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dimanche 21 décembre 2014

Working Witch / La Sorcière d’Aujourd’hui



une sorcière : femme au chapeau pointu dans les légendes, concoctant des potions étranges au dessus de son chaudron fumant, tantôt bonne, tantôt Carabosse. Toujours une féminité étrange, mystérieuse et  dangereuse, avec un fumet d’archaïsme et de recettes de bonnes femmes de nos terroirs.



Beaucoup revendiquent encore, dans le cadre du paganisme, une certaine forme de cette sorcière. Néo-baba cool sans avoir, en général, jamais connu ni les années 60, ni les années 70 ; la femme sauvage qu’est la sorcière dans nos esprits erre pieds nus de par les forêts et les landes, dans une harmonie avec la Mère et se salissant plutôt à la boue qu’au bitume et à la pollution des villes.

Oui mais voilà, les chiffres affichent actuellement pour la France un taux voisinant les 77% de population urbaine. Les sorcières se seraient-elles donc toutes retranchées dans les 23% de ruraux ? Voilà qui est peu probable, et qui l’est nettement moins encore quand on connait un peu le visage des paganisants, occultisants et autres wanabee amoureux et protecteurs de la nature, qui ont tous leur PC, leur connexion ADSL et qui échangent régulièrement par le net trucs et astuces pour bien remuer le chaudron et bien savoir enlever les baskets pour mieux courir dans les forêts urbaines ou les parcs de centre ville... Si si, c’est la vraie nature ! C’est ce qu’on enseigne aux enfants dans certaines écoles. Aussi discutable que ce genre d’allégation puisse paraître, c’est un fait, pour certains, la nature peut très bien se trouver entre deux pots d’échappement. Ma foi, tant mieux, c’est du CO2 dont se nourrissent les plantes. Comme on les aime, dans les grandes villes ! Comme on les nourrit bien ! C’est-y pas beau tout ça ?

Quoiqu’il en soit, cette réalité est de plus en plus appelée à affecter notre image de la sorcière traditionnelle. Nombreuses sont les méditations, dans la tradition dianique, invitant à entrer en contact avec notre sorcière intérieure afin de la nourrir et de lui permettre de se développer librement, hors des carcans et des préjugés. Après une certaine période où j’étais plus tournée vers la prêtresse en moi, signe de nécessité des temps de dévouement, de sacrifice et de don de soi, une sorte de balance interne m’indiqua clairement qu’il était temps de revenir à la sorcière, de la réclamer et de me la réapproprier. Ironiquement, c’est Aradia, celle que je considère comme «sans Histoire» que je choisis comme guide, cette année. Aradia, la sorcière ancienne et terriblement moderne. J’ai relu le premier chapitre de Gospel of Witches de Leland, et tout au long de la lecture, je voyais les gratte-ciels, les voitures, les métros et les trams, et nous tous, les esclaves, les pauvres englués dans les marasmes d’un système économique en crise. Des citadins qui doivent travailler dur souvent pout une maigre pitance, travailler comme des forcenés pour des maîtres, des seigneurs, qui nous mènent au fouet et nous considèrent avec condescendance comme la main d’œuvre nécessaire, des machines qu’il convient de satisfaire juste assez pour éviter que leur pouvoir ne se trouve mis en danger par de justes rébellions. Aucune image pseudo-médiévalisante ou fantaisiste ne me vint, rien que la très crue réalité, celle que nous expérimentons dans le quotidien, celle que nous voyons à la télé ou que nous lisons dans les journaux.

Je suis donc passée à cette fameuse méditation, visant à trouver cette sorcière intérieure, faire le point avec elle, pour donner un nouveau souffle, un nouveau départ. Et ma sorcière n’était pas penchée sur un chaudron, ma sorcière n’était pas nue dans la nature. Ma sorcière était une business woman dans un bureau de centre d’affaires. Une femme de pouvoir, qui a trimé pour en arriver là, qui a dû prouver sa valeur dans un monde   d’hommes pétris encore de préjugés, malgré les années passées depuis la libération de la femme. Une business witch en veste et chemise, avec pantalon noir, comme toute bonne femme d’affaires. Elle avait gagné son pouvoir dans ce monde il n’y a pas si longtemps encore réservé aux hommes, et pourtant, elle semblait enfermée dans ce bureau qui aurait étouffé le premier claustrophobe venu. Tout était artificiel, l’atmosphère était dénuée de tout sentiment, c’était juste un vrai bureau impersonnel aseptisé, qui plus est, un bureau «open space». L’endroit idéal où se dessécher. Ainsi, c’était donc cela, notre victoire ? Notre droit de nous assécher dans un monde de requins et d’y participer pleinement, transformant les femmes en créatures pires parfois que les modèles masculins eux-mêmes ?

Mais non, en fait, bien qu’à l’étroit, ma sorcière avait, au coin des lèvres, un petit sourire malicieux. Elle cachait un bras derrière son dos, et de ses pieds s’enfonçaient dans le sol bétonné des racines capables de trouver le chemin jusqu’à la terre noire nourricière. Que cachait donc ma sorcière moderne ? Il fut évident qu’elle cachait là son réel pouvoir, celui qu’elle ne peut encore se permettre de révéler à la face d’un tel monde dont elle a accepté les règles pour réussir. Ses armes sont des signes, des mots de pouvoir, un regard, des connaissances cachées derrière ce sourire mutin, son contact inchangé à la terre où qu’elle soit. Plus encore, ce contact avec les forces urbaines qui existent au même titre que celles que l’on trouve dans la campagne, le contact des champs électriques, des vibrations, des connexions. Tout ce que l’on doit connaître et contrôler si l’on ne veut pas en être la victime. Tout ce que l’on peut apprendre à aimer aussi, tout comme on se prend d’affection pour le vilain petit canard qui semble inutile et laid. Plus que jamais, elle est sorcière et mène son dur combat pour la liberté. Pour la liberté d’exister dans un système qu’elle n’a pas choisi mais qu’elle refuse de subir, qu’elle refuse tout autant de fuir. La sorcière est de ce monde, mais d’un monde imaginé qui n’exista jamais et n’existera jamais. La sorcière agit dans l’ici et maintenant. Elle prend ce qu’on veut bien lui tendre pour chercher le moyen de le transformer en or. Et si on ne lui tend pas, elle réclame. Et si malgré tout, on ne lui donne pas ?... Eh bien baste ! La sorcière prend. Depuis quand Aradia demande-t-elle l’autorisation ?


Source : Revue Wicane

La femme initiatrice



Dans une relation tantrique, où l'aspect féminin est valorisé, la femme est dite initiatrice. En effet, c'est elle qui guide l'homme vers une intimité sexuelle basée sur les sensations subtiles, l'écoute et la présence à l'instant, sans but à atteindre... tout est déjà là.

Dans notre culture, la sexualité est de nature masculine, elle met l'accent sur la performance, les techniques, le savoir-faire avec un but bien précis : atteindre l'orgasme, gage d'une relation sexuelle réussie. Malgré tout, les frustrations et les blocages persistent aussi bien pour la femme que pour l'homme. Dans cette optique parler d'initiatrice prend même des connotations lourdes de sens car la femme n'est pas valorisée. Un chamane sud-américain très connu dont j'avais suivi quelques ateliers disait . «  Tant que la femme n'entre pas dans son plaisir, elle entretient le machisme de l'homme  ». D'une certaine façon, oui, car en ne prenant pas sa place elle entretien le côté masculin de la sexualité. En honorant sa féminité elle peut insuffler petit à petit une nouvelle conscience, ni par le féminisme ni par la compétition mais par la célébration !

Devenir femme initiatrice ne s'improvise pas. Trop de femmes croient initier leur compagnon mais leurs tentatives souvent maladroites ne sont reçues que comme des critiques, des jugements, de la culpabilisation et ferme le dialogue et la communication émotionnelle. L'homme se sentant incapable et déstabilisé dans son rôle et dans son pôle « faire » se ferme de plus en plus, ou peut perdre ses moyens et entretenir encore bien malgré lui frustration et colère chez sa partenaire. Les deux partenaires entrent alors dans un cercle vicieux pouvant mener à la rupture.

Pour en avoir fait l'expérience, je peux vous assurer que dans ce mécanisme j'ai blessé l'homme mais je me suis également beaucoup blessée, je me suis sentie utilisée, trahie et mes frustrations ne faisaient qu'alimenter ma colère envers l'homme. Je ne me sentais pas entendue ni comprise, pas aimée non plus. J'avais plutôt en face de moi un mur ou une carapace que je tentais de percer et plus je m'y employais plus elle se durcissait. Comme beaucoup de femmes, j'avais la croyance que l'homme avait toutes les clés et que s'il ne savait pas les utiliser c'est qu'il était incapable et égoïste. Il devait savoir, il devait deviner et sentir alors que pour l'homme la femme est un mystère qu'il tentera d'élucider par des techniques et « savoir-faire » pour surmonter ses peurs.

Quels ingrédients sont-ils nécessaires ?

Une bonne connaissance de soi, de son corps, de son énergie vitale et sexuelle. La capacité d'écouter et de prendre soin de ses désirs et besoins dans l'intimité, d'écouter son rythme, et surtout de savoir s'exprimer. Dans mon expérience, par un travail thérapeutique et tantrique soutenu, j'ai ouvert des portes à l'intérieur. Ces clés que j'attendais de l'autre je les tenais en main ! J'ai pu guérir ma peur de l'homme, celle qui me mettaient en réaction par rapport à lui et m'empêchait de m'abandonner. J'ai dû aussi faire un travail de fond pour me réconcilier avec ma féminité blessée et humiliée. Je fais partie de ces femmes qui sont très féminines dans leur apparence mais qui ont un côté yang très fort. Ce côté yang secondaire me sert pour mes activités mais me desservait dans l'intimité par son côté réactionnel.  Du coup je ne me laissais pas aimer et protéger car ma croyance était que je serais blessée et abandonnée. L'acceptation de mes peurs profondes et de cet état contrôlant et réactionnel a opéré dans les profondeurs de mon inconscient en m'apportant une paix profonde, une confiance en moi sans limite et un grand sentiment de liberté.

De cette liberté est né l'écoute inconditionnelle de ce qui se passe en moi et une certaine forme de magie opère parce qu'en m'ouvrant totalement à ma vulnérabilité, à ma sensibilité à mes désirs j'ai pris soin de moi et permis à l'homme de s'approcher tel qu'il est, avec sa force, ses faiblesses, ses doutes, ses peurs, ses désirs différents des miens dans leur façon de s'exprimer. En me redonnant de la valeur, en m'affirmant j'ai ouvert mon cœur, et redonné de la valeur à l'homme.

Etre à l'écoute nécessite d'éviter certains pièges : par exemple, vouloir faire plaisir à l'autre alors que l'on a pas de désir est un manque de respect pour soi comme pour l'autre. Un vrai non débouchera sur un vrai oui en sachant qu'il y a mille manières d'être dans une relation intime favorisant le rapprochement, le plaisir, la complicité. Sachez aussi à quoi vous dites non afin de pouvoir vous ouvrir à ce qui serait juste pour vous sans fermer totalement la porte à la rencontre. Faire l'amour ne se limite pas à la pénétration !

Il ne s'agit pas tant de lui dire comment faire ou de lui dire notre mécontentement ou nos frustrations, il s'agit de le guider en lui disant ce qui nous fait plaisir dans l'instant, verbalement, ou en laissant parler son corps. Cela va vous demander de vous donner le droit au plaisir, de l'investir totalement, de jouer avec dans la sensualité, ce qui va guider et attiser le plaisir de votre partenaire. Ecouter son plaisir ce n'est pas attendre un super orgasme en se disant  « Y a rien qui vient ! ». Centrée dans l'instant cela va être d'être en phase avec son énergie sexuelle et la sentir circuler, ou d'accueillir des petites sensations, un bien-être diffus, peut-être juste l'envie d'être contre l'autre, à partir de là, dans une respiration plus calme, une détente, peut naître un élan plus fort, un désir en forme de vague qui vous prend vous emmène et vous emporte l'un et l'autre dans une synchronicité de sensations.

Il ne s'agit pas d'entrer dans une sexualité masculine en suivant le rythme de l'homme qui sera plutôt à tendance rapide ou soutenue, mais de savoir goûter, savourer ce qui ce passe en s'arrêtant sur ce qui est en train de se passer, en se relaxant, en respirant profondément de manière à ce que l'énergie sexuelle accumulée dans les organes génitaux puisse circuler et envahir le reste du corps. Cela demande à oser l'inviter à vous rejoindre dans cet espace parce que c'est là qu'est votre plaisir. Lorsque l'homme est dans l'action il n'est pas dans le ressenti, il ne se laisse pas non plus toucher, à tous les sens du terme. Si la femme l'invite à entrer dans son ressenti en ralentissant le rythme, il va s'ouvrir et dans cette ouverture la rencontre peut se faire, une rencontre de cœur à cœur, corps à corps, d'âme à âme. Là, les deux amants vont se sentir nourris d'amour, dans une proximité profonde, non pas de surface. Là est le changement parce qu'il y a rencontre, partage...

Dans cet espace plus doux, le vagin se détend et les sensations peuvent alors se diffuser, se transformer en vibrations, en vagues, l'homme aussi peut apprendre à percevoir d'autres sensations au niveau de son pénis qui ne naissent pas dans le mouvement bien au contraire. C'est par son sexe que l'homme transmet son amour, car son énergie est pénétrante, c'est le propre de l'énergie masculine. Dans cet espace de pénétration cet amour peut être recueilli, accueilli reconnu au niveau du vagin. En percevant cet amour qui vient du sexe vous pouvez le porter dans l'espace du cœur avec la conscience, l'attention, la présence. Cet amour se ressent au niveau énergétique par des vibrations particulières. Ressentir cet amour est très guérissant lorsque l'on a été blessée sexuellement, la femme va se sentir respectée, honorée, aimée, elle va alors s'ouvrir encore plus à l'énergie masculine. Si l'homme se sent ainsi reçu au niveau du sexe, il va ouvrir son cœur. Les deux partenaires sont alors dans le donner/recevoir, complémentaires dans leur énergie yin et yang, l'énergie d'amour va adoucir l'énergie sexuelle, l'énergie sexuelle va attiser l'amour. Un cercle se forme de l'un a l'autre, il n'y a plus de séparation.

Plus vous serez à votre écoute plus vous allez affiner vos perceptions et sentir aussi où est votre partenaire. S'il est trop centré sur vous il risque d'être déconnecté de ses sensations au profit de votre plaisir. Vous allez le sentir et vous pourrez alors l'inviter à se recentrer et à entrer dans son propre plaisir. Il a parfois besoin de cette autorisation. Si la femme est dans son plaisir, qu'elle l'entretient, en invitant l'homme a entrer dans le sien cela va recréer une forme de fluidité naturelle entre les 2 corps. D'une manière métaphorique on pourrait dire que dans la sexualité, l'homme est celui qui donne l'impulsion électrique, la femme est celle qui transmet ou conduit le courant... Cette transmission peut prendre naissance dans l'énergie du feu en entrant dans votre côté plus animal, plus sexuel si votre corps vous guide instinctivement dans cette énergie. Vous serez alors l'un et l'autre dans l'aspect yang de la sexualité puis au bout d'un moment sentir que votre corps passe à une autre vitesse de croisière, il entre dans l'aspect yin et aura besoin de se relaxer, de s'abandonner à des sensations plus douces plus subtiles et peut-être de vous faire entrer dans un espace plus extatiquo-méditatif.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire ce n'est pas la femme qui prend les rennes, elle prend tout simplement sa place dans une complémentarité avec l'homme. Elle va l'inviter à explorer le côté féminin de la sexualité, ce côté qui fait trop souvent défaut et qui fait qu'il y a tant de frustrations. En se donnant le droit d'explorer toute sa palette de sensations elle va permettre aussi à l'homme d'explorer les territoires de son féminin intérieur, devenir plus réceptif sans pour autant qu'il perde de son yang, bien au contraire. Un homme qui s'ouvre prend une autre consistance, car se sentant valorisé dans son côté masculin il osera plus facilement entrer dans sa réceptivité. Une femme qui honore sa féminité rayonne de l'intérieur, elle n'est ni fille, ni objet de désir, ni mère... A vous de découvrir ce joyau !

Pour que l'alchimie opère dans cette forme d'initiation, le couple aura besoin d'une bonne communication, une confiance mutuelle, beaucoup d'amour, une grande capacité d'ouverture, le désir d'explorer et d'instaurer une certaine qualité et le temps nécessaire pour que cela s'installe. La femme est l'avenir de l'homme chantait Ferrat...

Catherine Weissbrodt-Delorme

Animatrice, thérapeute psycho-corporelle depuis 12 ans, formée au counselling et relation d'aide centré sur la personne (Carl Rogers) auprès de l'AFTCP de Lausanne, en focusing (E.Gendlin, New-York), rêve éveillé, travail énergétique et supraconscience, Tantra. Maman de 2 adolescents j'intègre au sein de ma famille une qualité d'être et de conscience qui s'ajustent au quotidien.


Contact : Gustave-Coindet 8 – CH 1800 Vevey
Rue Jean-Jaurès – F 01200 Bellegarde-s/Valserine
A voir sur 
www.etre-soi.com

jeudi 18 décembre 2014

Les Trois Mères : Vivre la sagesse des Arbres Oghams


par Mut Danu

« Moisson des Ancêtres » - Emancholl – le Charme (arbre) pour la fête de Samhain
«De quoi aurais-je peur, et les âmes de mes aïeuls tournant autour de moi comme des abeilles ?» L’Année de l’Irlande, Kevin Danaher 



De même que nous pouvons ressentir et éprouver «l’accélération» de la vie associée à Imbolc, nous pouvons aussi éprouver les sensations de la saison jusqu’au plus profond de nos os quand la Roue est arrivée à Samhain, et apprendre les leçons du sommeil et de la mort. Comme je l’ai expliqué dans les précédents chapitres sur Imbolc, Beltane et la Première Moisson, mon utilisation des symboles Ogham pour ces fêtes n’est pas conventionnelle. Après plusieurs années de réflexion sur leur sens et avec un désir toujours   croissant de pouvoir pleinement apprendre des Arbres avec lesquels je pouvais expérimenter ces passages de la Roue de l’Année, j’ai choisi ceux dans lesquels je ressens le mieux à la fois le sens des symboles, basé sur les kennings [métaphores poétiques de la poésie scandinave – cf. Wikipédia], et les énergies des saisons. Pour Samhain, j’ai choisi Emancholl et le Charme bien que Straif et le Prunellier contiennent aussi cette énergie.

La raison pour laquelle j’ai choisi ce chemin par les Arbres Ogham est en rapport avec nos peurs si souvent écrasantes des passages, spécialement celui que nous considérons comme le dernier, la mort, la Fin. Et ainsi, plutôt que de courir autour de cette moitié sombre de la Roue de l’Année, allons-y lentement, en donnant le temps à nos yeux de «s’habituer à l’obscurité». Nous pouvons ainsi envisager Emacholl, Ngetal, Straif et Ruis comme ces arbres Ogham qui bordent les côtés d’un passage qui nous emmène profondément vers le coeur de la terre, cette fissure noire où attend la sombre Déesse voilée et le mystère du passage final d’Idho.

Une des métaphores (kenning) d’Emacholl est «jumeau du Noisetier» ; le Charme est en effet de la même famille que les Noisetiers, et bien que ses fruits ne sont pas mangés par les humains, ils sont la gourmandise des  pinsons. Le Charme (Carpinus Betulus) est natif d’Europe, où on le trouve de la Scandinavie à la frontière franco-espagnole dans les Pyrénées, et dans tout le continent jusqu’en Ukraine. Quand il n’est pas taillé pour former une haie, le charme pousse lentement pour former un arbre moyennement haut. Il ressemble à un Hêtre en feuilles et  en écorce, mais en prenant de la maturité, il prend une forme cannelée caractéristique. Le Charme fleurit en Mai, avec des chatons mâles et des pistils femelles sur le même arbre. Pollinisé par le vent, ses fruits sont mûrs pour Samhain. Comme le frêne, les fruits du Charme pendent en grappes et sont appelés «akènes» («clés» en Anglais) ; ces akènes sont accrochés aux branches tout au long de l’automne de même que les feuilles aux bords en dents de scie qui changent de couleur, passant du vert au jaune orange, puis au brun roux profond. Il y a un autre kenning pour Emacholl : «le gémissement d’une personne malade». Au niveau physique, les feuilles du charme sont utilisées en compresses pour stopper les hémorragies. La plante est aussi utilisée dans les «fleurs de Bach» pour traiter les états de fatigue, de lassitude et d’épuisement physique et mental, en d’autres mots le «gémissement d’une personne malade».

L’équivalent nordique du Ogham Emacholl est le Futhark «Othala» qui signifie «terre ancestrale». Ces mots relient Emacholl à Samhain, la Fête des Ancêtres. Chaque fois que nous vivons et célébrons Samhain, nous  créons un lien dans la longue chaîne continue… Nous portons la sagesse et la connaissance de nos ancêtres dans chaque cellule de notre corps. La sagesse ancestrale peut prendre diverses formes. L’une d’entre elles est la sagesse qui nous a été transmise sous la forme de la culture : la façon dont nous bordons un enfant dans son   lit le soir, ou dont nous prenons connaissance d’une connaissance archaïque apprise d’un aîné, comme tricoter ou sculpter du bois ; ou ces bizarreries de notre culture, en particulier les religions et croyances – qui nous ont été directement transmises par nos ancêtres. La majeure partie de notre connaissance ancestrale est ainsi profondément ancrée dans notre corps. Un enfant peut avoir les yeux de ses parents et la couleur de leurs cheveux, mais aussi la force de la personnalité d’une grand-mère et la résistance aux maladies de chaque membre de la famille du côté des grand-pères.

Il est aussi miraculeux de comprendre que nous sommes les êtres vivants les plus récents, issus d’une lignée de survivants provenant de créatures unicellulaires – les premiers habitants de la Terre. Dans «Voie de la Terre», Starhawk nous donne une belle méditation sur la compréhension de «l’Ancêtre», en remontant jusqu’à l’échange des nutriments de vie entre ceux qui respirent rouge et ceux qui respirent vert, nos plus récents ancêtres qui respiraient l’oxygène, ceux qui récoltaient la lumière du soleil et la danse de vie entre eux tous. Dans l’histoire de la Création qu’elle nous a donnée, la peur de la mort n’existe pas, seulement la célébration de la créativité et le sens du remerciement à tous ceux qui sont venus avant nous. Quelle différence d’avec la vision du monde dominant qui a peur de la Danse.

La culture dominante du monde occidental qui nous entoure a pendant de longues années cherché à séparer le corps et l’esprit, le bien et le mal, et la nature de l’humanité (une humanité si souvent pensée comme «l’Homme», créant ainsi un fossé entre les sexes). Le résultat de cette dualité artificielle est un refus d’accepter la nature cyclique de l’univers et de la Vie elle-même. Dans une vision du monde dualiste, monothéiste, la séparation  devient complète au moment de la mort, quand le corps et l’esprit sont une fois pour toutes complètement séparés et dispersés. Le corps charnel diabolique pourrit, et l’esprit pur monte, ou descend, selon le cas, vers un royaume paradisiaque ou vers la punition. Dans cette vision du monde, une détérioration progressive, lente, et une mort ultime ne sont pas comprises comme faisant partie d’un processus naturel pendant la durée de vie. Dans la vision dualiste du monde, il y a aussi une notion de temps se déployant en ligne droite – du Big Bang vers l’infini. Dans cette perspective, quand votre temps est fini, c’est La Fin. Une vision circulaire, en spirale, perçoit le cycle qui est toujours en mouvement, ce mouvement de transformation-mort-naissance-vie-détérioration et  implique une façon alternative de voir la vie et le temps sous forme d’une toile plutôt que d’une ligne droite.

Le refus de la mort et la peur résultante de mourir qui sont tellement omniprésents dans la culture dominante, devraient être une perspective culturelle surprenante et rare, plutôt qu’une croyance généralisée, puisque tout ce qui nous entoure vit et meurt dans la grande danse circulaire. Que nous voulions le savoir ou non, que nous  soyons à l’aise avec cette pensée ou bêtement effrayés, nous les humains, sommes déjà dans La Danse. Notre existence même signifie que notre corps et notre esprit sont un tout petit mouvement de la Danse elle-même. Nous mangeons pour vivre, et à un moment ou à un autre, notre corps nourrit un autre être de façon à ce qu’il puisse vivre. D’une manière ou d’une autre, les humains ont perdu le sens du rythme et si nous voulons prendre part à la Danse de la vie, nous devons sauter dans le cercle pour réapprendre les pas. Samhain est le début de l’Hiver, et aussi le celui de notre passage vers le Mystère de la Déesse Noire. Son visage est recouvert d’un voile sombre et nous pouvons nous en approcher mais pas encore y entrer. L’aspect de la Déesse associé à l’Hiver est celui de la Vieille Femme. Qu’on La nomme la Calleach Bheur, la Dame de la Mort Mictecacihuatl, Cerridwen, Grand- Mère Araignée, ou la Grande Faucheuse, l’enseignement de la Vieille Femme porte sur la «transformation». Et je parie qu’elle danse très bien.

A chaque Samhain, je prépare un endroit spécial pour mes ancêtres, qui sert aussi de lieu de rencontre entre les vivants et les morts. Ce «lieu» est le dessus d’une table, et cette année j’y ai mis des photos de mon père et de ma soeur, de mes grands-parents, des chiens et d’un chat, des tasses chinoises et un agenda, une poupée dont la tête est une pomme au visage de mémé ratatiné habillée d’une blouse rouge sang et d’une cape à capuche noire, une liste des noms de mes aïeules s’étirant sur trois siècles, quelques pommes sauvages et une tasse de cidre fait maison. Il peut être si difficile d’abandonner nos désirs d’avoir notre famille bien-aimée et nos amis près de nous pour toujours. Mais si nous sommes tout à fait honnêtes avec nous-mêmes, nous savons bien que ce n’est pas possible. Selon notre personnalité, nous pouvons penser à ce qui pourrait arriver en termes de ressources naturelles et de population si personne, aucun être vivant ne devait jamais mourir. Nous pouvons penser aux dizaines de millions d’histoires qui auraient un début, mais qui se perdraient ensuite dans une éternité n’en finissant jamais. En tant qu’humains avec nos gros cerveaux, notre abondante créativité et notre imagination, nous pouvons imaginer toutes les possibilités, créer de nouveaux mondes pour que nos esprits aillent y vivre, postuler là où va toute cette énergie créatrice, créer des religions qui expliquent tout cela dans le détail et donnent des règles à suivre et des chemins pour y aller.

Nous pouvons faire toutes ces choses, mais à la fin, la  Mère Noire est là, tenant «le voile au travers duquel nous ne pouvons pas voir», et nous devons passer. Et pour ce qui arrive ensuite, votre histoire est tout aussi valable que la mienne. L’important est la façon dont nous voyons le voile de ce côté, comment nous nous en approchons et le traversons. Quand le temps sera venu de mon propre passage, je préfèrerai y entrer pendant la phase de la Lune Noire, lorsqu’elle est invisible, pendant Son cycle ultime «dans l’amour et en toute confiance». Peut-être que la meilleure façon pour finir par accepter que  notre propre existence va un jour se transformer en une autre forme d’énergie est de commencer par penser à nos êtres chers qui sont partis ou qui vont un jour nous quitter.

Plutôt que de les espérer vivants, je vais les rencontrer près du voile. Une fois que mon autel a été érigé, le «lieu» que j’ai décrit plus haut, je crée un rituel pour honorer leur vie. J’écris des lettres et puis j’écoute les réponses  dans mon coeur. Je raconte les histoires de leur vie à ma fille, dans l’espoir qu’elle s’en souviendra. Quelques fois je cuisine ou je peinds, ce qui crée un lien puissant avec une de mes grand-mères. Un autre lien est créé entre mon père, sa mère et moi quand je jardine. En tant que femme d’âge mûr, je me promène avec mon bien aimé Puck, et derrière nous trottent les mémoires des chiens que j’ai aimés et qui sont passés dans ma vie ou quand j’étais enfant. Avez-vous prêté attention à vos pensées sur la mort ou alors les avez vous repoussées ? A moins d’avoir fait l’expérience de la perte ou de la maladie dans sa jeunesse, la mort est rarement présente à cet âge.

Après tout, les adolescents et les jeunes adultes sont en période de pleine croissance, non de décadence. Pour certaines personnes, les premières pensées sur la mortalité arrivent avec la naissance d’une nouvelle génération, leurs propres descendants, et la prise de conscience qu’ils sont maintenant devenus des «ancêtres». D’autres s’accrochent à la jeunesse, non dans le but d’avoir une bonne santé et une longue période d’apprentissage et d’exploration, mais dans la vague idée de ne pas «devenir vieux». Certains arrivent au terme d’une longue vie, s’accrochant désespérément à leurs souffrances dans un corps défaillant uniquement parce qu’ils n’ont jamais pensé à leur propre mort, ayant rejeté la fatalité que la Vie est en fait Vie-Mort-Vie. La vie est un processus circulaire, toujours en mouvement et nous devons bouger avec elle. Sans mouvement il n’y a pas de créativité, pas de vie, pas de mort, rien. En attendant d’être parvenus près du Voile pour faire face à la réalité, il ne peut en résulter qu’une écrasante peur, et l’envie de s’accrocher. La seule façon de ne plus avoir peur est de lui faire face. Si vous êtes effrayé par la Mort, alors asseyez-vous et trinquez avec Elle. Trinquez et bavardez avec la Déesse Noire. Si vous avez attendu le moment d’être venu taper à la porte, littéralement la Porte de la Mort, alors buvez un bon coup d’eau-de-vie ! Mais ne vous asseyez pas pour discuter. Plutôt que de la voir comme une créature effrayante avec du poil au menton et des doigts osseux, essayez de la voir comme la plus gentille Vieille Femme que vous ayez jamais eu la chance de rencontrer. Elle vous connaît très bien. En tant qu’enfants de la Terre, nous, les humains, nous sommes les être les moins disposés à nous joindre dans la danse de la Vie, mais les joies de la Vie et de la mortalité sont notre droit et notre héritage. 

Confiez vos peurs à la Vieille Femme, Elle les a toutes entendues. Que vous soyez dans la peur de perdre un monde de sensation et de couleur, dans la peur de non-existence, de perdre ceux qu’on aime et qui dépendent de nous, dans la curiosité sur la façon dont va tourner l’histoire dans les quelques prochains millions d’années, sortez-les de votre coeur. J’adore écrire, ainsi, pour moi, l’écriture est un très bon moyen d’exprimer les choses. Peut-être que pour vous cela peut être une chanson, une  conversation, une danse ou une expression artistique. Nommer vos peurs est la façon la plus sûre de réduire leur emprise sur vous. Puis, servez vous un autre verre, et puisque vous êtes toujours vivant, dites à la Vieille Femme que vous faites de votre mieux ici et maintenant, ou de quelle façon vous voudriez vivre, afin de faire le meilleur usage de votre temps dans cette vie.

Quelques façons de célébrer la Saison :
Commencez par observer cette saison en faisant de grandes promenades en extérieur. Faites de ces  romenades des  méditations en mouvement où vous évacuez toutes les contrariétés et le stress de votre vie active, quotidienne ; immergez vos pensées dans les changements dus à la saison. Notez les modifications des feuilles, l’odeur du sol et le ressenti de l’air. Recueillez certains de ces changements sous la forme de feuilles, graines et noix colorées, ou encore des pierres ou des brindilles sèches qui prennent l’apparence de doigts osseux de sorcière. Rapportez ces objets à la maison et utilisez-les pour ériger votre autel de Samhain. Je donne à ceci le nom d’autel, mais si le terme vous dérange, disposez sur le dessus d’une table les objets par lesquels vous pourrez reconnaître les changements des saisons, l’amour que vous ressentez pour la famille, les amis, et les ancêtres qui nous ont précédés. C’est un endroit où vous pouvez vous sentir proche de ceux qui nous ont quitté, peut-être pour leur dire des choses qui n’ont pas été dites quand ils étaient vivants, ou pour écouter une guidance. Cette saison nous rapproche de ceux que nous avons aimés et qui sont morts, et simultanément elle nous fait penser à notre propre mortalité. Cette saison est partagée par le cycle lunaire de Ngetal (Genêt) et de Straif (Prunellier), les deux contribuant à notre compréhension du mystère de la Vie-Mort-Vie.

La poupée avec une pomme pour tête : la tête de pomme que vous avez commencé à faire sécher après la Pleine Lune de Quert devrait avoir maintenant l’apparence d’une vieille femme ou d’un vieil homme tout desséché. Décidez duquel vous voulez, faites un corps en ficelle, couvrez le bandes de tissus pour entourer tout le corps, puis utilisez des petits morceaux de tissu pour fabriquer des vêtements à votre Vieille Femme ou Sage. Une fois finie, la poupée doit avoir environ 25 à 30 cm de haut. J’ai essayé de faire des mains et des pieds avec des pommes séchées, mais j’ai trouvé qu’il était plus facile de les faire avec de la pâte à modeler. Si vous le voulez, dédiez votre vieille femme ou votre vieil homme sage à la vie de vos ancêtres. Gardez la dans un endroit frais, au sec et cette Grand-Mère ou ce Grand-Père restera ainsi pendant plusieurs années ; et quand il sera moisi, il pourra être enterré dehors. En Anglais, «hornbeam» (le Charme) signifie bois (beam) dur (hard). En Français, on le nomme le Charme, ce mot ayant pour origine deux mots celtiques, «Car» (bois) et «Pin» (tête).

Dans le passé, son bois était largement utilisé pour les objets utilitaires comme les manches d’outils, les jougs des boeufs, les chaises et les cerceaux des tonneaux. Cet arbre était bien connu de nos aïeux qui vivaient à l’époque pré-industrielle. A Samhain, nous puisons dans ce qui était avant nous : la connaissance de nos ancêtres. De la même façon qu’Imbolc,  Samhain se rapporte aux métiers artisans. Connaissez-vous la  vie de vos grands-parents et arrière grands-parents ? Tâchez de découvrir quelque chose sur leur vie, leur travail, leurs passions et leurs passe-temps. Peut-être possédez-vous un talent artistique latent qui attend d’être découvert ?

Pour aller plus loin, quelques lectures et ressources :
Danaher Kevin. The Year of Ireland (l’Année de l’Irlande). 1972 Dublin, aux editions Mercier Press.
Simos Miriam “Starhawk”. Earth Path (le Chemin de la Terre). Harper San Francisco 2004 (le Don des Ancêtres, chapitre 4)
Plantes pour un Futur, http://www.pfaf.org/ sur l’utilisation médicinale du Charme commun.

La Peinture et la Voie de la Déesse


La peinture et la Déesse…

Comment sont elles entrées dans ma vie ?

Pour la première, la réponse est aisée. D’aussi loin que je me souvienne, la peinture (et le dessin) ainsi que la lecture ont toujours été mes activités prioritaires. Je dirais même, celles dont mon budget a le plus à souffrir, encore aujourd’hui ! Il m’est impossible de vivre sans livres et sans outils artistiques, le reste pouvant toujours attendre…

Je me dois de faire un petit détour par mon enfance. Une enfance privilégiée de fille de paysans, solitaire mais vivant dans un espace empli de magies naturelles et comblant abondamment ma solitude par un monde intérieur riche, lui-même visité par les fées. Quoi qu’il en soit : nature, lectures, solitude sereine, magie, peinture…

Même si par la suite, la vie m’a éloignée physiquement et socialement de cet univers, il était évident qu’il était ancré en moi à jamais. Je n’ai pas eu l’occasion d’entreprendre des études d’art. Je suis une totale autodidacte.

Avant de peindre mes images intérieures, j’ai beaucoup regardé et collectionné celles des autres, et j’ai lu : des romans, des essais. Sur les religions, le symbolisme, le mysticisme, l’alchimie, les mondes parallèles, la spiritualité… Toute une littérature qui m’a peu à peu guidée vers cette voie sur laquelle je cheminais, sans le savoir, depuis l’enfance.

En ce qui concerne la peinture, je peux dater précisément le moment où je suis passée du paysage et de la nature morte classiques, à une forme d’expression qui soit un véritable langage pour moi : c’était en 2004, au début d’une période qui s’avérait déjà douloureuse et qui allait se poursuivre encore longtemps. J’ai découvert les mandalas. Quelle révélation me direz-vous ?! Une forme d’art plurimillénaire, il était temps !

Quoi qu’il en soit, j’étais lancée. Je pouvais, par le biais de symboles universels et par ceux qui m’étaient propres, parler de moi-même et me présenter au monde. Partager, enfin. A cette époque je travaillais comme éducatrice auprès de personnes très lourdement handicapées pour lesquelles j’animais un atelier de peinture. Là aussi, ma pratique en a été transformée. J’ai dû cesser de travailler pour des raisons de santé. Au plus profond de ma détresse, je peignais. Paradoxalement, mes toiles étaient aussi colorées que mon esprit était obscurci. Quelqu’un, un jour, m’en a donné une description qui résume bien ce qu’elle représente de moi-même : lumineuse, féminine, sensuelle et mystique.

Tout à coup, comme les deux mains se joignent naturellement pour la prière ou pour l’émerveillement, ma peinture et ma Dame se sont réunies en moi. Je L’ai vue , même dans les toiles qui ne la représentaient pas directement (d’ailleurs, il n’y a qu’une seule et unique toile la dépeignant en personne). J’ai retrouvé la petite fille tapie au fond de moi, qui parlait aux fées dans les bosquets, j’ai senti la mère que je suis, soudain gonflée de fierté par sa fertilité et la beauté de ses enfants et dorénavant, j’observe avec intérêt cette vieille femme qui pointe doucement le bout de son nez. Je veux peindre le Dieu dans sa force sauvage, le Petit Peuple s’affairant sous nos yeux aveugles, l’Arbre, fils de la Terre et du Ciel , la Lune, ma soeur, qui m’accompagne aussi depuis toujours, le cycle de l’année, la Vie…

La Déesse n’est pas le sujet central de ma peinture. Mais Elle est Celle qui la guide.

La galerie d’Omentie : http://omentie.unblog.fr/



mardi 16 décembre 2014

Jouer à la Grande Prétresse


La Chronique d’Hédéra

Lorsque l’on s’engage sur une Voie particulière, seul l’enthousiasme nous guide, ou presque. Tout un monde nouveau se dévoile à nous, tout empli de promesses d’un avenir si ce n’est meilleur, tout du moins plus intéressant, plus palpitant, propre à nous épanouir. Dans la Wicca comme dans d’autres voies ésotériques, spirituelles ou païennes, il y a la perspective de l’initiation. Aujourd’hui encore et déjà hier, dans les antiques cultes à mystères, on appréhende et espère cette étape décisive marquant à la fois une finalité et un renouveau, nous changeant en une personne nouvelle, meilleure, autrement dit en termes modernes «upgradée». Si certain(e)s ont pour motivation principale l’évolution spirituelle, d’autres s’engagent dans de telles voies afin de chercher un peu plus de reconnaissance vis-à-vis des autres, mais aussi vis-à-vis d’eux-mêmes. En cela, les degrés initiatiques les aident. Il leur confère une place reconnue dans une hiérarchie où, tôt ou tard, il sont certains d’arriver eux aussi au sommet. Récemment encore, une prêtresse dirigeant un Lyceum du Fellowship of Isis s’étonnait de ce que dans le pays où elle s’est établie, elle n’avait jamais rencontré personne souhaitant apprendre et évoluer dans la relation avec la Déesse en premier lieu. Non, ces personnes venaient à elle en lui demandant «comment faire et ce que coûterait une formation pour devenir prêtre(sse)».

Être prêtre(sse) avant de songer à la relation d’intimité avec la Déesse, avant la quête du savoir, du sacré, de la grande aventure spirituelle ? Il en va de même sûrement un peu partout, et pas uniquement dans son pays. Ce n’est éventuellement qu’à moitié condamnable, car pouvant représenter une étape nécessaire dans la guérison intérieure de sa psyché et de sa  propre conscience de soi. En somme, devenir prêtre(sse) pour retrouver et reconnaître sa propre divinité intérieure. A ce stade, certains sont satisfaits et s’arrêtent, ayant obtenu tout ce qu’ils désiraient, mais d’autres poursuivent. Ceux-là et celles-là veulent dépasser le seul besoin égotique de reconnaissance, un besoin finalement naturel dans ce monde si individualiste et si rapace. La reconnaissance par un statut, que ce soit de prêtre(sse) ou autre, n’est pas finalement si éloignée de cette assurance affective qu’une mère procure à son enfant. Ainsi, si ce n’est probablement pas une vraie bonne raison de s’engager dans une telle voie, ce n’est pas non plus une mauvaise raison, même si aucun statut ne peut, et ne pourra jamais, agir comme substitut affectif ou comme raison d’être sociale. Du moins, si c’est là la seule et unique raison poussant à suivre ce cheminement.

Toute personne, de la naissance à la mort, connaît une évolution constante capable parfois de changer des raisons douteuses en un engagement véritable. Il y a parfois une part de destinée, poussant d’un côté ou de l’autre selon un schéma qui semble hasardeux, tandis que la finalité se révèle tout à coup claire, nécessaire, préméditée. Tout comme les enfants, bien qu’on ne se l’avoue que rarement, nous aimons continuer à «jouer à faire semblant». Jouer à la bonne épouse, jouer à la femme active parfaite, jouer à la grande prêtresse. Ou du moins, la part de jeu et d’imitation d’un modèle idéalisé ou rêvé vient côtoyer d’autres raisons plus personnelles, formant souvent un tout relativement plus complexe que la somme de parties qui nous composent. Cela se rapporte directement à notre identité. Qui sommes nous ? Notre essence n’est probablement ni celle de la bonne épouse, ni celle de la femme active parfaite, ni celle de la grande prêtresse. Bien que les actes civils continuent de nous définir par notre naissance, puis par notre métier, nous ne «sommes», en définitive, pas cela. Nous endossons des rôles tour à tour, dans la journée, dans la vie. Certains rôles sont plus difficiles à porter que d’autres et dépendent de l’attente qu’on en a, soi-même, mais aussi vis-à-vis de celles et ceux qui nous entourent. Ainsi, la femme active moderne vit l’un des rôles les plus complexes en devant souvent assumer de manière parfaite celui de femme active, de mère et de ménagère. Telle Lynette des «Desperate Housewives», elle souhaite tout accomplir, et ce de manière parfaite, irréprochable. Oui, les «Desperate Housewives», à l’instar d’autres femmes de fiction sont nos nouvelles héroïnes modernes, nos proches, nos soeurs. Ce genre de concept télévisé a autant de succès car de nombreuses femmes peuvent s’y reconnaître, se dire en substance : «oui, je lui ressemble, je rencontre les mêmes problèmes, je vis les mêmes types de bons moments». Nous avons toujours eu besoin de modèles adaptés à notre vécu concret. Un vécu qui dénote souvent beaucoup d’efforts fournis, des réussites mais aussi des échecs, des remises en question…

Jouer la Grande Prêtresse est un rôle qu’on ne voit pas apparaître dans ces séries. Un jour peut-être le verra-t-on, qui sait, vu que tout cela nous vient des Etats Unis où les grandes prêtresses fleurissent peu à peu dans le quotidien des femmes ordinaires. Tout comme être mère, une telle distinction est hautement désirable, propre à inspirer le respect, à conférer de la dignité à sa porteuse. C’est un rôle de pouvoir qu’une femme peut endosser, à la fois temporairement durant un rituel, mais aussi porter dans son coeur pendant son quotidien, dans deux attitudes différentes. L’une, active, vise à donner une direction à un rite ; l’autre se rapporte à sa vie intérieure et spirituelle, à un art de vivre.

C’est un rôle qui demande bien du courage, tout comme celui de mère. Il demande dévotion, don de soi, ouverture, protection, équité, abnégation tout comme autorité et assurance. Et tout comme la mère, on attend tout d’elle, telle la magicienne  infaillible ordonnant à toutes les richesses de jaillir de sa corne d’abondance. La Grande prêtresse est une enseignante, tout comme la mère. Son rôle se justifie par sa capacité, son devoir à transmettre, à instruire afin qu’ensuite, ses enfants puissent voler de leurs propres ailes de manière assurée. C’est la «faiseuse», celle qui s’expose, qui s’implique, qui donne. Celle vers qui tous les regards convergent, attentifs à la moindre erreur, facilement et rapidement jugée impardonnable. Comment l’accepter de la part de quelqu’un ainsi monté au créneau, au devant de la scène, par sa propre volonté?

Les enfants soupçonnent toujours leurs parents de chercher à abuser de leur pouvoir sur eux. Ils deviennent méfiants, ils s’opposent, se détournent d’eux parfois. On ne reste jamais Grande Prêtresse bien longtemps s’il n’y a qu’une question d’ego démesuré à nourrir dans ce choix. Comme être mère, comme être professeur, c’est bien trop ingrat. Il faut autre chose, autre chose d’assez noble pour que toutes les mères, toutes les grandes prêtresses arrivent à continuer malgré tout, malgré les blessures, malgré les reproches faciles à jeter lorsqu’on est dans la position de celui qui reçoit. Dans cette position plus simple, on peut se permettre d’émettre des jugements en toute sécurité, et des jugements souvent immérités. Toutes les «éminentes» Grandes Prêtresses en parlent, que cela soit Janet Farrar, Starhawk, Z. Budapest, Shekhinah Mountainwater. Toutes, elles parlent de ces déchirures dans leurs groupes, leurs covens. Avant elles, des Dion Fortune aussi vécurent cela. Toutes témoignent de cette ingratitude de la tâche, celle de la tâche si délicate à transmettre et à «accomplir», c’est-à-dire se charger d’un rôle de pouvoir auprès d’autres personnes. Toutes, ou beaucoup en tout cas, laissèrent des réflexions sur l’éthique d’un tel rôle, même (et peut-être surtout) au sein de groupes ne se voulant pas hiérarchisés. Car on peut substituer au terme «hiérarchie» celui d’organisation, il n’en reste pas moins qu’il y aura toujours certaines personnes qui, selon leurs envies, leurs capacités, leur motivation, prendront en charge plus que d’autres. Une hiérarchie de fait apparaît, avec laquelle on se sent inconfortable. Cette intruse indésirable qu’on aurait aimé sincèrement pouvoir chasser. Et ceux qui restent de «simples» Participants commencent parfois à soupçonner d’abus ceux qui organisent, qui prennent plus part dans l’actif, tout en ne cessant de leur demander de répondre à toutes leurs attentes. Il devient même légitime de penser que si une personne cherche à se mettre au6dessus des autres d’une manière ou d’une autre, alors elle se doit bien d’être au minimum parfaite,  irréprochable vis-à-vis des attentes qu’on en a.

Tout le monde heureusement ne pense pas ainsi, mais il s’en trouve toujours et ils ou elles représentent l’épine possible dans le pied de tout groupe susceptible de nourrir les rancoeurs et de semer la zizanie. La suite, tout le monde la connaît ou la devine : rancunes, amertume, colère, éventuellement «querelle de pouvoirs», départ de certains et parfois, explosion et disparition pure et simple du groupe. C’est pour cela que dans les degrés de la Wicca Gardnérienne ou Alexandrienne, on considère souvent qu’il est bon que les plus avancés finissent par partir et fonder, à une distance suffisante, un autre coven. Pourtant, quoi de plus enrichissant et constructif que plusieurs personnes avancées travaillant ensemble en bonne intelligence ?

Par ailleurs, il est finalement bien vrai de dire qu’on «joue» ou qu’on «fait» la Grande Prêtresse, si on oublie les connotations superficielles et légères que cela supposerait. Être Grande Prêtresse ne met pas plus à l’abri des erreurs que n’importe qui d’autre. Etre Grande Prêtresse ne transforme personne en héroïne surhumaine (à part peut6être durant le rituel lorsqu’elle reçoit en elle la divinité). Être Grande Prêtresse n’immunise pas contre la colère, la souffrance, le découragement, le doute, mais au contraire tend à conduire à une remise en question perpétuelle. On tente de se faire meilleure pour celles et ceux qui comptent sur nous, afin de ne pas les décevoir. Et pourtant, on les décevra fatalement, on commettra des erreurs, on en viendra tôt ou tard à se fâcher, s’entre-déchirer : c’est la seule certitude qu’il y ait. J’ai encore dans mes archives un e-mail que Shekhinah Mountainwater m’avait envoyé pour s’excuser platement lorsqu’une querelle avait émergé dans la communauté Internet qu’elle animait. Elle s’excusait pour ses défauts, ses erreurs, pour le mal qu’elle avait pu faire car il était bien involontaire. Je n’avais vu aucun mal, pour ma part. Je ne comprenais pas qu’il y ait tant d’histoires pour si peu. Je n’avais rien à lui reprocher, je voyais bien comme elle se démenait sincèrement tout pour donner le meilleur d’elle-même. C’est tout ce que je voyais. Les erreurs, les failles sont bien naturelles et pardonnables, elles nous rendent humains, capables d’aimer, de recevoir de l’amour et de comprendre ce qu’est la compassion.

Ce qui est finalement bien regrettable est le peu de capacité que certain(e)s ont à tendre vers cette compréhension et cette compassion vis-à-vis des mères, des professeurs, des grandes prêtresses. Des enfants se détournent de leurs parents en leur reprochant mille fautes, il en va ainsi des élèves, des membres de covens. Tout parent commet des erreurs, même avec les meilleures intentions. Mais comment reprocher à quelqu’un d’avoir tenté de faire de son mieux, même si la même conception du «mieux» nous échappe parfois ? Au nom de l’intention, la compréhension et la compassion devraient prendre le pas, car un jour, les rôles seront immanquablement inversés, un jour, autrui sera immanquablement ingrat envers soi. Et je me souviens encore de Shekhinah qui me disait qu’elle avait eu l’honneur d’avoir Ruth Barrett pour élève, mais qu’à présent, elle ne lui disait même plus bonjour lorsqu’elle la croisait dans la rue. J’ai senti sa tristesse, celle de voir s’éloigner, se détourner d’elle, quelqu’un qu’elle a aidé, qu’elle a apprécié, avec qui elle a vécu beaucoup de choses, pour qui elle a consacré de son temps, de son savoir.

Tout ceci est vieux comme le monde, et pourtant c’est si souvent oublié, volontairement ou non. Shekhinah fut sûrement un peu gaffeuse à ses heures, un peu comme moi, un peu comme nous toutes et tous. Elle s’est sûrement bien souvent excusée là où d’autres auraient dû avoir la sagesse de chercher à se faire pardonner d’elle. Elle, comme tous ces autres Grandes Prêtresses, qui, par leur flamme intérieure, furent poussées à donner d’elles pour une communauté, grande ou petite. Elles qui, mues par le désir d’ajouter leur pierre à l’édifice, à rendre leur existence utile à d’autres, prirent le risque d’aller au6devant de la scène et d’essayer de construire quelque chose, pour les autres, pour elles, pour leurs idéaux, leurs croyances, leur foi inextinguible. Quelle autre force que ce désir pourrait permettre de continuer cette route malgré les écueils, malgré les mises à mal de la réputation, les accusations ? Et surtout, malgré tous ces écueils, quelle autre force permet de continuer à se relever et continuer encore, sans fin, aidée et soutenue par celles et ceux qui ont compris la difficulté de la tâche.

Le soir, la Grande Prêtresse rentre chez elle et est ravie de pouvoir retirer et poser au loin le masque avec lequel elle a bien «joué sa pièce». Alors nue et humaine, vulnérable et forte, elle se réchauffe au feu brillant de la confiance et de l’amour que les siens lui portent. A elle, une femme comme les autres.


Ecrit Par Hédéra, Coven de la Sphinge

Message de la Déesse Victoire


Vous vouliez la Victoire, c’est Maintenant !

Alors que cette date du 21/12/ 2012 approche, nous nous amusons à vous observer et cela nous fait sourire de constater à quel point votre imagination en de tels moments s’éclaire de mille possibilités. Une de ces possibilités qui nous est chère est celle de la Victoire. Alors, en ces temps si exceptionnels, si un opéra devait se jouer, ce serait celui de La Victoire. Même si La Victoire vous semble parfois lointaine, Elle retentit dans les Univers qui nous entoure, elle retentit dans vos cellules, dans vos quotidiens et je vous assure, Elle est bien réelle. Depuis si longtemps vous attendez cette Victoire, celle où l’Humanité s’unirait en conscience à sa Présence JE SUIS, redonnant à chaque homme, chaque femme et chaque enfant sa place de puissant co-créateur .

Depuis des milliers d’années vous n’avez eu de cesse de vous lancer ardemment dans des quêtes multiples pour reconquérir une part de Vérité, pour comprendre le sens de la vie, pour vivre plus heureux. Vous sembliez ne jamais voir la fin de ces combats et la victoire d’un monde meilleur vous semblait si loin de portée. Votre odyssée fut longue, très longue et douloureuse. Vous avez souvent douté, vous vous êtes régulièrement découragés tant la vie sur Terre demeurait difficile. Fatigués, vous avez remis en question les plans divins, convaincus que LA VICTOIRE de l’Amour sur Terre était une chimère.. Malgré les écrasantes adversités, beaucoup d’entre vous n’ont jamais abandonné la vision de la guérison de l’Humanité. Heureusement, la détermination profonde de ces âmes a permis à la Planète de vivre des avancées de taille.

Vos engagements pour la Lumière vous ont amené à cette bascule tant attendue et cette nouvelle vibration dans laquelle vous pénétrez en cette fin d’année, est en train de faire retentir les trompettes de la Victoire. Votre indéfectible ténacité à hisser la Terre hors de sa souffrance, hors de son ignorance est un spectacle que nous honorons et qui inonde l’univers d’une joie flamboyante. Maître Saint Germain qui vous accompagne avec tant de bienveillance, inlassablement, vous a souvent répété que vous étiez à un souffle de réintégrer votre Liberté. La  liberté, vertu de l’ère du Verseau, don précieux est bien le fruit délicieux de votre labeur. La Liberté est une vertu qui a été longtemps endormie tant vous aviez cédé votre pouvoir aux autres, aux croyances, aux peurs, aux circonstances.

Aujourd’hui cette Liberté au parfum délicat vous rappelle que vous êtes de puissants co-créateurs. Quel soulagement de savoir, de comprendre que tout peut changer très vite dès lors que vous réintégrez les fondements et les lois de l’Univers. LA Victoire est le résultat d’un travail de fond dont le but est la réunification à votre Présence Je SUIS. Cette Union sacrée, union avec votre Père/Mère Divin, est en train de se restaurer à vive allure. Cette fin d’année vous prépare à cette cérémonie comme vous prépareriez un mariage. Observez toute l’énergie que vous y consacrez, tout l’enthousiasme qui vous anime quand vous vous projetez dans la vision de ce mariage. Car l’accueil de votre Présence JE SUIS est un mariage sacré dont la beauté dépasse votre entendement. Depuis des années, votre réunification à votre Présence JE SUIS s’est préparée lumineusement dans le monde de la cause et le jour de sa célébration dans le monde de la forme est proche. Cette union sacrée est l’événement suprême qui vous offrira La liberté de co-créer une réalité vibrante de Perfection, d’Abondance, d’Harmonie et d’Amour.

Car l’accueil de votre Présence JE SUIS est véritablement votre Victoire, c’est cela que notre Bien Aimé Saint Germain vous enseigne depuis bien longtemps. Ces portails du mois de décembre 2012, vont vous permettre de vous unir encore davantage à vos magnifiques présences JE SUIS. Vous comprenez au plus profond que Vos Présences sont les clefs de la Nouvelle Terre. Cette vérité qui s’éveille rapidement au coeur de l’Humanité entraine la bascule vibratoire et permet ainsi de franchir les portails de lumière qui vous rapprochent de cette compréhension. Ces portails sont tels des « sas » d’apprentissage et ils vous offrent la possibilité de progresser vers vos Présence Je SUIS ; comme si vous réappreniez à communiquer avec Elle, à l’Aimer, à lui laisser les commandes, à oeuvrer avec Elle, toujours, partout et en toute circonstance. Chaque portail a pour but de faciliter cette intégration car l’investiture de votre Présence ne peut se faire en une seule fois. Vos différents corps ont besoin de temps pour s’adapter aux fréquences raffinées qui sont les siennes et dont Elle vous  enveloppe.

Car comme vous le savez au plus profond de vous, la Présence JE SUIS a  toujours été et sera toujours : omniprésente, omnisciente et omnipotente. Cela signifie qu’en coopérant avec elle, elle détient toutes les solutions, elle est votre Abondance, votre Santé, votre Jeunesse, votre Vitalité, votre joie, votre Sérénité.

Alors, La Présence fredonne déjà les mélodies de la Victoire car Elle orchestre à chaque seconde les événements qui vous donnent la possibilité d’avancer vers votre Illumination, votre Liberté. Votre merveilleux travail de Lumière, vos attitudes pures, vos intentions vibrantes de beauté nous ont permis et nous permettent d’oeuvrer efficacement avec vous. Vous arrivez aux termes de  multiples batailles car dans vos cellules vous savez que la Victoire EST et quelle résonne à l’infini renforçant à chaque seconde sa manifestation sur Terre, Manifestation du Paradis tant attendu..Vous Vouliez Victoire : C’est Maintenant !»



texte issu du Magazine : Vivre sa Légende Par Dominique-Claire Germain

samedi 13 décembre 2014

Mystères Automnaux


Dans de nombreuses cités grecques, le mois débutant mi-septembre était nommé Demetrion, d’après Déméter, Déesse de l’agriculture. Les mystères d’Éleusis et les thesmophories sont d’anciens cultes agraires, dont les origines remontent probablement à la période mycénienne, vers 1500 avant notre ère, si ce n’est plus loin encore. Le mythe à l’origine de ces cultes est l’enlèvement de Koré («jeune fille»), par Hadès, le roi du monde souterrain et des défunts. Déméter cherche en vain sa fille, et dans son désespoir délaisse l’humanité, et la famine s’installe sur terre. Zeus exige alors que Koré soit rendue à sa mère. Mais celle-ci a mangé des graines de grenade (symbole sexuel) au royaume des morts, en conséquence de quoi elle devra rester une partie de l’année aux côtés d’Hadès. Reine des morts, elle adopte le nom de Perséphone. Ce mythe explique le cycle des saisons : lorsque  Perséphone est sous terre, Déméter, dans sa tristesse, délaisse la croissance des végétaux. Lorsque la Déesse de l’agriculture retrouve sa fille, la végétation renaît.



Les mystères d’Éleusis
Il s’agit de cérémonies initiatiques annuelles liées au culte de Déméter et de Perséphone, qui se déroulaient à Éleusis, à une vingtaine de kilomètres d’Athènes. Les mystères d’Éleusis jouissaient d’une grande renommée dans tout le monde antique. Ils étaient accessibles à tous, citoyens, femmes, esclaves ou étrangers. Les seules conditions étaient d’être adulte, de comprendre et parler le grec, et de ne pas être coupable de meurtre. L’initiation se faisait en deux parties : les petits mystères, célébrés en mars, préalable aux grands mystères de septembre. Au cours des petits mystères, les participants sacrifiaient des porcelets à Déméter et Perséphone, et se purifiaient rituellement en se baignant dans la rivière Illisos.

La première étape des grands mystères consistait à amener les objets sacrés d’Éleusis à Eleusinion, un temple au pied de l’Acropole. Les initiés allaient alors se purifier dans la mer et lavaient également un porcelet. Ce dernier était sacrifié, l’initié aspergé de son sang, puis l’animal était enterré. Une procession partait du cimetière d’Athènes vers Éleusis, les initiés balançant en chemin des branches nommées bakchoi.

En certains lieux, ils proféraient des obscénités en souvenir de Iambe (ou baubo), une vieille femme, qui par ses blagues vulgaires avait fait sourire Déméter endeuillée par la perte de sa fille. En chemin, ils  jeûnaient pendant une journée, puis buvaient une boisson à base d’orge et de menthe appelée kykeon.

A Éleusis, les initiés pénétraient dans le telesterion pour la partie la plus secrète des rites, qu’il leur était interdit de révéler sous peine de mort. On pense que cette étape comprenait 3 éléments : dromena («les choses faites») : une reconstitution dramatique du mythe de Déméter et Perséphone, deiknumena (les choses montrées) : l’exposition d’objets sacrés, et enfin legomena (les choses dites) : les  commentaires accompagnant les deiknumena. Certains pensent que des substances psychoactives   étaient alors utilisées. Cette partie des mystères était suivie d’une fête avec des danses, puis un sacrifice de taureau. Le rite s’achevait par des libations aux défunts.

Thesmophories
Les thesmophories se déroulaient entre octobre et novembre, ce qui correspondait en Grèce antique, à la saison des semailles de l’orge et du blé d’hiver. Elles semblaient destinées à assurer la fertilité humaine et agraire. Le déroulement exact des thesmophories reste mystérieux, mais l’on sait que cette fête était réservée aux femmes épouses de citoyens. Les matrones délaissaient les tâches domestiques pour participer à ces festivités des semailles. Elles élisaient quelques unes d’entre elles pour présider aux banquets officiels.

Elles apaisaient sans doute symboliquement les angoisses de Déméter dont la fille était enlevée par Hadès. Elles priaient aussi probablement pour des récoltes abondantes. Les femmes devaient respecter certains tabous liés au mythe, comme ne pas porter de couronne de fleur, ni manger de graines de grenade. Une nuit de préparation, Stenia, précédait les thesmophories proprement dites. Pendant celle-ci, les femmes s’insultaient et échangeaient des grossièretés, en mémoire des propos de  Iambe qui parvinrent à faire rire Déméter endeuillée. Les moqueries indécentes étaient apparemment caractéristiques des rites de Déméter, en particulier lorsque les femmes se réunissaient entre elles pour des rites secrets. Elles étaient supposées encourager la fertilité.

Avant le festival, certaines femmes plaçaient des amulettes de fertilité, des pains en forme de phallus, des pommes de pins et des porcelets sacrifiés (associés aux parties génitales féminines) dans une salle possiblement remplie de serpents, nommée megara. Au cours des thesmophories proprement dites, une fois que les restes des porcelets avaient commencé à pourrir, les femmes devaient respecter certains tabous liés au mythe, comme ne pas porter de couronne de fleur, ni manger de graines de grenade. Le premier jour des thesmophories était Andos, l’ascension. Emmenant avec elles tout ce dont elles auraient besoin pour deux nuits et trois jours, les femmes gravissaient sur une colline et montaient le camp sur le Thesmophorion : le sanctuaire de Demeter Thesmophoros «Déméter qui a apporté les lois». Il ne s’agit pas ici de lois politiques, mais de lois de la nature, et plus précisément de l’agriculture.

Le second jour des thesmophories était la Nestia, le jeûne. Les femmes jeûnaient et se moquaient les unes des autres, à nouveau avec un langage grossier. Elles pourraient aussi s’être frappées avec des fouets d’écorces.

Le troisième jour des thesmophories était la Kalligeneia, «qui engendre du beau». Il commémorait la recherche par Déméter, à la lueur de la torche, de sa fille, par une cérémonie nocturne avec des torches. Des femmes, purifiées rituellement, descendaient dans la megara pour récupérer les restes en décomposition de porcelet, pommes de pin, et pains en forme de parties génitales masculines, frappant dans leurs mains pour effrayer les serpents. Les Thesmophories constituent donc un rite de magie sympathique, avec l’idée que les objets symbolisant la fertilité procurent celle-ci. Le culte des  Thesmophories a subsisté à Rome sous une forme modifiée dans la fête de Bona Dea.

Par Siannan


Ressources
Eleusis: The Secret and Meaning of the Mysteries, Richard G. Geldard
The Ritual Path of Initiation into the Eleusinian Mysteries, Mara Lynn Keller
Initiation into the Eleusinian Mysteries: a ‘thin’ description, Jan Bremmer
Interpreting the Athenian Thesmophoria, Allaire Stallsmith