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samedi 21 mars 2015

LA BEAUTÉ EST CE QUI TRANSFORME



Dans le livre biblique du prophète Enoch - une pierre de touche des débuts de l'église chrétienne -, Enoch est allé jusqu'à divulguer l'identité des " chefs " des anges qui ont dirigé les 200 autres, incapables de résister à la beauté des femmes terrestres. Avec des noms comme Samyaza, Ramuel, et Turel, ces êtres " parfaits " savaient que leur cohabitation avec les femmes mortelles violait les règles du cosmos. Pourtant, à leurs yeux, l'expérience sensuelle qui les attendait l'emportait sur le risque de perdre leur immortalité. Dans les traditions bibliques subséquentes, ce fut la beauté d'une femme, Dalila, qui a conduit à l'amour, la confiance, la trahison et, finalement, la mort de Samson, l'un des hommes les plus forts de la Terre.

L'Histoire est le récit de notre relation avec la beauté, son pouvoir et son attrait, des distances que nous avons parcourues pour la poursuivre, de notre désir ardent de la réaliser, de nos tentatives pour la saisir, et de notre croyance que, d'une certaine façon, nous sommes capables de la maîtriser. Tout ce temps, il nous a été très difficile de définir cette force la plus indéfinissable de l'expérience humaine. Justement, qu'est-ce que la beauté?



Le mystère de la beauté

La beauté revêt différentes significations pour différentes personnes. Quand on demande aux gens de la définir, la plupart du temps, leur réponse se fonde sur leur expérience personnelle - ce qu'elle a signifié pour eux dans leur vie. Pour un scientifique, la beauté peut prendre la forme d'une solution élégante à une équation mathématique. Pour sa part, un photographe percevra la beauté dans le contraste frappant entre le rayon du soleil et les ombres dans une composition. Pour sa part, Albert Einstein a vu la beauté comme l'expression d'un plus grand ordre dans la création, affirmant par exemple: " La musique de Mozart est si pure et si magnifique que je la vois comme un reflet de la beauté intérieure de l'Univers ".

Il est évident que l'expérience de beauté de chaque personne est unique. Pour cette raison, il peut exister autant de définitions de l'expérience de beauté que de gens qui en font l'expérience ! Indépendamment de la façon dont nous la définissons dans notre vie - qu'elle soit vue comme une force, une expérience, une qualité, un jugement, ou une perception, le pouvoir de la beauté est réel. En sa présence, nous sommes transformés. Alors qu'il est évident que nous ne pouvons savoir précisément ce qu'elle est, il est également évident que nous pouvons intégrer

Si, comme l'ont révélé les traditions anciennes, la beauté est une force en elle-même, c'est sans doute la plus étrange des forces de la nature. Contrairement à la gravité et à l'électromagnétisme qui semblent exister avec ou sans nous, le pouvoir de la beauté semble être endormi, jusqu'à ce que nous lui prêtions attention. Alors qu'il possède probablement la puissance de transformer notre monde, ce pouvoir reste pourtant endormi jusqu'à ce qu'il soit éveillé. Et nous sommes les seuls capables de l'éveiller. Étant donné que nous sommes la seule forme de vie détenant le pouvoir de faire l'expérience de la beauté, celle-ci s'éveille seulement lorsque nous reconnaissons sa présence dans notre vie.

Dans cette optique, la beauté est bien plus que ce qui est agréable à l'œil humain. C'est une expérience du cœur, de l'esprit et de l'âme. La beauté provient de notre volonté de voir la perfection dans ce que nous appelons souvent les imperfections de la vie. Alors que, par exemple, nous pouvons être heurtés lorsqu'on trahit notre confiance, une partie de ce choc peut disparaître quand nous considérons que nous, en retour, avons trahi d'autres personnes, autrement, et à d'autres moments. Dans cet exemple, la " beauté " se trouve dans l'équilibre de telles expériences, qui nous reviennent parfois d'une manière à laquelle nous nous attendions le moins.

Si nous voulons trouver la beauté dans chaque expérience, peut-être que notre rôle consiste moins à la créer et plus à reconnaître qu'elle a déjà été là. La beauté est toujours présente dans toutes choses. On peut la découvrir même dans les endroits où nous croyons qu'elle ne pourrait jamais exister.

Dans les moments où nous atteignons les profondeurs de notre âme pour trouver le pouvoir de donner une nouvelle signification aux choses qui nous blessent le plus, nous découvrons la grande sagesse partagée par les maîtres anciens. Cette sagesse nous rappelle simplement que le pouvoir de voir la beauté est un choix. Le choix qui nous attend à chaque moment de chaque jour consiste à décider de considérer seulement les qualités de ce qu'on voit dans l'instant présent, sans comparer l'expérience présente à une autre vécue dans le passé. C'est ainsi que nous semons dans notre conscience les graines qui attirent et invitent une plus grande beauté dans notre vie.

Ce n'est que lorsque nous comparons notre expérience actuelle à notre conception personnelle de la beauté que nous parvenons à ne rien voir d'autre que la beauté du moment.

Dans les traditions Navajos, on nous rappelle ce principe dans la simple phrase: " La beauté sur laquelle vous basez votre vie ". Nous créons chacun notre propre standard, à partir duquel nous mesurons la beauté dans notre vie. La question est celle-ci: quelle jauge vous permet de mesurer l'équilibre, le succès, et l'échec dans votre vie? Quels sont vos critères de beauté?

La beauté vit là où nous lui permettons de le faire! ...

Il est intéressant de voir comment l'Univers nous apporte ses leçons au moment où nous les attendons le moins. Souvent, il semble qu'elles arrivent juste après que nous ayons vécu de puissantes expériences, comme pour nous mettre à l'épreuve afin de vérifier si nous avons vraiment appris. C'est ce qui était arrivé au Tibet.

Quelques jours après mon expérience à Katmandou, notre autobus est entré dans un village de montagne et s'est arrêté à une ancienne caserne militaire qui avait été convertie en auberge. Au moment où nous nous sommes arrêtés, un homme bossu et basané s'est approché de notre véhicule, prenant un peu tout le monde au dépourvu. Pendant qu'il nous regardait, je constatais qu'il était vieux, qu'il ne lui restait que quelques dents, et qu'il était atteint d'un grave strabisme. Au début, nous avons cru que ce pouvait être un autre mendiant de la rue. Mais lors que quelqu'un lui a offert quelques yuans chinai (devise locale), il a refusé. À la place, il a commencé à prendre les lourds sacs à l'intérieur de notre autobus, pour que nous n'ayons pas à nous en occuper.

Après qu'il eut soigneusement empilé le dernier sac sur le bord du trottoir devant l'auberge j'ai voulu lui donner un pourboire. Il l'avait certainement mérité! Nos bagages semblaient devenir de plus en plus volumineux après chaque ville visitée. De nouveau, il a refusé. Comme il levai les yeux, il a fait un grand sourire édenté, s'est retourné et s'est éloigné, et c'est tout! Tout ce qu'il voulait, c'était que nous profitions du village. Il n'attendait rien en retour.

La véritable surprise est survenue quand j'ai posé des questions à l'aubergiste sur son employé qui avait été si gentil. Il m'a informé qu'ils n'avaient aucun employé pour porter les sacs. Cet homme était simplement quelqu'un des rues du village, qui se trouvait dans l'auberge à notre arrivée et qui a offert de nous aider.

Encore une fois, la perfection de la beauté intérieure brillait à travers les imperfections de cet homme et notre jugement sur lui. Il semble qu'il ne voulait qu'offrir un service chaleureux, sans rien demander en retour. Mais, cette fois, le groupe entier avait eu l'occasion de faire l'expérience du cadeau de cet ange au Tibet.

Nous avons tous tendance, de temps en temps, à reconnaître les aspects insolites de la vie, surtout chez les autres, lorsqu'ils se trouvent sur notre chemin. Si nous arrivons à les voir pendant que nous sommes seuls, nous pouvons simplement jeter un coup d'œil, hausser les épaules et continuer notre chemin. Mais si nous sommes avec d'autres personnes, nous pouvons faire des commentaires sur ce que nous voyons, de façon à soulager nos sentiments inconfortables par rapport aux curiosités des autres personnes. Donc, alors que nous sommes capables de reconnaître les " imperfections ", la question est la suivante: avons-nous tendance à juger toute chose qui n'est pas parfaite comme étant aussi moins belle?

Un jour, dans ma voiture de location, j'attendais à un feu de circulation dans une grande ville où chaque marque, modèle, et style d'humain qu'il est possible d'imaginer déambulait dans les rues autour de moi. Pendant ce court laps de temps où j'attendais le changement des feux de circulation, j'étais entièrement entouré de gens. Cet arrêt m'a offert une rétrospective de la vie: les toutes nouvelles coupes de cheveux; des entrepreneurs des années 90, jusqu'aux rétros des années 60; l'art corporel et le perçage; des complets; des valises; des téléphones cellulaires; et la dernière tenue dl patinage. Qui aurait pu demander plus de diversité rassemblée à un seul endroit? Même si tout le monde était assez intéressant, un homme a particulièrement capté mon regard.

Il était évident qu'il était atteint d'un problème neuromusculaire, ce qui l'empêchait dl bien maîtriser ses bras et ses jambes. Il portait un complet, un sac à dos, et semblait se rendre à son bureau ou en revenir. Comme il attendait le feu de circulation, il a semblé que toute son énergie était concentrée à maîtriser son corps et se tenir sur place. Lorsque le signal pour piétons a clignoté, il a traversé la rue en même temps que tous ceux qui l'entouraient. Je crois qu'il n'y a pas de hasard dans la vie, alors lorsqu'il est passé tout juste devant moi, j'en ai profité pour regarder son visage. Il marchait avec tant d'application et si difficilement que sa bouche se contractait. Ses yeux étaient concentrés et déterminés. C'était un grand effort pour lui de marcher ; et il travaillait fort!

Alors qu'il disparaissait de l'autre côté de la rue, dans la foule, un sentiment de gratitude m'a envahi. J'ai essayé d'imaginer ce qu'aurait été ma journée si je ne l'avais pas rencontré ce jour-là. Dès que j'y ai pensé, cet homme a commencé à me manquer. J'ai songé à ce qu'il m'avait apporté durant ces quelques secondes, au courage dont il faisait preuve par sa détermination à sortir parmi les gens. J'ai pensé à quel point ces instants de ma vie auraient été vides s'il n'avait pas été là. Mais il était là. Et par sa présence, cet homme courageux a embelli ma journée. J'avais les larmes aux yeux alors que je le remerciais silencieusement pour sa présence et que je réfléchissais, me disant: Comme j'ai de la chance d'avoir vu cet homme aujourd'hui ... Je vous invite à en faire l'essai pour vous-même

La prochaine fois que vous vous trouverez dans un lieu public, examinez la foule autour de vous sans que cela soit trop évident. Puis, remarquez une personne - n'importe laquelle. Demandez-vous ce qui, dans cette personne, vous touche le plus profondément. Ce peut être son innocence ou son sourire. Comme dans le cas de l'homme que j'avais remarqué de ma voiture de location, ce peut être quelque chose d'aussi simple que la façon dont cet individu faisait face aux difficultés de la vie.

Ensuite, fermez les yeux et imaginez à quoi aurait ressemblé votre journée si vous n'aviez pas su que cette personne faisait partie de votre univers. Imaginez à quel point ce moment aurait été vide et combien il ou elle vous aurait manqué.
Vous pourriez être surpris de l'effet d'un tel exercice fait pendant un court instant! Vous pouvez maintenant être profondément reconnaissant envers la personne qui était là pour vous, et envers ce qu'elle vous a appris sur vous-même.

Comment nous décidons de voir

En plus de la beauté inspirée par un coucher de soleil, un sommet de montagne recouvert de neige, ou le travail d'un artiste que vous adorez, certaines sources de beauté proviennent uniquement de la signification que nous donnons à notre expérience. Pendant ces moments, c'est notre façon de voir la vie qui crée le sentiment de beauté en nous. L'expérience d'une naissance humaine en offre le parfait exemple.

Être témoin de l'émergence d'une nouvelle vie dans ce monde constitue, à tous points de vue, une expérience mystique et magique. Si nous connaissons le résultat à venir lorsque nous voyons une femme en travail, notre façon de nous sentir par rapport à ce que nous observons se modifie. Mais si, pendant un seul instant, nous pouvions nous imaginer arriver sur Terre d'un monde où nous ne sommes pas accoutumés au miracle de la naissance, la vue du processus dans son ensemble pourrait alors nous déranger et, peut-être même, nous effrayer.

En effet, si nous ne savions pas, avant d'en être témoin, que " c'est ainsi que cela se passe sur cette Terre ", la vision du travail qui donne naissance à une nouvelle vie pourrait nous sembler comporter quelques-uns des signes précurseurs de la mort ici-bas. Au cours d'une naissance typiquement occidentale, nous commencerions par ne voir qu'une femme manifestement souffrante. Son visage montrerait des contorsions qui s'intensifient à mesure qu'avance le travail. Elle saignerait et transpirerait.

Comment pourrions-nous savoir, à partir des signes extérieurs de la douleur, souvent synonymes de mort, qu'une vie nouvelle est sur le point d'apparaître? C'est vraiment la signification attachée à notre expérience qui en oriente la perception ...

Même si nous ne possédons pas le pouvoir de déterminer ce qui arrive à chaque instant, nous avons le pouvoir de déterminer nos sentiments sur l'événement en question. Ainsi, on nous offre la clef pour transformer même les expériences les plus douloureuses en une sagesse positive qui devient la base de notre guérison...

Le pouvoir de la beauté

De récentes découvertes de la science occidentale s'ajoutent maintenant à un ensemble de preuves de plus en plus complètes, suggérant que la beauté est dotée d'un pouvoir de transformation. Plus qu'un simple adjectif qui décrit les couleurs d'un coucher de soleil ou d'un arc-en-ciel après une tempête de la fin de l'été, la beauté est une expérience - plus particulièrement, la beauté est notre expérience. On croit que les humains constituent la seule espèce vivant sur Terre à être capable de percevoir la beauté du monde qui les entoure et des expériences de leur vie. Par l'intermédiaire de notre expérience de la beauté, nous recevons le pouvoir de modifier les sentiments nichés dans notre corps. En retour, nos sentiments sont directement rattachés au monde, au-delà de notre corps.

Les Anciens croyaient que le sentiment - particulièrement la forme de sentiment que nous nommons " prière" - est la force la plus puissante de l'Univers. Comme nous en avons déjà discuté, le sentiment et la prière influencent, de fait, directement la matière physique de notre monde. Donc, quand nous déclarons que la beauté détient le pouvoir de transformer notre vie, il n'est pas exagéré de dire que cette même beauté possède aussi le pouvoir de transformer notre monde !

La clef, c'est que nous devons trouver une façon de voir au-delà de la blessure, de la souffrance, et de la douleur que nous montre le monde, pour reconnaître la beauté qui existe déjà dans toutes choses. C'est à cette seule condition que nous pourrons déclencher le potentiel et le pouvoir de la prière dans notre vie.

Trouver la beauté là où les autres n'en trouvent pas

Pour nous aider dans notre quête de l'attribution d'un sens aux choses, de grands maîtres d'aujourd'hui, tout comme ceux de notre passé, nous tiennent lieu d'exemples vivants. Il y a plusieurs années, le monde a perdu un tel maître: Mère Teresa.. "Mère" - comme l'appelaient les proches de cette femme extraordinaire -, parcourait les rues près de sa maison à Calcutta, ses bénévoles des Sœurs de la Charité sortaient chaque jour pour aller chercher ceux qu'elles nommaient les " enfants de Dieu ". Traditionnellement, la société indienne, et parfois même leurs propres familles, les évitaient délibérément. Les sœurs emmenaient ces gens dans des hôpitaux qu'elles mettaient en place pour leur offrir de la dignité et de l'intimité durant les dernières heures qu'il leur restait à vivre sur cette Terre.

À ce jour, les sœurs continuent encore leur mission. Par le passé, je me suis fait un point d'honneur de visiter leurs établissements, et j'y ai trouvé des femmes qui s'acquittaient d'un noble service que peu de gens avaient la volonté ou la force émotionnelle nécessaire d'imiter. Elles sont de véritables anges qui habitent en ce monde. Je pense souvent aux sœurs et à Mère Teresa, et je sais que, si elles peuvent trouver de la beauté dans les rues de Calcutta, alors je suis capable de reconnaître la beauté qui existe partout où je peux me trouver.

C'est le pouvoir de la beauté. La pertinence est évidente; les instructions sont précises. La beauté dont nous faisons l'expérience dans notre vie est le schéma de ce qui est reflété dans notre monde. Dans notre ère de haute technologie où des circuits miniaturisés et des appareils informatiques font bouillir notre eau, il peut être facile de négliger le pouvoir que la beauté offre à notre vie. Sans la compréhension quantique d'un monde où nos croyances intérieures deviennent notre monde extérieur, quelle technologie pourrait être plus simple ou plus puissante?

par GREGG BRADEN

Extraits de son livre Secrets de l'art perdu de la prière, p. 132 à 156
Éditions AdA, 2007 
 

jeudi 19 mars 2015

LES QUALITÉS DE L'ÉNERGIE FÉMININE





Nous vous présentons ici de manière succincte les sept qualités féminines premières, celles qui caractérisent ce que vous nommez à juste titre " l'Énergie de la Déesse " ou la nouvelle énergie féminine qui coule maintenant en vous, en vos veines, en votre corps physique et en vos cellules.

1 . Douceur et tendresse (Mère divine)
Il s'agit en réalité d'une seule et même vibration, celle de la Mère divine, de la Conscience-Féminine-Une, qui engendre avec la Conscience-Masculine-Une tout ce qui est, puisque ce sont les deux principes qui forment l'Unité de la Création et qui s'unissent pour donner naissance à la vie cosmique. C'est dans la réceptivité de cette première vibration que se mettront en place les changements liés à la conception et à l'enfantement pour les femmes de la Terre.

2 . Justesse et fermeté.
Cette qualité divine est celle qui permettra plus de fluidité et de rigueur dans les prises de décisions, et c'est cette vibration qui aura un impact considérable sur tout ce qui concerne les décisions prises par les gouvernements. C'est cette qualité, cette facette de l'énergie féminine en expansion, qui va raviver les débats sur l'égalité homme/femme et qui amènera à une nouvelle conception, tout aussi novatrice que judicieuse, des structures étatiques en cours de morcellement et de recomposition.

3 . Joie et plénitude.
Voici un don divin qui semble faire défaut à la plupart d'entre vous, hommes et femmes de la Terre. Et pourtant, c'est l'une des plus simples qualités à développer puisqu'il vous suffit de laisser couler son énergie en vous. Mais nous savons aussi que c'est pour vous un exercice bien difficile que de se laisser aller complètement et de lâcher prise. La joie et la plénitude doivent être comprises et appréciées dans l'esprit de plénitude à chaque instant de la vie incarnée. C'est ainsi que la notion d'abondance sera reconsidérée, à bon escient. Plus de doutes, plus de douleurs. Seulement la gratitude de l'esprit, la plénitude d'un cœur en joie. Tout vous est alors donné puisque vous n'attendez plus rien et que vous êtes satisfaits de cet état de béatitude divine.

4 . Accueil et réceptivité.
Ces qualités représentent l'ouverture du cœur dans l'écoute d'autrui, mais aussi et surtout l'écoute de soi-même et de ses propres aspirations divines afin de vivre un épanouissement réel qui amène automatiquement à l'écoute vraie et sincère de l'autre. Sans jugement. C'est aussi l'acceptation de tout ce qui est, et l'évidence de la divinité en toute particule de vie, qu'elle soit humaine, animale, végétale ou minérale, et nous allons plus loin en parlant de particule de vie matérielle, car tout ce qui constitue votre matière est en réalité une somme de particules de vie tenues en suspension matérielle grâce à une onde spécifique de cohésion de la matière, dont vous ferez bientôt l'expérience. 

L’accueil de la vie qui vous est donnée ... Cela peut vous paraître simple lorsque vous entendez ces mots, mais la mise en pratique de ces qualités d'accueil et de réceptivité demande de laisser l'ego de côté. Totalement. Vous ouvrez alors des portes de lumière, et celles-ci deviennent aisées à franchir, en laissant apparaître de nouvelles à l'infini.

5 . Guidance et droiture.
Il s'agit là de la reconnaissance de l'énergie féminine descendante et ascendante en tant que matrice première de l'intuition humaine. Ainsi, toute action mue par l'intuition peut être vécue de manière divine. Lorsque l'on vous dit que vous êtes de véritables guerriers de lumière, c'est à ces qualités-là que nous faisons référence ainsi qu'à celles de justesse et de fermeté. Ce sont ces vibrations qui engendrent une reconnaissance de l'énergie féminine en tant que principe d'impulsion de vie dans la matrice de la création humaine.

6 . Générosité et partage.
Ce sont des vibrations nécessaires à développer et à vivre, pour chacun de vous, afin que les relations soient basées sur un véritable échange divin et non plus sur une notion de possession ou de pouvoir asservissant toujours l'un ou l'autre des individus.

7 . Paix et Amour.
Ces notions vous semblent à la fois éternelles, larges et vagues puisqu'elles paraissent représenter depuis la nuit des temps l'image que vous vous faites d'un monde parfait. Vous allez voir qu'elles sont en réalité bien plus que de simples mots évoquant la légèreté ou l'innocence de l'être qui entreprend de vivre ses rêves les plus fabuleux. Ce sont des concepts divins dont émane une vibration immense pour ceux et celles qui savent les accepter et les laisser couler dans leur vie. Vous verrez bientôt que les notions de paix et d'amour telles que vous les connaissez ne sont que les balbutiements des énergies de lumière que ces concepts représentent. Ainsi, tout sera à nouveau lumière.

par
NATHALIE CHINTANAVITCH
Extraits du livre 2007 LE RETOUR DE LA LUMIÈRE, p. 258-260
Ariane Éditions, 2006

LES MYTHES FEMININS AVEC LE COCOTIER



Tout a commencé lorsque le cocotier poussa de la tête d’un serpent de mer, ou plutôt d’un serpent mère. Ses yeux et sa bouche sur chacun des fruits rappellent à chacun le visage de la mère du cocotier. Les fruits, dont les yeux pointaient jadis vers le sol, observaient les malheureux passants pour les tuer en se laissant tomber sur leur tête. Un jeune homme de Maewo flécha et retourna les fruits de cocotier qui aujourd’hui, aveugles, ne font plus de mal aux êtres humains. On peut ainsi dévisager la mère serpent sans crainte lorsque le fruit est détaché de son inflorescence par sa bouche (le pore germinatif) nous nous délectons d’une boisson délicieuse, médicinale et magique qui n’est autre que le sang d’une mère particulièrement importante dans un système matrilinéaire où les enfants héritent le sang de leur mère. En mangeant la chair de l’amande, c’est un morceau du "corps de la mère" que nous ingérons.

Non loin des Iles Banks, aux Torres, il ne s’agit pas d’un serpent de mer, mais d’une anguille qui se transforme en un magnifique garçon après avoir mangé de manière répétitive de l’igname. Il attirera l’amour féminin et par conséquent déclenchera des jalousies masculines ; il devra se retransformer en anguille pour retourner dans son milieu marin et ainés éviter la mort que lui promettaient les hommes du village. L’anguille malgré sa bienveillance et sa modestie en engendre les sentiments les plus violents chez les hommes (et non les femmes) allant de la jalousie au meurtre. Aux Torres, l’anguille se transforme en homme en inhalant des tubercules d’ignames alors qu’à Mota elle donnera vie à l’un des arbres les plus utiles pour les hommes  et les femmes de l’île. Cette transformation d’un animal en être humain (beau jeune homme ou mère d’une belle jeune fille) est commune en Mélanésie. C’est donc la relation entre les personnes et les objets personnifiés qui devient "la cible des affaires locales".

La création du cocotier a nécessité le sacrifice par une mort violente, le feu, de la mère serpent. Cette mort rôde désormais autour du couple cocotier/homme. Ainsi, l’objet symbolisant la magie noire (bourre de coco, os brûlés et autres ingrédients) a été enterré non seulement sous le lit de l’homme visé mais aussi sous le cocotier qu’il avait planté. Les sorts du cocotier et de son planteur sont liés. De même, lorsqu’un contrat de mariage est conclu, deux cocotiers sont plantés côté à côte : la mort de l’un des deux présage du décès d’un des deux futurs mariés.

Enfin, un type de cocotier de forme spicata dénommé mötô taktak (les fruits sont directement attachés à l’axe centre de l’inflorescence) est un cocotier de mauvaise chance. Si l’on en a un dans son jardin, on mourra jeune. Si l’on remarque un jour que le nombre fruits sur l’infrutescence correspond au nombre de ses frères et sœurs, et si le lendemain un des fruits est tombé, alors un enfant de la famille décèdera prochainement.

Dans une histoire de Mota Lava, les folioles en mouvement, alors que le vent ne soufflait pas, indiquèrent à une femme se rendant au jardin la mort de sa mère restée à la maison. De plus, sur cette même île, on raconte que si le héros commun au groupe des Banks, Qet, crée les êtres humains en sculptant des morceaux de bois, l’araignée Malawa annonça l’arrivée de la mort en enterrant ses sculptures humaines sur des nattes tressées de folioles de cocotier. Ainsi, cocotiers et êtres humains sont liés par un contrat de vie et de mort ; le cocotier, l’"alter ego vivant" de l’Homme (Giambeli 1998) l’accompagne de sa naisse jusqu’à sa mort.

D’autres exemples de ce type existent dans le Pacifique. Pour préserve la santé d’une nouvelle mère de Nauru, le placenta, ibi, doit être immédiatement enterré au pied d’un cocotier, ini, planté devant la maison. Le sort de l’enfant et du cocotier sera dorénavant lié (Petit-Skinner 1983).

Pour que le destin d’une plante reflète celui d’un être humain, la plante doit présenter des qualités dignes du monde des Hommes ; de ce fait, que ce soit à travers l’histoire du cocotier mötö vavan à Vëtuboso ou celle de Pentecôte, le cocotier est un être doué de raison et d’intelligence.  Mieux que le bananier qui meurt chaque année ou que le sagoutier qui s’éteint lors de son unique fructification, le cocotier, par sa patience et sa réflexion, a su se préserver d sa mort certaine en vivant plus longtemps et en produisant des fruits chaque mois. Lors de ses promenades sur Reef Istalnd, ce sont ses fruits qui disparaissent ; ils portent comme les têtes des Hommes, sa conscience.

Le cocotier laisse ses attributs végétatifs ancrés dans le sol de l’île, mais possède la capacité de voyager vers d’autres lieux grâce à ses fruits. N’est-ce pas cette stratégie qui a permis au cocotier de diffuser ses semences dans tout le Pacifique ?

Le cocotier est donc doué d’intelligence, mais il présente aussi les mêmes cycles biologiques qu’une femme.

Fertile à sept ans, il rentrera lentement en "ménopause" vers 50 ans pour s’éteindre à plus de 81 ans. Durant sa vie, un organe fertile sera produit chaque mois. Après fécondation, chaque fleur mettra 9 à 10 mois à se transformer en fruits suffisamment matures pour se détacher de leur mère et vivre une autre vie. ses enfants souvent illégitimes, car d’origine paternelle inconnue, vivront non loin de leur mère ou prendront le large, voguant sur cette étendue d’eau, l’océan. Ces descriptions biologiques s’illustrent au mieux dans le mythe d’origine des gens de Lotowan, que l’on appelait anciennement les gens de Maligo, sur l’île de Mota. Leur ancêtre commun est une petite fille qui tomba d’un cocotier comme une noix de coco.
Plus qu’un visage, ses fruits peuvent être comparés à des seins de jeune filles comme le montre le nom d’une des catégories nommées de cocotiers, le mötö wësusuḿalḿal "cocotier / poitrine de jeune fille ou flèche empoisonnée", dont les fruits sont ronds avec une petite pointe. L’eau des fruits de cocotier présente également une certaine analogie avec le fait maternel, et dès sa naissance, l’enfant devait jadis avaler de l’eau de coco.

Le cocotier présente ainsi toutes les caractéristiques d’une femme, et plus précisément d’une mère. Comme d’autres en Indonésie, les habitants de Vanua Lava soulignent très justement la valeur reproductrice du cocotier lorsqu’ils offrent des fruits en germination à l’occasion d’un mariage ; la fertilité de la jeune mariée est honorée à travers ces offrandes. A Bali la fertilité du cocotier est relevée par les hommes et non les femmes. Lors de la plantation d’un cocotier, un homme doit avoir son fils, l’héritier masculin, à cheval sur ses épaules. Dans le golfe du Bengale, sur Nicobar, une femme enceinte doit limiter ses relations avec les cocotiers en n’en coupant pas, en n’en buvant pas l’eau des fruits, en n’utilisant pas un fruit qui n’a pas été débourré ou en ne courbant pas une palme ou une inflorescence. En réalité, sur ces îles, depuis la naissance jusqu’à la mort, le cocotier est le "miroir" de ses habitants, et "l’étude de la société est incomplète sans l’étude du cocotier".

Au Cambodge, la vie d’une femme âgée est prolongée si sa mort et sa renaissance sont mimées par la destruction d’un corps de substitution, dont la tête est représentée par une noix de coco et des paquets de riz, les côtes par des bananes et le squelette par des morceaux de canne à sucre. De plus, chaque femme médium possède un "maître de naissance" matérialisé par un objet, le Kachom, dont l’éliment principal est une noix de coco (Ang 2005).

EXTRAIT de la Thèse de Sophie Caillon (2005)

mercredi 18 mars 2015

DYNAMIQUE DES SAVOIRS ANCESTRAUX



À La Réunion, les femmes connaissent fréquemment une trentaine de végétaux d’utilisation courante, aux usages tant préventifs que curatifs. Quoique la manière de les employer soit relativement moins connue des jeunes que des aînées, la connaissance de ces plantes, de leurs effets et des préparations possibles constituent dans la plupart des familles un fond commun de culture populaire thérapeutique. Une enquête menée en 2006 dans les Hauts de La Réunion (Le Tampon) auprès d’élèves de CM1 (âgés donc de 9 ans en moyenne) a montré que les enfants avaient connaissance, par transmission familiale, en général par leur mère ou leur grand-mère, d’une dizaine de plantes médicinales d’usage courant, y compris leurs conditions de culture ou de récolte et, dans certains cas, la manière de préparer les tisanes. Souvent, quand un jardin familial existe, ces végétaux y sont plantés. À ce niveau de pratique domestique, la préparation est simple : les plantes, feuilles, tiges, fleurs ou racines sont généralement mises à bouillir et consommées sous forme d’infusion. Il est à noter que les connaissances des aînées sont dans l’ensemble beaucoup plus précises et complexes que les recettes données par les plus jeunes, ce qui tendrait à accréditer une double hypothèse : UÊ celle de savoirs qui seraient acquis tout au long de la vie et qui expliqueraient que les aînées soient plus expérimentées que les inter- locutrices les plus jeunes ; UÊ celle d’une déperdition actuelle des savoirs.

Ainsi, pour une même pathologie – un muguet dans la bouche des petits enfants – Christine, 30 ans, conseille de frotter l’intérieur de la bouche avec un morceau de tissu trempé dans une infusion de cochléaria à laquelle est ajouté un peu de miel.


Le même schéma est globalement présent à Maurice, avec cependant de très importantes variations dans les connaissances en fonction de l’âge, de l’origine et du milieu social des femmes interrogées : plus les femmes sont jeunes, plus leur niveau d’études est élevé, plus elles semblent avoir rejeté les savoirs traditionnels. À l’inverse, plus les femmes sont âgées, plus elles connaissent de plantes et de recettes de remèdes. Cette grande disparité entre les générations s’explique sans doute en partie par la hausse du niveau d’études des femmes, ainsi que par l’importance, elle aussi croissante, de l’offre médicale, qu’elle soit ou non biomédicale.

À Maurice, cette dernière prend une ampleur croissante en raison, notamment, de la création récente d’un cursus d’études médicales dans l’île. La médecine populaire y est souvent niée ou dévalorisée par les médecins, qui parlent à son sujet de croyances, voire d’obscurantisme. Le fait se retrouve à La Réunion, mais dans une moindre mesure. Le manque de médecins et le nombre particulièrement limité de recours biomédicaux excluent Rodrigues de ce schéma. Depuis une vingtaine d’années, la biomédecine vient de plus en plus court-circuiter le recours aux simples en milieu familial, l’utilisation de végétaux apparaissant comme socialement connotée (médecine des pauvres), même si, dans les faits, elle est encore massivement employée. Les jeunes femmes font toujours appel à leurs aînées quand elles ont besoin d’un remède qu’elles ne savent pas préparer. Ce phénomène se retrouve sur les trois îles. La connaissance des plantes semble également diminuer en raison de l’arrivée, sur le « marché » des soins, d’autres médecines au pouvoir de guérison reconnu. À Maurice, autre alternative à la médecine occidentale moderne, la médecine chinoise, connue depuis longtemps, s’affirme comme un recours important et réputé ; en parallèle, depuis une quinzaine d’années, la médecine ayurvédique tend à s’implanter, associée au désir de retour aux origines d’une partie de la population mauricienne d’origine indienne. Enfin, depuis un peu moins de dix ans, les naturopathes ont fait leur apparition dans l’île. Leur discours à connotation scientifique tend à rassurer certains parmi les jeunes générations qui, sous prétexte de désir de modernité, refusent une partie de leur patrimoine culturel (avant, d’ailleurs, le plus souvent, d’y revenir quelques années plus tard) et substituent volontiers des élixirs vendus à prix élevé aux simples cultivés par leurs mères et leurs grands-mères.

Les modes de préparation relevés dans les familles comprennent l’ensemble des possibilités de préparation thérapeutique : infusions, décoctions, onguents, emplâtres et cataplasmes, bains, préparations composées ou spécifiques à des végétaux donnés. Et les très nombreuses recettes collectées ont été fournies tant par de jeunes mères que par des femmes plus âgées. En outre, le nombre des plantes connues et employées par toutes est beaucoup plus élevé qu’il ne l’est à La Réunion ou à Maurice. Il se situe, selon les femmes, entre 30 et 50 plantes, qui sont soit cultivées dans les jardins, soit ramassées sur le bord des routes ou dans les étendues sauvages (au sens de non cultivées), soit enfin récoltées en forêt.

lundi 16 mars 2015

L'ÉNERGIE FÉMININE EN CHACUN DE NOUS



L'une des forces de transformation les plus puissantes dans votre monde est l'énergie féminine, représentée par la Mère, la Déesse, qui est profondément associée à l'amour. Le principe féminin amène la vie à être et représente depuis longtemps la force nourricière de votre monde. Une fois de plus, la Déesse est en train de retrouver sa place légitime de gardienne de la conscience humaine. Aujourd'hui, votre monde ne comprend pas très bien l'énergie de la Déesse à cause du manque de pouvoir actuel des femmes et du manque de respect que les hommes et les femmes ont envers le sexe féminin. La femme est créatrice de la vie; c'est grâce à la maternité - construisant la vie à partir d'un ovule et d'un spermatozoïde - que les voix ancestrales résonnent à travers les âges et imprègnent les cellules de l'enfant.

Il y a deux mille ans, les anciens adorateurs païens étaient tout à fait familiarisés avec l'énergie de la Déesse. Ils maintenaient encore une culture basée sur l'adoration de la Déesse, bien que cette culture disparaissait peu à peu de la conscience humaine. La culture de la Déesse comprenait l'utilisation de l'abstraction; les cycles individuels, les expériences et la conception du temps étaient cycliques plutôt que linéaires. La disparition de la connaissance transmise par la Déesse et la montée en puissance des vibrations mâles au cours de ces deux derniers millénaires ont provoqué l'apparition de la pensée linéaire et renforcé le concept selon lequel " l'unité n'existe pas ". La culture de la Déesse avait compris la puissance de la naissance et le fait que toute chose est imprégnée de vie et revêt de l'importance: les plantes, les animaux et les éléments - Terre, Air, Feu, Eau et Éther. Les êtres de l'époque comprenaient fort bien que l'Éther invisible est rempli d'esprits et d'énergie.

Vos yeux ne sont pas entraînés à percevoir l'Éther. Il y a bien longtemps, votre structure génétique fut calibrée d'une certaine façon afin que vous vous conformiez aux schémas comportementaux prescrits. Tout ceci remonte à des temps très anciens. Vous pouvez être influencés de façon télépathique, et ainsi, des énergies en provenance de vos créateurs peuvent alors vous être adressées sous forme de vibrations qui réajustent et modifient votre ADN. Vous avez fait l'objet d'expériences il y a cela des centaines de milliers d'années. Vous allez sans doute vous demander: " Qui sont ces créateurs? " Un jour, nous vous fournirons la réponse. Nous vous rappelons que 1 'histoire que nous vous racontons est inscrite au plus profond de vous-mêmes; elle peut se dévoiler en vous comme elle s'est déroulée au cours de nombreux cycles temporels.

Les peuples qui vivaient en connexion avec la Terre et saisissaient l'importance du principe féminin croyaient que Dieu existait en chaque chose. Ils n'adoraient pas qu'un seul Dieu parce qu'ils pensaient de façon abstraite. Vivant en contact avec la Terre, ils comprenaient les plantes et les animaux. Les cycles de leur existence étaient rythmés par les solstices et les équinoxes parce qu'ils avaient appris à scruter le ciel. Les journaux n'existaient pas; ces êtres lisaient le monde en fonction de leurs expériences quotidiennes. La vie était plus stimulante qu'aujourd'hui, bien que plus simple, et les gens ne dépensaient pas autant d'énergie en vue d'accumuler des biens matériels. Ils vivaient en communauté et se regroupaient parce qu'ils avaient besoin les uns des autres. Les ancêtres étaient invoqués et honorés, et la transmission orale demeurait très importante. Aussi ces gens-là avaient-ils l'esprit très affûté. Ils mémorisaient les histoires qu'on leur racontait et traçaient leur arbre généalogique en remontant très loin dans le temps. La forme de distraction la plus répandue consistait à se réunir autour d'un feu de bois et à se raconter des chroniques anciennes. Les festivités et les cérémonies étaient réglées selon les cycles célestes et, comme vous le savez, l'alternance du jour et de la nuit rythmait la vie.

En ces temps reculés, les gens savaient remarquer ce qui se passait dans le ciel. En été, ils dormaient fréquemment à la belle étoile. Les huttes, les châteaux et les forteresses étaient utilisés lorsque le temps était plus froid. Les Cieux les fascinaient et les intriguaient, et d'aussi loin qu'ils pouvaient se le rappeler, les chroniques qui leur étaient transmises, que ce soit sous forme de glyphes gravés dans la pierre, d'écrits ou de parchemins se rapportaient toujours aux Cieux. Il semble que l'importance accordée aux Cieux figure dans toutes vos chroniques et remonte à l'origine de l'humanité. Les anciens manuscrits étaient remplis de récits relatant les divers phénomènes célestes. Souvenez-vous! On ne voyageait pas beaucoup à cette époque et on ignorait ce qui se passait loin de chez soi. Chaque soir, la grande attraction se trouvait dans le ciel. Ceux qui étaient en mesure de traduire les phénomènes célestes agissaient en qualité d'intermédiaires entre les humains et leurs frères stellaires.

La connaissance qui harmonisait vos ancêtres avec la Terre était très importante à leurs yeux. Cette connaissance, associée à la Famille de Lumière et à ses capacités extraordinaires pour guérir et enseigner les vibrations de l'amour, rendait ces époques extrêmement dynamiques. Bien entendu, cette connaissance libérait les êtres, bien que beaucoup d'entre eux fussent effrayés par les pouvoirs dont ils disposaient. L'autorité de l'époque - l'Ancien Ordre mondial, l'Empire romain - pourchassait les membres de la Famille de Lumière et les exterminait. Au début du christianisme, de nombreuses factions s'opposaient. Personne ne savait exactement départager les uns des autres, et des idées contradictoires circulaient, car ceux qui répandaient les enseignements étaient nombreux. Il n'y avait pas qu'un seul enseignant. Aujourd'hui encore, plusieurs enseignants sont disponibles et, pourtant, certains d'entre vous n'en recherchent toujours qu'un seul. Nous entrevoyons le temps où chacun devra réclamer son propre pouvoir d'enseigner.

Deux mille ans plus tard, vous êtes un pur produit de la peur scellée dans vos cellules, celle d'entrer dans un nouvel âge et d'être tout-puissants. Vos ancêtres craignaient d'être obligés de combattre dans l'arène comme gladiateurs, d'être torturés et crucifiés. Ceux qui revendiquaient leurs propres croyances subissaient ces horribles traitements. L'histoire de vos pays est jalonnée de batailles visant à déterminer le vrai Dieu, les croyances véritables, les infidèles et les justes. Aujourd'hui, si vous examinez toutes ces chroniques avec du recul, vous ne manquerez pas de vous poser certaines questions. Comment un tel comportement put-il être aussi prédominant sur l'ensemble du globe? Pourquoi les hommes se sont-ils fait la guerre à propos de leur propre vérité, de leur Dieu, un Dieu supposé être un Dieu d'amour? La seule solution à ces choses, quoi qu'il puisse arriver, est de vous aimer vous-mêmes et de faire rayonner autour de vous cette vibration élevée. Agir ainsi permettra l'ouverture de certaines portes. De même, vous éviterez des événements désagréables qui étaient probables.

En somme, vous êtes aujourd'hui devant une opportunité qui se présente régulièrement. Dans la conscience de 1'humanité sont enregistrées toutes les expériences de l'ensemble de vos ancêtres. Au cours du passage d'une ère à une autre, une immense opportunité se présente toujours. Comment allez-vous réagir cette fois? Revendiquerez-vous votre pouvoir? …

En tant qu'êtres humains, vos tests actuels ne consistent pas simplement à relever les défis tridimensionnels, bien que ces derniers soient nombreux. Votre opportunité consiste à comprendre qu'au cours des divers cycles de l'existence, vous revivez des moments dans le temps qui vous permettent d'atteindre et de réaliser quelque chose d'unique. Il est maintenant opportun pour vous de prendre conscience de vos pouvoirs et de vivre dans l'instant présent. Vivre libres, jouir de toute la liberté qui vous appartient dépend de votre capacité à réagir.

par BARBARA MARCINIAK
Extraits de son livre FAMILLE DE LUMIÈRE, p. 35-39 - aux Editions Ariane Éditions, 1999



CHAQUE FEMME EST PORTEUSE D’UN SAVOIR



Les Européennes étaient, pour la plupart, d’origine modeste. Parfois, prostituées dans les villes portuaires, elles y étaient embarquées de force. Les unes et les autres possédaient des savoirs issus des campagnes françaises, faits de représentations du corps et de la maladie, de conseils thérapeutiques, de recettes issues des médecines populaires de l’ancienne France, telles que la médecine des humeurs, la médecine des semblables ou la médecine des signatures.

La première était issue de la théorie hippocratique des humeurs, qui considérait la maladie comme une conséquence de la rupture de l’équilibre des humeurs : sang, lymphe, bile et atrabile. Cette théorie, présente dans les campagnes françaises jusqu’au milieu du XXe siècle, et qui perdure encore partiellement, préconisait notamment de rééquilibrer ces humeurs par l’ingestion de préparations, tisanes et décoctions. Elle favorisait également le recours à diverses substances organiques (entre autres, l’urine) ou à des procédés mécaniques (l’utilisation de sangsues ou l’application de ventouses destinées à faire circuler le sang). La médecine des semblables, elle aussi présente en Europe depuis la Renaissance, voire plus anciennement encore, considérait qu’un mal devait être traité par son équivalent. Il fallait ainsi remplacer le sang perdu lors de l’accouchement par du vin (conduite signalée au début du XXe siècle à La Réunion et à Maurice), porter une tête de taupe autour du cou pour favoriser la percée des dents chez le bébé (une dent de requin orne toujours le cou de certains bébés réunionnais et un fait similaire m’a été signalé par une mère rodriguaise).

La médecine des transferts de maladie remonte elle aussi à la Renaissance. Elle procède par transfert de la maladie d’un corps dans un autre. On la retrouve dans diverses conduites sur les trois îles : coller un petit morceau de papier humecté de salive sur le front de l’enfant qui a le hoquet afin que celui-ci passe dans le papier ; plaquer contre sa tête des feuilles de ricin 65 pour que la maladie passe dans le végétal ; de manière, semble-t-il, spécifique à La Réunion, placer un jeune poulet ouvert sur la fontanelle de l’enfant souffrant d’une très forte fièvre afin que celle-ci soit transférée dans le corps de l’animal. Une médecine villageoise influencée par la médecine ayurvédique Les savoirs villageois qu’avaient apporté avec elles aux Mascareignes les femmes originaires de petits villages du sud de l’Inde étaient hérités d’une forme populaire de la médecine ayurvédique, qui est la médecine savante de l’Inde. Celle-ci est en fait peu éloignée de la médecine européenne des humeurs puisqu’elle comprend « trois humeurs : la bile, le flegme et le vent ou pneuma, entre lesquelles l’équilibre définit la santé » (Zimmermann, 1989).

Cet auteur précise que les maladies typiques de la côte de Malabar sont « la fièvre paludéenne et toute la rhumatologie, que les médecins ayurvédiques rangent sous la rubrique des maladies “dues au vent” », assez proches de l’ensemble des affections regroupées sous le terme générique de fréchèr (fraîcheur) à Rodrigues – ce qui, comme on le verra plus loin, ne signifie nullement que la nosologie populaire  en usage sur cette île soit directement liée à la médecine d’origine indienne. « Aux rhumatismes qui dominent dans cette région indienne de très fortes moussons, répondent les remèdes composés à base de cocktails d’épices. » (ibid., p. 15). De ces savoirs originaires de l’Inde, les femmes des Mascareignes ont conservé de nombreux usages, dont celui de l’eau de riz contre la diarrhée, des épices, tel le safran, comme antiseptique ou dans les préparations contre la grippe ou la toux, des clous de girofle pour les maux de dents.

Malgré l’absence de recherches anthropologiques analogues qui auraient été conduites à Madagascar auprès des femmes, on peut émettre l’hypothèse d’une théorie proche de celle des humeurs dans les savoirs des femmes malgaches venues peupler les Mascareignes. Bodo Ravololomanga relève chez les Tanalas de l’est de la Grande Île des représentations qui font état de risques associés à un déséquilibre thermique et à des oppositions chaud/froid (1991 -1992). Ainsi les femmes doivent-elles absolument éviter tout refroidissement durant leur grossesse, quitte à accompagner chaque repas de riz d’un bouillon chaud de brèdes, un terme générique qui, dans les Mascareignes, désigne diverses variétés de feuilles cuites, souvent consommées en bouillon ou fricassée. Dans la médecine ayurvédique, comme d’ailleurs dans la théorie hippocratique des humeurs, on note la présence de représentations du chaud et du froid, en même temps que l’importance du maintien d’un équilibre thermique du corps.


samedi 14 mars 2015

LES RESSOURCES DES GUERISSEUSES ET TISANEUSES


Il est malaisé d’effectuer de façon nette la différence entre guérisseuse et tisaneuse. Il semble que celle-ci réside dans le mode d’apprentissage de sa fonction par l’individu : les savoirs des tisaneuses sont transmis par le biais de canaux inter- ou transgénérationnels, par des pairs, des membres de la famille ou des proches. Il n’en va pas de même pour les guérisseuses. Celles-ci, qui sont souvent en même temps tisaneuses, déclarent avoir reçu leurs connaissances sous la forme d’un don, dont l’origine est fréquemment attribuée à un ancêtre (le don est alors transmis de génération à génération) ou à une divinité, que celle-ci soit chrétienne (la Vierge Marie, saint Michel, saint Expédit, sainte Rita) ou hindoue (Mariamen , Petiaye ). Un don généralement vécu comme une charge, contraignant la personne qui en est dépositaire à soigner ses semblables et qui concerne la plupart du temps des affections comme les brûlures ou les dartres. Des constantes se retrouvent aussi dans la manifestation et la découverte du don.



Celui-ci survient d’ordinaire à la suite de prières destinées à demander la guérison, la future guérisseuse faisant le serment de rendre la grâce qui lui serait faite. Les tisaneuses et les guérisseuses qui préparent les remèdes sont sollicitées par la population, hors du « circuit » classique de la médecine occidentale moderne, soit en amont, le recours au docteur étant envisagé quand le remède traditionnel s’avère inopérant, soit en aval quand le « docteur ne peut rien ». Les médecins ne sont pas tenus au courant des démarches des familles, en raison, disent les interlocutrices, de leur méconnaissance de certaines « maladies créoles » et de la peur du jugement qu’ils seraient susceptibles de porter. À La Réunion, de nombreux tisaneurs (dont une majorité de femmes) sont présents tous les jours sur tous les marchés de l’île, ainsi qu’à certains emplacements connus de tous, comme au pied de l’horloge à eau de Bois-Court dans les Hauts du Tampon ou encore chez certains bazardiers .

Les végétaux sont vendus soit bruts, sous forme de morceaux d’écorce ou de paquets de feuilles, soit déjà conditionnés et au poids. Il est à noter que, depuis quelques années, divers pharmaciens également herboristes ajoutent une caution scientifique à l’utilisation des végétaux en intégrant à leur rayon de parapharmacie un certain nombre de préparations traditionnelles. À Maurice, même si, de fait, ce sont souvent les femmes qui sélectionnent les végétaux, des tisaneurs hommes sont présents sur les marchés de Port-Louis et de Rose-Hill.

Les préparations qu’ils vendent sont des compositions de plantes prêtes à utiliser et déjà dosées, la vente s’accompagnant de conseils thérapeutiques et de préparation. À Rodrigues, certains végétaux d’usage courant, comme la menthe, le petit basilic ou l’ayapana, sont vendus sur le marché de Port-Mathurin. Cependant, il ne semble pas y avoir de tisaneur sur cette île, au sens qu’a ce terme à La Réunion ou à Maurice. Le mot de tisaneur (tisanèr), quand il est employé à Rodrigues, paraît devoir être assimilé à celui de remédyèr et désigner la catégorie ultime en termes de technicité, celle qui qualifie à la fois les tradipraticiens et les leveurs de sorts. La préparation de tisanes complexes est alors associée à un ensemble thérapeutique composé de remèdes à base de végétaux, de prières (catholiques essentiellement) et de passes . Il est à noter que, dans la société rodriguaise, fortement patriarcale, des femmes exercent cette fonction en raison de leurs savoirs liés aux plantes. Il est donc nécessaire de distinguer plusieurs catégories de détentrices de savoirs. À La Réunion, Annick exerce la fonction de guérisseuse. Atteinte il y a plusieurs années d’un cancer avec métastases, elle était condamnée par les médecins. Son mari partit au cimetière implorer ses propres parents, qui, de leur vivant, étaient guérisseurs, afin qu’ils rendent la santé à son épouse, en jurant de faire construire une chapelle si sa femme guérissait. Annick parle d’un rêve qu’elle a eu :

J’étais sortie de l’hôpital pour le week-end et on était partis au cimetière prendre des plantes sur la tombe de son papa. Le soir, un autre rêve, très fort, vint alors que j’avais l’impression de m’être juste endormie : je sentais quelqu’un en train de faire des passes sur mon ventre. Une femme. Pas des mains d’homme, des mains de femme. Et je me suis mise à penser à sa maman. Parce que sa maman, elle avait un don, elle faisait des passes, des passes de dartres. Je sentais une chaleur dans mon ventre, c’était incroyable. J’étais en train de dormir mais, pour moi, c’est comme si j’étais réveillée. Alors, j’ai fait deux rêves comme ça, mais ça n’a jamais été aussi fort. À partir de ce rêve-là, j’ai bu un peu de tisane, j’ai pris mon bain. Et puis, le lundi, je suis rentrée à l’hôpital et là, plus rien, comme si je n’avais rien eu. Le docteur m’a demandé ce qui s’était passé, où les taches, qui étaient, trois jours avant, visibles sur la radio, étaient passées. Il ne comprenait pas… Alors, je suis rentrée à la maison et la chapelle a été montée tout de suite. […] J’ai fait des contrôles, mais les années ont passé et je n’ai vraiment plus rien. Et pendant la maladie, j’ai aussi fait des neuvaines 64. J’ai été aidée par les docteurs, mais quelque chose qui était bien plus fort encore m’a aidée… Ce que j’ai vécu, je ne peux pas le raconter à tout le monde, je ne le raconte pas, sinon vous savez comment sont les gens…

Depuis cet épisode de guérison, Annick assiste son mari, Gilbert, devenu lui aussi guérisseur (il est, lors des cérémonies, possédé par l’esprit de son père défunt). Dans ce cas précis, c’est la mère de Gilbert, belle-mère d’Annick, qui semble, en étant intervenue pour accélérer sa guérison, lui avoir transmis un don de guérison. Dans d’autres cas, ce don s’accompagne de la capacité à déterminer l’origine du mal. La personne concernée n’est plus alors uniquement tisaneuse ou guérisseuse, elle est aussi susceptible de deviner l’origine du mal, en particulier dans les cas de suspicion d’attaque sorcellaire. À Rodrigues, c’est le cas de Lisette, chez qui le don n’est pas attribué à une transmission par un ancêtre. Pour cette femme, fervente catholique pratiquante, Dieu lui-même lui a conféré ses capacités :

Moi, j’ai été malade pendant sept ans. J’ai eu ma ménopause, mais pas vraiment comme tout le monde, j’étais vraiment bien malade. Alors ensuite, le Bon Dieu est venu. Il m’a donné le don. Quand j’ai commencé à être guérie, là, le Bon Dieu a commencé à me montrer des herbes. Ma tête brûlait. Il m’a donné quatre herbes pour que je guérisse. C’est le Bon Dieu qui me dit les herbes. Quand je fais bouillir de l’herbe, c’est que le Bon Dieu m’a dit de les ramasser. C’est pour ça que les docteurs m’envoient des gens parfois, parce que je travaille avec le Bon Dieu. Et avec ma main, quand je passe ma main et que je fais une croix avec mon pouce, ça guérit. Je pose la main à un endroit, je marque, je fais la croix. Le Bon Dieu me donne beaucoup de vie, il me soutient. Pour l’hémorragie, pour les pertes blanches des dames, je fais bouillir sept herbes et je les guéris. Si une personne vient avec sa maladie, je prie et, là, je sais quelle tisane il faut faire. Et pour me remercier, les gens me donnent des fleurs, des images saintes pour décorer ma chapelle. Tous ceux que je guéris, dans les rêves, j’ai les noms des plantes. Il y a deux mois, j’ai rêvé de votre venue. C’est parce que je travaille avec Dieu. J’ai une sœur religieuse, et moi je travaille avec Dieu. J’ai été malade pendant sept ans et, quand j’ai été guérie, j’ai été obligée de guérir les autres