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mercredi 25 mars 2015

ÉPOUSER LA FLAMME SOEUR EN SOI




Avec le contrôle que les hommes et la société patriarcale ont exercé sur cette planète au cours des milliers d'années qui viennent de s'écouler, et avec l'effacement complet des femmes dans l'arrière-scène, la séparation a été le thème dominant et l'émotion a été rejetée, considérée comme mauvaise, et réprouvée... Vous n'avez rien sur quoi modeler une image positive de la femme au pouvoir d'elle-même. Les hommes font donc leur possible pour répondre aux stéréotypes masculins et les femmes s'efforcent d'être reconnues et habilitées à travers une vibration mâle parce que vous n'avez pas une vision claire de ce qu'est une femme au pouvoir d'elle-même. Vous devez créer cette vision.

Commencez à reconnaître toute la richesse de l'énergie de la version féminine du soi, que sont l'intuition, la réceptivité, la créativité, la compassion et la capacité de nourrir et de protéger. Vous êtes en train de découvrir toute la richesse de l'identité féminine qui a été depuis si longtemps discréditée. Si vous êtes une femme, il va de soi que vous êtes une incarnation vivante de cette essence. Les hommes doivent découvrir en eux-mêmes leur énergie de la déesse, là où la déesse rencontre le dieu en eux.

De même, il y a une distorsion dans la perception de l'énergie masculine. Vous n'avez pas un exemple d'un mâle sensible, ayant le plein contrôle sur lui-même. La société considère les hommes sensibles comme des "mous" manquant de masculinité. Les hommes commencent à regarder leurs émotions et à dire, "Hé, je sens cela", tout en sachant qu'ils sont encore des hommes. Les hommes et les femmes sont donc en train de créer des modèles où leurs aspects masculins et féminins sont intégrés et ont retrouvé leur plein pouvoir. Ces modèles sont en train d'apparaître très rapidement. Le temps de la séparation est terminé.

Comme nous l'avons mentionné, ce n'est pas à l'extérieur de vous qu'il vous faut chercher un ou une partenaire pour être votre flamme soeur. Le but à viser est l'intégration en soi-même de l'essence mâle et de l'essence femelle. Elles constituent un tout. Les personnes entières cherchent à entrer en contact avec d'autres personnes entières dans des relations fondées sur la confiance, le désir et le choix. Les relations ne sont pas fondées sur le besoin d'avoir quelqu'un dans sa vie pour combler un manque et pour se sentir validé. Vous êtes complets en vous-mêmes et vous fonctionnez avec une autre personne qui est complète en elle-même et qui offre un tout nouveau territoire à explorer.

Lorsque vous épousez cette flamme soeur en vous-mêmes, vous reconnaissez alors la partie en vous qui est intuitive, déesse, donneuse de vie et sensible, tout aussi bien que la partie en vous qui est puissante, rationnelle et intellectuelle, l'une procédant du plan terrestre et l'autre procédant du plan spirituel. Lorsque vous fusionnez ces énergies ensemble, il est impératif que vous trouviez quelqu'un qui possède les mêmes qualités. Vous ne vous harmoniserez pas avec quelqu'un qui n'est pas intégré et entier.

Vous attirerez automatiquement vers vous des gens qui sont entiers, et cela se fera sans effort. Vous serez capables de vous brancher l'un dans l'autre à partir d'un désir et d'une reconnaissance mutuellement partagés, et non à partir d'un besoin. Vous réaliserez quelque chose que vous n'aviez jamais cru possible auparavant dans une relation, et vous donnerez à la relation une toute nouvelle personnalité, une nouvelle dimension et une nouvelle définition. Vous deviendrez vos propres modèles pour ce nouveau type de relation...

Alors que vous êtes tous en voie d'intégrer les polarités en vous-mêmes, des questions difficiles ne cesseront de faire surface encore et encore. Accueillez de bon coeur les temps difficiles, car ils peuvent être la source des plus importantes leçons que vous apprendrez. Demeurez centrés sur votre propre croissance, votre propre cheminement, et votre propre soi, et non pas sur ce que font les autres. Faites appel à vos aspects masculins et féminins en vous et établissez un dialogue entre eux afin qu'ils puissent commencer à travailler en association et dans l'harmonie. Donnez-vous beaucoup d'amour et d'encouragement. Prenez rendez-vous avec vous-mêmes et dites, "Je t'aime, cher soi. Tu es un soi merveilleux, Tu est le numéro Un, le meilleur soi."

Lorsque vous vous accordez la dignité de votre propre amour, comme si vous étiez un prince royal recevant les marques d'approbation des gens, tout change. La force et l'intégration deviennent vôtres parce que vous croyez en vous et que vous aimez qui vous êtes. Lorsque vous croyez en vous et que vous vous aimez, tout commence à bien aller pour vous. La chose la plus difficile à faire pour la plupart d'entre vous c'est de prendre l'engagement de croire que vous méritez l'amour. Personne d'autre n'a à vous aimer. Vous n'êtes pas ici pour aller de tous côtés recueillir l'amour des autres personnes pour vous convaincre que vous méritez d'être aimés.

Vous êtes ici pour maîtriser une tâche très difficile dans un système qui est dominé par l'obscurité et qui vous donne très peu de données, de stimulation et d'information sur la vrai nature des choses. Vous êtes ici pour accomplir l'impossible. En vous engageant à vous aimer vous-mêmes et à faire de cet engagement le fondement de tout ce que vous faites à chaque jour, tout prend naturellement la place qui lui revient. Vous devenez entiers et complets. Vous êtes alors prêts pour une relation engagée avec une autre personne qui est complète, et cette relation peut vous faire pénétrer dans des royaumes inexplorés.


par Barbara Marciniak -  Extraits de son livre MESSAGERS DE L'AUBE, p. 257-260
Ariane Éditions, 1995

lundi 23 mars 2015

LA TERRE DES FEMMES



Des savoirs qui semblent régresser…

La période qui entoure la naissance est le lieu, par excellence, des savoirs des femmes. Gardiennes des savoirs traditionnels, celles qui, pendant longtemps, ont accompagné la grossesse des femmes et la naissance des enfants ont aujourd’hui tendance à se faire moins nombreuses, quand, comme à La Réunion, elles ne disparaissent pas purement et simplement, ce qui met fin, avec elles, à des générations de transmissions de connaissances féminines. Comme nous l’avons vu plus haut, à La Réunion, depuis le début des années 80 et le passage d’un accouchement à domicile à l’accouchement en milieu hospitalier, les matrones n’exercent plus. Seules quelques-unes, très âgées, se souviennent encore du rôle qui était le leur au sein de la société et des solidarités féminines. À l’île Maurice, le nombre des dayi, accoucheuses traditionnelles, tend à diminuer très vite en raison des progrès extrêmement rapides du système de soins et des modifications du suivi de la grossesse des femmes, qui tend à se médicaliser de plus en plus. Seules certaines, encore en exercice, continuent à accompagner les femmes durant leur grossesse et à se charger du suivi de la mère et de l’enfant après sa naissance. À Rodrigues en revanche, le système médical et hospitalier n’étant pas encore aussi développé que sur les deux autres îles, les femmes-sages, comme on les nomme souvent, poursuivent leur tâche et ont la plupart du temps reçu une accréditation du Gouvernement mauricien.

Habituellement choisies parmi les femmes âgées de la communauté, ou parce qu’elles avaient déjà enfanté plusieurs fois, elles étaient jadis formées par des aînées, par une consœur désireuse de prendre sa retraite, par une tante, une cousine ou leur propre mère. Le rôle de ces femmes au sein de la société apparaissait particulièrement important. Elles se trouvaient au centre des réseaux féminins de solidarité familiale, des réseaux qui, depuis la régression de leur nombre et de leurs responsabilités, tendent à disparaître (La Réunion) ou à diminuer fortement (Maurice et Rodrigues), laissant la place aux querelles familiales, aux jalousies porteuses, notamment, d’accusations de sorcellerie en cas de problème ou d’accouchement difficile.

Comme en Europe, la terre des femmes, celle où l’on plantait un arbre à la naissance d’un enfant, celle dans laquelle étaient enterrés les placentas des nouveau-nés, devenait terre des hommes. Dans leur ouvrage sur le passage d’un accouchement traditionnel à l’accouchement médicalisé au Québec, Francine Saillant et Michel O’Neill parlent d’une « désappropriation des femmes de la naissance de leur enfant » (1987). Mais les femmes n’ont pas, pour autant, abandonné leurs traditions. Habituées par l’histoire à être minoritaires et à se battre pour conserver leurs savoirs, elles ont appris à les cacher, à se faire discrètes. Une forme de résistance, sans doute, mais qui traduit aussi un conflit interne. Quelle que soit l’île concernée, une double attitude apparaît, associée à un double discours. La première attitude, reflet de la société actuelle, est celle où les femmes, majoritairement, disent ne plus rien savoir des connaissances traditionnelles, qu’elles qualifient d’anciennes, d’oubliées, de superstitions. Dans un premier temps, elles affirment recourir strictement à la seule biomédecine. Puis, à mesure que le temps passe, que la communication se fait plus aisée, amicale même, elles reconnaissent une certaine honte vis-à-vis des pratiques traditionnelles, mais aussi, paradoxalement, une fierté devant des usages spécifiques aux Mascareignes qu’elles connaissent et pratiquent.

La honte peut sans doute se comprendre comme un produit de l’histoire de la colonisation, comme la réaction de femmes qui ont toujours été dominées. Par les hommes d’abord, les sociétés de Maurice et Rodrigues, et de La Réunion à un moindre niveau, étant nettement patriarcales. Mais aussi par la prédominance ancienne du modèle européen, vu, tout au long de l’histoire, comme l’idéal vers lequel il fallait tendre. Aujourd’hui, ce modèle est remis en cause, à Maurice d’abord, et de plus en plus à La Réunion, par la montée de l’influence indienne, qui se constitue en modèle alternatif.

Loin d’être figés en une sorte de « matrimoine » qui n’évoluerait pas, les savoirs des femmes se trouvent au cœur de divers processus de résistances et d’ajustements par rapport à la modernité. Ces savoirs se transforment sous le coup des influences qui s’exercent, de l’intérieur de la société elle-même comme de l’extérieur, des apports exogènes fournis par les médias ou relayés par les professionnels de la santé. La modernité et les bouleversements que celle-ci entraîne dans ces savoirs sont d’abord conditionnés par les modifications du contexte épidémiologique et de ce que l’historien Mirko Grmek (1983) définissait comme pathocénose. En effet, à partir des années 60 à La Réunion, et un peu plus récemment à Maurice, le contexte médical a changé de manière radicale. Les affections jusqu’alors les plus fréquentes – maladies infectieuses et parasitaires – ont sensiblement diminué, les médecins se font plus nombreux, les recours possibles se sont diversifiés, notamment à Maurice avec le développement, déjà mentionné, de la médecine chinoise et, plus récemment, de la médecine ayurvédique. À La Réunion, des centres de PMI (protection maternelle et infantile) se sont développés. L’accent est mis par les pouvoirs publics des différentes îles sur les problèmes de santé publique. Parallèlement, l’accès à l’information s’est répandu dans tous les milieux sociaux, surtout par le biais de la télévision (récente à Rodrigues, où la généralisation de son accès date seulement des années 80).

En quelques décennies à peine, les femmes se sont trouvées confrontées à une accumulation de conseils, d’informations diverses, qui vont parfois dans le sens des savoirs traditionnels, telle l’injonction médicale du repos durant la grossesse, et sont parfois en contradiction avec eux, comme, par exemple, le fait de se lever juste après l’accouchement alors que prévalait un interdit qui allait jusqu’à quarante jours. Ces diverses influences ont évidemment eu des répercussions sur les savoirs des femmes, même si le recours aux plantes se maintient et si la médecine traditionnelle reste le moyen le plus économique de se soigner. Les savoirs et conduites spécifiques au corps et à la maladie tendent à se transformer. Auparavant ordonnée autour d’un axe de cohérence prévention-thérapie, lui-même associé à la recherche d’un équilibre des humeurs, qui correspondait à un contexte épidémiologique et sanitaire précis, la tradition est réorganisée sur la même base, avec une exploitation de la connaissance des simples acquise au cours des générations mais dont les finalités s’adaptent aux besoins thérapeutiques propres au contexte épidémiologique présent.

On note ainsi que, à la suite de la quasi-disparition de la lèpre dans les Mascareignes, peu de tisanes sont préparées de nos jours pour le traitement de cette maladie, alors que cette affection et ses traitements étaient à maintes reprises signalés par de Cordemoy (1895) et Daruty (1886). De la même manière, si, dans les années 1950, divers remèdes étaient préparés contre les vers, ces traitements se justifiant à l’époque par le nombre particulièrement élevé d’enfants polyparasités, les tisanes contre les vers, quoique encore présentes, se font plus rares de nos jours. En effet, le contexte sanitaire a évolué et les enfants ne sont plus atteints par les vers comme ils l’étaient au milieu du siècle dernier. En revanche, nombreuses sont les femmes interrogées qui déclarent préparer des infusions afin de traiter le stress, qu’il soit la conséquence du travail ou de la vie quotidienne.




TRANSMISSION DE FEMMES : Des végétaux aux vertus magiques et/ou sacrées



 Aux plantes rafraîchissantes, destinées à prévenir la maladie, ou aux plantes échauffantes qui ont pour rôle de la traiter, sont souvent ajoutés d’autres végétaux, chargés de renforcer le pouvoir de la préparation. Ils peuvent être divisés en deux catégories, les végétaux aux vertus magiques, qui, pour être efficaces, ne peuvent être ramassés que sous certaines conditions, à certaines heures, et ceux qui relèvent du domaine du sacré. À La Réunion, certaines plantes, comme la verveine, la verveine-citronnelle ou le pignon d’Inde, ne peuvent être récoltées n’importe comment. Il est préférable de les cueillir à des heures particulières, au lever du jour (6 heures), moment où le soleil et la sève montent, ou à midi, l’heure où les pouvoirs de la plante sont, comme le soleil, à leur zénith. Le fait de la cueillir implique que soit effectué un dédommagement à la plante.

Il convient alors de déposer une pièce de monnaie dans la terre, là où se trouvait le végétal s’il a été déterré ou sous les racines s’il n’a été qu’amputé d’une partie de ses feuilles. D’autres arbres ou plantes renforcent le pouvoir des préparations par leurs vertus sacrées. Les plantes sacrées, que l’on retrouve tant dans les tisanes préparées en milieu familial que dans les préparations des tisaneurs, sont le plus souvent des végétaux utilisés dans les rituels de l’hindouisme ou recueillis devant des sites sacrés catholiques. Il peut s’agir de feuilles de manguier, de lilas , de pétales d’œillets d’Inde ou de reines-marguerites distribués lors des cérémonies, de fleurs collectées sur le site de la Vierge Noire de la Rivière des Pluies à La Réunion ou devant le tombeau du Père Laval à Maurice. À Rodrigues il n’existe pas de site sacré équivalent à ceux qu’on trouve sur les deux autres îles. Aussi les femmes demandent-elles aux personnes qui voyagent dans les îles sœurs de leur en rapporter des végétaux. Ceux-ci complètent la fonction thérapeutique de la préparation par une protection divine, qui renforcera l’effet attendu en empêchant l’action d’esprits ou de mauvais sorts. Plantes rafraîchissantes, plantes échauffantes ou destinées à traiter le mal, végétaux aux vertus magiques et/ou sacrés peuvent être combinés de différentes manières, selon l’affection à traiter et le résultat attendu. Les modes de préparation peuvent également se compléter.

EXTRAIT DU LIVRE : http://www.amazon.fr/Savoirs-femmes-M%C3%A9decine-traditionnelle-Rodrigues/dp/9232041979

samedi 21 mars 2015

LA BEAUTÉ EST CE QUI TRANSFORME



Dans le livre biblique du prophète Enoch - une pierre de touche des débuts de l'église chrétienne -, Enoch est allé jusqu'à divulguer l'identité des " chefs " des anges qui ont dirigé les 200 autres, incapables de résister à la beauté des femmes terrestres. Avec des noms comme Samyaza, Ramuel, et Turel, ces êtres " parfaits " savaient que leur cohabitation avec les femmes mortelles violait les règles du cosmos. Pourtant, à leurs yeux, l'expérience sensuelle qui les attendait l'emportait sur le risque de perdre leur immortalité. Dans les traditions bibliques subséquentes, ce fut la beauté d'une femme, Dalila, qui a conduit à l'amour, la confiance, la trahison et, finalement, la mort de Samson, l'un des hommes les plus forts de la Terre.

L'Histoire est le récit de notre relation avec la beauté, son pouvoir et son attrait, des distances que nous avons parcourues pour la poursuivre, de notre désir ardent de la réaliser, de nos tentatives pour la saisir, et de notre croyance que, d'une certaine façon, nous sommes capables de la maîtriser. Tout ce temps, il nous a été très difficile de définir cette force la plus indéfinissable de l'expérience humaine. Justement, qu'est-ce que la beauté?



Le mystère de la beauté

La beauté revêt différentes significations pour différentes personnes. Quand on demande aux gens de la définir, la plupart du temps, leur réponse se fonde sur leur expérience personnelle - ce qu'elle a signifié pour eux dans leur vie. Pour un scientifique, la beauté peut prendre la forme d'une solution élégante à une équation mathématique. Pour sa part, un photographe percevra la beauté dans le contraste frappant entre le rayon du soleil et les ombres dans une composition. Pour sa part, Albert Einstein a vu la beauté comme l'expression d'un plus grand ordre dans la création, affirmant par exemple: " La musique de Mozart est si pure et si magnifique que je la vois comme un reflet de la beauté intérieure de l'Univers ".

Il est évident que l'expérience de beauté de chaque personne est unique. Pour cette raison, il peut exister autant de définitions de l'expérience de beauté que de gens qui en font l'expérience ! Indépendamment de la façon dont nous la définissons dans notre vie - qu'elle soit vue comme une force, une expérience, une qualité, un jugement, ou une perception, le pouvoir de la beauté est réel. En sa présence, nous sommes transformés. Alors qu'il est évident que nous ne pouvons savoir précisément ce qu'elle est, il est également évident que nous pouvons intégrer

Si, comme l'ont révélé les traditions anciennes, la beauté est une force en elle-même, c'est sans doute la plus étrange des forces de la nature. Contrairement à la gravité et à l'électromagnétisme qui semblent exister avec ou sans nous, le pouvoir de la beauté semble être endormi, jusqu'à ce que nous lui prêtions attention. Alors qu'il possède probablement la puissance de transformer notre monde, ce pouvoir reste pourtant endormi jusqu'à ce qu'il soit éveillé. Et nous sommes les seuls capables de l'éveiller. Étant donné que nous sommes la seule forme de vie détenant le pouvoir de faire l'expérience de la beauté, celle-ci s'éveille seulement lorsque nous reconnaissons sa présence dans notre vie.

Dans cette optique, la beauté est bien plus que ce qui est agréable à l'œil humain. C'est une expérience du cœur, de l'esprit et de l'âme. La beauté provient de notre volonté de voir la perfection dans ce que nous appelons souvent les imperfections de la vie. Alors que, par exemple, nous pouvons être heurtés lorsqu'on trahit notre confiance, une partie de ce choc peut disparaître quand nous considérons que nous, en retour, avons trahi d'autres personnes, autrement, et à d'autres moments. Dans cet exemple, la " beauté " se trouve dans l'équilibre de telles expériences, qui nous reviennent parfois d'une manière à laquelle nous nous attendions le moins.

Si nous voulons trouver la beauté dans chaque expérience, peut-être que notre rôle consiste moins à la créer et plus à reconnaître qu'elle a déjà été là. La beauté est toujours présente dans toutes choses. On peut la découvrir même dans les endroits où nous croyons qu'elle ne pourrait jamais exister.

Dans les moments où nous atteignons les profondeurs de notre âme pour trouver le pouvoir de donner une nouvelle signification aux choses qui nous blessent le plus, nous découvrons la grande sagesse partagée par les maîtres anciens. Cette sagesse nous rappelle simplement que le pouvoir de voir la beauté est un choix. Le choix qui nous attend à chaque moment de chaque jour consiste à décider de considérer seulement les qualités de ce qu'on voit dans l'instant présent, sans comparer l'expérience présente à une autre vécue dans le passé. C'est ainsi que nous semons dans notre conscience les graines qui attirent et invitent une plus grande beauté dans notre vie.

Ce n'est que lorsque nous comparons notre expérience actuelle à notre conception personnelle de la beauté que nous parvenons à ne rien voir d'autre que la beauté du moment.

Dans les traditions Navajos, on nous rappelle ce principe dans la simple phrase: " La beauté sur laquelle vous basez votre vie ". Nous créons chacun notre propre standard, à partir duquel nous mesurons la beauté dans notre vie. La question est celle-ci: quelle jauge vous permet de mesurer l'équilibre, le succès, et l'échec dans votre vie? Quels sont vos critères de beauté?

La beauté vit là où nous lui permettons de le faire! ...

Il est intéressant de voir comment l'Univers nous apporte ses leçons au moment où nous les attendons le moins. Souvent, il semble qu'elles arrivent juste après que nous ayons vécu de puissantes expériences, comme pour nous mettre à l'épreuve afin de vérifier si nous avons vraiment appris. C'est ce qui était arrivé au Tibet.

Quelques jours après mon expérience à Katmandou, notre autobus est entré dans un village de montagne et s'est arrêté à une ancienne caserne militaire qui avait été convertie en auberge. Au moment où nous nous sommes arrêtés, un homme bossu et basané s'est approché de notre véhicule, prenant un peu tout le monde au dépourvu. Pendant qu'il nous regardait, je constatais qu'il était vieux, qu'il ne lui restait que quelques dents, et qu'il était atteint d'un grave strabisme. Au début, nous avons cru que ce pouvait être un autre mendiant de la rue. Mais lors que quelqu'un lui a offert quelques yuans chinai (devise locale), il a refusé. À la place, il a commencé à prendre les lourds sacs à l'intérieur de notre autobus, pour que nous n'ayons pas à nous en occuper.

Après qu'il eut soigneusement empilé le dernier sac sur le bord du trottoir devant l'auberge j'ai voulu lui donner un pourboire. Il l'avait certainement mérité! Nos bagages semblaient devenir de plus en plus volumineux après chaque ville visitée. De nouveau, il a refusé. Comme il levai les yeux, il a fait un grand sourire édenté, s'est retourné et s'est éloigné, et c'est tout! Tout ce qu'il voulait, c'était que nous profitions du village. Il n'attendait rien en retour.

La véritable surprise est survenue quand j'ai posé des questions à l'aubergiste sur son employé qui avait été si gentil. Il m'a informé qu'ils n'avaient aucun employé pour porter les sacs. Cet homme était simplement quelqu'un des rues du village, qui se trouvait dans l'auberge à notre arrivée et qui a offert de nous aider.

Encore une fois, la perfection de la beauté intérieure brillait à travers les imperfections de cet homme et notre jugement sur lui. Il semble qu'il ne voulait qu'offrir un service chaleureux, sans rien demander en retour. Mais, cette fois, le groupe entier avait eu l'occasion de faire l'expérience du cadeau de cet ange au Tibet.

Nous avons tous tendance, de temps en temps, à reconnaître les aspects insolites de la vie, surtout chez les autres, lorsqu'ils se trouvent sur notre chemin. Si nous arrivons à les voir pendant que nous sommes seuls, nous pouvons simplement jeter un coup d'œil, hausser les épaules et continuer notre chemin. Mais si nous sommes avec d'autres personnes, nous pouvons faire des commentaires sur ce que nous voyons, de façon à soulager nos sentiments inconfortables par rapport aux curiosités des autres personnes. Donc, alors que nous sommes capables de reconnaître les " imperfections ", la question est la suivante: avons-nous tendance à juger toute chose qui n'est pas parfaite comme étant aussi moins belle?

Un jour, dans ma voiture de location, j'attendais à un feu de circulation dans une grande ville où chaque marque, modèle, et style d'humain qu'il est possible d'imaginer déambulait dans les rues autour de moi. Pendant ce court laps de temps où j'attendais le changement des feux de circulation, j'étais entièrement entouré de gens. Cet arrêt m'a offert une rétrospective de la vie: les toutes nouvelles coupes de cheveux; des entrepreneurs des années 90, jusqu'aux rétros des années 60; l'art corporel et le perçage; des complets; des valises; des téléphones cellulaires; et la dernière tenue dl patinage. Qui aurait pu demander plus de diversité rassemblée à un seul endroit? Même si tout le monde était assez intéressant, un homme a particulièrement capté mon regard.

Il était évident qu'il était atteint d'un problème neuromusculaire, ce qui l'empêchait dl bien maîtriser ses bras et ses jambes. Il portait un complet, un sac à dos, et semblait se rendre à son bureau ou en revenir. Comme il attendait le feu de circulation, il a semblé que toute son énergie était concentrée à maîtriser son corps et se tenir sur place. Lorsque le signal pour piétons a clignoté, il a traversé la rue en même temps que tous ceux qui l'entouraient. Je crois qu'il n'y a pas de hasard dans la vie, alors lorsqu'il est passé tout juste devant moi, j'en ai profité pour regarder son visage. Il marchait avec tant d'application et si difficilement que sa bouche se contractait. Ses yeux étaient concentrés et déterminés. C'était un grand effort pour lui de marcher ; et il travaillait fort!

Alors qu'il disparaissait de l'autre côté de la rue, dans la foule, un sentiment de gratitude m'a envahi. J'ai essayé d'imaginer ce qu'aurait été ma journée si je ne l'avais pas rencontré ce jour-là. Dès que j'y ai pensé, cet homme a commencé à me manquer. J'ai songé à ce qu'il m'avait apporté durant ces quelques secondes, au courage dont il faisait preuve par sa détermination à sortir parmi les gens. J'ai pensé à quel point ces instants de ma vie auraient été vides s'il n'avait pas été là. Mais il était là. Et par sa présence, cet homme courageux a embelli ma journée. J'avais les larmes aux yeux alors que je le remerciais silencieusement pour sa présence et que je réfléchissais, me disant: Comme j'ai de la chance d'avoir vu cet homme aujourd'hui ... Je vous invite à en faire l'essai pour vous-même

La prochaine fois que vous vous trouverez dans un lieu public, examinez la foule autour de vous sans que cela soit trop évident. Puis, remarquez une personne - n'importe laquelle. Demandez-vous ce qui, dans cette personne, vous touche le plus profondément. Ce peut être son innocence ou son sourire. Comme dans le cas de l'homme que j'avais remarqué de ma voiture de location, ce peut être quelque chose d'aussi simple que la façon dont cet individu faisait face aux difficultés de la vie.

Ensuite, fermez les yeux et imaginez à quoi aurait ressemblé votre journée si vous n'aviez pas su que cette personne faisait partie de votre univers. Imaginez à quel point ce moment aurait été vide et combien il ou elle vous aurait manqué.
Vous pourriez être surpris de l'effet d'un tel exercice fait pendant un court instant! Vous pouvez maintenant être profondément reconnaissant envers la personne qui était là pour vous, et envers ce qu'elle vous a appris sur vous-même.

Comment nous décidons de voir

En plus de la beauté inspirée par un coucher de soleil, un sommet de montagne recouvert de neige, ou le travail d'un artiste que vous adorez, certaines sources de beauté proviennent uniquement de la signification que nous donnons à notre expérience. Pendant ces moments, c'est notre façon de voir la vie qui crée le sentiment de beauté en nous. L'expérience d'une naissance humaine en offre le parfait exemple.

Être témoin de l'émergence d'une nouvelle vie dans ce monde constitue, à tous points de vue, une expérience mystique et magique. Si nous connaissons le résultat à venir lorsque nous voyons une femme en travail, notre façon de nous sentir par rapport à ce que nous observons se modifie. Mais si, pendant un seul instant, nous pouvions nous imaginer arriver sur Terre d'un monde où nous ne sommes pas accoutumés au miracle de la naissance, la vue du processus dans son ensemble pourrait alors nous déranger et, peut-être même, nous effrayer.

En effet, si nous ne savions pas, avant d'en être témoin, que " c'est ainsi que cela se passe sur cette Terre ", la vision du travail qui donne naissance à une nouvelle vie pourrait nous sembler comporter quelques-uns des signes précurseurs de la mort ici-bas. Au cours d'une naissance typiquement occidentale, nous commencerions par ne voir qu'une femme manifestement souffrante. Son visage montrerait des contorsions qui s'intensifient à mesure qu'avance le travail. Elle saignerait et transpirerait.

Comment pourrions-nous savoir, à partir des signes extérieurs de la douleur, souvent synonymes de mort, qu'une vie nouvelle est sur le point d'apparaître? C'est vraiment la signification attachée à notre expérience qui en oriente la perception ...

Même si nous ne possédons pas le pouvoir de déterminer ce qui arrive à chaque instant, nous avons le pouvoir de déterminer nos sentiments sur l'événement en question. Ainsi, on nous offre la clef pour transformer même les expériences les plus douloureuses en une sagesse positive qui devient la base de notre guérison...

Le pouvoir de la beauté

De récentes découvertes de la science occidentale s'ajoutent maintenant à un ensemble de preuves de plus en plus complètes, suggérant que la beauté est dotée d'un pouvoir de transformation. Plus qu'un simple adjectif qui décrit les couleurs d'un coucher de soleil ou d'un arc-en-ciel après une tempête de la fin de l'été, la beauté est une expérience - plus particulièrement, la beauté est notre expérience. On croit que les humains constituent la seule espèce vivant sur Terre à être capable de percevoir la beauté du monde qui les entoure et des expériences de leur vie. Par l'intermédiaire de notre expérience de la beauté, nous recevons le pouvoir de modifier les sentiments nichés dans notre corps. En retour, nos sentiments sont directement rattachés au monde, au-delà de notre corps.

Les Anciens croyaient que le sentiment - particulièrement la forme de sentiment que nous nommons " prière" - est la force la plus puissante de l'Univers. Comme nous en avons déjà discuté, le sentiment et la prière influencent, de fait, directement la matière physique de notre monde. Donc, quand nous déclarons que la beauté détient le pouvoir de transformer notre vie, il n'est pas exagéré de dire que cette même beauté possède aussi le pouvoir de transformer notre monde !

La clef, c'est que nous devons trouver une façon de voir au-delà de la blessure, de la souffrance, et de la douleur que nous montre le monde, pour reconnaître la beauté qui existe déjà dans toutes choses. C'est à cette seule condition que nous pourrons déclencher le potentiel et le pouvoir de la prière dans notre vie.

Trouver la beauté là où les autres n'en trouvent pas

Pour nous aider dans notre quête de l'attribution d'un sens aux choses, de grands maîtres d'aujourd'hui, tout comme ceux de notre passé, nous tiennent lieu d'exemples vivants. Il y a plusieurs années, le monde a perdu un tel maître: Mère Teresa.. "Mère" - comme l'appelaient les proches de cette femme extraordinaire -, parcourait les rues près de sa maison à Calcutta, ses bénévoles des Sœurs de la Charité sortaient chaque jour pour aller chercher ceux qu'elles nommaient les " enfants de Dieu ". Traditionnellement, la société indienne, et parfois même leurs propres familles, les évitaient délibérément. Les sœurs emmenaient ces gens dans des hôpitaux qu'elles mettaient en place pour leur offrir de la dignité et de l'intimité durant les dernières heures qu'il leur restait à vivre sur cette Terre.

À ce jour, les sœurs continuent encore leur mission. Par le passé, je me suis fait un point d'honneur de visiter leurs établissements, et j'y ai trouvé des femmes qui s'acquittaient d'un noble service que peu de gens avaient la volonté ou la force émotionnelle nécessaire d'imiter. Elles sont de véritables anges qui habitent en ce monde. Je pense souvent aux sœurs et à Mère Teresa, et je sais que, si elles peuvent trouver de la beauté dans les rues de Calcutta, alors je suis capable de reconnaître la beauté qui existe partout où je peux me trouver.

C'est le pouvoir de la beauté. La pertinence est évidente; les instructions sont précises. La beauté dont nous faisons l'expérience dans notre vie est le schéma de ce qui est reflété dans notre monde. Dans notre ère de haute technologie où des circuits miniaturisés et des appareils informatiques font bouillir notre eau, il peut être facile de négliger le pouvoir que la beauté offre à notre vie. Sans la compréhension quantique d'un monde où nos croyances intérieures deviennent notre monde extérieur, quelle technologie pourrait être plus simple ou plus puissante?

par GREGG BRADEN

Extraits de son livre Secrets de l'art perdu de la prière, p. 132 à 156
Éditions AdA, 2007 
 

jeudi 19 mars 2015

LES QUALITÉS DE L'ÉNERGIE FÉMININE





Nous vous présentons ici de manière succincte les sept qualités féminines premières, celles qui caractérisent ce que vous nommez à juste titre " l'Énergie de la Déesse " ou la nouvelle énergie féminine qui coule maintenant en vous, en vos veines, en votre corps physique et en vos cellules.

1 . Douceur et tendresse (Mère divine)
Il s'agit en réalité d'une seule et même vibration, celle de la Mère divine, de la Conscience-Féminine-Une, qui engendre avec la Conscience-Masculine-Une tout ce qui est, puisque ce sont les deux principes qui forment l'Unité de la Création et qui s'unissent pour donner naissance à la vie cosmique. C'est dans la réceptivité de cette première vibration que se mettront en place les changements liés à la conception et à l'enfantement pour les femmes de la Terre.

2 . Justesse et fermeté.
Cette qualité divine est celle qui permettra plus de fluidité et de rigueur dans les prises de décisions, et c'est cette vibration qui aura un impact considérable sur tout ce qui concerne les décisions prises par les gouvernements. C'est cette qualité, cette facette de l'énergie féminine en expansion, qui va raviver les débats sur l'égalité homme/femme et qui amènera à une nouvelle conception, tout aussi novatrice que judicieuse, des structures étatiques en cours de morcellement et de recomposition.

3 . Joie et plénitude.
Voici un don divin qui semble faire défaut à la plupart d'entre vous, hommes et femmes de la Terre. Et pourtant, c'est l'une des plus simples qualités à développer puisqu'il vous suffit de laisser couler son énergie en vous. Mais nous savons aussi que c'est pour vous un exercice bien difficile que de se laisser aller complètement et de lâcher prise. La joie et la plénitude doivent être comprises et appréciées dans l'esprit de plénitude à chaque instant de la vie incarnée. C'est ainsi que la notion d'abondance sera reconsidérée, à bon escient. Plus de doutes, plus de douleurs. Seulement la gratitude de l'esprit, la plénitude d'un cœur en joie. Tout vous est alors donné puisque vous n'attendez plus rien et que vous êtes satisfaits de cet état de béatitude divine.

4 . Accueil et réceptivité.
Ces qualités représentent l'ouverture du cœur dans l'écoute d'autrui, mais aussi et surtout l'écoute de soi-même et de ses propres aspirations divines afin de vivre un épanouissement réel qui amène automatiquement à l'écoute vraie et sincère de l'autre. Sans jugement. C'est aussi l'acceptation de tout ce qui est, et l'évidence de la divinité en toute particule de vie, qu'elle soit humaine, animale, végétale ou minérale, et nous allons plus loin en parlant de particule de vie matérielle, car tout ce qui constitue votre matière est en réalité une somme de particules de vie tenues en suspension matérielle grâce à une onde spécifique de cohésion de la matière, dont vous ferez bientôt l'expérience. 

L’accueil de la vie qui vous est donnée ... Cela peut vous paraître simple lorsque vous entendez ces mots, mais la mise en pratique de ces qualités d'accueil et de réceptivité demande de laisser l'ego de côté. Totalement. Vous ouvrez alors des portes de lumière, et celles-ci deviennent aisées à franchir, en laissant apparaître de nouvelles à l'infini.

5 . Guidance et droiture.
Il s'agit là de la reconnaissance de l'énergie féminine descendante et ascendante en tant que matrice première de l'intuition humaine. Ainsi, toute action mue par l'intuition peut être vécue de manière divine. Lorsque l'on vous dit que vous êtes de véritables guerriers de lumière, c'est à ces qualités-là que nous faisons référence ainsi qu'à celles de justesse et de fermeté. Ce sont ces vibrations qui engendrent une reconnaissance de l'énergie féminine en tant que principe d'impulsion de vie dans la matrice de la création humaine.

6 . Générosité et partage.
Ce sont des vibrations nécessaires à développer et à vivre, pour chacun de vous, afin que les relations soient basées sur un véritable échange divin et non plus sur une notion de possession ou de pouvoir asservissant toujours l'un ou l'autre des individus.

7 . Paix et Amour.
Ces notions vous semblent à la fois éternelles, larges et vagues puisqu'elles paraissent représenter depuis la nuit des temps l'image que vous vous faites d'un monde parfait. Vous allez voir qu'elles sont en réalité bien plus que de simples mots évoquant la légèreté ou l'innocence de l'être qui entreprend de vivre ses rêves les plus fabuleux. Ce sont des concepts divins dont émane une vibration immense pour ceux et celles qui savent les accepter et les laisser couler dans leur vie. Vous verrez bientôt que les notions de paix et d'amour telles que vous les connaissez ne sont que les balbutiements des énergies de lumière que ces concepts représentent. Ainsi, tout sera à nouveau lumière.

par
NATHALIE CHINTANAVITCH
Extraits du livre 2007 LE RETOUR DE LA LUMIÈRE, p. 258-260
Ariane Éditions, 2006

LES MYTHES FEMININS AVEC LE COCOTIER



Tout a commencé lorsque le cocotier poussa de la tête d’un serpent de mer, ou plutôt d’un serpent mère. Ses yeux et sa bouche sur chacun des fruits rappellent à chacun le visage de la mère du cocotier. Les fruits, dont les yeux pointaient jadis vers le sol, observaient les malheureux passants pour les tuer en se laissant tomber sur leur tête. Un jeune homme de Maewo flécha et retourna les fruits de cocotier qui aujourd’hui, aveugles, ne font plus de mal aux êtres humains. On peut ainsi dévisager la mère serpent sans crainte lorsque le fruit est détaché de son inflorescence par sa bouche (le pore germinatif) nous nous délectons d’une boisson délicieuse, médicinale et magique qui n’est autre que le sang d’une mère particulièrement importante dans un système matrilinéaire où les enfants héritent le sang de leur mère. En mangeant la chair de l’amande, c’est un morceau du "corps de la mère" que nous ingérons.

Non loin des Iles Banks, aux Torres, il ne s’agit pas d’un serpent de mer, mais d’une anguille qui se transforme en un magnifique garçon après avoir mangé de manière répétitive de l’igname. Il attirera l’amour féminin et par conséquent déclenchera des jalousies masculines ; il devra se retransformer en anguille pour retourner dans son milieu marin et ainés éviter la mort que lui promettaient les hommes du village. L’anguille malgré sa bienveillance et sa modestie en engendre les sentiments les plus violents chez les hommes (et non les femmes) allant de la jalousie au meurtre. Aux Torres, l’anguille se transforme en homme en inhalant des tubercules d’ignames alors qu’à Mota elle donnera vie à l’un des arbres les plus utiles pour les hommes  et les femmes de l’île. Cette transformation d’un animal en être humain (beau jeune homme ou mère d’une belle jeune fille) est commune en Mélanésie. C’est donc la relation entre les personnes et les objets personnifiés qui devient "la cible des affaires locales".

La création du cocotier a nécessité le sacrifice par une mort violente, le feu, de la mère serpent. Cette mort rôde désormais autour du couple cocotier/homme. Ainsi, l’objet symbolisant la magie noire (bourre de coco, os brûlés et autres ingrédients) a été enterré non seulement sous le lit de l’homme visé mais aussi sous le cocotier qu’il avait planté. Les sorts du cocotier et de son planteur sont liés. De même, lorsqu’un contrat de mariage est conclu, deux cocotiers sont plantés côté à côte : la mort de l’un des deux présage du décès d’un des deux futurs mariés.

Enfin, un type de cocotier de forme spicata dénommé mötô taktak (les fruits sont directement attachés à l’axe centre de l’inflorescence) est un cocotier de mauvaise chance. Si l’on en a un dans son jardin, on mourra jeune. Si l’on remarque un jour que le nombre fruits sur l’infrutescence correspond au nombre de ses frères et sœurs, et si le lendemain un des fruits est tombé, alors un enfant de la famille décèdera prochainement.

Dans une histoire de Mota Lava, les folioles en mouvement, alors que le vent ne soufflait pas, indiquèrent à une femme se rendant au jardin la mort de sa mère restée à la maison. De plus, sur cette même île, on raconte que si le héros commun au groupe des Banks, Qet, crée les êtres humains en sculptant des morceaux de bois, l’araignée Malawa annonça l’arrivée de la mort en enterrant ses sculptures humaines sur des nattes tressées de folioles de cocotier. Ainsi, cocotiers et êtres humains sont liés par un contrat de vie et de mort ; le cocotier, l’"alter ego vivant" de l’Homme (Giambeli 1998) l’accompagne de sa naisse jusqu’à sa mort.

D’autres exemples de ce type existent dans le Pacifique. Pour préserve la santé d’une nouvelle mère de Nauru, le placenta, ibi, doit être immédiatement enterré au pied d’un cocotier, ini, planté devant la maison. Le sort de l’enfant et du cocotier sera dorénavant lié (Petit-Skinner 1983).

Pour que le destin d’une plante reflète celui d’un être humain, la plante doit présenter des qualités dignes du monde des Hommes ; de ce fait, que ce soit à travers l’histoire du cocotier mötö vavan à Vëtuboso ou celle de Pentecôte, le cocotier est un être doué de raison et d’intelligence.  Mieux que le bananier qui meurt chaque année ou que le sagoutier qui s’éteint lors de son unique fructification, le cocotier, par sa patience et sa réflexion, a su se préserver d sa mort certaine en vivant plus longtemps et en produisant des fruits chaque mois. Lors de ses promenades sur Reef Istalnd, ce sont ses fruits qui disparaissent ; ils portent comme les têtes des Hommes, sa conscience.

Le cocotier laisse ses attributs végétatifs ancrés dans le sol de l’île, mais possède la capacité de voyager vers d’autres lieux grâce à ses fruits. N’est-ce pas cette stratégie qui a permis au cocotier de diffuser ses semences dans tout le Pacifique ?

Le cocotier est donc doué d’intelligence, mais il présente aussi les mêmes cycles biologiques qu’une femme.

Fertile à sept ans, il rentrera lentement en "ménopause" vers 50 ans pour s’éteindre à plus de 81 ans. Durant sa vie, un organe fertile sera produit chaque mois. Après fécondation, chaque fleur mettra 9 à 10 mois à se transformer en fruits suffisamment matures pour se détacher de leur mère et vivre une autre vie. ses enfants souvent illégitimes, car d’origine paternelle inconnue, vivront non loin de leur mère ou prendront le large, voguant sur cette étendue d’eau, l’océan. Ces descriptions biologiques s’illustrent au mieux dans le mythe d’origine des gens de Lotowan, que l’on appelait anciennement les gens de Maligo, sur l’île de Mota. Leur ancêtre commun est une petite fille qui tomba d’un cocotier comme une noix de coco.
Plus qu’un visage, ses fruits peuvent être comparés à des seins de jeune filles comme le montre le nom d’une des catégories nommées de cocotiers, le mötö wësusuḿalḿal "cocotier / poitrine de jeune fille ou flèche empoisonnée", dont les fruits sont ronds avec une petite pointe. L’eau des fruits de cocotier présente également une certaine analogie avec le fait maternel, et dès sa naissance, l’enfant devait jadis avaler de l’eau de coco.

Le cocotier présente ainsi toutes les caractéristiques d’une femme, et plus précisément d’une mère. Comme d’autres en Indonésie, les habitants de Vanua Lava soulignent très justement la valeur reproductrice du cocotier lorsqu’ils offrent des fruits en germination à l’occasion d’un mariage ; la fertilité de la jeune mariée est honorée à travers ces offrandes. A Bali la fertilité du cocotier est relevée par les hommes et non les femmes. Lors de la plantation d’un cocotier, un homme doit avoir son fils, l’héritier masculin, à cheval sur ses épaules. Dans le golfe du Bengale, sur Nicobar, une femme enceinte doit limiter ses relations avec les cocotiers en n’en coupant pas, en n’en buvant pas l’eau des fruits, en n’utilisant pas un fruit qui n’a pas été débourré ou en ne courbant pas une palme ou une inflorescence. En réalité, sur ces îles, depuis la naissance jusqu’à la mort, le cocotier est le "miroir" de ses habitants, et "l’étude de la société est incomplète sans l’étude du cocotier".

Au Cambodge, la vie d’une femme âgée est prolongée si sa mort et sa renaissance sont mimées par la destruction d’un corps de substitution, dont la tête est représentée par une noix de coco et des paquets de riz, les côtes par des bananes et le squelette par des morceaux de canne à sucre. De plus, chaque femme médium possède un "maître de naissance" matérialisé par un objet, le Kachom, dont l’éliment principal est une noix de coco (Ang 2005).

EXTRAIT de la Thèse de Sophie Caillon (2005)