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jeudi 13 août 2015

Rencontre Vibrale au sein des 12 Fréquences du Féminin et Masculin Sacrés


Enfants de la Loi de l'Un, accueillez, si cela est juste pour vous, en votre sein la Vibrance complète du Féminin Sacré, constitué dès à présent des 12 Fréquences reliées à la Ronde des Étoiles, et qui, en cette période particulière, pénètre dorénavant les couches denses de votre Dimension. Ces 12 Fréquences du Féminin Sacré ne peuvent être actives en vous que si, bien sûr, vous vous ouvrez à accueillir et reconnaître en vous ce Féminin Sacré qui est le Fondement de toute Création, et de toute la Création.

En tant que Créatrices des Mondes, et de ce monde, la période de dé-création est effective, dorénavant non plus seulement des Plans subtils, mais dorénavant au sein même de la matière dans laquelle vous vous trouvez.

Cette Fréquence du 12 n'est possible à recevoir en vous que si, bien sûr, également, vous vous ouvrez à recevoir les 12 Fréquences Archangéliques, qui descendent également en se joignant à nous en cette Complétude parfaite des Féminin et Masculin Sacrés, qui ainsi dansent au sein de la matière dense dès maintenant, si tel est votre souhait. Venant ainsi permettre non seulement la dé-création de ce qui doit l'être, mais dans le même temps la Création de cette nouvelle Structure, et qui est le Fondement posé donc sur le 12, et non plus sur le 7.

Il n'y a bien sûr pas besoin d'y comprendre quoi que ce soit avec votre mental, mais bien simplement de recevoir cette Effusion Vibrale toute spéciale que nous vous proposons à travers ce message. Ainsi, nous vous invitons à vous abandonner, tout simplement, là où vous êtes, en tant qu'Enfant Divin dans les bras de notre Mère Divine, afin de recevoir au plus profond de votre Être cette activation effective au sein donc de la matière dense maintenant, alors que s'ouvre dans l'instant cette Rencontre Vibrale à laquelle nous vous convions.
Alors, communions ensemble.

[Communion]

Enfants de la Loi de l'Un qui acceptez que la Terre, et cette Terre dans laquelle vous vous vivez encore en ce corps de 3ème Dimension, puissent être retournées en totalité dans cette alchimie intense en la matière, en cette période d'automne et votre passage en votre année 2015, comprenant tout l'hiver, en cet Hiver alchimique qui prépare l'activation et la manifestation complète de ces 12 Fréquences du Féminin Sacré, ainsi que les 12 Fréquences du Masculin Sacré qui viennent vers vous et en vous, portés par les 4 Cavaliers. Ainsi la nouvelle Structure, Fondement de la Nouvelle Terre, peut alors commencer à vous accueillir, au rythme propre à chacun.

Ainsi en cette période se vit, dans le même temps, la dé-création et la Création de deux Mondes, et qui vont vous apparaître et disparaître, à votre vue intérieure et extérieure, de manière fulgurante suivant l'accélération que vous accueillez en vous et la totale acceptation des mouvements que cela engendre. Vous retournant ainsi en l'Esprit, en les Profondeurs de l'Être, et ne tenant plus, en cette vie, qu'à la Vie que vous Êtes, et que vous retrouvez en la Rectitude dont MIKAËL vient de vous enseigner avec exactitude la Vérité.

Et apprêtez-vous à vous laisser danser par tous les rythmes que l'Intelligence Créatrice viendra faire résonner, en ce corps même de 3ème Dimension, qui se transforme, se transmute à grande vitesse maintenant. Ainsi, reposez-vous et profitez de ces Nouvelles Fréquences au sein de votre densité.



[Effusion Vibrale]

Ainsi, en cette période, ce que nous vous demandons et qui est l'essentiel, pour vous comme pour nous, en l'efficacité que l'Amour vous demande de rejoindre, est de vous laisser retrouver ces Racines en l'Origine des Profondeurs, et de laisser tout le reste disparaître et apparaître. Cette période d'automne et d'hiver est donc parfaite pour accueillir ce qui vient et les mouvements chaotiques, intenses, voire violents, qui sont inhérents à la dé-création d'un Monde et la Création d'un autre Monde, ici, au départ de votre Plan.

Ainsi donc, la Ronde des Étoiles vous invite à ne plus rejeter, juger, ou aller contre toute décision et mouvement de LA SOURCE, que cela soit à travers les Polarités Féminines ou à travers les Polarités Masculines. Ainsi, suivant l'intégration des différentes Polarités, la Paix, et l'acceptation de toute manifestation qui vient vers vous et qui est déjà là, alors vous portera directement à destination.

Ainsi, nous vous disons, avec tout l'Amour de la Polarité Féminine, de vous laisser emporter et porter dans les bras de l'Amour de la Mère, et d'accueillir en toute confiance la Perfection de ce qui s'en vient, et qui ne peut être reconnu qu'en votre Être des Profondeurs. La partie de l'être de surface, se voyant certainement bousculée en ces mouvements, ne peut rien y comprendre, et c'est pourquoi vous avez été préparés à vivre ces Profondeurs : pour que les mouvements de surface puissent prendre toute leur ampleur sans que vos pleurs et vos angoisses vous submergent en surface.

C'est bien le moment parfait de lâcher tout, toute résistance, et de ne vous attacher qu'à une seule chose, à ce seul Fil qui vous relie de la surface aux Profondeurs de la Création, en ce que vous Êtes, ce Fils et cet Enfant Divin qui se voit, à un étage de l'Être, juste changer de Plateau de Jeu.

Ainsi, nous vous adressons tout notre Amour, toutes nos bénédictions en ces temps bénis. Et à l'Être que vous Êtes en Vérité, nous vous disons d'accrocher vos ceintures en ce Cœur que vous Êtes, et où vous ne trouverez la sécurité qu'en ce qu'il vous offre comme Demeure d'Éternité.

Enfants de la Loi de l'Un, n'ayez aucune crainte, voilà enfin ouvert le lever de rideau tant attendu, pour ceux qui sont venus retrouver, sur ce monde, la Vérité de qui ils Sont. Que la Danse des Éléments vous guide à chaque instant, à chaque pas, à travers ces différents rythmes et cette cadence, effrénée donc, que nous lançons.

Ainsi, prenez soin d'écouter ce que la Terre en vous vous demande, ce que l'Eau en vous vous demande, ainsi que l'Air et le Feu. Il suffit, en cette période, d'écouter le corps et le Cœur, tout simplement.

Enfants de la Loi de l'Un, la Ronde des Étoiles vous invite, sur ce monde, à rejoindre la Ronde de la Création. Alors ensemble, réjouissons-nous, et que l'Amour se retrouve, à travers tous et toutes, en cette Ronde, et que les Ondes qui viennent vers vous puissent se fondre en cet Amour . Alors, nous vous invitons au Repos, qui n'est autre que ce Repos dans lequel ce Cœur se pose au centre du Centre de l'Être que vous Êtes, et de vous laisser tout simplement danser sans rien anticiper, ni rien interférer, de cette Danse parfaite.

Alors, le temps est à la Danse au cœur de cette densité. Et profitez de ces derniers moments de préparation et d'intégration, car le rideau se lève.  Ainsi, là où vous êtes, entendez le grand Orchestre qui accorde, en chaque partie, afin que cette dernière partie du Jeu se joue portée par l'Orchestre magistral de la Force de l'Amour, enfin retrouvée en l'harmonie du Féminin et du Masculin Sacrés, en chaque Être qui participe aux Accords Divins donnés et demandés à ceux et à celles qui prétendent vouloir y jouer. Alors, préparez vos instruments, qui ne sont autres que ce que vous Êtes en ce corps, sur cette Terre, et qui entrent en cette Accordance qui résonne en le Cœur de l'Un. Alors, ces Accords sont invités à vibrer aux 12 cordes de Fréquences Féminines et aux 12 cordes de Fréquences Masculines, dorénavant, en vous, en ce corps qui retrouve la Perfection du Corps d'Éternité.

Cela n'est, bien sûr, effectif que pour ceux qui acceptent cette Danse, qui n'est Libre qu'en ce qu'elle accepte d'être retrouvée en cette Rectitude que le Père vous demande avec fermeté. Pour ceux qui souhaiteraient danser d'autres danses, libre à eux, mais cela ne sera pas au sein des 12 Fréquences de la Ronde des Étoiles, ni bien sûr de la Ronde des Archanges tout nouvellement constituée.

Il va de soi que ce 12, en vous, n'est possible de revibrer en ce Corps d'Éternité que si votre âme se retourne vers l'Esprit, signant ainsi son accord de passer du 7 au 12, de façon précise et claire.

Ce message n'est donc pas à comprendre, mais bien à vous laisser pénétrer, tout simplement, en ce que ces Fréquences puissent tout simplement être reçues directement en ce corps-Temple qui se retourne, et se laisse ensemencer.

Il se peut que l'inconfort au niveau du corps se manifeste en vue de la force Vibratoire, si dense à présent. Cela est donc tout à fait naturel et il n'y a pas à vous en préoccuper. C'est pour cela que l'écoute du corps, en ce qu'il aura besoin de recevoir, est de toute importance en ces mois qui se présentent à vous.

Recevez toute notre reconnaissance et gratitude pour ce que vous vous offrez et offrez, en ce Don total que cela demande, de rejoindre donc cette Nouvelle Demeure, qui est prête tout bientôt. La Ronde des Étoiles vous entoure de tout l'Amour, qui vient se fondre en vous afin que ces Ondes d'Amour circulent et recirculent librement.

Enfants de l'Un, vous l'avez souhaité, vous vous y êtes préparés, alors entrez en ce qui vient les bras grands ouverts et le Rire d'Amour aux lèvres.

À toujours, à tout instant, à tout présent, chers Enfants. Que l'Amour inonde ce monde dorénavant.


lundi 10 août 2015

Intégrez le Féminin Sacré qui englobe et accueille tout


Je suis MARIE, Reine des Cieux et de la Terre, et je viens à vous ce matin en ce lieu, de dernier jour de stage, mais aussi en le même temps en d'autres espaces sur cette Terre, afin d'ouvrir cette période qui s'annonce, commençant en cette fin du mois de septembre, et qui vous accompagnera tout au long du mois d'octobre, du mois de novembre et du mois de décembre, en ce qu'il est juste de nommer un temps et une période d'implosion, ou d'explosion, suivant le niveau d'Abandon de chaque conscience sur cette Terre, par rapport à cette période qui s'intensifie au niveau de ce que nous pouvons nommer un dérangement.

Et qui permet tout simplement de remettre en ordre, dans ce nouvel Ordre dont nous vous avons déjà parlé plus d'une fois ces temps-ci.

Et qui réintègre les mouvements de l'Intelligence du Vivant, là où cela doit être intégré, c'est-à-dire en tant que Vérité absolue de la Vie, de l'Intelligence de la Vie, en la manifestation de chaque Création en cet Univers, et dont vous faites intégralement partie.

Réintégrer, et accepter, et accueillir cette Intelligence qui vous dépasse, là où vous êtes, au niveau du petit jeu de ce monde illusoire, est cette Réponse en votre Cœur à la Volonté du Père et de la Mère de rejoindre qui vous Êtes en Vérité, en retrouvant cette Filiation de Fils et Fille du Ciel et de la Terre. Validant ainsi, authentiquement, le placement de chaque être sur cette planète, de chaque conscience sur ce plateau de jeu qui se replie, et donc se réarrange en chaque pièce, en chaque pion - qui se replacent tout simplement là d'où ils viennent, c'est-à-dire dans la boîte de jeu appartenant à ce jeu.

Ce que vous avez vécu en ce stage, en ce que nous vous avons donné et ce que vous avez donné également, nous permet en le même temps, dans ce que vous avez parcouru à travers le processus que nous vous avons offert, de puiser dans les ressources qui ont émergé en cette expérience de Jeu Sacré - directement de les utiliser, si je puis dire, au niveau de la Merkabah collective, en ce que ce qui a été vécu ici permet, pour nombre de Frères et de Sœurs, d'en être informés au niveau des plans subtils.

Mais aussi, et cela est bien l'intention de ce message, de glisser quelques mots à ceux qui voudront bien l'entendre, de ce que nous avons pu cueillir comme fruits cette semaine, et qui reflète aussi là où certains Frères et Sœurs, sur cette planète, vivent encore au niveau de l'enfermement.

Ce que nous avons cueilli comme fruits est cette Lucidité, riche en ce qu'elle nous offre comme information qu'un bon nombre d'êtres ayant reçu nos accompagnements et enseignements durant, je dirais, ces six dernières années, ont pu, de différentes manières, sans que cela soit conscient et mis en lumière, avoir été placés dans une forme de confusion, liée à une forme d'appropriation de l'ego spirituel en ce que vous avez reçu lors de cette période passée.

Alors, il est important pour nous que vous soyez au clair que l'Intelligence du Vivant, et l'Intelligence donc de cette Vie, en ce monde et dans tous les mondes, portés en totalité par les Créatrices, et par les Quatre Cavaliers représentant les Éléments fondamentaux de toute Création, est jusqu'à présent très peu intégrée en tant qu'Intelligence suprême, divine, de LA SOURCE.

En cela, différents points sont à vous redonner en tant que repères, simples, vous donnant précisément à voir ce que vous avez intégré et ce que vous n'avez pas encore intégré, et qui fait barrage et interfère, donc, en ce que nous avons à œuvrer ensemble dans ce démontage du jeu et son rangement total.

La Création, en toutes ses manifestations, sans exception, est portée et soutenue par cette Intelligence Vivante liée au Féminin Sacré. Une Création prend un certain temps, si nous pouvons parler ainsi, en ce qu'elle est constituée afin de permettre différents plans de jeux à différentes consciences, afin d'expérimenter différents mondes, infinis, en la grande Création, en le grand Jeu Sacré dont nous vous parlons ici, en ce lieu.

Il est un temps pour créer, il est un temps pour décréer. Ici, la petite personne que vous êtes au niveau du petit jeu, en sachant qu'elle s'intègre en totalité au niveau du grand Jeu, ne peut, là où elle est, appréhender comment la décréation de ce monde peut se faire.

Dès que cette petite personne - que vous n'Êtes pas, mais qui manifestement vous fait encore croire que vous l'êtes - se mêle ou se pose des questions sur combien de temps, et comment cette illusion se dissout et se dissoudra, alors soyez bien au clair que vous nourrissez directement le petit jeu. En l'espoir, et nous pouvons bien entendu comprendre l'impatience que vous pouvez vivre au sein de ce monde, mais qui en projetant ou en s'impatientant du temps qu'il faut pour que tout cela s'arrête, alors nous pose quelques petits problèmes, dans le sens de complications.

Je suis MARIE, Reine des Cieux et de la Terre, et j'ouvre en ce jour cette période de grand Arrangement Divin de toutes choses, en toutes choses, au sein de cette Création. Recevez tout mon Amour et tous mes encouragements de Mère, et restez dans mes bras tout au long de cette période. Laissez-vous bercer par mes mouvements à travers ces mouvements de Vie, car qui je Suis est cette Vie, qui se Vit aussi ici, bien entendu.

Alors, dites oui à cette Vie en tout ce qu'elle vous présente, car dire oui à cette Vie, c'est accepter et accueillir la Mère que je Suis. Accueillir la Mère que je Suis, c'est accueillir le Père en ce qu'il Est votre Père. Et qui, avec moi, vous offre exactement ce que chacun et chacune a à recevoir – non pas comme punition, mais bien comme Trésor et comme Cadeau d'Amour – que nous vous offrons, et que vous vous offrez à vous-même en le même temps.

Ainsi, nos Présences à vos côtés et en vous s'intensifient. Et dans les jours qui viennent, cette intensification se verra manifestée au sein de cette Création, pour celui qui Voit, comme je vous l'ai dit, en toutes choses nos Présences et nos manifestations, au-delà de toute projection et de toute croyance.

Je vous Aime et nous vous Aimons, d'un Amour qui échappe encore, en ce monde, à la plupart des êtres vivants, à la surface donc de cette planète. Alors laissez-vous redécouvrir ce qu'est l'Amour, en éprouvant ce qu'est l'Amour au Cœur de votre Être.

Recevez tout notre Amour, et ne doutez plus de notre Amour.
À toujours, à chaque instant, à chaque pas, à chaque Présent.


La déesse Flore et son histoire


Déesse des fleurs, des jardins, du printemps et de la fécondité dans la mythologie, Flore (ou Flora) fut une divinité vénérée par les Romains. On organisait en son honneur de grands jeux floraux afin qu’elle offre au peuple de bonnes récoltes pour l’année. Si les origines de la déesse restent floues, Ovide lui alloua une dimension poétique en lui donnant la parole dans son œuvre, Les Fastes. Déesse de légendes, on raconte que Junon elle-même l’éleva au rang du Panthéon des dieux…


image Flore et Zéphyr (1875) de Nicolas Bouguereau


De Chloris à Flore 


D’après Ovide, Flore trouve ses racines dans la mythologie grecque, où on la nommait alors Chloris. Cette nymphe des îles Fortunées était dotée d’une incroyable beauté, au point de séduire Zéphyr, dieu du vent de l’Ouest. Après l’avoir enlevée, celui-ci l’épousa et lui offrit pour domaine l’empire des fleurs et le printemps éternel.

Le peuple des Sabins reprit des Grecs ce culte d’une divinité des fleurs. Ils l’appelaient Flore, et marquaient l’arrivée du printemps par des fêtes en son honneur. Leur roi Titus Tatius introduisit par la suite le culte de Flore à Rome : il lui érigea un temple et démontra aux Romains combien était grand le pouvoir de cette déesse pour favoriser les récoltes.

Dans Les Fastes d’Ovide, Flore s’adresse au poète en ces termes : « Celle que vous appelez Flore était autrefois Chloris ; une lettre de mon nom a été altérée en passant des Grecs chez les Latins. […] Dire combien j’étais belle coûterait à ma modestie ; Je jouis toujours du printemps : l’année, pour moi, conserve toujours ses richesses, l’arbre son feuillage, la terre sa verdure. Les champs que j’ai reçus en dot renferment un jardin fertile ».
 

Les Floralies

Convaincus du pouvoir de Flore, les Romains organisèrent de grandes fêtes en son honneur. Ces festivités, appelées Floralies (Floralia), duraient cinq jours au cours du printemps. A l’origine, les Floralies n’avaient pas lieu chaque année : on les célébrait uniquement lorsque le temps et le climat laissaient présager de mauvaises récoltes. 

Ce ne fut qu’en 114 avant J.-C. que le Sénat décida de rendre ces jeux floraux annuels, suite à une stérilité des terres qui dura plusieurs années et que l’on attribua naturellement à la colère de Flore : « Moi aussi, les Sénateurs m’ont négligée. Que faire ? Par quel moyen manifester ma douleur ? Quelle peine exiger pour compenser l’insulte subie ? De tristesse, je négligeai mon rôle ; je cessai de veiller sur les campagnes et la fertilité des jardins n’avait plus d’intérêt pour moi ; les lis étaient tombés, on pouvait voir les violettes flétrir et s’étioler les tiges du safran pourpré. » (Les Fastes, Ovide).

Les Floralies furent donc organisées chaque année à la fin du mois d’avril jusqu’au début du mois de mai : « Les Sénateurs se réunissent et promettent, au cas où la floraison de l’année serait bonne, des jeux annuels en ma divinité. Je consentis à ce vœu : le consul Laenas et le consul Postumius s’en acquittèrent, en organisant des jeux en mon honneur ».

Les fêtes se déroulaient la nuit aux flambeaux, dans une ambiance champêtre où les jeunes femmes exécutaient des danses, des chants et des représentations dramatiques. Une danse naïve exprimant l’allégresse et le renouveau printanier était faite spécialement en l’honneur de la déesse et des chasses étaient également organisaient dans un cirque dédié à l’événement, appelé le cirque de Flore. Mais bientôt, ces festivités dégénérèrent en un spectacle licencieux, rythmé de danses obscènes exécutées par des courtisanes nues. Caton, homme d’Etat et écrivain romain, y assista et, choqué par cette atmosphère de perversion pour honorer une déesse, ne put soutenir le spectacle jusqu’à la fin.

Déesse de légendes


Lactance, rhéteur romain, avançait une explication plus terre-à-terre à ce culte de la déesse Flore et à l’impudicité de ces fêtes. Flora aurait été en réalité une femme débauchée dotée d’une immense richesse et qui aurait fait du peuple romain son héritier. Sa seule condition : qu’on la célébra tous les ans au travers d’une grande fête. Mais il précisait que le Sénat, souhaitant donner un passé plus honorable à ces fêtes, fit de Flore une déesse de la mythologie.

Varron, écrivain et savant romain, démentit cette version, soutenant que les Sabins reconnaissaient déjà Flore comme déesse avant se s’établir à Rome. Preuve en était l’histoire de Tatius, roi des Sabins, qui sur le point de livrer bataille aux Romains adressa un vœu à cette divinité. Ovide fait s’exprimer la déesse Flore : 

« Pourquoi est-ce la foule des courtisanes qui célèbrent les jeux ? La raison n’est pas bien difficile à fournir. Flora n’est pas de ces sombres déesses, aux discours grandiloquents, elle veut que sa fête soit accessible à des chœurs populaires et nous dit de jouir de la beauté de l’âge, quand il est en fleur, et de ne pas se soucier des épines une fois les roses flétries ».

Il donne une vision plus poétique de son rang de déesse dans la mythologie en narrant une histoire. Junon, reine des dieux et du ciel, souhaitait concevoir un enfant et demanda son aide à Flore dans cette entreprise :

 « Ce que tu demandes, dis-je, une fleur qui me vient des champs d’Olène te le donnera : elle est unique dans mes jardins. Celui qui me l’a donnée a dit : “Avec elle, touche une génisse même stérile, elle sera mère“ ; je le fis, et instantanément, elle devint mère ». En remerciement, Junon lui offrit une place importante au Panthéon.


·         D’après la mythologie grecque, c’est à Chloris (alias Flore) que l’on doit la création de la reine des fleurs, la rose !La légende raconte que Chloris se promenait lorsqu’elle trouva le corps sans vie d’une nymphe pour laquelle elle avait beaucoup d’affection.

Afin de faire d’elle la plus belle fleur, elle la métamorphosa en une rose et demanda aux autres dieux d’enrichir sa création de leurs pouvoirs : Aphrodite lui accorda la beauté éternelle, Dionysos la baigna dans un nectar pour lui révéler le plus doux des parfums et enfin les Trois Grâces ajoutèrent la joie, le charme et l’éclat… Pour notre plus grand bonheur !


jeudi 6 août 2015

Les orientations énergétiques Sorcière



Leur manifestation est vécue au moment de la menstruation comme un approfondissement de la conscience interne caractéristique de la phase Enchanteresse. Les énergies deviennent inhibitrices et intuitives ; elles ne s'orientent plus vers l'extériorisation, sauf dans le cas de vision extatique se manifestant par des accès sporadiques. L’interaction entre vous et vos rêves s'intensifie ; vous avez le sentiment de participer à la nature dont vous reconnaissez intuitivement la texture fondamentale. Vous portez simultanément une part des énergies de lumière et de ténèbres. Ainsi n'y-a-t-il pas de limites bien définies entre phases consécutives ; chacune d'elles correspond à un glissement progressif d'une orientation énergétique à une autre. Comme la Vierge et l'Enchanteresse, vous renfermez la lumière et les ténèbres en quantités variables et, comme la Mère et la Sorcière, vous portez le germe de la menstruation et de l'ovulation. Avec la libération de l'œuf dans la phase Mère, débute le processus qui conduit à la menstruation et à la désagrégation de la paroi utérine ; pendant la phase Sorcière commence la maturation de l'œuf suivant en prévision de l'ovulation. On retrouve le germe de lumière au sein des ténèbres et celui des ténèbres au milieu de la lumière dans le symbole du yin et du yang, considérés comme dans un courant énergétique passant de l'un à l'autre (figure 6).



Figure 6. Le symbole du yin et du yang


Vous constaterez peut-être que votre cycle présente des subdivisions plus nombreuses. Aussi, en identifiant en vous chaque phase et en lui attribuant un symbole caractéristique de référence, vous pourrez commencer à comprendre et à réveiller de nouveau tous les aspects de votre être.

Les règles ont tendance à survenir à peu près au moment de la pleine ou de la nouvelle lune. L’ovulation qui se produit en phase de pleine lune correspond au cycle de la Lune Blanche, que fêtent la plupart des religions et rites rendant un culte à la fécondité. La vôtre et celle de la pleine lune coïncide dans le temps, offrant les meilleures conditions pour que vous exprimiez vos facultés créatrices par le biais de la conception. Le cycle de la lune Blanche est ainsi devenu celui de la « Bonne Mère », seul aspect de la féminité admissible aux yeux de la société patriarcale. Or, le cycle découlant de l'ovulation est moins tolérable au moment de la nouvelle lune. La pleine lune, souvent tachée de sang rouge, monte dans l'atmosphère plus dense à l'horizon ; ainsi le cycle de la lune Rouge s'installe-t-il au moment où les règles coïncident avec la pleine lune. Votre cycle passe toujours par des phases successives symbolisées par la Vierge, la Mère, l'Enchanteresse et la Sorcière, mais elles sont décalées de 180° par rapport à celles de la lune (figure 5). D'où une ovulation qui se produit au moment de la pleine lune, période marquée par la libération des énergies créatrices accompagnant l'augmentation de la luminosité lunaire





Le cycle de la Lune Rouge montre que l'expression des énergies n'est plus tournée vers la procréation et le monde physique, mais vers le développement intérieur et son langage. Considéré par les hommes comme investissant la femme d'un pouvoir plus étendu et plus difficile à contrôler, ce cycle est devenu celui qui s'est incarné ultérieurement dans la « femme maléfique », la séductrice, la sage ou l'horrible sorcière, dont la sexualité servait d'autres buts que la pérennité de la descendance. les femmes, dont le cycle était synchronisé avec celui de la Lune Rouge, étaient - dit-on - enfermées ensemble et tenues à l'écart des rites et cérémonies pratiqués par celles qui étaient en période d'ovulation. Elles rappelaient que l'éclatante luminosité de la pleine lune avait un corollaire : sa face cachée. Les deux types de cycles expriment les énergies féminines et aucun des deux ne confère à la femme plus de pouvoir - ou n'est plus « convenable » - que l'autre. Vous constaterez, au cours de votre existence, qu'en fonction de la situation dans laquelle vous vous trouvez, de vos ambitions, des émotions que vous ressentez et des buts que vous poursuivez, vos cycles successifs oscillent entre deux orientations à dominantes respectives Lune Rouge et lune Blanche.

EXTRAIT de Les forces du cycle féminin de Miranda Gray


XXe siècle ou le « Siècle de la Femme » : pour quelle société ?


 
En 1928, Madeleine Brisson, qui signe régulièrement sous le nom de plume Yvonne Sarcey des articles au sein des Annales politiques et littéraires, revue que dirige son époux, analyse ce qu’elle désigne comme « le Siècle de la Femme », s’attardant notamment sur les conséquences d’une présence de plus en plus marquée de la gent féminine à de hautes fonctions sociales




Monsieur Henri Duvernois a autant d’esprit que de galanterie, écrit-elle. Un jour qu’on lui demandait le nom, l’épithète qui conviendrait à notre siècle agité, — n’avait-on pas eu le siècle de Périclès, le siècle de Louis XIV, le siècle du Romantisme, et d’autres honorables siècles ? — sans hésiter, l’auteur de Crapotte répliqua : « Le siècle de la femme ! Car, ajouta-t-il, seule la femme pourra apporter un peu de douceur et d’intelligente tendresse à tout le futurisme, dilettantisme, machinisme, babelisme, confusionnisme, nébulisme et convulsionnisme actuels... »

Ce qui revient à dire que, quand tout ça en isme fait du grabuge, la femme triomphe. Pourtant, si l’on jette un œil sur les journaux, on aperçoit, en grosses manchettes : « Crise du Mariage... Crise des Domestiques... Crise de l’Enfant... Crise de la Culture... Crise de l’Education... Crise de la Famille... » Alors, quand il y a pagaille partout, on s’écrie : « — Vive la femme ! Voilà son siècle ! »

Peut-être trouverait-on un peu de contradiction dans cette logique-là ; mais si on mesure la puissance d’Eve au bruit qu’elle fait aujourd’hui dans le monde, on peut reconnaître, avec M. Duvernois, que le siècle lui appartient, poursuit Madeleine Brisson... Il est vrai que c’est aussi le siècle de la Victoire... Passons ce détail, le Poilu est galant, il ne protestera pas... Pourquoi faut-il qu’au moment où la femme, libre d’elle-même, dirige exclusivement son destin, on voie plus de divorces que jamais ?... Passons encore sur ce mystère.

En revanche, une conseillère municipale, miss Isabel Mac Donald, vient d’être élue à Londres. A Paris, égal triomphe. M. Aristide Briand, avec autant de courtoisie que de prudente diplomatie, ouvre, à petits battants, les portes du Quai d’Orsay aux futures attachées d’ambassade... Et ce n’est pas tout. M. Chiappe, qui ne veut pas être en reste de modernisme, songe à confier aux femmes certains rôles dans la police. Pour semer la justice parmi les nommes, sans doute leur octroiera-t-il un joli bâton rose, peut-être même un tricorne bleu.

Et ne croyez pas que je me moque... Ces avantages réels, ces conquêtes successives ont demandé une somme de courage, d’ardeur, de volonté, qui font le plus grand honneur à la femme. Depuis qu’elle est sortie de l’ombre, on la voit hardiment grimper au mur des réalités et chercher le soleil. Arrivée au faîte, tout éblouie, elle regarde les hôtes de la forêt : les hommes au mode mineur, les demi-hommes, les hulpul-hulplas et les cloportes... Et de là-haut, elle rit ou fait semblant. Si Rabelais la contemplait en tel exercice et hasardeuses ascensions, acrobaties et tourne-têtes, il en serait tout pantois.

« Quand je dy femme, je dy un sexe tout fragile, tout variable, tout muable », écrivait-il au temps de Gargantua.

Aujourd’hui, le sexe tout fragile, tout muable a du muscle, une résistance d’acier, des poings de boxeur, la tête farcie de cervelle, le sens des affaires, et... il fait le siècle. C’est évident, la femme marque de son sceau notre temps... Mais, si on en croit la rumeur, il y a crise partout, crise principalement au foyer, crise générale de la famille... Serait-ce donc que tout n’est pas encore pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pourquoi ?

Peut-être oserai-je risquer que, dans la bonne nature, il existe un ordre, une harmonie, un rythme qu’on ne bouscule pas sans jeter quelque trouble sur la symphonie. Depuis qu’elle est lion et dragon, la femme a franchi d’un bond si rude les mesures de défense qu’elle est tombée hors de l’orchestre. Ne cherchant que son émancipation, elle oublia l’enfant et s’offrit la fantaisie de mépriser l’homme. Voulant sa libre grâce, elle creusa le péril ; s’évadant de la médiocrité vers je ne sais quel absolu, elle enjamba la raison. Et des cacophonies éclatèrent, bruyantes et désolées.
Aujourd’hui, la femme a pris des ailes, c’est un fait. Elle essaie son Atlantique, et la traversée ne va pas sans quelque naufrage. Faut-il regretter ses conquêtes ? Hé ! non !... Elle apprend son métier, et déjà elle pilote à miracle. Il ne lui manque plus que de redevenir femme. Alors, elle sera digne de donner son nom au siècle. « Elle flotte, elle hésite ; en un mot, elle est femme », disait Racine... Pauvre Racine ! Pauvre siècle de Louis XIV !... Comme tout est changé !

Mais, après tout..., souvenez-vous, il y avait déjà des femmes très bien, à cette époque : instruites, parlant latin, écrivant les plus jolies lettres du monde, lisant les philosophes, s’occupant d’éducation et menant, sans avoir l’air d’y toucher, la politique, les intrigues et les affaires... Au siècle des Encyclopédistes, que d’animatrices ! Par les enchantements de l’amour et de l’esprit, déjà elles gouvernaient les hommes. Et au siècle du Romantisme !... Depuis la dame au turban, qui en savait des choses et des choses, jusqu’à la dame à la pipe qui, la nuit, écrivait à perdre haleine, sa tasse de café sous la lampe, que de petites révolutions, que de scandales, que de talent dépensé !

En somme, déjà dans ce temps-là, il y avait des femmes qui arrivaient, quoiqu’on ne les y aidât pas... La grande erreur de notre siècle — Le Siècle de la Femme — fut de croire que toutes peuvent prétendre aux sommets, que toutes, grâce au travail, sont en droit de régenter les ambassades, l’Académie, les Facultés, les honneurs...

Quelques-unes, oui, animées d’un feu sacré particulier, arrivent aux premières places ; elles ont, aujourd’hui, pour les atteindre, les commodités morales et pratiques qui leur facilitent la chose, comme l’eau chaude, l’eau froide, la salle de bains facilitent la propreté qu’elles croient aussi avoir inventée. Leur grand mérite fut de généraliser un effort qui semblait trop grand pour elles, et d’avoir en bloc montré que la femme était capable de poursuivre un but et de mériter sa liberté.

Elle l’a, aujourd’hui, sa liberté. La société fait des lois pour lui assurer la dignité de son travail, l’indépendance de ses gains et sa personnalité. Tout cela est fort bon... Mais il y a crise dans la maison du bonheur... Je ne croirai à la toute-puissance réelle et définitive de nos filles qu’au jour où elles auront résolu cette crise-là.

(D’après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1928)


lundi 3 août 2015

La Souveraineté FEMININE


Les récits légendaires celtes et, plus tard, arthuriens mettaient souvent en scène des mystiques féminins jouant le rôle de représentantes terrestres de la divinité qui incarnait la souveraineté ou le pays. En tant que Souveraineté, ces femmes pouvaient offrir la créativité, la sagesse et la royauté divine. Lors de leur mariage avec un roi celte, ce dernier se voyait conférer le droit divin de gouverner, l'autorité et l'honneur mythiquement liés à la divinité du pays. 

On attendait de lui qu'il conduise son peuple et qu'il lui soit fidèle, en échange de quoi Souveraineté lui offrait les pouvoirs et la sagesse de l'autre monde. En Irlande, au cours des cérémonies du sacre royal, la Souveraineté du pays était une jument blanche et, dans la légende arthurienne, Elle prenait le triple aspect de Guenièvre. Tout au long de ces récits légendaires, Souveraineté se montre sous la forme de nombreuses femmes dont chacune incarne un caractère lunaire (le nom gallois Gwenhwyfar signifie « Fantôme Blanc » et traduit ce caractère), de même qu'elle exprime l'une des particularités du pays et du féminin divin en prenant tantôt l'apparence d'une jeune vierge attirante, de la reine généreuse, de l'affreuse damoiselle, de la vierge ténébreuse ou tantôt celle de la vieille sorcière. Ces femmes apparaissent aux héros et aux rois en leur proposant des dons, des enseignements et en leur jetant des défis afin de défendre la cause de leur pays. 

La vierge, dont la couleur est le blanc, est présentée comme la source de l'imagination qui suscite l'action. On rencontre un rôle analogue dans divers récits populaires où des vierges doivent échapper à des dragons, des monstres ou encore de malfaisantes sorcières. De nos jours, maints livres et films reprennent ce thème. Dans la légende arthurienne, Guenièvre tient d'abord le rôle de la jolie fiancée fleurie source de souveraineté pour Arthur, mais lorsqu'il la délaisse, elle devient celle de lancelot. Son rôle de reine, dans les premiers récits, la présente en femme dirigeant la cour et soutenant la position de force occupée par Arthur. 

Cette reine, puissante et influente, dont la couleur est le rouge, permet au héros de relever avec succès le défi qui lui est lancé ou qui le soutient dans sa quête. Igraine, mère d'Arthur, se retire dans l'autre monde quand son rôle de souveraine temporelle s'achève ; là elle conserve une position d'autorité comme reine au Château des Vierges. La vierge ténébreuse est introduite dans les légendes pour défier le héros de manière active, le contraignant à une attitude responsable et à s'orienter vers la connaissance de soi. Dans les mythes arthuriens, elle se présente sous l'aspect de Kundry, la magicienne, qui reproche à Peredur de ne pas poser le Problème du Graal et qui, après avoir tancé les chevaliers pour leur inaction, les talonne afin qu'ils s'activent durant cette quête. Elle est présentée comme une méchante langue qui met les chevaliers a l'épreuve et les tourmentes. Morgane, l'enchanteresse, exprime aussi la facette de vierge ténébreuse du fait de son antagonisme à l'égard du roi Arthur ainsi que par la remise en question permanente de son mérite à être placée sur le trône. La vierge ténébreuse peut également se rencontrer sous les traits de la guerrière, compagne du héros pouvant le faire changer d'avis, investie d'un pouvoir magique et occulte, mais symbolisée aussi par le dynamisme juvénile. 

La vieille femme représente également un personnage ténébreux, mais détentrice du savoir occulte et du potentiel de transformation. On la dépeint souvent sous les traits d'une femme laide et âgée muée en une belle jeune fille par l'action adéquate du héros, comme on l'a vu dans le récit de Sire Gauvain et de la Sorcière. Les traits que prend Souveraineté reflètent le cycle lunaire, donc les apparences sous lesquelles elle se présente - jeune fille, mère, vierge ténébreuse et sorcière - ne sont pas immuables et passent de l'une à l'autre.

Souveraineté, divinité de la terre, en représente la nature, le bourgeonnement énergétique printanier, la générosité hivernale où se dissimule l'éclatante beauté de la terre, et exprime également le cycle menstruel féminin dans sa traduction terrestre. Comme la lune et les saisons, nous passons d'une phase de notre cycle à l'autre, changeons et nous transformons en harmonie avec notre nature profonde. Souveraineté, comme la terre, inspire l'humanité, lui offre sa générosité, lui reproche son inaction ou ses actes erronés et modifie notre manière d'être.

EXTRAIT de Les forces du cycle féminin de Miranda Gray - Retranscrit par Francesca 


LA FEMME ET SA RELATION A LA CHOUETTE



La Chouette Lunaire : Aux temps modernes, cet oiseau est devenu un symbole de sagesse en raison de son lien étroit avec la divinité grecque Athéna ou la déesse romaine Minerve, mais son symbolisme le plus ancien, efficacement transmis par la tradition populaire, l'associait à la mort et à la destruction. Ainsi, on pensait que le cri de cet oiseau entendu de jour ou trois nuits de suite annonçait un décès. En Ecosse, la chouette portait le nom de cailleach, c'est-à-dire vieille femme, assimilé à la mort et à l'hiver.

Au Pays de Galles, un puissant imaginaire sexuel s'attache également à cet oiseau, puisqu'on dit que le cri de la chouette annonçait qu'une jeune femme non mariée venait de perdre sa virginité.

Dans le légendaire celte, on la retrouve dans le conte de Lleu : à partir de fleurs et de plantes, ses oncles magiciens lui réalisent une fiancée qu'ils nommèrent Blodeuwedd, c'est-à-dire « Visage fleuri » en gallois. Mais elle ne lui resta fidèle que le temps nécessaire aux fleurs pour perdre leur parfum, avant de s'éprendre d'un chasseur qui blessa mortellement Lleu d'un coup de lance. Mais ses oncles le retrouvèrent et le guérirent. Comme punition, la fiancée infidèle fut changée en chouette et, aujourd'hui encore, le mot gallois désignant cet oiseau est blodeuwedd. Blodeuwedd était une femme à l'appétit sexuel prononcé et qui suivait son instinct naturel. De bien des points de vue, l'infidélité n'était pas son fait, mais celui des hommes qui voyaient en elle la réalisation potentielle d'attentes irréalistes.

Son histoire s'apparente à celle de Lilith, issue de la terre comme Adam : étant son égale, elle refusa de s'unir à lui dans la position du coït arrière et s'enfuit de l'Eden. Dès lors, elle fut assimilée à la chouette effraie, représentée avec des pattes griffues et des ailes d'oiseau. Elle était considérée comme créative, démoniaque, symbolisant l'aspect lunaire et féminin négatif, reine de l'autre-monde, porteuse de mort infantile et la séductrice nocturne des hommes. En tant que telle, elle s'identifiait à l'autre Eve, négative celle-là, c'est-à-dire à la malédiction menstruelle qu'elle introduisait dans la création par le biais du serpent. Les deux récits montrent la vraie nature féminine qui se manifeste entre puberté et ménopause.

La chouette symbolisait les pouvoirs occultes internes et la sagesse que confère le cycle menstruel, de même que la nécessaire mutation du moi intérieur précédant le renouveau. Le Lièvre Les lièvres puis, plus tard les lapins, représentaient la fécondité, le dynamisme biologique de la croissance, du renouveau et du plaisir sexuel, de même qu'on les associait étroitement à la lune et à ses divinités. Le lièvre était notamment associé à la déesse Oestra, qui devait par la suite donner son nom à la fête de Pâques. On la représentait avec une tête de lièvre et les animaux qui l'accompagnaient pondaient les œufs de la vie nouvelle pour annoncer la naissance du printemps - une image que nous retrouvons dans le « Jeannot lapin » pascal. Norse, divinité lunaire scandinave et Freyja, déesse de l'amour et de la fécondité, étaient toutes deux assistées de lièvres, comme l'était Vénus, divinité romaine.

On dit par ailleurs que les motifs visibles à la surface de la pleine lune tracent le portrait d'un lapin ou d'un lièvre, tandis que la tradition orientale montre que cet animal tire sa fécondité de la contemplation de l'astre nocturne. On l'associait aussi aux facultés féminines et lunaires que sont divination, transmutation, folie inspirée et sexualité. La reine celte Boudicca élevait un lièvre pour la divination : avant une bataille et afin de prédire son dénouement, elle le lâchait de sous son manteau et observait la voie qu'il suivait. L’association du lièvre et de la sexualité est parvenue jusqu'à nous, trouvant à s'exprimer dans le concept d'employée de boîte de nuit habillée en lapin (bunny girls). Il est possible qu'en raison de ces connotations « indésirables » l'église médiévale ait regardé le lièvre comme un animal de mauvais augure.

Dès lors, on associa les lièvres aux sorcières et on ne pouvait tuer celle qui en avait pris l'apparence qu'avec un crucifix d'argent ou, plus tard, avec une arme tirant des balles fabriquées dans ce même métal. La déesse noire Aux temps préhistoriques, l'image de la source de vie était celle d'une divinité que l'on considérait à la fois comme la matrice de transformation et comme le dynamisme générateur et créateur de l'univers et de toute vie. Elle était perçue comme la force vitale permanente et invisible de l'univers ; sa manifestation physique était la création.

On observait l'expression de ces images dans le cycle lunaire. La divinité manifestée était perçue dans les trois phases lumineuses de la lune en tant que trinité : croissance-réalisation-déclin, traduisant ainsi le caractère transitoire du cycle des saisons et de la vie. La divinité non manifestée correspondait à la phase de nouvelle lune, à la matrice, à l'invisible et permanente source de vie. Les représentations ultérieures de la déesse lunaire la montraient comme une trinité au lieu d'une divinité tétramère, non parce qu'on en ignorait l'aspect occulte, mais parce qu'elle était invisible à l'œil humain, de façon identique à la phase de nouvelle lune. Elle s'identifiait à l'obscurité de l'invisible, du non manifesté, à la source de vie porteuse de potentialités et à la pure conscience qui se profilait derrière la trinité lumineuse.

Description de cette image, également commentée ci-après

Ses ténèbres symbolisaient l'essence du cycle dans sa totalité, puisque les phases lumineuses ne pouvaient être comprises, si ce n'est par comparaison à l'obscurité. L'image de la divinité de la vie et de la mort, de l'obscurité et de la lumière perçue comme un cycle lunaire complet présentait un clivage, la déesse noire symbolisant les énergies destructrices tandis que la mort séparée de son autre aspect, positif celui-là, représentait les énergies constructives et la vie. Ainsi, l'image féminine de mort et de destruction n'était plus suivie de celle, compensatrice, du retour à la matrice universelle pour renaître, aussi le cycle lunaire vie-mort-renaissance était-il rompu.

En dernier ressort, l'image du féminin divin se polarisa : d'un côté l'éclatante divinité de la vie et, de l'autre la terrifiante déesse infernale qui amenait avec elle le principe de mort irrévocable. La puissance sexuelle intense et l'énergie destructrice éprouvées par les femmes au cours de leurs cycles menstruels fusionnèrent dans l'image de divinité guerrière assoiffée de sang. Le caractère créateur des énergies en cause fut ignoré et l'image sexuelle farouche, évoquant la folie sanguinaire s'exprima par le biais de divinités comme Ishtar, Sekhmet et Morgane. C'est alors que la mère accueillant la mort fut perçue comme maléfique, s'adonnant à la destruction absurde pour le seul plaisir de détruire.

Le couple « sexe et violence » se perpétue d'ailleurs au sein de notre société moderne au travers des films et des livres, et dans les nombreux viols accompagnés de violence sexuelle. Ainsi l'image originelle dans laquelle sexualité créatrice et mort s'entrelaçaient fut atrocement déformée : si, en tant qu'élément porteur de changement, on considère l'Ange Exterminateur d'un point de vue linéaire, il est effrayant ; mais si on considère vie et mort comme un cycle perpétuel, l'Exterminateur devient la voie vers une existence et une croissance nouvelles.

La mythologie a souvent restreint le rôle des divinités soit à celui de bonne « mère génératrice de vie » soit à celui d'effrayante « déesse de la mort », mais ces images portent souvent la marque du cycle complet. Ainsi Hécate, divinité grecque de la nouvelle lune était reine des sorcières et divinités de la mort. Représentant la face cachée de la lune en fin de phase décroissante, elle était la protectrice de la divination, des rêves, de la magie, mais aussi celle de l'énergie montant des ténèbres intérieures suivies de son cortège de visions, de compulsions, d'inspiration extatique et de folie destructrice. Reine des morts, Hécate brandissait le flambeau de la régénération et de la renaissance.

Dans d'autres récits, elle portait un bandeau éclatant et montrait un cœur tendre ; c'est elle qui manifesta sa compassion pour la peine éprouvée par Déméter après l'enlèvement de Perséphone. Elle faisait l'objet d'un culte en tant que représentation triple, notamment aux carrefours où les quatre voies symbolisaient les quatre phases lunaires. Ainsi, à l'approche de l'un d'eux, trois directions possibles s'offrent à notre vue, mais la quatrième reste invisible sous nos pieds. Athéna, divinité vierge symbolisant sagesse et intelligence, véhiculait également des images reflétant son côté ténébreux.

La tête de Gorgone lui était étroitement associée puisqu'elle ornait son bouclier ou son égide. La légende rapporte que la Gorgone correspondait à Méduse, une femme à chevelure de serpents dont le regard fixe et mortel pétrifiait les hommes. Son sang tuait ou faisait renaître, selon la veine d'où il provenait. Son visage entouré de reptiles ondulants évoquant une vulve fit d'elle un symbole de renouveau et de mort, mais aussi sexuel, régénérateur, et créateur. Athéna était également représentée accompagnée d'une chouette, évocation de la mort et de la faculté de prophétie. On peut donc considérer Hécate et Athéna comme rassemblant, dans une certaine mesure, d'autres aspects des phases lunaires, mais symbolisées en divinité unique.

La descente d'une divinité au royaume des morts pour amener avec elle vie nouvelle et connaissance est un thème qui revient souvent dans la mythologie ; il reflète le cycle des saisons, de la lune et de la femme.

Dans le légendaire grecque, Perséphone, fille de Déméter, divinité symbolisant les céréales, fut enlevée aux enfers. Sa mère, dans son chagrin, priva le monde des énergies de fécondité et de croissance jusqu'à ce que sa fille fut retrouvée. Perséphone ne pouvait réintégrer totalement le monde des vivants que si elle ne ramenait rien des enfers ; or, elle avala quelques semences de grenade, geste qui l'obligeait à retourner aux enfers une fois par an. Perséphone, ou Coré, était la Compagne du blé en tant que graine et plante, alors que Déméter incarnait le blé lui-même. Ce récit exprime le principe unificateur du cycle lunaire, selon lequel l'enfant né de la mère est fait de la même substance qu'elle.

La coupe du blé, donc sa mort, ne tue pas la graine qui permettra la repousse, mais c'est un geste nécessaire au renouveau de la vie. Aussi Perséphone, à l'instar du grain de blé, séjournait-elle aux enfers, devenant ainsi reine des morts, jusqu'à ce qu'elle renaisse au printemps. On peut aussi voir dans sa descente aux enfers une analogie avec le cycle menstruel pour demeurer dans l'obscurité de la menstruation. Comme Eve, Perséphone cueille le fruit rouge pour s'intégrer désormais à un cycle comportant trois étapes successives : retrait, renouveau des énergies et descente aux enfers. A ce moment, au-dessus d'elle, dans le monde des vivants, Déméter rappelle les énergies de fécondité, faisant place à l'hiver, exprimant ainsi l'union existant entre le cycle féminin et celui de la Terre.

 Au moment de ses règles, la femme vit une phase d'intériorisation énergétique aux dépens de son investissement extérieur ; elle est plus orientée vers la conscience introspective, favorisant ainsi son évolution et sa compréhension du monde afin de réinvestir dans l'univers quotidien la connaissance ainsi acquise. Donc Perséphone et la femme en période menstruelle vivent-elles un hiver caractérisé par le retrait des énergies de fécondité.


La première descente dans les ténèbres est nécessaire pour que la vierge devienne mère. Ces descentes menstruelles successives lui permettent d'accueillir à nouveau la partie la plus jeune de son être afin de revivre. Descendre chaque mois, accompagnée de Perséphone, c'est pour nous descendre dans l'enfer du subconscient afin d'approcher davantage la source de toute vie, de toute conscience, ainsi que donner un sens à la vie et la comprendre. Le récit de L'Eveil suit la voie empruntée par Eve lors de sa première descente. La Dame Rouge est l'Enchanteresse, c'est-à-dire la belle-mère maléfique qui met fin à l'enfant en l'ouvrant aux facultés que confère la féminité. La Dame Rouge est détentrice des dons d'imagination, de magie, de transformation et d'authenticité. Dans l'obscurité, sa vue engendra chez Eve affolement, compulsion, inspiration extatique, ainsi que dynamisme énergétique et sexuel. 

Eve est appelée par la Mère des Ténèbres à transmuter son énergie pour créer à partir de la destruction et faire sortir la lumière de l'obscurité. Par cette descente, Eve constate l'existence de deux mondes, l'un visible et quotidien, l'autre invisible et intérieur. Comme la divinité préhistorique, elle appartient à ces deux univers et chaque mois elle évolue dans l'espace qui les sépare. Sa première descente inaugure le déroulement des cycles de renouveau qui l'accompagneront entre puberté et ménopause.


EXTRAIT DE LA FEMME LUNAIRE de Miranda Gray -Editions Jouvence - retranscrit par Francesca