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mardi 3 mars 2015

Le Grémoire de Cerrida-Fénix


Rituel que je vous propose
Le fait de faire ou célébrer un rituel est à l’appréciation de chacun et chacune, bien sûr.



Rituel de purification
Yule amplifie réellement l’adage : «L’Aube naît de la plus sombre obscurité», ce qui nous laisse encore le temps d’accepter notre propre obscurité avant d’accueillir la lumière grandissante. Cela nous permet aussi de faire le point, de liquider tout ce dont nous voulons nous débarrasser et ainsi pouvoir accueillir les cadeaux de la Lumière prometteuse.

Pour cela, vous avez besoin :
- 1 chaudron en métal
- 1 charbon ardent (ils sont en vente sur internet; attention ! ne laisser jamais aucune flamme, incandescence ou autre sans surveillance ; de plus, saisir le chardon avec une pince car dès que vous l’effleurez avec le briquet, il se produit de petits crépitements et la chaleur est immédiatement très forte)

- 1 briquet
- Feuilles de papier
- Matériel d’écriture (le choix du papier ou du support est important ; si vous essayez de mettre à l’écart la pauvreté, votre message pourrait être rédigé sur un vieux relevé bancaire en grosses lettres bien sûres d’elles. Un mot d’espérance pourrait être rédigé sur des pétales de roses pour que vous et votre ex puissiez converser sans se déchirer, ainsi de suite, n’hésitez pas à créer, imaginer, rêver comment élever vos prières au mieux) Je vous rappelle que bon nombre de rituels de ce registre proposent d’écrire le nom des personnes qui vous ennuient, vous nuisent tout simplement. N’oubliez pas qu’en figeant leur nom sur un support, vous vous reliez à eux et que la Loi du Triple Retour n’est pas une vue de l’esprit. Essayez de régler vos propres travers avant de rejeter la faute sur les autres. En acceptant vos zones d’ombre, vous reconnaissez vos côtés positifs. Les accepter tant les uns que les autres permet d’accepter l’évolution, la croissance même de votre spiritualité, n’est-ce pas la magie de Yule ?

Pour cela, tracer le Cercle, vous pourriez représenter le Dieu et la Déesse par deux bougies : une blanche et une noire (Lumière/Obscurité); Au moment de célébrer le rituel, focalisez votre attention sur les aspects négatifs de votre personnalité.

Ensuite, inscrivez-les sur vos papiers et allumer le charbon. Allumer le charbon comme indiqué ci-dessus avec beaucoup de précaution et focaliser votre intention sur les choses que vous aimeriez changer.

Placer chaque bout de papier en les regardant se consumer, vous pourriez dire : «ô Dieu du soleil natif, permet que mes côtés négatifs se consument, c’est impératif ;

ô Déesse de procréation, favorise en moi la compréhension et la gestion de mes émotions ; Maître et Maîtresse de l’Art, que la fusion de votre communion harmonise mon âme, mon esprit et mon corps et leur accorde un nouveau départ ! Qu’il en soit ainsi !

N’oubliez pas les offrandes et refermez le Cercle.

Votre dévouée détentrice de la «plume à papote»



Texte issu du Magazine "Païens d’aujourd’hui" 

Cybèle, la matrone romaine


De la proto-histoire aux royaumes légendaires



Certains ont cherché à faire naître le culte de Cybèle dans des périodes reculées, en s’appuyant sur l’iconographie caractéristique de la Déesse.

La plus ancienne représentation de la Déesse maîtrisant les fauves est vieille de 8000 ans : il s’agit d’une statuette retrouvée à Çatal Hüyük en Phrygie. La Mère est confortablement assise entre deux félins mais elle n’a pas de nom. En Asie mineure, des Déesses mères étaient vénérées avec les mêmes caractéristiques
iconographiques (des fauves ou des cervidés à leur côté). Elles régnaient sur la montagne, la forêt et toutes les sources de la fécondité. Elles étaient adorées sous forme de bétyles, ces fameuses pierres sacrées.

Son nom de Cybèlè ou Kubaba apparaît à l’époque classique et lui vient de celui d’une montagne, lieu de sa première épiphanie au 16ème siècle avant J-C. Mais il apparaît pour la première fois au fronton du sanctuaire  phrygien d’Aslankaya, au 6ème siècle avant l’ère commune. La Phrygie du 6ème siècle, c’est la terre des rois Midas et Crésus où l’or coule dans le Pactole. Cette richesse vient de la Déesse, représentée par des magistrats- prêtres, désignés comme ses Attis. C’est depuis la ville phrygienne de Pessinonte que le culte de la Grande Mère va se diffuser. Pessinonte était un Etat- Temple devenu vassal des rois de Pergame, les Attalides. Le clergé de Cybèle avait à sa tête un Attis qui était le grand-prêtre et un Battakès, qui était le vice-président du collège sacerdotal.

Son culte se répand ensuite dans tout le bassin méditerranéen en se transformant, par le travail d’auteurs savants qui vont affiner sa mythologie. Simplement appelée «la Mère», elle possède un sanctuaire (metroon) sur l’agora d’Athènes, dès la fin du 5ème siècle avant l’ère commune. On y dressait, depuis 403, année de la création des archives publiques athéniennes, des stèles portant les textes de lois. Les lois, décrets et actes des procès sont dès lors déposés aux pieds de la Mère des dieux «qui s’est établie gardienne pour la cité de la justice écrite».

La Mère a la garde de la vérité collective et veille sur les travaux du Conseil des Cinq-cents (Bouleutérion) qui jouxte son temple sur l’agora. Son temple est unique alors que les lieux de culte sont éparpillés sur l’ensemble du territoire civique, elle réside dans ce sanctuaire dans une sorte d’unicité, un monothéisme métroaque. Mais avant d’avoir des prêtres, la Mère a des employés publics (dont des copistes) et des trésoriers pour conserver les documents archivés. Aucune source ancienne n’atteste d’une origine phrygienne du culte de la Mère à Athènes. Au contraire, elle semble plus ancienne que Déméter elle-même avec laquelle elle a quelques points communs.
Rattachée ainsi aux profondeurs de la terre, elle préside à la justice et à la fécondité.

Qu’on ne s’y trompe pas : des prêtres émasculés inspiraient surtout de la méfiance au bon vieux peuple de Rome, si attaché à l’ordre des choses et à ses mœurs traditionnelles. Il leur a fallu une grande foi en la Déesse et en ses oracles pour accepter la Magna Mater Deum Ideae (MMDI : Grande Mère des Dieux de l’Ida).

La Déesse qui fait son entrée à Rome, halée sur le Tibre dans une navigation depuis Pergame, est fortement marquée par l’hellénisme en dépit de son origine  anatolienne. Rome va en faire une divinité ancestrale en recourant à l’histoire d’Enée, ancêtre des fondateurs de Rome, mais va aussi neutraliser les aspects transgressifs de la Déesse : il n’y a pas de mythologie cybélienne romaine mais un récit historique de son introduction dans le panthéon civique. Durant la seconde guerre punique (218-202 avant JC), les Livres Sybillins commandèrent aux Romains de ramener depuis Pergame, une pierre noire vouée à Cybèle. Les récoltes furent abondantes et en 204, Hannibal fut vaincu par les armées romaines. Les Romains instaurèrent donc la célébration des Jeux Mégalésiens, en l’honneur de la Déesse, chaque année du 4 au 10 avril. Rome a cependant tempéré ce culte fait de transgression, d’actes irréversibles et de transes : le collège sacerdotal était composé de prêtres phrygiens et il était interdit à un romain de devenir prêtre de la Déesse, de faire la quête ou d’animer le culte d’une façon ou d’une autre.

C’est le jeune Scipion Nasica qui fut chargé de porter la pierre hors du navire et de la porter à terre à une procession de matrones qui se la passeront de main en main, en cortège jusqu’au sanctuaire de la Victoire, demeure provisoire de la Déesse. Entre en scène le mystérieux personnage de Claudia Quinta. Une vestale pour certains, une simple matrone pour d’autres mais une réputation sulfureuse pour tous, due à une langue trop longue . Voilà la carène qui transporte Cybèle, embourbée. Tout le monde prête main forte, sans succès. Claudia Quinta s’avance et invoque la Déesse en ces mots : Bienveillante Déesse, mère féconde d’une lignée de dieux, accueille ma prière de suppliante, si je remplis une condition précise. Ma chasteté est contestée : si toi, tu me condamnes, je reconnaitrai l’avoir mérité ; la mort sera mon châtiment, si je dois ma défaite au jugement d’une Déesse. Mais si je ne suis pas coupable, tu me donneras un témoignage authentique de moralité et toi, la chaste, tu voudras bien suivre mes chastes mains.

Le miracle s’accomplit, sans aide, Claudia Quinta tire la carène et la chaste Déesse s’avance sans effort. La Déesse fut gardée pendant treize ans dans le sanctuaire de la Victoire jusqu’à l’achèvement de son propre temple qui se trouvait sur le mont Palatin. Il fut détruit en l’an 3 de l’ère commune puis reconstruit par Auguste. En réalité, tant les rites, que la castration ou l’aumône, seront considérés comme choquants par les Romains qui règlementeront strictement ce culte qu’ils ont pourtant accueilli par respect des oracles. Cybèle est romaine et étrangère à la fois : la bonne société romaine et les galles phrygiens la célèbreront avec la même ferveur mais selon des procédures rituelles distinctes. Rome maintiendra sous contrôle tout ce que le culte peut avoir de frénétique.

Varron et Lucrèce donnent des explications allégoriques des éléments du culte de la Déesse : le tambourin des  galles représente le disque terrestre autour duquel on se meut tandis qu’elle est immobile. Les cymbales  évoquent les outils agricoles qui doivent s’agiter sans cesse pour  faire sortir la nourriture de terre. Les galles sont des hommes sans semence qui s’attachent à la terre qui les contient toutes. Pour Lucrèce, les galles représentent ceux qui, ayant manqué de piété filiale, sont indignes d’avoir une postérité. Par la suite, de nombreux cultes ont  cherché à s’associer à celui de Cybèle pour bénéficier de son caractère officiel et de sa popularité, comme en témoignent les oeuvres de Lucrèce (De natura rerum) et de Catulle. Apulée dans son roman «l’Âne d’Or» livre aussi une description pittoresque d’un cortège de galles, ces prêtres émasculés et invertis, à mi-chemin entre le sacerdoce et l’escroquerie.

Attis, du fils du roi Midas à un ersatz du Christ
Primitivement, Cybèle n’avait pas de parèdre et son culte était apparemment une forme de monothéisme. Le culte d’Attis aurait été importé par des tribus thraces en Phrygie et les différents mythes, selon les époques et les lieux, le présentent alternativement comme le fils ou l’amant de la Déesse mais toujours victime d’une furie destructrice provoquée par un désir érotique violent. Attis ne deviendra le fils de Cybèle que bien plus tard et en réalité, cette filiation restera exceptionnelle.

Attis, un personnage historique ?
On distingue 2 catégories de mythes concernant Attis : les mythes lydiens (Hérodote, Hermésianax) et les mythes phrygiens. Hérodote présente Atys, ainsi épelé par le célèbre historien, sous les traits d’un fils du roi Crésus, mort au cours d’une chasse contre un sanglier gigantesque, tué par la lance du prince chargé de le protéger3. Ce prince nommé Adraste évoque Adrasteia, une Mère divine dont le nom est souvent associé à Némésis, donc aux décrets inéluctables du destin. Hermésianax en fait un impuissant, missionnaire du culte métroaque. Le courroux de Zeus s’abat sur lui et il périt sous les coups d’un sanglier.

Au cours des siècles, la figure d’Attis devient prééminente. Ce n’est qu’aux alentours des 3ème et 4ème siècles de l’ère commune qu’une idéologie de résurrection se développe autour d’Attis, directement reprise de la mythologie chrétienne. Au 2ème siècle de l’ère chrétienne, Pausanias transmet une version pessinontienne et qu’il veut originelle, du mythe d’Attis. La Terre, fécondée par la semence de Zeus, engendre un monstre bisexué, Agdistis. Les dieux, effrayés, coupent le pénis du monstre dont va sortir un amandier avec ses fruits mûrs. La fille du fleuve Sangarios tombe enceinte du fruit de l’amandier et donne naissance à Attis, qui est abandonné puis élevé par un bouc. Devenu adulte, Attis doit épouser la fille du roi de Pessinonte mais Agdistis s’éprend d’Attis et surgit pendant le mariage. Pris de folie, Attis s’émascule. Agdistis, fou (ou folle ?) de chagrin et de regrets, obtient de Zeus que la pourriture épargne le corps d’Attis.

Arnobe, converti au christianisme au 4ème siècle, se lance dans une diatribe contre les païens dans son  Adversos Nationes. Il instruit un dossier à charge contre le paganisme et son «immoralité» supposée en  recueillant tous les mythes comportant des transgressions. Arnobe se réclame d’un «insigne théologien», un Eumolpide du nom de Timothée qui aurait tiré ses connaissances d’ouvrages peu accessibles et anciens et de sa propre pratique des mystères de la Grande Déesse.

Bien qu’en apparence hostile et décidé à critiquer le paganisme, Arnobe compile différentes versions du mythe et offre un récit cohérent sur Attis. La Mère des Dieux est une pierre issue de la roche dont Pyrrha et Deucalion se sont servis pour donner naissance à l’humanité post-diluvienne. Cette roche dénommée Agdus se trouvait en Phrygie. La pierre fut animée par la volonté divine pour devenir la Mère. Zeus tenta en vain de la violer et n’obtint de sa semence, que le monstre Agdistis (également bisexué). Agdistis menaçait les hommes et les dieux. Un subterfuge de Dionysos va provoquer la castration du monstre : enivré et les parties génitales liées, Agdistis se châtre en s’élançant à son réveil. Du sang d’Agdistis répandue sur la terre, naît un grenadier. La fille du roi Sangarios tombe enceinte en recueillant une grenade. Le roi est furieux de ce qu’il pense être une conduite déshonorante et enferme sa fille pour la faire mourir de faim. Mais la Mère des Dieux vole à son secours et la jeune fille met au monde Attis, que Sangarios expose. L’enfant est recueilli par un berger du nom de Phorbas qui le nourrit de lait de bouc. En grandissant, Attis est aimé de la Mère des Dieux mais aussi d’Agdistis. Pour l’aider à échapper à Agdistis, Midas, roi de Pessinonte propose sa propre fille en mariage au jeune Attis. Il fait clore sa citadelle afin que nul ne vienne entraver le bon déroulement de l’union mais la Mère des Dieux soulève les murailles de sa tête et Agdistis insuffle la folie à tous les convives.

Entré dans une démence proche de la transe, Attis s’émascule et se laisse mourir mais la Mère des Dieux recueille les organes qu’elle ensevelit comme des morts, après les avoir lavés et vêtus. Le sang d’Attis répandu fait naître des violettes
et la jeune épousée Ia (qui signifie «violette») se suicide après avoir recouvert la poitrine du mort de laine tendre et pleuré en compagnie d’Agdistis. La Mère des Dieux est inconsolable et ses larmes vont faire pousser un amandier, signe de l’amertume du deuil. Ses plaintes se mêlent à celles d’Agdistis. La Déesse emporte dans son antre le pin, où le jeune homme a perdu sa virilité. Agdistis implore Zeus de le faire revivre mais celui-ci ne le permet pas ; en revanche, le corps d’Attis fut épargné par la pourriture, ses cheveux poussèrent éternellement et seul son petit doigt survécut agité d’un mouvement incessant.

Agdistis consacra le corps à Pessinonte et le fit honorer par des prêtres dédiés en des rites annuels.

Ce récit phrygien contient pourtant des éléments anciens (6ème siècle avant JC) et grecs (notamment le recours à Deucalion et à l’humanité née des pierres ; quant au vieux thème grec de l’autochtonie, la naissance d’Agdistis évoque Erichtonios).

Le cycle liturgique d’Attis à l’époque classique : une lecture post-chrétienne du mythe d’Attis ou les effets de la concurrence

Ce cycle célèbre la mort et la résurrection du jeune Attis en une ultime version du mythe. Revécu de façon intime et liturgique, il transforme le profane en initié. Amoureuse de ce jeune berger Phrygien, abandonné enfant dans les roseaux, Cybèle le découvre et il devient son amant. Cependant Attis devint amoureux à son tour d’une nymphe du nom de Sagaritis (qui prend dans l’histoire, la place de la fille du roi) et Cybèle folle de colère, fit périr la nymphe et frappa Attis de folie. Attis submergé par la douleur s’émascula pour se punir de sa trahison. De son côté, Cybèle prise de remords le changea en pin. Le cycle liturgique d’Attis commence par le sacrifice d’un taureau de six ans, le jour de l’équinoxe de printemps et la procession d’un pin abattu, enveloppé dans un linceul qui représente le corps du défunt Attis. Six jours de jeûne et de continence vont suivre.

Le lendemain est le jour de l’arbor intrat (entrée de l’arbre). Le troisième jour est consacré au deuil et au jeûne. Le quatrième jour est le dies sanguinis, le jour du sang : l’hystérie collective est de rigueur, les mystes se tailladent et se flagellent, les prêtres s’émasculent (sous l’Empire, cette émasculation deviendra symbolique, Hadrien l’ayant interdite). Après l’éviration, les galles sont tatoués ou l’on place parfois une feuille d’or sur la cicatrice de la mutilation. Dans la nuit de Pannychis, les fidèles veillent le dieu, dans un lieu réservé, pour lui offrir leur force vitale. Attis pouvait alors renaître dans la nuit, la lumière apparaissait et un prêtre annonçait la résurrection du dieu.

Le cinquième jour, celui des Hilaria est jour de gaité, de carnaval, de rire.

Le sixième jour est Requieto, repos et introspection. La Lavatio conclut la «semaine sainte» d’Attis par une procession  de purification.


Texte issu du Magazine "Païens d’aujourd’hui" 

dimanche 1 mars 2015

La Befana - Sorcière italienne



La Befana est une figure typique du folkore italien. Son nom dériverait du mot Épiphanie (Epifania en italien), mais autrefois elle aurait été appelée Stria (mégère ou sorcière). C’est une vieille femme qui apporte des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 5 au 6 janvier. Son origine se perd dans la nuit des temps. Elle est issue de traditions magiques pré-chrétiennes et s’est, au fil du temps, associée dans la culture populaire à des éléments chrétiens. L’aspect de vieillesse symboliserait l’année écoulée et les cadeaux seraient propices à une nouvelle année. Certains l’attribuent à une fête d’origine romaine, durant laquelle on s’échangeait des cadeaux en l’honneur de Janus (dieu du changement et de la transition) et de la déesse Strenia (d’où dérive le mot «étrennes»). Aujourd’hui la Befana apporterait des cadeaux en mémoire de ceux offerts par les Rois Mages
à l’enfant Jésus.

Son apparence est celle d’une sorcière, avec une large jupe sombre, un tablier à poches, un châle, un foulard ou un chapeau pointu sur la tête, et une paire de pantoufles usées, tous ces accessoires étant égayés par de nombreuses taches de couleur. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, elle se déplace à cheval sur son balai, portant sur son dos un gros sac à moitié rempli de charbon, qu’elle apporte aux enfants qui ont été méchants, l’autre moitié étant constituée des cadeaux destinés aux enfants sages. Les enfants l’attendent avec impatience. On prépare traditionnellement un repas pour l’accueillir, et de vieilles chaussettes sont suspendues à la cheminée pour recevoir ses présents.

Personnification de Mère Nature ou de la «vieille année», on brûlait sa représentation de paille ou de rameaux secs dans un grand feu de joie, pour que puisse renaître une «jeune» nature, une nouvelle année.

Sources :

La Femme sauvage


La femme sauvage est une composante de la féminité, qui pour une femme ayant fait la paix avec sa masculinité, voit se déployer en elle, sa féminité. La « femme sauvage » peut alors s'épanouir. Il s'agit d'un concept élaboré par Clarissa Pinkola Estés qui est à replacer parmi les autres concepts de la théorie dite de la psychologie analytique.
Ce concept ne doit pas être confondu avec un des archétypes de la part féminine anima de l'homme : La Femme primitive. La femme primitive est une expression féminine à l'intérieur de l'homme. Elle est à l'image de Ève,Vénus pour ces formes dites « positives » , mais aussi les sirènes, ou les femmes fatales etc. pour ses formes dîtes « négatives ».
« La complexité de la psychanalyse jungienne tient au fait que toutes les instances psychiques sont en étroites relations les unes avec les autres. Décrire isolément un concept donne de lui une vision forcément partielle car ne tenant compte ni des rapports dynamiques avec les autres instances ni de l'ensemble du système psychique. Tout est lié, tout est en mouvement. »
La femme sauvage articule : la part masculine et la part féminine de la Femme
Le concept de « femme sauvage » que Clarissa Pinkola Estés a mis au jour est sans doute une restitution des plus novatrices de la psyché féminine de notre époque.
La « femme sauvage » étant, la femme qui en paix avec son animus (le masculin de la femme), aurait réussi à se libérer et à faire « jaillir » naturellement la force et la puissance intérieure et profonde de la femme.
« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. »
Ce n'est qu'après avoir compris le versant masculin que possède chaque femme, après l'avoir accepté, et en le dépassant (la femme quitte par exemple une guerre intellectuelle qu'elle mène depuis l'enfance) qu'elle devient femme pour de vrai par un processus d'individuation.
« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là. »
Cet animus (et même pour certaines femmes simplement leur en parler ou évoquer le concept ou sa définition) peut parfois être tout aussi « insupportable en elle » que lorsque l’on parle à un macho de sa féminité ou de son anima. Pour ainsi dire l’animus pose problème à l’animus car il n’y a pas socialement d’idée préconçue sur l’animus … il oblige la femme à entrer dans un vrai dialogue, un dialogue vrai ou dans un véritable travail sur elle-même.
Mais cela est possible ; Clarissa Pinkola Estés ouvre la voie pour chaque femme, à se découvrir et à découvrir une voie en elle qui propose finalement un dépassement à l'alternative de Carl Gustav Jung sur l'animus :
« ... l'animus est aussi un être créateur, une matrice, non pas dans le sens de la créativité masculine, mais dans le sens qu'il crée quelque chose que l'on pourrait appeler un logos spermatikos - un verbe fécondant. De même que l'homme laisse sourdre son œuvre, telle une créature dans sa totalité, à partir de son monde intérieur féminin, de même le monde intérieur masculin de la femme apporte des germes créateurs qui sont en état de faire fructifier le côté féminin de l'homme. C'est là l'origine de la « femme inspiratrice » qui, si elle est mal formée, recèle aussi en elle la possibilité de devenir la pire des viragos ... »
L'invitation à se découvrir
Clarissa Pinkola Estés invite à la découverte de cette partie de l'être féminin propre à chaque femme mais cette invitation n'est pas juste une connaissance intellectuelle de plus, sur l'existence d'un concept ou des termes « femme sauvage », mais elle est une entrée dans un cheminement afin d'avoir conscience et de ressentir cette force intérieure et cet état d'être, que toute femme peut ressentir après un long et difficile cheminement.
Ce parcours et ses processus ne concernent, a priori, pas les femmes sous emprise d'un archétype puissant et restées « bloquées » à un stade de maturité psychoaffectif antérieur, souvent à cause d'« un choc », d'une personne « méchante » ou « destructrice » ou d'une enfance malheureuse.
Cependant elles peuvent y être aidées, lors d'une psychothérapie avec un(e) psychothérapeute compétent(e), ayant lui(elle) même pu le vivre par une approche issue de la psychologie analytique.
Car dit-elle « les loups, même malades, même acculés, même seuls ou effrayés, vont de l’avant. […] Ils donneront toutes leurs forces pour se traîner si nécessaire d’un endroit à l’autre, jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un bon endroit pour guérir et pour revivre. La nature sauvage va de l’avant. Elle persévère. »
Il s'agit pour la femme de comprendre la puissance des archétypes (des figures masculines) sur elle. Les figures masculines de la catégorie de l’Animus jouent le même rôle chez la femme que l'anima sur l'homme. C’est pourquoi on la nomme la part masculine de la femme.
Le processus d’individuation et l’acceptation de cet état de fait, aussi difficile pour la femme que pour l’homme qui doit accepter sa féminité, conduit aussi à un aboutissement de réalisation de soi par le processus d’individuation.
De la même manière que l'homme rencontre la femme sage, une rencontre a finalement lieu, mais avec l'homme sage.
Constituant l'animus, la part masculine, de la femme on peut trouver :
·         1er niveau : homme primitif - par exemple Tarzan, l'athlète, Dionysos
·         2e niveau : homme séducteur - Par exemple Don Juan
·         3e niveau : homme d'action- Par exemple : Indiana Jones, un militaire ou un guerrier.
·         4e niveau : homme sage - Par exemple un dieu père, un guide.

Chaque niveau correspond a un niveau de maturité psycho-affective. Le dernier niveau est l'accord entre son féminin et son masculin : La femme est dite alors « femme libérée » ou « femme sauvage » car elle a fait face à homme sage, sa force, sa puissance intérieure émerge alors.

samedi 28 février 2015

La Tradition Dianique de la Sphinge


Raisons de la création de cette branche nouvelle
La tradition dianique de la Sphinge est une et polymorphe. Elle est une tradition de la Wicca dianique, et est  inspirée des Mystères anciens, fondamentalement ancrée dans le présent et résolument tournée vers l’avenir.

Officiellement fondée à Yule 2007 par Hédéra et Hyouden, ainsi que l’ensemble du coven du Paradigme de la  Sphinge, elle était pratiquée depuis plus longtemps sans s’être clairement définie. Devant les différences de plus en plus marquées avec les autres traditions dianiques et de la Déesse en général, il devenait nécessaire de reconnaître plus officiellement cette branche nouvelle.


Pourquoi la Sphinge ?
La Sphinge est le féminin de Sphinx, terme générique qui comprend souvent des sphinx féminins, surtout en Grèce. Créature hybride, à la fois lion, aigle et à tête humaine, elle  pose des questions mais n’y répond pas. Et pourtant c’est une forme haute de sagesse ; gardienne traditionnelle de l’Arbre de Vie en Orient et en Grèce, elle va et vient entre le monde des vivants et celui des morts. Souvent représentée auprès des Grandes Déesses, elle leur sert de messagère et est un prolongement de la divinité en jetant un pont entre humains et divinités. C’est une figure ambiguë par excellence, dont on ne sait jamais trop dire si elle est entièrement féminine ou masculine, pourtant elle est indéniablement compagne des Déesses orientales ou chypriotes. Cette ambiguïté souligne les aspects à la fois féminins et masculins de la Déesse, et symbolise notre ouverture aux femmes comme aux hommes qui recherchent la voie de la Déesse.

Femme et animal, elle se meut dans le ciel, sur terre et dans les Enfers. Elle est garante de la sagesse et de la connaissance, posant l’énigme de l’existence humaine. Contrairement à la légende thébaine des patriarches, la sphinge n’est pas cruelle. En tant que gardienne du savoir, elle comprend la nécessité de le défendre et anéantir l’ignorance volontaire ainsi que l’obscurantisme. C’est ainsi qu’elle attaque les voyageurs égarés sur les chemins de l’illusion et empêche les esprits vulgaires de pénétrer sur son territoire.

Telle la sphinge, la tradition sphingienne recherche la connaissance rigoureuse, stricte, argumentée et scientifique, nécessaire à un cheminement en dehors des chimères (autres créatures mythiques) de l’esprit. La Sphinge est chasseuse de chimères et ne craint pas de pénétrer au-delà du voile du savoir et de l’expérience initiatique. Ainsi, au sein de cette branche dianique, nous rejetons les mythes présentés comme réalités historiques ou toute forme de déclaration à caractère vérifiable présenté comme Vérité sans aucune explication ou argument. Nous n’adhèrerons jamais à une logique (si on peut appeler cela ainsi) du : «C’est comme ça parce que c’est comme ça. Un point c’est tout». Ces procédés  conviennent aux sectes et aux dogmatiques, non pas à d’authentiques aspirants à la voie et la pratique des arts de la Déesse. A l’inverse, la tradition de la Sphinge valorise l’utilisation et la compréhension des mythes comme dépôt universel de la psyché.  Nous déclarons que nous n’avons pas besoin des mensonges d’un passé idéalisé et ré-inventé pour justifier l’existence de notre branche. De même, nous n’avons  pas besoin de brandir des martyrs en l’image de la sempiternelle chasse aux sorcières, mise à toutes les sauces. Cela ne sert qu’à se présenter en victimes, or, nous sommes invariablement libres et conscients de notre pouvoir. Ainsi, des Amazones mythiques, nous sommes des porteurs de Lumières, les Lumières du XVIIIè siècle, et nous nous reconnaissons comme humanistes.

Mixité et Dianisme
En tant que tradition dianique, et par ailleurs dépositaire des enseignements de Shekhinah Mountainwater, la branche sphingienne n’honore que la Déesse. Cependant, la Déesse est pour nous porteuse, mère, et créatrice à la fois du féminin et du masculin, aussi les deux principes sont toujours présents lorsque nous faisons appel à la Déesse. Il n’est donc pas question de déséquilibre. Alors que traditionnellement, on associe la lune et le principe  passif à la femme, et le soleil et le principe actif à l’homme, aucune distinction n’est faite. Notre tradition n’est pas «à tiroirs». Conscients que nous ne sommes jamais qu’une association de toutes ces qualités, femmes ou  hommes, opérer une distinction et une classification de ce qui est masculin ou féminin revient à limiter un(e) enfant de la Déesse à n’être jamais entier en elle ou lui-même. Par ailleurs, l’étude sur les genres, les gender studies qui nous viennent des instituts américains, ont pu démontrer la différence fondamentale entre genre et sexe. Comme le disait Simone de Beauvoir et d’autres avant elle : «on ne nait pas femme, on le devient». Il en va de même pour les hommes. Les distinctions traditionnelles hommes/ femmes reposent non sur des arguments biologiques comme c’est souvent répété ad nauseam, mais sur les attentes que la société a d’une femme ou d’un homme.

C’est ainsi que dans d’autres parties du monde, des dieux sont lunaires et des déesses sont solaires, des femmes sont chefs de famille dans une société matrilinéaire, comme les Mosos de Chine. La nature n’a pas décidé ce que nous devions être, sinon toutes les civilisations auraient les mêmes fonctionnements, les mêmes visions des genres. Etant le produit de la société dans laquelle on grandit, qui exige de nous certains comportements en en étouffant d’autres, c’est de notre vraie nature dont nous sommes coupés. La Déesse ne voulait pourtant pas cela ; elle a créé la Terre et l’univers dans la diversité, et n’a pas divisé les espèces en féminin et masculin. Il existe des escargots hermaphrodites, des hypocampes mâles qui portent les petits, des huitres qui changent de sexe au cours de leur vie, des animaux qui se reproduisent par parthénogénèse (d’eux-mêmes, sans intervention de sperme ou d’accouplement).

C’est ainsi que la Déesse est une et multiple, derrière une volonté d’équilibre en clamant un Dieu (Cornu) et une Déesse, il semblerait que cela ne fasse que renforcer cette classification de genres et non pas permettre une réelle libération. Schématiquement, le jour où un homme est libre d’être sensible et de pleurer, et une femme est libre d’être forte et combattante dans la vie active, enfin on se trouve dans la liberté de développer les qualités que nous possédons sans préjugé de genres. C’est pour cela que contrairement à la plupart des traditions dianiques, la branche sphingienne est mixte. Influencée par les mystères anciens de Cybèle (célébrés par les hommes, fidèles à l’image d’Attis, son jeune parèdre) ainsi que ceux de Dionysos (l’homme efféminé célébré par les femmes, qui semble avoir été antérieurement une déesse arbustive), notre tradition est ouverte à tous car nous considérons qu’il n’est plus l’heure de rejeter les hommes, mais de partager et évoluer avec eux afin de créer de nouveaux modèles de féminité et de masculinité, succédant à l’oppression des femmes qui dura trop  longtemps, et la nécessaire révolte des années 70 dont nous sommes héritiers et qu’il faut à présent réaliser d’une autre manière. Bientôt quarante ans après, dans un contexte différent et des moeurs qui ont malgré tout bien évolué, le temps est à la construction main dans la main.

Cérémonies et Initiation
La branche sphingienne célèbre les huit fêtes saisonnières ainsi que les pleines lunes selon la tradition dianique. L’initiation, équivalente à un premier degré, permet de devenir Prêtre(sse) et Sorcier(re), puis l’ordination, équivalente à un second degré, est accessible à celles et ceux qui souhaitent avancer dans la voie de la prêtrise au sein de la communauté et s’ouvrir à la transmission du savoir, donc à l’enseignement. L’ordonné devient alors Grand(e) Prêtre(sse). Dans les deux cas, le rite se déroule au sein du coven et saurait difficilement être opéré en  solitaire, bien que la tradition de la Sphinge reconnaisse les dédications et consécrations de personnes seules. Si notre filiation remonte autant à Shekhinah Mountainwater qu’à Gerald Gardner, nous préférons considérer que  cette dernière compte moins que l’engagement sincère des initiants et initiés.

Sorcellerie et spiritualité
Face à la récente émergence de nombreux groupes féminins, d’initiation aux mystères de la Déesse et destinés à conduire l’initiée à la prêtrise, nous avons peu à peu observé qu’il s’installait certaines confusions au sujet de la Wicca dianique. La Wicca dianique partage avec ces groupes une spiritualité de la Déesse, une connaissance de Ses mystères et l’initiation conduit bel et bien à la prêtrise. Cependant, il semble fondamental de rappeler que la Wicca dianique, comme son nom l’indique, est d’abord et avant tout une tradition wiccane. Et qui dit Wicca, dit sorcellerie. La tradition de la Sphinge se considère avant tout comme une tradition sorcière, et elle n’appelle à elle que celles et ceux désireux de cheminer sur la voie de la sorcellerie wiccane. Conformément à la tradition wiccane remontant à Gardner, la tradition dianique offre une initiation en tant que sorcier(e) et prêtre(sse). La prêtresse initiée n’est pas appelée à se dédier à une divinité particulière, sauf si elle le souhaite bien entendu, mais ceci sera une décision prise hors de la tradition de la Sphinge, une orientation qui lui sera propre, à côté de la tradition de la Sphinge. Mais avant tout, l’aspirant(e) à appartenir à la tradition de la Sphinge doit vouloir être sorcier(e), pratiquer la sorcellerie, s’entrainer seule et/ou participer aux cérémonies de groupe. Celles ou ceux désireux de suivre la voie de la Déesse mais ne souhaitant pas pratiquer la sorcellerie se tourneront vers d’autres voies que la Wicca dianique.

Les divinités de la tradition
Nous ne nous reposons sur aucun panthéon en particulier, mais préférons considérer l’immensité des richesses de la planète, et les nombreuses figures de la Déesse qui existent. La tradition sphingienne ne se veut pas reconstructionniste, car nous savons que ce qui est passé ne peut être ressuscité que dans son essence et que c’est vers l’avant qu’il faut regarder. Les mythes et divinités que le passé nous a légués sont vivants et continuent de se transformer, telle Amphitrite. Rien n’est jamais statique et immuable dans le courant de ce qui vit. Les nombreuses déesses sont considérées comme représentantes d’un aspect de la féminité, capables de nous guider pour guérir nos blessures, développer chacun de nos aspects personnels et être des aides tout au long de notre parcours. Il en va de même pour les hommes, qui à travers elles, peuvent mieux connaître le féminin, mais aussi explorer leur propre nature, dans leur relation à la Déesse. Si la tradition n’a pas de panthéon spécifique, chaque membre est libre (et même encouragé) à avoir des affinités personnelles avec certaines Déesses, que ce soit à un moment particulier de leur vie ou de manière générale. Tout comme la Déesse est triple et plus encore, il arrive fréquemment de se sentir appelé vers une Déesse en particulier à une certaine étape de l’existence, puis de ressentir le besoin de se tourner vers une autre Déesse. Nous savons instinctivement quelle forme revêt la Déesse pour nous épauler.

Bien que dianiques et non duothéistes, certaines divinités masculines proches de la Déesse et amis des femmes sont honorées en certaines circonstances, tels que Dionysos ou Shiva. Ces dieux au genre sexué ambigu, dieux à la fois virils et efféminés, honorés depuis des temps très anciens autant par des femmes que par des hommes au sein de cultes à mystères ou de courants mystiques, sont l’image du dieu en harmonie avec son animus et son anima.

Discor-dianisme : créativité et liberté
L’inventivité, la curiosité, l’humour et l’esprit-critique sont des qualités valorisées dans notre tradition. En effet, la tradition de la Sphinge est d’esprit discordien. Bien que nous soyons sérieux dans notre démarche, nous reconnaissons la créativité débridée, l’humour parodique, et le désordre ou le «sens dessus dessous» de manière générale comme des valeurs positives, proches dès le départ de la créativité prônée par la tradition dianique. Nous considérons qu’il n’est pas sain de ne pas savoir rire de soi-même et que se prendre trop au sérieux est hautement nuisible autant à l’esprit que socialement. Nous n’adhérons pas à une liturgie immuable, mais tel le Mat dans le tarot, ou telle Fortuna qui avance sur une roue les yeux bandés tout en jonglant avec les bienfaits, nous nous amusons bien ! Quant à l’esprit-critique, celui-ci est essentiel pour toujours rester en phase avec soi-même et nous empêcher de suivre aveuglément des directives qui ne nous correspondent pas réellement. Il nous permet de ne pas accepter n’importe quoi sous prétexte que c’est professé par une tradition ou une personne  assimilée à un guide, mais nous renvoie à nous-mêmes, à nos limites, mais aussi à notre inventivité car nous restons toujours libres d’adapter à notre convenance selon notre sensibilité personnelle. De même, toute initiative personnelle est grandement appréciée et honorée. La tradition sphingienne tend ainsi au développement de soi  et du développement de son propre pouvoir afin de créer autour de nous le monde auquel chacun aspire.

Se retrouver en cercles de femmes, en cercles d’hommes, et partager ensemble
En tant que tradition dianique, bien que mixte, le partage entre femmes au sein d’un cercle perdure, et nous célébrons ainsi les mystères propres aux femmes. Les hommes sont appelés également à échanger entre eux, et en se dédiant à la Déesse, ont leurs propres rites de passage. Tous ensemble, nous partageons nos expériences propres et cherchons la connaissance de l’autre afin que la compréhension qui en découle permette réellement aux barrières qui séparent les genres de tomber.



Comparaison aux Mystères anciens et vie après la mort
Notre histoire, celle d’une tradition dianique réservée aux femmes qui s’est ouverte peu à peu aux hommes, fait de nous des héritières et des héritiers des anciens Mystères, lorsque les Mystères dionysiaques, fondés sur l’initiation de la Mère Sémélé, regroupant uniquement les femmes s’ouvrirent aux hommes par l’initiative de Paculla Annia ; et lorsque les mystères de Cybèle ne furent plus uniquement masculins. Nous connaissons les symboles et significations de ces mystères et comme eux, nous voyons dans le parcours initiatique et la célébration de la Déesse une voie vers l’extase, autant dans cette vie que dans l’après-vie, que ce soit par la réincarnation ou dans le séjour bienheureux de la Déesse.

Un coven et un enseignement à distance : cercle intérieur et cercle extérieur
Le Paradigme de la Sphinge est d’abord un coven opératif, basé sur la région de Strasbourg bien que nos lieux de pratique puissent couvrir tout le Bas-Rhin selon l’envie des membres, les rituels, les préférences et disponibilités. Le coven se réunit une à deux fois par mois pour des échanges, de l’enseignement, des exercices,
de l’entrainement énergétique et magique, de l’écriture en commun de rituels ou des partages de charmes… Les pleines lunes sont célébrées, parfois au besoin les lunes noires ou nouvelles lunes. Des repas ou collations accompagnent chaque réunion et une partie du temps est consacré aux indispensables et inévitables bavardages et échanges de nouvelles. L’union, l’amitié, le soutien et la complicité sont des valeurs essentielles du coven, ceci renforçant l’énergie du groupe, la cohésion de chaque rituel et l’harmonie en elle-même.

L’appartenance au coven est possible pour toute personne sérieuse, sincère dans sa démarche, en accord avec les principes fondamentaux de la tradition de la Sphinge et prête à s’investir à la fois personnellement et en commun au sein du groupe ; ceci passe bien entendu par l’effort d’être présent à toutes les réunions et tous les rituels, ou du moins de s’efforcer à garantir une réelle assiduité dans la vie du coven. On n’insistera jamais assez sur le fait que l’appartenance à un coven demande un grand engagement personnel, mais que ces efforts sont rétribués au triple lorsqu’ils sont fournis.

Les personnes désireuses de cheminer sur la tradition de la Sphinge mais vivant hors de l’Alsace peuvent appartenir au cercle extérieur en suivant des enseignements à distance, répartis en treize cycles lunaires et débouchant sur l’initiation, la même que pour ceux qui auront cheminé au sein du coven.

Quelques pratiques du Paradigme de la Sphinge
L’entrainement en coven (et enseigné à distance) comprend de nombreux exercices de méditation, d’exercices énergétiques, de travail sur les éléments, sur les outils rituels, sur les différents aspects de la Déesse et de Ses nombreux visages. Le rituel est en soi un moment privilégié d’entrainement, en même temps que de célébration. Il comprend la projection du cercle avec l’appel aux éléments, la bénédiction du cercle et sa purification, ainsi que des gâteaux et de la boisson. Le moment clé est la formation du cône de pouvoir, destiné à fournir l’énergie pour envoyer des intentions sous forme de ce qui est communément appelé des «sorts». Cependant, la formation du cône de pouvoir n’est pas uniquement à but pratique, mais est un moment privilégié dans le coven car il ouvre la porte à la transe et à des expériences extatiques. La danse, les chants et psalmodies, la musique, constituent des portes aux états modifiés de conscience, de rencontre avec la Déesse et au dépassement de soi-même, à l’union avec le divin. Ainsi, l’élévation du cône de pouvoir est une expérience intense, mystique en ce qu’elle puise dans les techniques extatiques des mystères anciens tels que les mystères de Cybèle ou de Dionysos. La rituélie disparait pour laisser la place à un ensauvagement sacré.

La sorcellerie étant fortement basée sur la maîtrise des états de conscience modifiés, la transe est expérimentée
sous d’autres formes que lors de la formation du cône de pouvoir, par exemple par la «descente de la Lune» sur la grande prêtresse lors de la pleine lune, ou lors de transes induites dans le cadre de soins au corps, à l’esprit et à l’âme.

Ecrit Par Hédéra

Quelques liens pour plus d’informations sur la tradition de la Sphinge, sur l’enseignement à distance ou pour avoir accès à des exemples de rituels de la tradition : http://paradigme-sphinge.voila.net/ et http://discor-dianique.over-blog.com/  -  http://discoreloaded.canalblog.com/


mercredi 25 février 2015

L’accouplement des Fées





Après avoir abordé l’aspect théorique et pratique, allons plus en profondeur en étudiant l’aspect spirituel d’une relation avec les fées. En quoi cette relation nous permet-elle d’évoluer et de nous épanouir ? En guise d’introduction, nous aborderons le potentiel évolutif des fées ainsi que les différentes relations qu’un humain peut espérer avoir avec elles. Quelques exemples de partenariats spirituels vous seront ensuite présentés. Enfin, différentes façons d’entretenir une relation spirituelle avec les fées seront évoquées avant de conclure par un exemple de méditation féerique.

Les Fées et la spiritualité
Certaines personnes ont longtemps argué que les fées n’avaient pas d’âme. Quelques elficologues prétendent que les fées ne pourraient accéder à l’immortalité qu’en s’accouplant ou se mariant avec des humains. Dans le cas contraire, celles-ci ne vivraient que quelques centenaires ou millénaires...

Toutefois, bien que les mariages féeriques existent, il semblerait qu’ils n’aient aucun rapport véritable avec un désir d’éternité. Dans la première partie, nous avons évoqué les devas. Ce terme indien est parfois repris en Occident pour parler des êtres féeriques les plus évolués spirituellement. Ainsi les fées sont souvent considérées comme les anges de la nature. Elles veillent et protègent toutes choses qu’elle recèle. Leur mission est souvent liée à l’épanouissement des êtres de la nature, à l’art, à l’amour, à la joie ainsi qu’à la sagesse ésotérique – avec une mention spéciale pour la magie et la beauté.

Les relations fées / humains
Le principe de base d’une relation permet à chacun de découvrir l’univers de l’autre et de bâtir ensemble. Ainsi, nous retrouvons trois types de relations avec les fées (possiblement inter-reliées) :

• La relation amicale (ou amoureuse) : à l’instar de nos autres relations, nous développons certaines affinités avec des fées plutôt que d’autres. En raison de nos goûts, passions et énergies, nous nous sentons donc au diapason avec des êtres tout particuliers. Ce type de relation est souvent le plus instinctif. Vous-même (et la fée) saurez et déciderez quand vous contacter mutuellement. Être avec l’autre devient logique et ne passe plus par la volonté.

• La relation magique : en tant que partenaires magiques, vous serez amenés à vous aider réciproquement lors de moments choisis par chacun et pour des actions bien spécifiques. La magie étant une seconde nature pour les fées, elles se plaisent souvent à venir baigner dans l’ambiance d’un rituel. Il leur arrive de donner un coup de pouce sans demander de contre-partie. N’hésitez cependant pas à leur faire une offrande en remerciement (voir partie 2).

• La relation spirituelle : cette relation peut se dérouler de multiples façons. Outre le partage de connaissances, l’accomplissement de quêtes spirituelles et de voyages chamaniques ensemble, une fée peut devenir votre mentor et vous le sien. Toutefois, il est probable que les fées vous guident vers un-e de leurs ami-es humain-es pour ces mêmes raisons.

Avant d’explorer les possibilités de ce type de relation, voyons d’abord quelques exemples de partenariats spirituels.

Partenariats spirituels connus
Ni les fées ni les humains n’ont attendu la vague du New-Age pour se lier d’amitié. Toutefois celle-ci a permis de médiatiser ces partenariats hors normes.

• Findhorn : Eileen et Peter Caddy ainsi que leur amie Dorothy Maclean sont partis s’installer dans un coin d’Ecosse dans les années 70. Ce lieu s’avère difficile à cultiver. Ayant peu d’argent, les débuts des trois amis s’avèrent délicats. Ces derniers tâchent de ne pas se décourager et redoublent d’ardeur dans leurs pratiques médiatives et leur intérêt pour la spiritualité. C’est lors d’une méditation que l’un d’eux reçoit un message provenant d’une fée1. Des dialogues débutent, marquant le début d’un partenariat intense et riche en rebondissements. En suivant les conseils des fées, les humains commencent à obtenir des résultats défiant l’imagination. Non seulement ils réussissent à cultiver un important potager, mais les fruits et légumes atteignent des proportions hors normes. Et ce n’est qu’un début...

• Perelandra et la ferme de Green Hope : sur ces principes similaires, d’autres personnes se sont lancées dans l’agriculture et l’élevage d’animaux respectueux de l’environnement et basés sur les conseils des fées. Perelandra et Green Hope ont notamment développé des essences florales ainsi que des programmes pour le développement spirituel.