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lundi 9 mars 2015

LE SAVOIR ANCESTRAL DES FEMMES





Les savoirs des femmes ont longtemps été ignorés des chercheurs, ou dévalorisés, voire tout bonnement niés. Depuis quelques décennies cependant, des organismes internationaux comme la FAO, les Nations Unies, la Banque mondiale et l’UNESCO  tendent à les reconnaître. Une telle reconnaissance est fondamentale pour la compréhension des sociétés de la zone Sud, qu’elles soient considérées comme industrialisées ou en voie de développement. Cette importance des savoirs féminins a été soulignée, notamment, par Shubhra Gururani dans un article consacré au savoir des femmes du tiers monde :

 « Affirmer que les femmes pauvres des zones rurales possèdent un savoir-faire lié à leur mode de subsistance, à leur corps et à leur environnement naturel, et qu’elles ont acquis une connaissance élaborée des variétés de semences, des cultures, de l’élevage et des plantes médicinales semble une évidence, mais ce fut comme une révélation pour les milieux du développement et de l’information » (2002 ).

Ces savoirs traditionnels des femmes, peut-on en parler au sujet des Mascareignes ?

Trois siècles d’histoire et de présence commune, en des lieux initialement déserts, de femmes culturellement aussi différentes que pouvaient l’être les arrivantes d’origines africaine, asiatique, européenne, indienne, malgache ont, au-delà des origines et des catégories sociales généralement définies dans la population, permis la constitution d’un patrimoine commun, de savoirs partagés par toutes. Cette culture commune, qui s’est fabriquée à partir des contacts entre les individus, a probablement été consolidée par le déséquilibre numérique entre hommes et femmes au temps de l’esclavage, puis de l’engagisme. Dans un tel contexte de déséquilibre du ratio hommes/femmes, en effet, les échanges et les transmissions culturelles entre femmes revêtaient une importance particulière.

Enfin, ces savoirs traditionnels des femmes des Mascareignes, en l’occurrence, ne sont pas figés mais dynamiques, représentatifs de l’évolution des sociétés concernées, des créations culturelles à l’œuvre et de la complexité présente au sein de ces sociétés jeunes, qu’il convient d’envisager davantage sous la forme d’un continuum (Drummond, 1980) que comme une entité globale et homogène. Ce point de vue rejoint ce qu’écrivent Marie Roué et Douglas Nakashima sur le fait que « non seulement les savoirs autochtones sont une source primordiale d’information […] mais également, loin d’être des savoirs immuables figés dans la tradition, ils permettent à leurs détenteurs de se livrer à des analyses prédictives d’une rare précision » (2002 ).

Les îles de La Réunion et Maurice ne comptaient, au début de leur peuplement, que quelques femmes pour une majorité d’hommes. Cet écart s’expliquait par l’économie des îles, basée sur les plantations de café, puis de canne à sucre. Les tâches agricoles, notamment la coupe de la canne, réclamaient en effet une force de travail masculine et, pour les maîtres des plantations, les femmes n’avaient d’intérêt que comme domestiques ou concubines potentielles. Toutefois, cette inégalité dans le ratio hommes/femmes n’empêcha pas l’expansion de la population, le manque de femmes se traduisant par de multiples et fécondes unions, comme le notent les chroniqueurs de l’époque. Ainsi, Antoine Boucher – personnage singulier qui, d’abord garde-magasin du Gouverneur de Villers à La Réunion, devint finalement lui-même Gouverneur de l’île – publie en 1715 un Mémoire pour servir à la connaissance particulière des habitants de l’isle Bourbon, portrait au vitriol de la société de son époque, dans lequel il exagère sans doute quelque peu le caractère « dissolu » de la vie quotidienne à Bourbon en ce début du XVIIIe siècle.

Comme le montrent les données historiques, ce déficit en femmes dans l’archipel des Mascareignes se retrouve, à la fois, chez les colons, les esclaves et, par la suite, les travailleurs engagés. Un tel déficit est certainement, pour partie, à l’origine de la constitution des solidarités féminines, et il se reflète en particulier dans les stratégies de transmission des savoirs, où le rôle joué, de femme à femme, par ces solidarités, est constamment prépondérant.

Responsables de la maisonnée, la leur et souvent, jusqu’au milieu du XXe siècle, celle du maître chez qui elles sont employées, présentes lors de la naissance et du développement des enfants, tour à tour accoucheuses, nourrices, infirmières et guérisseuses, à l’interface du monde des maîtres et de celui des esclaves, les femmes sont porteuses d’une part importante des savoirs traditionnels. Nombre de ces savoirs – liés au corps, à la maternité, aux enfants, à l’utilisation de certains végétaux – étaient en effet souvent transmis de femme à femme. Les plantes connues pouvaient être abortives, ou destinées à faciliter l’accouchement, ou encore utilisées pour le traitement des maladies infantiles. Ainsi, m’explique à La Réunion Marie-Ange, 96 ans, à propos des végétaux aux propriétés abortives : Ah ben, les plantes pour faire revenir les règles, ça, c’était une affaire de femmes. Un homme ne s’en serait pas mêlé ! . À Maurice, où l’interruption volontaire de grossesse est encore interdite aujourd’hui, Raïssa, 35 ans, raconte que, la voyant déprimée par une grossesse non désirée et survenue dans un contexte familial difficile, l’une des ses amies lui avait conseillé de se faire une tisane à base d’ananas et de thym vert.

Dès les débuts du peuplement des îles, la médecine savante occidentale, ce qu’on appelle aujourd’hui la biomédecine ou médecine occidentale moderne, est présente, et son rapport avec les matrones, accoucheuses traditionnelles et concurrentes potentielles, est conflictuel.

Outre les femmes elles-mêmes, suspectées de mettre fin à leur grossesse, ce sont à cette époque les matrones qui sont montrées du doigt et jugées responsables. D’autant plus qu’elles appartiennent le plus souvent à la catégorie des esclaves, et que le fait d’être en mesure de mettre les enfants au monde leur donne un statut et un pouvoir qui dérangent parfois les propriétaires des plantations. En effet, lors des accouchements de leurs compagnes, ceux-ci se retrouvent en situation de demande face à une femme qu’ils considèrent habituellement comme inférieure. Le 20 janvier 1715, à la suite de dénonciations, une ordonnance est promulguée à La Réunion qui enjoint aux « filles, veuves et femmes dont le mari serait absent » de déclarer leur grossesse. Dans le cas où celle-ci ne débouche pas sur une naissance et que « leur fruit ait disparu », les femmes, tant libres qu’esclaves, « seraient punies de mort ». Bien que les diverses accusations n’aient eu aucune suite, tant dans les journaux de l’époque qu’auprès des médecins, les matrones étaient déjà, dans bien des cas, les coupables idéales.

EXTRAIT DU LIVRE : http://www.amazon.fr/Savoirs-femmes-M%C3%A9decine-traditionnelle-Rodrigues/dp/9232041979

samedi 7 mars 2015

LE PLAIDOYER POUR LA CREATION DE GRANDES FAMILLES



Le plaidoyer pour la création de grandes familles a été mis en avant à travers de nombreuses suggestions émises par différents leaders comme par exemple des primes qui seraient offertes aux parents se prévalant d’une nombreuse progéniture. Le frisson de dégoût qui a balayé le pays à cette suggestion indique combien on a mal compris le rôle de la femme. Cette suggestion ne révèle-t-elle pas que l’on considère la femme comme l’opportunité de réaliser une stratégie politique n’ayant pour but que le bénéfice d’une augmentation du nombre de soldats et de votants ?

Si les dirigeants de nos nations offraient plutôt une prime pour les meilleures familles, les meilleures dispositions physiques ou mentales chez les enfants, les meilleurs talents, la meilleure intelligence, la meilleure bonté de cœur, ainsi alors ils feraient naître chez les êtres une motivation divine, mais le manque d’appréciation de la race humaine à mettre ceci en pratique, précipite toutes les nations dans un état de semi-barbarie. Pour donner naissance au genre parfait de la race humaine, le père et la mère doivent être dans un état de parfaite harmonie, et ensemble alors ils pourront réaliser leur vocation la plus haute.

Les mariages de convenance pour de l’argent ou pour des raisons politiques sont d’infâmes motifs et il n’en peut découler qu’une désastreuse progéniture.

Il est généralement concédé que certaines familles dans le monde sont dégénérées et il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin pour en comprendre la raison. Quand des mariages de convenances sont mis en place pour diverses raisons, les enfants issus de ces associations seront faibles, enclavés physiquement et mentalement. Seul un amour mutuel intelligent donnera naissance à la plus haute forme d’intelligence chez les enfants.

La femme a le droit de décider du moment où elle désire devenir mère. Le mari n’a pas le droit de la forcer à une maternité qui serait non désirée. A cet égard, la femme durant des siècles a été suffisamment sacrifiée par l’abus de maternités imposées.

Seule la femme est créative, le père possède la force de la vie, mais c’est la pensée de la mère qui nourrit cette force pendant la grossesse et, comme nous l’avons vu, le résultat de la vie humaine dépend donc de sa condition d’esprit durant cette période. Si la mère a été forcée à la maternité, l’enfant ne sera pas le bienvenu et ne sera en conséquence que le résultat d’une passion animale avec des conséquences désastreuses pour l’enfant. Cet acte malheureux marquera l’enfant durant toute sa vie, et après des années si l’oppression est vécue par l’enfant de façon toujours aussi intense il pourra en développer une démence ou, voire même, mettre fin à ses jours.

Les pères devraient contrôler leurs passions. Il leur a été donné un sens moral et une nature spirituelle pour lutter contre ces tendances. Le temps vient maintenant où la femme reconnaîtra ses plus hautes prérogatives quant à la maternité et ainsi pourra prendre elle-même toutes décisions qu’elles souhaitent, position qui, dans le passé, était prise par les hommes. Laissons les hommes apprendre les leçons des animaux. La femme est la seule à pouvoir décider quand elle désire donner naissance à un enfant et une fois la conception réalisée elle doit cesser toute cohabitation avec son mari jusqu’au moment où elle sera prête à concevoir de nouveau. La nature animale, qui est instinctive, a un fort désir de reproduction propre à sa nature, mais l’homme, qui évolue dans une forme humaine, intellectuelle et spirituelle contrôlera ses tendances animales.

Quand la nature outragée hurle envers l’homme incriminé et utilise des épithètes comme animal, brute, bête, une calomnie est lancée contre toute la création animale ce qui est par dessus tout un abus contre la création divine. Il y eut un ingénieux dessinateur qui a représenté une vache en train de contempler un homme alcoolique allongé dans un caniveau, alors qu’elle mugissait et qu’elle secouait ses cornes avec mépris, elle dit : « Et tu appelles cette chose une bête ! » L’artiste avait mis en évidence la situation dans sa pleine et véritable lumière et tout nous porte à partager son avis!

La femme, a son plus haut niveau, physiquement, mentalement et spirituellement, est constamment en train de créer grâce au pouvoir divin qu’elle porte en elle, et c’est pour cette raison qu’elle n’a pas toujours le désir de donner naissance dans le plan physique, et c’est pour cela qu’elle ne permet pas qu’on l’oblige à le faire. Les maris ne sont pas totalement à blâmer à cet égard car ils sont nés et ont été éduqués pour satisfaire leurs énormes passions. C’est pour cela qu’il incombe aux femmes de les éduquer dans leur nature spirituelle la plus élevée qui soit, c’est de cette façon que l’homme et la femme peuvent être en accord dans une parfaite harmonie et, avant tout, dans un parfait amour.


EXTRAIT DE "UNE NOUVELLE CONSCIENCE" POUR LES FEMMES - LIVRE 3 : MARY BARTEAU : DEVOIR PRÉNATAL

POUR QUELLE RAISON LA MERE DONNE-T-ELLE LA VIE A DES ENFANTS



 Pour apprendre à aimer et en même temps pour que ses enfants aient de l’amour pour elle. Si une mère ne peut pas aimer ses enfants et que ses enfants ne lui donnent pas d’amour, elle ne sera pas une mère véritable. Elle doit être liée à ses enfants par le corps et par l’âme. Si elle n'est pas capable d'établir un contact avec leur âme, elle s'écartera et s'éloignera d'eux, de même qu’ils s'écarteront et s'éloigneront d'elle. L'une des causes de la mort d'un enfant provient de sa mère qui n'aura pas établi de lien avec l’âme de son enfant. La mère qui aime ses enfants introduit la vie dans leur âme. La longévité de l'enfant dépend de la mère. L'état de la mère lors de sa grossesse déterminera la vie de son enfant. Si la femme enceinte ne croit pas que son enfant vivra longtemps, l'enfant mourra précocement. Ce que la mère a déposé chez son enfant, comme germe, fera sa vie. Ce qui vient d'être dit de la mère concerne aussi le père puisqu'ils sont les deux pôles de l'existence, c'est de tous les deux que dépend l'avenir de leurs enfants. Le père et la mère sont les facteurs les plus importants pour l'avenir de leurs enfants.

L'enfant ressemble à une jeune mariée qui reçoit de nombreux cadeaux. Au début la jeune mariée ne fait que recevoir, mais après, elle se met aussi à donner. Pour chaque don, chaque cadeau qu'elle a reçu, si petit qu'il soit, elle devra témoigner sa reconnaissance en donnant en échange quelque chose, de cette façon elle se montrera généreuse, attentive et noble. Cette loi s'applique dans toute la nature de la façon suivante: lorsqu'un être vient au monde, d’autres êtres (de ceux qui sont placés au plan le plus bas jusqu'à ceux qui sont placés au plan le plus élevé) éprouvent une grande joie et offrent leurs dons au nouveau-né. Grâce à ces dons, il s'habille et forme son corps de chair, puis acquiert certaines qualités et divers talents, puis commence sa nouvelle vie.

Ainsi il reçoit, plus tard, il travaillera et se développera en utilisant les biens de la nature et de la vie, mais il devra aussi témoigner son altruisme à l'égard du Tout et devra donner à autrui.
Être mère, ne signifie pas seulement donner le jour à quelques enfants. En accouchant, vous, en tant que mère, vous devrez introduire chez votre enfant un tel courant de vie que tout ce qui est divin pourra s’éveiller en lui. Seul l'enfant qui est venu au monde de cette façon est capable de se sacrifier pour sa mère et pour son père. L'enfant qui n'est pas venu au monde de cette manière, deviendra en grandissant de plus en plus autoritaire à l'égard de ses parents et leur imposera sa propre volonté.

La femme est telle qu'elle a vu le jour, l'homme est aussi tel qu'il a vu le jour. Ne vous imaginez pas que vous puissiez les rendre saints dans ce monde. Le saint naît saint. La femme vertueuse et l'homme vertueux naissent vertueux. Ils ne peuvent pas le devenir plus tard. Si un être humain n'est pas né bon et vertueux, il ne pourra jamais le devenir.

La mère dit à son enfant: "Mon petit, tu dois savoir que c'est moi qui t'ai fait venir au monde." Je pose une question : Est-ce que cette mère dit vrai? Et je pose également une deuxième question : « Qui donc a mis au monde cette même mère? Celui qui donne la vie ne peut pas recevoir la vie de quelqu'un d'autre. C'est pour cette raison que j’affirme qu'aucune mère n'a le droit de prétendre d’avoir mis au monde son enfant. Tout le monde naît tout simplement.


EXTRAIT DU LIVRE 2: UNE NOUVELLE CONCEPTION DE LA FEMME ET DE LA NAISSANCE de BEINSA DOUNO- EXTRAIT DES CONFÉRENCES DE PÉTER DEUNOV -- BEINSA DUNO (1864--1944)

mardi 3 mars 2015

Le Grémoire de Cerrida-Fénix


Rituel que je vous propose
Le fait de faire ou célébrer un rituel est à l’appréciation de chacun et chacune, bien sûr.



Rituel de purification
Yule amplifie réellement l’adage : «L’Aube naît de la plus sombre obscurité», ce qui nous laisse encore le temps d’accepter notre propre obscurité avant d’accueillir la lumière grandissante. Cela nous permet aussi de faire le point, de liquider tout ce dont nous voulons nous débarrasser et ainsi pouvoir accueillir les cadeaux de la Lumière prometteuse.

Pour cela, vous avez besoin :
- 1 chaudron en métal
- 1 charbon ardent (ils sont en vente sur internet; attention ! ne laisser jamais aucune flamme, incandescence ou autre sans surveillance ; de plus, saisir le chardon avec une pince car dès que vous l’effleurez avec le briquet, il se produit de petits crépitements et la chaleur est immédiatement très forte)

- 1 briquet
- Feuilles de papier
- Matériel d’écriture (le choix du papier ou du support est important ; si vous essayez de mettre à l’écart la pauvreté, votre message pourrait être rédigé sur un vieux relevé bancaire en grosses lettres bien sûres d’elles. Un mot d’espérance pourrait être rédigé sur des pétales de roses pour que vous et votre ex puissiez converser sans se déchirer, ainsi de suite, n’hésitez pas à créer, imaginer, rêver comment élever vos prières au mieux) Je vous rappelle que bon nombre de rituels de ce registre proposent d’écrire le nom des personnes qui vous ennuient, vous nuisent tout simplement. N’oubliez pas qu’en figeant leur nom sur un support, vous vous reliez à eux et que la Loi du Triple Retour n’est pas une vue de l’esprit. Essayez de régler vos propres travers avant de rejeter la faute sur les autres. En acceptant vos zones d’ombre, vous reconnaissez vos côtés positifs. Les accepter tant les uns que les autres permet d’accepter l’évolution, la croissance même de votre spiritualité, n’est-ce pas la magie de Yule ?

Pour cela, tracer le Cercle, vous pourriez représenter le Dieu et la Déesse par deux bougies : une blanche et une noire (Lumière/Obscurité); Au moment de célébrer le rituel, focalisez votre attention sur les aspects négatifs de votre personnalité.

Ensuite, inscrivez-les sur vos papiers et allumer le charbon. Allumer le charbon comme indiqué ci-dessus avec beaucoup de précaution et focaliser votre intention sur les choses que vous aimeriez changer.

Placer chaque bout de papier en les regardant se consumer, vous pourriez dire : «ô Dieu du soleil natif, permet que mes côtés négatifs se consument, c’est impératif ;

ô Déesse de procréation, favorise en moi la compréhension et la gestion de mes émotions ; Maître et Maîtresse de l’Art, que la fusion de votre communion harmonise mon âme, mon esprit et mon corps et leur accorde un nouveau départ ! Qu’il en soit ainsi !

N’oubliez pas les offrandes et refermez le Cercle.

Votre dévouée détentrice de la «plume à papote»



Texte issu du Magazine "Païens d’aujourd’hui" 

Cybèle, la matrone romaine


De la proto-histoire aux royaumes légendaires



Certains ont cherché à faire naître le culte de Cybèle dans des périodes reculées, en s’appuyant sur l’iconographie caractéristique de la Déesse.

La plus ancienne représentation de la Déesse maîtrisant les fauves est vieille de 8000 ans : il s’agit d’une statuette retrouvée à Çatal Hüyük en Phrygie. La Mère est confortablement assise entre deux félins mais elle n’a pas de nom. En Asie mineure, des Déesses mères étaient vénérées avec les mêmes caractéristiques
iconographiques (des fauves ou des cervidés à leur côté). Elles régnaient sur la montagne, la forêt et toutes les sources de la fécondité. Elles étaient adorées sous forme de bétyles, ces fameuses pierres sacrées.

Son nom de Cybèlè ou Kubaba apparaît à l’époque classique et lui vient de celui d’une montagne, lieu de sa première épiphanie au 16ème siècle avant J-C. Mais il apparaît pour la première fois au fronton du sanctuaire  phrygien d’Aslankaya, au 6ème siècle avant l’ère commune. La Phrygie du 6ème siècle, c’est la terre des rois Midas et Crésus où l’or coule dans le Pactole. Cette richesse vient de la Déesse, représentée par des magistrats- prêtres, désignés comme ses Attis. C’est depuis la ville phrygienne de Pessinonte que le culte de la Grande Mère va se diffuser. Pessinonte était un Etat- Temple devenu vassal des rois de Pergame, les Attalides. Le clergé de Cybèle avait à sa tête un Attis qui était le grand-prêtre et un Battakès, qui était le vice-président du collège sacerdotal.

Son culte se répand ensuite dans tout le bassin méditerranéen en se transformant, par le travail d’auteurs savants qui vont affiner sa mythologie. Simplement appelée «la Mère», elle possède un sanctuaire (metroon) sur l’agora d’Athènes, dès la fin du 5ème siècle avant l’ère commune. On y dressait, depuis 403, année de la création des archives publiques athéniennes, des stèles portant les textes de lois. Les lois, décrets et actes des procès sont dès lors déposés aux pieds de la Mère des dieux «qui s’est établie gardienne pour la cité de la justice écrite».

La Mère a la garde de la vérité collective et veille sur les travaux du Conseil des Cinq-cents (Bouleutérion) qui jouxte son temple sur l’agora. Son temple est unique alors que les lieux de culte sont éparpillés sur l’ensemble du territoire civique, elle réside dans ce sanctuaire dans une sorte d’unicité, un monothéisme métroaque. Mais avant d’avoir des prêtres, la Mère a des employés publics (dont des copistes) et des trésoriers pour conserver les documents archivés. Aucune source ancienne n’atteste d’une origine phrygienne du culte de la Mère à Athènes. Au contraire, elle semble plus ancienne que Déméter elle-même avec laquelle elle a quelques points communs.
Rattachée ainsi aux profondeurs de la terre, elle préside à la justice et à la fécondité.

Qu’on ne s’y trompe pas : des prêtres émasculés inspiraient surtout de la méfiance au bon vieux peuple de Rome, si attaché à l’ordre des choses et à ses mœurs traditionnelles. Il leur a fallu une grande foi en la Déesse et en ses oracles pour accepter la Magna Mater Deum Ideae (MMDI : Grande Mère des Dieux de l’Ida).

La Déesse qui fait son entrée à Rome, halée sur le Tibre dans une navigation depuis Pergame, est fortement marquée par l’hellénisme en dépit de son origine  anatolienne. Rome va en faire une divinité ancestrale en recourant à l’histoire d’Enée, ancêtre des fondateurs de Rome, mais va aussi neutraliser les aspects transgressifs de la Déesse : il n’y a pas de mythologie cybélienne romaine mais un récit historique de son introduction dans le panthéon civique. Durant la seconde guerre punique (218-202 avant JC), les Livres Sybillins commandèrent aux Romains de ramener depuis Pergame, une pierre noire vouée à Cybèle. Les récoltes furent abondantes et en 204, Hannibal fut vaincu par les armées romaines. Les Romains instaurèrent donc la célébration des Jeux Mégalésiens, en l’honneur de la Déesse, chaque année du 4 au 10 avril. Rome a cependant tempéré ce culte fait de transgression, d’actes irréversibles et de transes : le collège sacerdotal était composé de prêtres phrygiens et il était interdit à un romain de devenir prêtre de la Déesse, de faire la quête ou d’animer le culte d’une façon ou d’une autre.

C’est le jeune Scipion Nasica qui fut chargé de porter la pierre hors du navire et de la porter à terre à une procession de matrones qui se la passeront de main en main, en cortège jusqu’au sanctuaire de la Victoire, demeure provisoire de la Déesse. Entre en scène le mystérieux personnage de Claudia Quinta. Une vestale pour certains, une simple matrone pour d’autres mais une réputation sulfureuse pour tous, due à une langue trop longue . Voilà la carène qui transporte Cybèle, embourbée. Tout le monde prête main forte, sans succès. Claudia Quinta s’avance et invoque la Déesse en ces mots : Bienveillante Déesse, mère féconde d’une lignée de dieux, accueille ma prière de suppliante, si je remplis une condition précise. Ma chasteté est contestée : si toi, tu me condamnes, je reconnaitrai l’avoir mérité ; la mort sera mon châtiment, si je dois ma défaite au jugement d’une Déesse. Mais si je ne suis pas coupable, tu me donneras un témoignage authentique de moralité et toi, la chaste, tu voudras bien suivre mes chastes mains.

Le miracle s’accomplit, sans aide, Claudia Quinta tire la carène et la chaste Déesse s’avance sans effort. La Déesse fut gardée pendant treize ans dans le sanctuaire de la Victoire jusqu’à l’achèvement de son propre temple qui se trouvait sur le mont Palatin. Il fut détruit en l’an 3 de l’ère commune puis reconstruit par Auguste. En réalité, tant les rites, que la castration ou l’aumône, seront considérés comme choquants par les Romains qui règlementeront strictement ce culte qu’ils ont pourtant accueilli par respect des oracles. Cybèle est romaine et étrangère à la fois : la bonne société romaine et les galles phrygiens la célèbreront avec la même ferveur mais selon des procédures rituelles distinctes. Rome maintiendra sous contrôle tout ce que le culte peut avoir de frénétique.

Varron et Lucrèce donnent des explications allégoriques des éléments du culte de la Déesse : le tambourin des  galles représente le disque terrestre autour duquel on se meut tandis qu’elle est immobile. Les cymbales  évoquent les outils agricoles qui doivent s’agiter sans cesse pour  faire sortir la nourriture de terre. Les galles sont des hommes sans semence qui s’attachent à la terre qui les contient toutes. Pour Lucrèce, les galles représentent ceux qui, ayant manqué de piété filiale, sont indignes d’avoir une postérité. Par la suite, de nombreux cultes ont  cherché à s’associer à celui de Cybèle pour bénéficier de son caractère officiel et de sa popularité, comme en témoignent les oeuvres de Lucrèce (De natura rerum) et de Catulle. Apulée dans son roman «l’Âne d’Or» livre aussi une description pittoresque d’un cortège de galles, ces prêtres émasculés et invertis, à mi-chemin entre le sacerdoce et l’escroquerie.

Attis, du fils du roi Midas à un ersatz du Christ
Primitivement, Cybèle n’avait pas de parèdre et son culte était apparemment une forme de monothéisme. Le culte d’Attis aurait été importé par des tribus thraces en Phrygie et les différents mythes, selon les époques et les lieux, le présentent alternativement comme le fils ou l’amant de la Déesse mais toujours victime d’une furie destructrice provoquée par un désir érotique violent. Attis ne deviendra le fils de Cybèle que bien plus tard et en réalité, cette filiation restera exceptionnelle.

Attis, un personnage historique ?
On distingue 2 catégories de mythes concernant Attis : les mythes lydiens (Hérodote, Hermésianax) et les mythes phrygiens. Hérodote présente Atys, ainsi épelé par le célèbre historien, sous les traits d’un fils du roi Crésus, mort au cours d’une chasse contre un sanglier gigantesque, tué par la lance du prince chargé de le protéger3. Ce prince nommé Adraste évoque Adrasteia, une Mère divine dont le nom est souvent associé à Némésis, donc aux décrets inéluctables du destin. Hermésianax en fait un impuissant, missionnaire du culte métroaque. Le courroux de Zeus s’abat sur lui et il périt sous les coups d’un sanglier.

Au cours des siècles, la figure d’Attis devient prééminente. Ce n’est qu’aux alentours des 3ème et 4ème siècles de l’ère commune qu’une idéologie de résurrection se développe autour d’Attis, directement reprise de la mythologie chrétienne. Au 2ème siècle de l’ère chrétienne, Pausanias transmet une version pessinontienne et qu’il veut originelle, du mythe d’Attis. La Terre, fécondée par la semence de Zeus, engendre un monstre bisexué, Agdistis. Les dieux, effrayés, coupent le pénis du monstre dont va sortir un amandier avec ses fruits mûrs. La fille du fleuve Sangarios tombe enceinte du fruit de l’amandier et donne naissance à Attis, qui est abandonné puis élevé par un bouc. Devenu adulte, Attis doit épouser la fille du roi de Pessinonte mais Agdistis s’éprend d’Attis et surgit pendant le mariage. Pris de folie, Attis s’émascule. Agdistis, fou (ou folle ?) de chagrin et de regrets, obtient de Zeus que la pourriture épargne le corps d’Attis.

Arnobe, converti au christianisme au 4ème siècle, se lance dans une diatribe contre les païens dans son  Adversos Nationes. Il instruit un dossier à charge contre le paganisme et son «immoralité» supposée en  recueillant tous les mythes comportant des transgressions. Arnobe se réclame d’un «insigne théologien», un Eumolpide du nom de Timothée qui aurait tiré ses connaissances d’ouvrages peu accessibles et anciens et de sa propre pratique des mystères de la Grande Déesse.

Bien qu’en apparence hostile et décidé à critiquer le paganisme, Arnobe compile différentes versions du mythe et offre un récit cohérent sur Attis. La Mère des Dieux est une pierre issue de la roche dont Pyrrha et Deucalion se sont servis pour donner naissance à l’humanité post-diluvienne. Cette roche dénommée Agdus se trouvait en Phrygie. La pierre fut animée par la volonté divine pour devenir la Mère. Zeus tenta en vain de la violer et n’obtint de sa semence, que le monstre Agdistis (également bisexué). Agdistis menaçait les hommes et les dieux. Un subterfuge de Dionysos va provoquer la castration du monstre : enivré et les parties génitales liées, Agdistis se châtre en s’élançant à son réveil. Du sang d’Agdistis répandue sur la terre, naît un grenadier. La fille du roi Sangarios tombe enceinte en recueillant une grenade. Le roi est furieux de ce qu’il pense être une conduite déshonorante et enferme sa fille pour la faire mourir de faim. Mais la Mère des Dieux vole à son secours et la jeune fille met au monde Attis, que Sangarios expose. L’enfant est recueilli par un berger du nom de Phorbas qui le nourrit de lait de bouc. En grandissant, Attis est aimé de la Mère des Dieux mais aussi d’Agdistis. Pour l’aider à échapper à Agdistis, Midas, roi de Pessinonte propose sa propre fille en mariage au jeune Attis. Il fait clore sa citadelle afin que nul ne vienne entraver le bon déroulement de l’union mais la Mère des Dieux soulève les murailles de sa tête et Agdistis insuffle la folie à tous les convives.

Entré dans une démence proche de la transe, Attis s’émascule et se laisse mourir mais la Mère des Dieux recueille les organes qu’elle ensevelit comme des morts, après les avoir lavés et vêtus. Le sang d’Attis répandu fait naître des violettes
et la jeune épousée Ia (qui signifie «violette») se suicide après avoir recouvert la poitrine du mort de laine tendre et pleuré en compagnie d’Agdistis. La Mère des Dieux est inconsolable et ses larmes vont faire pousser un amandier, signe de l’amertume du deuil. Ses plaintes se mêlent à celles d’Agdistis. La Déesse emporte dans son antre le pin, où le jeune homme a perdu sa virilité. Agdistis implore Zeus de le faire revivre mais celui-ci ne le permet pas ; en revanche, le corps d’Attis fut épargné par la pourriture, ses cheveux poussèrent éternellement et seul son petit doigt survécut agité d’un mouvement incessant.

Agdistis consacra le corps à Pessinonte et le fit honorer par des prêtres dédiés en des rites annuels.

Ce récit phrygien contient pourtant des éléments anciens (6ème siècle avant JC) et grecs (notamment le recours à Deucalion et à l’humanité née des pierres ; quant au vieux thème grec de l’autochtonie, la naissance d’Agdistis évoque Erichtonios).

Le cycle liturgique d’Attis à l’époque classique : une lecture post-chrétienne du mythe d’Attis ou les effets de la concurrence

Ce cycle célèbre la mort et la résurrection du jeune Attis en une ultime version du mythe. Revécu de façon intime et liturgique, il transforme le profane en initié. Amoureuse de ce jeune berger Phrygien, abandonné enfant dans les roseaux, Cybèle le découvre et il devient son amant. Cependant Attis devint amoureux à son tour d’une nymphe du nom de Sagaritis (qui prend dans l’histoire, la place de la fille du roi) et Cybèle folle de colère, fit périr la nymphe et frappa Attis de folie. Attis submergé par la douleur s’émascula pour se punir de sa trahison. De son côté, Cybèle prise de remords le changea en pin. Le cycle liturgique d’Attis commence par le sacrifice d’un taureau de six ans, le jour de l’équinoxe de printemps et la procession d’un pin abattu, enveloppé dans un linceul qui représente le corps du défunt Attis. Six jours de jeûne et de continence vont suivre.

Le lendemain est le jour de l’arbor intrat (entrée de l’arbre). Le troisième jour est consacré au deuil et au jeûne. Le quatrième jour est le dies sanguinis, le jour du sang : l’hystérie collective est de rigueur, les mystes se tailladent et se flagellent, les prêtres s’émasculent (sous l’Empire, cette émasculation deviendra symbolique, Hadrien l’ayant interdite). Après l’éviration, les galles sont tatoués ou l’on place parfois une feuille d’or sur la cicatrice de la mutilation. Dans la nuit de Pannychis, les fidèles veillent le dieu, dans un lieu réservé, pour lui offrir leur force vitale. Attis pouvait alors renaître dans la nuit, la lumière apparaissait et un prêtre annonçait la résurrection du dieu.

Le cinquième jour, celui des Hilaria est jour de gaité, de carnaval, de rire.

Le sixième jour est Requieto, repos et introspection. La Lavatio conclut la «semaine sainte» d’Attis par une procession  de purification.


Texte issu du Magazine "Païens d’aujourd’hui" 

dimanche 1 mars 2015

La Befana - Sorcière italienne



La Befana est une figure typique du folkore italien. Son nom dériverait du mot Épiphanie (Epifania en italien), mais autrefois elle aurait été appelée Stria (mégère ou sorcière). C’est une vieille femme qui apporte des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 5 au 6 janvier. Son origine se perd dans la nuit des temps. Elle est issue de traditions magiques pré-chrétiennes et s’est, au fil du temps, associée dans la culture populaire à des éléments chrétiens. L’aspect de vieillesse symboliserait l’année écoulée et les cadeaux seraient propices à une nouvelle année. Certains l’attribuent à une fête d’origine romaine, durant laquelle on s’échangeait des cadeaux en l’honneur de Janus (dieu du changement et de la transition) et de la déesse Strenia (d’où dérive le mot «étrennes»). Aujourd’hui la Befana apporterait des cadeaux en mémoire de ceux offerts par les Rois Mages
à l’enfant Jésus.

Son apparence est celle d’une sorcière, avec une large jupe sombre, un tablier à poches, un châle, un foulard ou un chapeau pointu sur la tête, et une paire de pantoufles usées, tous ces accessoires étant égayés par de nombreuses taches de couleur. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, elle se déplace à cheval sur son balai, portant sur son dos un gros sac à moitié rempli de charbon, qu’elle apporte aux enfants qui ont été méchants, l’autre moitié étant constituée des cadeaux destinés aux enfants sages. Les enfants l’attendent avec impatience. On prépare traditionnellement un repas pour l’accueillir, et de vieilles chaussettes sont suspendues à la cheminée pour recevoir ses présents.

Personnification de Mère Nature ou de la «vieille année», on brûlait sa représentation de paille ou de rameaux secs dans un grand feu de joie, pour que puisse renaître une «jeune» nature, une nouvelle année.

Sources :

La Femme sauvage


La femme sauvage est une composante de la féminité, qui pour une femme ayant fait la paix avec sa masculinité, voit se déployer en elle, sa féminité. La « femme sauvage » peut alors s'épanouir. Il s'agit d'un concept élaboré par Clarissa Pinkola Estés qui est à replacer parmi les autres concepts de la théorie dite de la psychologie analytique.
Ce concept ne doit pas être confondu avec un des archétypes de la part féminine anima de l'homme : La Femme primitive. La femme primitive est une expression féminine à l'intérieur de l'homme. Elle est à l'image de Ève,Vénus pour ces formes dites « positives » , mais aussi les sirènes, ou les femmes fatales etc. pour ses formes dîtes « négatives ».
« La complexité de la psychanalyse jungienne tient au fait que toutes les instances psychiques sont en étroites relations les unes avec les autres. Décrire isolément un concept donne de lui une vision forcément partielle car ne tenant compte ni des rapports dynamiques avec les autres instances ni de l'ensemble du système psychique. Tout est lié, tout est en mouvement. »
La femme sauvage articule : la part masculine et la part féminine de la Femme
Le concept de « femme sauvage » que Clarissa Pinkola Estés a mis au jour est sans doute une restitution des plus novatrices de la psyché féminine de notre époque.
La « femme sauvage » étant, la femme qui en paix avec son animus (le masculin de la femme), aurait réussi à se libérer et à faire « jaillir » naturellement la force et la puissance intérieure et profonde de la femme.
« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. »
Ce n'est qu'après avoir compris le versant masculin que possède chaque femme, après l'avoir accepté, et en le dépassant (la femme quitte par exemple une guerre intellectuelle qu'elle mène depuis l'enfance) qu'elle devient femme pour de vrai par un processus d'individuation.
« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là. »
Cet animus (et même pour certaines femmes simplement leur en parler ou évoquer le concept ou sa définition) peut parfois être tout aussi « insupportable en elle » que lorsque l’on parle à un macho de sa féminité ou de son anima. Pour ainsi dire l’animus pose problème à l’animus car il n’y a pas socialement d’idée préconçue sur l’animus … il oblige la femme à entrer dans un vrai dialogue, un dialogue vrai ou dans un véritable travail sur elle-même.
Mais cela est possible ; Clarissa Pinkola Estés ouvre la voie pour chaque femme, à se découvrir et à découvrir une voie en elle qui propose finalement un dépassement à l'alternative de Carl Gustav Jung sur l'animus :
« ... l'animus est aussi un être créateur, une matrice, non pas dans le sens de la créativité masculine, mais dans le sens qu'il crée quelque chose que l'on pourrait appeler un logos spermatikos - un verbe fécondant. De même que l'homme laisse sourdre son œuvre, telle une créature dans sa totalité, à partir de son monde intérieur féminin, de même le monde intérieur masculin de la femme apporte des germes créateurs qui sont en état de faire fructifier le côté féminin de l'homme. C'est là l'origine de la « femme inspiratrice » qui, si elle est mal formée, recèle aussi en elle la possibilité de devenir la pire des viragos ... »
L'invitation à se découvrir
Clarissa Pinkola Estés invite à la découverte de cette partie de l'être féminin propre à chaque femme mais cette invitation n'est pas juste une connaissance intellectuelle de plus, sur l'existence d'un concept ou des termes « femme sauvage », mais elle est une entrée dans un cheminement afin d'avoir conscience et de ressentir cette force intérieure et cet état d'être, que toute femme peut ressentir après un long et difficile cheminement.
Ce parcours et ses processus ne concernent, a priori, pas les femmes sous emprise d'un archétype puissant et restées « bloquées » à un stade de maturité psychoaffectif antérieur, souvent à cause d'« un choc », d'une personne « méchante » ou « destructrice » ou d'une enfance malheureuse.
Cependant elles peuvent y être aidées, lors d'une psychothérapie avec un(e) psychothérapeute compétent(e), ayant lui(elle) même pu le vivre par une approche issue de la psychologie analytique.
Car dit-elle « les loups, même malades, même acculés, même seuls ou effrayés, vont de l’avant. […] Ils donneront toutes leurs forces pour se traîner si nécessaire d’un endroit à l’autre, jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un bon endroit pour guérir et pour revivre. La nature sauvage va de l’avant. Elle persévère. »
Il s'agit pour la femme de comprendre la puissance des archétypes (des figures masculines) sur elle. Les figures masculines de la catégorie de l’Animus jouent le même rôle chez la femme que l'anima sur l'homme. C’est pourquoi on la nomme la part masculine de la femme.
Le processus d’individuation et l’acceptation de cet état de fait, aussi difficile pour la femme que pour l’homme qui doit accepter sa féminité, conduit aussi à un aboutissement de réalisation de soi par le processus d’individuation.
De la même manière que l'homme rencontre la femme sage, une rencontre a finalement lieu, mais avec l'homme sage.
Constituant l'animus, la part masculine, de la femme on peut trouver :
·         1er niveau : homme primitif - par exemple Tarzan, l'athlète, Dionysos
·         2e niveau : homme séducteur - Par exemple Don Juan
·         3e niveau : homme d'action- Par exemple : Indiana Jones, un militaire ou un guerrier.
·         4e niveau : homme sage - Par exemple un dieu père, un guide.

Chaque niveau correspond a un niveau de maturité psycho-affective. Le dernier niveau est l'accord entre son féminin et son masculin : La femme est dite alors « femme libérée » ou « femme sauvage » car elle a fait face à homme sage, sa force, sa puissance intérieure émerge alors.