeurs et si vous êtes particulièrement soucieuse de votre ligne, optez pour celles qui les dissimulent, mais vous ne devez ni combattre votre corps, ni le haïr, car c'est en acceptant votre apparence physique que vous accédez à la sérénité et à la confiance que donne la plénitude des formes. Comme celle des statuettes préhistoriques représentant Vénus, la générosité des formes doit être honorée. 



Quant au choix des coloris, prenez celui qui va le mieux avec votre ressenti : le rouge pour symboliser vos règles, le noir pour traduire votre repli sur vous-même, ou le violet pour exprimer une nature plus ésotérique. Vous pouvez constater aussi que le châle ou le manteau marque la barrière qui vous isole du monde extérieur, lors de votre retrait sur vous-même. Cette phase se caractérise également par un besoin de calme et de tranquillité. La plupart d'entre vous ont un rythme de vie si soutenu qu'elles ne peuvent se permettre d'avoir leurs règles consciemment. Elles subissent cette déperdition sanguine, l'existence du tampon en atténuant la perception, si bien qu'elles continuent à vivre « normalement », en se forçant parfois beaucoup plus que d'habitude sur les plans physique et psychique pour concrétiser leurs aspirations professionnelles. Dans beaucoup de cas, elles se demandent pourquoi elles sont si fatiguées ou incapables de travailler, simplement faute de se souvenir qu'elles ont leurs règles. A leur venue, la vie quotidienne ne s'arrête pas et plus encore actuellement où vous disposez de moins en moins de temps pour vous recentrer sur vous-même, en raison des attentes et exigences dues au maintien d'une maison et au fait de travailler pour vivre. 

Aussi avez-vous du mal à accepter la menstruation alors que vous n'avez pas le temps de marquer une pause pour vous écouter. Vous, la femme moderne, devez trouver un équilibre entre répondre aux exigences de votre profession, aux besoins de votre famille et aux vôtres. Le meilleur moyen de satisfaire vos besoins au moment de vos règles consiste à prendre le temps de les vivre mentalement et physiquement quand vous le pouvez. L’idéal serait que vous le fassiez chaque mois, mais si ce n'est pas possible, cela vaut la peine que vous essayiez quand l'occasion se présente. A ce moment, vous ressentez le besoin physique de ralentir le rythme de votre mode de vie. Si vous le pouvez, essayez de vous ménager une pause assez longue vous permettant de prendre vos distances à l'égard des exigences professionnelles, familiales ou vis-à-vis de votre partenaire, en faisant ce qu'il vous semble nécessaire, même si ce n'est que pendant une heure le soir. 

Expliquez à votre famille ou votre partenaire que tout va bien, mais que vous avez besoin d'un moment de calme, seule, pour marquer une pause et vous détendre. Une fois que ce processus, vous permettant de ralentir votre rythme, sera entamé, vous constaterez qu'il se déclenche naturellement et modifie l'urgence relative ainsi que l'ordre de priorité des choses à faire. Essayez de ne pas entreprendre trop d'activités, organisez votre journée de façon à l'adapter à ce que vous ressentez alors. S'il vous est impossible de ralentir le rythme de vos occupations extérieures pendant la journée, il est encore plus important que vous vous accordiez une pause, le soir, pour entrer en interaction avec vos règles. Essayez de prendre vos distances avec tout ce qui n'est pas essentiel et accapare votre temps, ainsi vous vous rendrez compte que de toute façon ce « tout » peut attendre.

Une alimentation plus naturelle, comme les légumes, les céréales et les fruits, peut vous plaire davantage que la nourriture rapide ou frelatée par des additifs. Vous pouvez ressentir ou l'envie impérieuse d'aliments que vous ne prenez pas d'ordinaire ou simplement le besoin de ne pas manger. Votre organisme semble vouloir s'exprimer plus naturellement; peut-être est-ce l'envie de vivre plus simplement.

la capacité d'empathie est accrue et, chez certaines, cela peut atteindre un niveau insupportable et donner lieu à des périodes de pleurs faciles et une grande réceptivité émotionnelle. Vous présentez une sensibilité exacerbée aux catastrophes et aux tragédies qu'elles soient rapportées par les médias ou fictives comme dans les films ou les livres, en vivant l'émotion du chagrin ressenti par les familles, les victimes ou les héros. Les pleurs créent un courant énergétique émotionnel qui peut s'intégrer au processus de guérison. 

Les composantes émotionnelles du chagrin reflètent aussi la conscience de la mort, de la fin d'un cycle et d'une perte, dont toutes s'intègrent au lien mensuel qui vous unit aux rythmes de la vie. Mais, bien que cette conscience puisse être curative, le flot des nouvelles catastrophiques survenues dans le monde peut indiquer que cette sensibilité devient destructrice et génératrice de sentiments de désespoir. Ne pouvant porter tout le chagrin et les émotions du monde, vous devez vous protéger et le meilleur moyen consiste à vous isoler de la télévision, de la radio et des journaux de façon à restreindre votre champ émotionnel aux problèmes immédiats de votre famille ou de vos amis.

 Mais, vous isoler totalement de la tragédie peut s'opposer au vécu que représente la compréhension claire du processus de mort et de renouveau qui se déroule au moment des règles, aussi un équilibre doit-il s'instaurer. L'autre manière d'aborder ces sentiments consiste à modifier votre perception. Plutôt que de faire preuve d'une empathie passive à l'égard d'autrui, en ressentant leurs émotions comme si c'était les vôtres, vous pouvez avoir un sentiment de compassion active pour les personnes concernées. Ainsi, en manifestant de la sympathie envers les autres au lieu de vivre avec eux ce qu'ils éprouvent, vous serez alors en mesure de les aider, en leur offrant une aide intelligente. Au cours de la phase Sorcière, le corps a besoin de dormir davantage et l'esprit de temps pour rêver. En plongeant en vous-même, vous accédez aux rouages de votre vie intérieure et vos rêves peuvent vous parler de votre corps et de votre esprit.

Vous pouvez aussi vous servir de la prière, de la magie et de la prédiction pour exprimer votre conscience intérieure pendant la phase Sorcière. Il existe de nombreux ouvrages disponibles qui couvrent un large éventail de traditions, de méthodes permettant la prédiction et la formulation de prières. Si vous n'êtes pas déjà familiarisée avec l'une d'elles, l'envie peut vous prendre d'en essayer plusieurs pour voir laquelle vous convient le mieux. 

Vous constaterez alors que dans presque tous les cas, elles vous donnent un modèle vous permettant de faire passer dans la pratique votre aptitude à distinguer la trame des choses afin d'accomplir d'énormes bonds sur la voie de la connaissance et de l'intuition, tout en vous proposant une méthode d'interaction avec le concept fondé sur l'existence de deux univers. Cette phase obscure marque le moment de laisser s'épancher votre courant émotionnel et intuitif, vous donnant aussi l'occasion de procéder à une évaluation sur le plan psychique. La mort s'exprime dans la menstruation par la disparition du cycle antérieur, celle des liens, des états émotionnels ainsi que des comportements qui se sont instaurés puis développés pendant cette période et dont le vécu doit être évacué avant qu'un autre débute avec la lune croissante. 

Profitez-en pour faire un tour d'horizon de votre vie, de votre santé et de vos relations, de même admettez le caractère révolu d'évènements et d'émotions antérieurs, bien qu'ayant fait partie intégrante de vous-même. Vous éprouverez peut-être un sentiment de perte ou de vide, signifiant que la phase Enchanteresse a rompu les liens la retenant encore à votre mode de vie antérieur, permettant ainsi à la phase Sorcière de vous offrir le choix des fibres qui s'intègrent à la trame de votre vie future. Accueillez les changements ponctuant l'existence et fêtez la pérennité de votre cycle. Cette période fait naître l'ardent désir d'un lien vous unissant à la nature, aux énergies créatrices et au moi intuitif profond. 

Les énergies créatrices sont alors inorganisées, réagissant aux stimulis et donnant naissance à des concepts que vous pouvez développer mentalement ou abandonner. La « Femme-Sorcière » présente une grande sensibilité aux images archétypes présentes dans la littérature, l'art, la télévision ou la musique et pouvant susciter à leur tour d'autres images et un autre langage.

La phase Sorcière marque le moment où s'achève l'extériorisation des énergies dynamiques et créatrices de votre cycle. Aussi, cette conclusion risque-t-elle d'entraîner un sentiment de perte si le caractère de la nouvelle énergétique intérieure n'est pas reconnu, mais elle vous offre aussi l'occasion de rompre avec l'œuvre, les concepts et les autres modèles que vous avez déjà créés, développant de nouveaux embryons d'idées au sein de l'obscure matrice qu'est la menstruation.



 Les composantes énergétiques « Sorcière » sont plus ou moins accentuées selon que votre écoulement sanguin se produit en phase de pleine ou de nouvelle lune. La femme, dont le cycle correspond à celui de la Lune Blanche, communique avec ses plans de conscience les plus profonds lui rappelant ainsi que le monde apparent n'est pas le seul qui existe ; alors que celle dont le cycle correspond a celui de la Lune Rouge dont les règles surviennent en phase de pleine lune, exprime les composantes et les mystères de l'obscurité intérieure dans le monde apparent. Parfois, certaines phases du cycle féminin peuvent être freinées dans leur expression alors que d'autres prédominent.


EXTRAIT de Les forces du cycle féminin de Miranda Gray - Retranscription du livre par Francesca  

jeudi 20 août 2015

La fin de l’homme au siècle des femmes


Le XXIe siècle sera celui des femmes : voilà ce que montrent les indicateurs. 

A force de conquêtes, elles ont défi ni leur place. Aux hommes d’inventer une nouvelle façon d’être au masculin, loin des stéréotypes. Une renaissance du mâle pour le bien de tous.


D’où vient que l’on éprouve souvent le sentiment d’énoncer une approximation un peu niaise dès que l’on parle de « l’Homme » et de « la Femme » ? Tout simplement du fait que le temps des généralités, en la matière, est dépassé, et que ni les femmes ni les hommes ne sont désormais réductibles au singulier majuscule, alors que l’individualisme triomphe et que chacun revendique d’être « soi ». Les féministes ont définitivement enterré « la Femme » dans les années 1970 et 1980, lorsqu’il est devenu insupportable d’entendre égrener les qualités et les défauts prêtés à l’éternel féminin depuis quelques siècles par la gent masculine. Les femmes – au pluriel – ont conquis le droit de s’échapper du carcan de l’archétype traditionnel, et même de le casser. Mais les hommes, qui ne se sont jamais révoltés collectivement contre le prototype pesant de l’éternel masculin, restent confusément, intimement, profondément arrimés à un modèle auquel, pourtant, beaucoup ne croient plus. Alors que les femmes ont entassé des montagnes d’écrits pour crier leur colère et clamer leurs volontés, les hommes n’ont pas trouvé de mots communs pour dire ensemble ce qu’ils ne veulent plus être ou ce qu’ils voudraient devenir. Elles veulent tout, ils ne revendiquent rien. Tandis que s’ouvre le siècle des femmes, celui qui les verra faire jeu égal avec les hommes et improviser les partitions de leur choix, « l’Homme » au singulier majuscule fond comme neige au soleil. C’est la fin.
Et maintenant, les hommes se cherchent, sur les décombres de l’éternel masculin. On ne sait pas encore ce qui va en surgir. A première vue, on en a une petite idée en kaléidoscope. Une publicité, d’abord, pour l’Eau sauvage de Dior qui, en 2009, a recours à une photo d’Alain Delon jeune prise en 1966 – date de sortie du parfum – comme si la virilité sexy ne pouvait se conjuguer que dans la nostalgie d’un idéal masculin enfui. Seconde publicité, cet automne, pour un autre parfum, Bleu de Chanel. Un homme donne une conférence de presse. C’est Gaspard Ulliel, le comédien aux beaux yeux bleutés. Une femme lui pose une question. Il répond par un silence interminable. Puis soudain, il se lève en murmurant : « Je ne vais plus être la personne que vous attendez. »

Que va-t-il devenir ? Qui va-t-il devenir ? Quand on lit les ouvrages publiés par les auteurs masculins qui annoncent et généralement prônent cette mutation, on est frappé par l’incertitude qui est la leur. Ils sont moins sûrs de ce qu’ils voient que de ce qu’ils croient. Comme s’ils étaient étrangers à eux-mêmes, comme si le continent masculin était devenu une terra incognita. Qu’il fallait défricher, conquérir, à coups de pioche, de pinceau ou de marteau.
Eric Zemmour choisit plutôt la massue, c’est son commerce. Dans « Premier sexe » (J’ai lu, 2009), il préconise une revirilisation des hommes, qui seraient menacés d’effondrement et de castration sous l’influence des homosexuels et le joug des femmes, désormais reines du monde. 
A l’inverse, le discret Paul Ackermann, qui a publié «Masculins singuliers » (Robert Laffont, 2009), milite pour l’émergence d’un homme « réconcilié » : « Réconcilié avec les femmes, réconcilié avec l’héritage de ses pères, mais surtout réconcilié avec lui-même. » Dans un livre sorti en octobre 2010, le philosophe Vincent Cespedes prône une « masculinité mystérieuse » et voit déjà pointer la « difficile transition de la performance au mystère ». Le singulier du titre – « L’Homme expliqué aux femmes » (Flammarion) – est démenti par le visuel choisi pour la couverture, une silhouette en kit, regroupant sur un seul corps huit types masculins, l’ambitieux, le bon vivant, le grand sensible, l’obsédé… : la synthèse est ardue. Ce qui n’empêche pas l’auteur d’annoncer la « Renaissance masculine », qu’il voit déjà pointer « en prise avec le tendre en dehors, le tendre en soi, la puissance exorbitante du bonheur enfantant le bonheur ». A ce prix seulement, suggèrent Cespedes et Ackermann, les femmes nous aimeront.
On revient de loin. 1804, le code Napoléon consent de nouveaux droits civils aux femmes, particulièrement en matière de succession, mais les déclare juridiquement incapables et verrouille la hiérarchie familiale : « La femme doit obéissance à son mari et le mari doit protection à sa femme. » Il a fallu attendre 1970 pour que l’homme soit détrôné de sa position de chef de famille. En attendant, pendant des décennies, jusqu’à ce qu’elles obtiennent le droit de vote en 1944, des ténors agitent le spectre de la « virilisation ». Ces femmes sont folles, de s’aventurer à se servir de leur cerveau ! « Dans la jeunesse, dans l’âge mûr, dans la vieillesse, quelle sera la place de ces êtres incertains qui ne sont, à proprement parler, d’aucun sexe ? » s’écrie le médecin et philosophe Pierre Cabanis. Haro sur Jules Ferry, héraut du droit à l’instruction pour les deux sexes. On suppute les dommages collatéraux : « Un jour, écrit Barbey d’Aurevilly dans les « Bas bleus » en 1878, c’est nous, les hommes, qui ferons les confitures et les cornichons. » Bien vu.

Enfin, relativement. A vrai dire, les femmes ont plus massivement profité de la brèche ouverte par Jules Ferry en 1870, que les hommes n’ont profité des portes ouvertes dans la cuisine et la buanderie par celles qu’on appelait hier les « ménagères ». Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, les filles sont meilleures que leurs congénères masculins à tous les échelons de la scolarité et sont plus diplômées qu’eux. Elles sont, en France, 68 % à décrocher leur baccalauréat pour 56 % de garçons. Depuis dix ans, elles sont majoritaires dans le troisième cycle universitaire. Certes, elles se retrouvent parquées dans 11 familles de métiers sur 86 : moins de 10 % dans le bâtiment, 20 % dans l’énergie, 75 % dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’action sociale. Certes, elles sont moins de 25 % chez les ingénieurs, bastion masculin traditionnel, 17 % seulement dans l’informatique, territoire neuf. Mais, désormais, le sexisme est devenu ringard. Plus aucune publicité n’ose montrer une femme armée d’une serpillière et les propos machos passent pour une faute de goût ou un signe d’inculture. La cause est entendue : les femmes sont les égales des hommes, au moins dans les textes. L’avant-garde sociale des entreprises, qui communiquent sur leur « management éthique », se démène, de charte de la diversité en label égalité, pour mériter l’étiquette « women friendly ».
Outre-Atlantique, les femmes sont devenues les breadwinners de 40 % des couples, selon le rapport Shriver du Center for American Progress. Pendant la crise, de fin 2007 à janvier 2010, l’emploi masculin a chuté de 8,2 % tandis que le nombre de femmes au travail ne baissait que de 3,9 %, indique une étude de la Banque de réserve fédérale (Fed) de New York. La France vit une mutation apparemment analogue. Huit femmes sur dix travaillent et contribuent aux ressources du foyer. Au début de la récession, le chômage féminin a flambé moins vite que celui des hommes. Mais, selon la sociologue Margaret Maruani, les travailleurs les plus pauvres sont à 80 % des travailleuses. Et pour cause, les femmes occupent massivement des emplois non qualifiés et un tiers d’entre elles bosse à temps partiel.

Pendant que les filles s’appropriaient les rôles hier interdits, les garçons ont eu la liberté d’emprunter le chemin inverse. Ils sont entrés, comme un seul homme, dans les maternités. On les voit dans les squares pouponner, moucher, consoler, conduire les poussettes. Ils ne boudent plus leur congé de paternité. Mais, selon une étude publiée par le démographe Arnaud Régnier-Loilier (Ined) en 2009, 80 % des tâches ménagères sont encore accomplies par les femmes et, même chez les couples égalitaires, l’écart entre les conjoints se creuse à l’arrivée d’un enfant, a fortiori des suivants.
Les jeunes pères, pourtant, tiennent à exister. Ils se battront, s’ils viennent à divorcer, pour voir leurs enfants autant que la mère. Mais ce n’est pas si facile d’être un homme libéré. Comme les femmes, ils sont soumis dans les entreprises à une double injonction : c’est « génial » d’avoir un mouflet – « ça s’arrose, hein ? » – mais « au fait, le dossier Dubois, tu as réglé le problème ? »
Alain emmène chaque matin ses enfants à l’école. Lorsque ce cadre de direction dans une grande banque française a objecté à son supérieur qu’il lui serait impossible de se rendre à une réunion hebdomadaire fixée à 8 h 30, il s’est vu fusiller du regard. Il a tenu bon. Et il le paie. Sa carrière progresse moins vite que celle de ses collègues. « Quand mes enfants sont tombés malades, j’ai pris un jour de congé pour m’en occuper. Trois ans après, mes collègues ironisent encore en m’appelant “la nounou”. » Alain a le sentiment d’être dans une situation semblable à celle des femmes, lui qui ne traîne pas le soir au boulot, ne s’éternise pas au bistrot avec les collègues et n’emporte pas dix dossiers en week-end : il n’a pas adopté les codes informels de la réussite.
Dans leurs blogs, de jeunes pères rivalisent d’expertise, décidés à investir la sphère privée. Sur un petit ton caustique, histoire de ne pas passer pour des idiots utiles. Cédric Bruguière, l’un des auteurs du blog « Papa travaille », se plaint de discrimination. « Parfois, écrit-il, il vaut mieux dire à l’employeur que vous avez besoin des mercredis pour jouer au golf, rencontrer de nouveaux clients, faire du tennis de compétition, ou même aller jouer au poker. » Malgré leur bonne volonté, pas sûr, pourtant, que ces pères éperdus aient la même perception que les femmes des rôles qu’ils désirent partager. Le sociologue Thierry Blöss a observé que tout ce qui relève de la « gestion mentale » de l’enfant était abandonné aux mères, tandis que les pères aiment se consacrer aux activités de « socialisation ». En clair, ils incarnent « une figure secondaire ou auxiliaire ». A elles, « la figure principale ». De quoi combler la plupart des psy qui se lamentent sur le manque de père, au sens symbolique du terme : comme Michel Schneider qui stigmatise la société maternante – « Big Mother » (Odile Jacob, 2002) – ou le pédiatre Aldo Naouri qui appelle les hommes à s’imposer en tant qu’amant de la mère.
Pas un patron, aujourd’hui, qui n’encense les femmes. Dans les faits, ça coince : à poste égal, ils les paient toujours moins bien que les hommes. Mais le groupe résiste, dès que le pouvoir est en jeu.
Les vrais machos, ceux qui ne veulent pas être pris pour des « gonzesses », se recrutent encore dans les cités, les bistrots, les vestiaires, les chambrées, ou chez les dirigeants d’entreprises et les politiciens. Ils frappent encore, même physiquement. Mais ils sont hors-la-loi et ils le savent. Même s’ils se cherchent des alibis. Ils pressentent bien, au fond d’eux-mêmes, qu’un jour leurs filles prendront leur indépendance. Leur machisme ressemble à des crispations sectaires, à des réflexes archaïques face à la perte de pouvoir, quand la peur se masque de haine.
Le malaise masculin face à la concurrence des femmes s’exprime souvent plus subtilement. C’est bien simple, les femmes, souvent, ils ne les voient pas. Souvenez-vous du président Sarkozy offrant aux parlementaires, pour fêter sa présidence européenne, un petit cadeau comprenant un stylo et… une cravate.
Ils les cherchent souvent. Si, si. Des compétentes, bien sûr. « On n’en trouve pas, gémissent-ils, vous en connaissez, vous ? » Catherine Ferrant, alors directrice de l’innovation chez Total, livrait, dans un colloque en juin 2008, les résultats d’une enquête conduite auprès des cadres du groupe pour tenter d’identifier les freins à la promotion féminine : « Les femmes cadres décrivent les hommes cadres comme des cadres », a-t-elle conclu. « Les hommes cadres décrivent les femmes cadres comme des femmes. »
Elles ont décidé de se faire voir. Face aux réseaux masculins qui structurent le corporatisme masculin, les femmes de pouvoir s’organisent, de sites en colloques, pour faire la courte échelle aux autres. De Véronique Morali, présidente du développement chez Fimalac et créatrice du site Terra Femina, à Mercedes Erra, présidente exécutive d’Euro-RSCG, toutes sont convaincues qu’il faut en finir avec les pudeurs féminines face au pouvoir. « La compétition est ouverte », déclare Marie-Claude Peyrache, présidente française de l’European Professionnal Women’s Network qui regroupe – en anglais exclusivement – 3500 cerveaux féminins dont 1 200 à Paris : « Un jour, dit-elle avec gourmandise, les femmes protègeront les hommes. »
Tandis que les bardes de la virilité appellent leurs frères à la réaction, les battantes clament qu’elles rendront le monde meilleur. Dans un entretien à la chaîne ABC, Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, ironise sur son déficit de testostérone. Une « aide » pour les femmes, finalement, « puisqu’on ne va pas nécessairement investir nos egos dans une négociation, en imposant notre point de vue, en humiliant notre partenaire ».
La blague a fait le tour du monde féministe : « Si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters, la banque n’aurait pas fait faillite. » Explication des experts, « The Economist » en tête : les femmes prenant moins de risques que les hommes, elles provoqueraient moins de dégâts. Selon une étude réalisée par Equality and Human Rights, les bonus des traders féminins sont 80 % moins juteux que ceux de leurs collègues masculins. Michel Ferrary, professeur en gestion des ressources humaines à l’Ecole supérieure de commerce de Nice-Sophia-Antipolis, a étudié les 42 plus grosses entreprises françaises. Celles qui emploient plus d’un tiers de femmes cadres – 35 % étant le seuil à partir duquel une minorité peut influer sur le groupe – auraient vu leur chiffre d’affaires progresser de 60 % de plus que les autres et elles créeraient davantage d’emplois. Le cabinet de consultants Mc Kinsey, lui, a montré que plus les femmes sont nombreuses dans les comités exécutifs, plus la rentabilité des sociétés s’accroit. Illico, deux banques finlandaises ont lancé conjointement Top Women, une obligation bancaire investie dans des entreprises riches en responsables femmes.

L’économiste Esther Duflo, spécialiste du développement et de la lutte contre la pauvreté, a mené en Inde des expérimentations sur la gouvernance au féminin. Dans un tiers des districts d’un Etat, un dispositif administratif a imposé qu’un tiers des chefs élus soient des femmes. On s’est aperçu que la part des dépenses publiques consacrée aux infrastructures sociales comme l’eau, la santé ou l’éducation, était bien plus élevée dans les districts dirigés par des femmes. Les hommes, eux, auraient tendance à investir, au foyer, dans l’achat d’un véhicule ou, pour la collectivité, dans des projets industriels démesurés, selon un rapport de l’Unicef de 2007. « Tout, dans notre vision du mythe féminin et de l’idéal masculin, nous pousse à prescrire aux unes le goût de la prudence, du retrait, de la protection, du don de soi, et aux autres, celui de l’audace, de la conquête, de la vitesse, du danger, de la domination », souligne le psychanalyste Serge Hefez. De là à penser que si l’esprit pionnier a porté ses fruits à l’ère industrielle, la société post-industrielle, elle, a besoin des femmes pour retrouver le sens des priorités écologiques et régir le principe de précaution, il y a un pas que certaines féministes franchissent avec enthousiasme.
S’entendant décrire comme de grands ados un peu benêts, les hommes auraient tort de déprimer. Seuls les différentialistes peuvent croire que ces variations de comportement sont exclusivement déterminées par nos gènes. Elles sont liées à la culture. Et la culture évolue. Maintenant que Sciences Po a mis les gender studies à son programme, les élites ne pourront plus l’ignorer : l’homme et la femme ne diffèrent pas seulement par ces « détails » corporels qui nous occupent tant, mais par cette infinité de gestes, d’attitudes, d’attentes, de codes jamais appris mais que chacun connaît par cœur. La multiplication des études de genre – symptôme en soi de la crise identitaire qui nous taraude – a le mérite de faire réfléchir à ce qu’on savait déjà : les cultures habillent les sexes et chaque culture invente pour chacun un nouveau costume intellectuel, affectif et politique.
En ce début de millénaire, dans les sociétés occidentales, il est frappant de voir que les hommes n’ont plus peur de féminiser leur apparence – le marché de la beauté masculine explose – tandis que les femmes mettent leur part de virilité en veilleuse. Peut-être parce qu’elles n’ont pas besoin de posture. Elles « font » les hommes puisqu’elles s’approprient tous leurs rôles. Même la délinquance des filles, traditionnellement minime, décolle. Selon les chiffres policiers, le nombre des atteintes aux personnes commises par des mineures vient d’augmenter de 83 % en cinq ans.
Tout le monde est à l’étroit dans les codes traditionnels, ça craque de partout. Dans « La Domination masculine » (Seuil, 2002), Pierre Bourdieu expliquait que « le privilège masculin » était aussi un piège : « Il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanente, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’imposer en toutes circonstances sa virilité. » Comme en écho, dans son dernier essai – « Le Conflit : la femme et la mère (Flammarion, 2010) – Elisabeth Badinter écrit : « Le bébé est le meilleur allié de la domination masculine. » A chacun de chercher comment ne pas se laisser formater.
A sa façon, le réalisateur Joël Abecassis sort du rang en publiant, sujet féminin s’il en est, le récit du régime alimentaire qu’il s’est infligé. « D’où me vient cette angoisse ? » confie-t-il dans « Apesanteur » (Lattès, 2010). « Je prends du poids parce que j’ai peur d’être trop léger comme père, tout simplement. » Cet aveu-là, quand on est un mâle à l’ancienne, on le tait. Abecassis a sa faiblesse et il l’expose, c’est un signe des temps. De plus en plus d’hommes laissent paisiblement tomber les modèles Tarzan pour mener leur vie à leur façon, loin des diktats d’antan. Décidées à ne rien sacrifier, les femmes attendent d’être calées dans leur vie professionnelle pour programmer leur premier enfant : à 30 ans aujourd’hui, 31 bientôt. Mais certaines, déjà, étouffant dans leur habit de superwoman, fantasment de se déployer ailleurs que dans la performance.


Et les voilà qui se retrouvent.
Garçon ou fille, les jeunes générations rêvent de « qualité ». Elles veulent réussir leur vie professionnelle et leur vie privée. Une enquête réalisée par l’agence Equilibres en 2007 montrait que les pères de famille âgés de 30 à 40 ans ne se sentent pas, contrairement à leurs aînés, mariés à leur entreprise. 15 % seulement des quatre cents cadres à haut potentiel interrogés, tous appelés à diriger un jour, correspondaient au modèle « tradi » du « pourvoyeur de revenus » qui construit son identité d’homme à travers le travail. 52 % d’entre eux, qualifiés d’équilibristes, aspirent à une paternité épanouissante et attendent de l’entreprise une évolution. 33 %, dits « égalitaires », osent des choix audacieux et des renoncements professionnels, souvent mal compris.

es entreprises bougent. Plusieurs, comme Areva, Alstom et Orange, ont signé des accords « vie professionnelle-vie personnelle ». Créé en 2008, un Observatoire de la parentalité en entreprise regroupe 179 sociétés et associations autour d’une charte par laquelle ils s’engagent à faire évoluer les règles écrites et non dites qui pénalisent les parents. Les réunions tard le soir y sont proscrites. Les congés parentaux y sont mieux accompagnés. Des crèches sur place sont prévues. Au début de 2010, l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) a publié un ouvrage intitulé « Patrons papas » (Cherche Midi, 2010), dans lequel des dirigeants s’interrogent longuement sur la question qu’il est devenu politiquement incorrect de poser aux dames : comment concilier vie professionnelle et vie familiale ?
Les rôles se redéfinissent doucement en s’échangeant sur les bords. C’est la tendance « gender flexibility », chacun joue avec les codes de l’identité sexuelle de l’autre sans se renier. A l’heure du tout mixte, du métissage, de la fusion food, de la world music, on a le droit de mélanger. Les stars masculines, comme Guillaume Canet, n’hésitent plus à porter leur fragilité en bandoulière. Contrairement à « une masculinité amputée et impuissante, qui refoule le féminin et ne se définit que par cette négation », une masculinité « pleine et entière » a partie liée avec le féminin, assure Vincent Cespedes. « Remuer l’altérité en nous-mêmes, ce n’est pas la dissoudre en nous, mais en réactiver le dynamisme. »

Adieu, le mâle « qui fout des baffes aux femmes », le métrosexuel efféminé et le perpétuel culpabilisé, décrète Paul Ackermann. Bienvenue au « gentleman urbain, convivial, pas macho mais viril », cet homme « humanisé », dont la sociologue Christine Castelain-Meunier voit l’émergence. « On est en train de reconstruire une certaine fierté masculine, sans machisme », ajoute-t-elle. Propos de luxe quand on songe à tous ces pays où, en 2010, on lapide encore des femmes pour des peccadilles ; où on les voile, on les enferme, on leur interdit toute émancipation, on les vend. Dans les démocraties modernes, le mâle comme référent essentiel de l’humanité est mort. Même si certains campent comme des forteresses assiégées dans le mépris et l’arrogance sexiste. Pour plaire aux femmes qui ont cassé le vieux moule, la majorité des hommes, débarrassés de l’obligation d’être les plus forts partout, inventent déjà – et sans que rien ne soit dit collectivement – leurs compromis personnels avec l’héritage masculin, les tabous, leur propre besoin d’oxygène. De la disparition de l’éternel masculin, après celle de l’éternel féminin, va naître peu à peu une définition mixte de l’humain, nourrie d’universalité. Chacun, avec ce qu’il est génétiquement, avec ses différences qui ne sont pas toutes réductibles au sexe, pourra s’emparer des rôles que la culture mettra à disposition. Une mixité passionnante qui, au-delà des idéologies et des postures, se distille un peu chaque jour.

par Jacqueline Rémy, Isabelle Germain

LA BEAUTÉ EN PLEINE CONSCIENCE


Le premier réflexe beauté ? adopter des gestes doux, en harmonie avec soi. des professionnels nous guident pas à pas.

Les professionnels de la beauté sont unanimes : les femmes se traitent sans douceur. C’est ce constat qui nous avait conduits à élaborer notre manifeste pour une beauté non violente (lire CLES n° 81) où nous rappelions que « c’est d’abord dans la paix, la joie et le plaisir que l’on peut vraiment prendre soin de soi ». Un produit, aussi performant soit-il, ne donnera jamais le meilleur sans une gestuelle précise, effectuée en conscience. Nous avons demandé à des experts une leçon particulière. Leur premier conseil ? Faire des étapes de soin un rituel de plaisir et de détente, en prenant son temps. Car plus on va vite, plus nos gestes sont violents. 


NETTOYER SA PEAU
avec Joëlle Ciocco, épidermologue

« Bien nettoyer son visage matin et soir est le premier geste beauté », rappelle l’épidermologue pour qui ce rituel est le pilier du soin. Le démaquillage permet en effet une respiration profonde de la peau, favorisant la production d’élastine et de collagène.

Voici les étapes d’un bon démaquillage :
1. Avec un lait démaquillant assez fluide pour glisser, parcourir tout le visage du bout des doigts avec des mouvements rotatifs pour déloger les cellules cornées et les micro-organismes sous les cellules de notre épiderme, agencées comme des écailles de poisson.

2. Pour rincer à l’eau, mouiller un coton d’eau tiède ou brumiser le visage avec de l’eau thermale puis, toujours avec des mouvements rotatifs, passer un coton sur le visage et le renouveler jusqu’à ce qu’il soit propre.
3. Après avoir répété ces deux étapes une seconde fois, terminer avec une lotion démaquillante de la même marque que le lait : effectuer des mouvements d’éventail de bas en haut du visage pour un effet de lissage. Mieux vaut éviter les lotions micellaires qui n’optimisent pas la respiration de la peau.


EXFOLIER 
Avec Hélène Salat, directrice de la formation chez Caudalie

« Souvent, les femmes décapent leur peau en croyant activer la régénération cellulaire. Or, pour être efficace, un gommage doit être doux et suivi d’un masque. » Le rythme ? Une fois par semaine pour les peaux grasses, deux fois pour les peaux sèches et normales. Car « gommer trop souvent des peaux grasses les rend encore plus grasses », prévient Hélène Salat.

Elle nous explique l’art du gommage :
1. Choisir un soin exfoliant doux que l’on peut encore adoucir en y ajoutant de la mousse nettoyante (sans sodium laureth sulfate, très décapant).

2. L’appliquer avec des mouvements rotatifs sur l’ensemble du visage, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en appuyant un peu plus sur la zone nez-front-menton.
3. Rincer à l’eau tiède, puis essuyer avec une éponge en tapotant légèrement.
4. Poser un masque hydratant ou lisant pour reformer le film hydrolipidique qui protège notre épiderme. Laisser agir, puis ôter le surplus à l’aide d’une éponge très humide de l’intérieur vers l’extérieur. Rincer, puis sécher par tapotements.


DÉMAQUILLER SES YEUX ET APPLIQUER UN SOIN 

avec Dominique Rist, directrice de la formation et des développements des soins chez Clarins



« Le bon geste est celui qui ne contribue pas à la distension de la peau, car déplacer les tissus casse les fibres. Les mains doivent glisser sur le visage ou s’y appliquer sans faire bouger la peau », explique Dominique Rist aux esthéticiennes qu’elle forme. Quant au démaquillage des yeux, il demande, rappelle-t-elle, un surcroît de douceur et d’attention. Evitez à tout prix de les frotter. Il est impératif de respecter les tissus de cette zone qui sont six fois plus fragiles que la peau du visage. 

Son démaquillage des yeux :
1. Imbiber un coton de démaquillant, puis le poser sur les yeux pour ramollir le mascara et le maquillage.

2. Changer de coton et recommencer l’opération en effectuant de micromouvements, de bas en haut et de haut en bas. Ne jamais utiliser le même coton pour les deux yeux. 

Son jeu de paumes : 
1. Pour appliquer un soin de nuit ou de jour, mettre un peu de produit au creux des deux paumes pour le chauffer et gagner en efficacité d’imprégnation.

2. Répartir sur l’ensemble du visage en effectuant une pression « coller-décoller » avec les paumes. Commencer toujours par le milieu du visage pour aller vers l’extérieur. Le soir, on appuie avec plus de force que le matin, pour bien faire pénétrer le soin de nuit qui fait travailler la peau en profondeur. On n’oublie ni le cou ni le décolleté.


LISSER ET TONIFIER 

avec Annic Lefol-Malosse, directrice de l’institut Vichy

« Nos études le prouvent, l’automassage améliore l’éclat, le lissage des rides et la fermeté de la peau. Il décuple l’efficacité du soin, jusqu’à + 59 % pour la fermeté, + 39 % pour les rides. Il a aussi un effet positif sur l’estime de soi : mieux on se traite, plus on s’accorde de valeur », affirme Annic Lefol-Malosse. 

Sa gestuelle anti-âge yeux et cils : 
 
1. Déposer une goutte de sérum sur le bout des doigts.
2. Fermer les yeux, appliquer en pressions légères sur le contour de l’œil, puis par lissage du coin interne vers le coin externe, y compris sur les cils.

3. Terminer, toujours yeux fermés, en plaçant l’index sous la frange des cils et remonter vers la paupière pour un effet recourbe-cils.

Sa gestuelle anti-relâchement : 
1. Déposer du sérum ou de la crème tonifiante sur le front, les pommettes, et de part et d’autre de la mâchoire.

2. Etaler en lissage de l’intérieur vers l’extérieur, sans froisser les tissus.
3. Replier ensuite l’index et le majeur de chaque main puis, paumes tournées vers l’extérieur, lisser à l’aide des premières phalanges des deux doigts de chaque main la zone des ailes du nez jusqu’aux pommettes, puis du milieu du front vers l’extérieur, puis du milieu du menton vers le lobe des oreilles, et enfin de la base du cou jusqu’aux salières. A répéter plusieurs fois tous les soirs.


par Dominique wilmer

lundi 17 août 2015

LA CLEF DE NOTRE EVEIL INTERIEUR


Par : Le mariage alchimique des forces opposées qui nous constituent.




La rencontre du féminin sacré en soi.

La réconciliation avec les forces de vies, le corps, le plaisir, la Nature.

L’acceptation pour l’homme de sa part féminine sans laquelle aucun dialogue ne saurait être possible avec la femme (et inversement pour la femme).

Accomplir la mutation permettant la naissance de l’homme lunaire conscient de la présence du féminin sacré en lui-même, et des forces de vie de nature féminine qui l’animent.

Permettre à la femme lunaire, asservie et réduite à sa nature femelle primaire par des millénaires de pouvoir viril, de retrouver sa nature solaire, celle de la déesse des origines.

Mais qu’en est-il de la quête de la femme ?
Nous n’avons parlé, à travers les mythes et les contes, que de la quête du héros mâle à la recherche de sa féminité cachée, du féminin sacré.

Mais, qu’en est-il de la quête de la femme ? Jamais mise en relief dans la littérature virile de nos cultures ?

Chercherait-elle son « masculin Sacré » ? Il semblerait que non…

« J’ attend qu’un homme fasse de moi une flamme… » M’a dit un jour une amie :
Donc : « qu’il me rende à me véritable nature ignée, solaire »

….. « Qu’il me libère de ma « femellité », prison de chair dans laquelle il m’a si longtemps tenue captive, afin qu’il permette l’expression de ma féminité profonde et qu’il me rappelle le caractère fondamentalement sacré de ma nature »

….. « Qu’il me révèle ma propre féminité sacrée. » semblait attendre cette femme.
L’homme, comme la femme, sont en quête d’un unique Graal : la féminitude intérieure ; L’Energie de Vie qui les guide et les sous-tend.

Extrait de A L’AUBE DE L’HUMANITE Par Jean Bernard Cabanes


jeudi 13 août 2015

Nos cheveux sont vivants respectons-les



Nos cheveux sont notre parure, cessons de les brutaliser. Quelques gestes simples et de bons réflèxes les rendront plus beaux et vigoureux.

Certaines femmes ont un remède infaillible contre la déprime: elles s'offrent une séance chez le coiffeur. « Quand je suis bien coiffée, je me sens défatiguée, allégée et plus sûre de moi », confie Agnès, agent immobilier. Dans les salons de beauté sociale Joséphine fondés par Lucia Iraci, défilent des femmes en détresse qui retrouvent le sourire en un coup de ciseaux ou de peigne. Nos cheveux sont une parure qui renforce l'estime de soi, c'est pourquoi il faut en prendre soin. Il existe pour cela des solutions douces, reposant sur un bon dosage de gestes et de produits.
Plus un sol est riche et aéré, plus les plantes croissent. De la même façon, la force de nos cheveux dépend de leur terrain. « Ils ne poussent bien que lorsque le cuir chevelu est parfaitement irrigué », confirme Sylvie Boisnic, dermatologue. Chaque centimètre carré de notre crâne concentre plus de 250 terminaisons nerveuses. Premier geste salutaire pour activer la circulation sanguine : le massage du cuir chevelu. A faire soi-même ou dans un spa capillaire pour plus de profondeur.
Un diagnostic en institut aide à connaître l'état de son cuir chevelu. Au spa René Furterer, à Paris, on se sert du capilliscope qui grossit 80 fois la peau du crâne pour déterminer sa nature, et l'état des cheveux à la racine. Si certains sont dystrophiques (le bulbe est aplati), c'est qu'ils poussent dans de mauvaises conditions. La solution ? Désencombrer et tonifier le cuir chevelu. L'esthéticienne capillaire maison recommande un complexe d'huiles essentielles stimulantes de lavande et d'orange qui s'applique raie par raie et se rince après un temps de pose. Chez Leonor Greyl, pour donner un coup de fouet aux cheveux, on mise sur les huiles essentielles vasodilatatrices. Mais la technique dernier cri pour s'oxygéner la tête a pour nom « mésothérapie », que seuls pratiquent les dermatologues. Ils passent sur la tête un roller doté de centaines d'aiguilles très fines qui injectent sous la peau un cocktail d'antioxydants, de vitamines et de minéraux. Les séances peuvent être assorties d'une cure de luminothérapie, sous des LED.
Comme notre peau, nos cheveux sont vivants et se révèlent un vrai baromètre santé : régimes, stress, excès de tabac, pollution, mais aussi déficit en fer, anesthésie chirurgicale ou prise de certains médicaments se voient au sommet de notre tête. Alors pour aider nos cheveux, nourrissons-les de l'intérieur ! « Ce n'est pas par hasard si, jadis, on donnait de l'huile de ricin ou de foie de morue aux enfants pour fortifier leur chevelure », décrypte Patrick Alès, le fondateur des Laboratoires Phyto qui fut le premier à lancer, en 1980, un complément alimentaire, le Phytophanère, cocktail de vitamines et d'acides gras essentiels.
Nos cheveux sont aussi victimes de nos excès de zèle. En hiver, on peut s'autoriser des soins nourrissants sur les longueurs. Mais de grâce, ayons la main plus légère au printemps ! Nous avons tendance à surdoser les masques avant ou après shampoing. Or, plus un produit est concentré en actifs végétaux, moins il faut en mettre. Pour un résultat optimal, les pros, eux, appliquent les masques sous vapeur d'eau ou d'ozone qui dilate les écailles pour une meilleure pénétration des actifs.
A réviser aussi, la fréquence de nos shampoings. Même si les produits sont de moins en moins agressifs, l'idéal est de ne laver nos cheveux qu'une à deux fois par semaine maximum. Le rituel commence à sec, par un brossage des longueurs pour les dépoussiérer. Sous la douche, mieux vaut se contenter de masser le shampoing sur le cuir chevelu, surtout pas sur les mèches que l'on risquerait de froisser comme du papier de verre.
Ayons également la main légère sur les brushings : même si les séchoirs dernière génération dosent mieux la chaleur, on n'échappe pas au néfaste réflexe de tirer sur nos cheveux pour les lisser. Françoise, elle, a trouvé la parade. Chez son coiffeur, elle opte pour une mise en plis avec pose de rouleaux sous un casque, moins traumatisante.
N'oublions jamais que le cheveu est une matière vivante. Plutôt que de le torturer, apprenons à le respecter. Il en sera plus vigoureux et plus beau.

par Christine Halary Magazine.